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12/11/2010

LES MEDIATHEQUES DE LA CCRVS : avec Marie Desplechin, Nathalie Riera, Merette Pryds Helle

Jeudi 4 novembre 2010 à Sars-les-Rosières

Discussion avec les écrivains

Marie Desplechin

Nathalie Riera

Merette Pryds Helle

 

 

 

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Nathalie Riera lit des extraits de Puisque Beauté il y a, éd. Lanskine, 2010

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Marie Desplechin, Nathalie Riera, Nathalie Tison, Merette Pryds Helle

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 PHOTOS Copyright © Thierry Pigneres

 

 

 Dossier au format pdf

 LES MEDIATHEQUES DE LA CCRVS.pdf

 

 

 

 

 

VIDEO You Tube

Cliquer ci-dessous :

http://www.youtube.com/watch?v=Q2WYovITXFc&feature=pl...

 

 

 REPORTAGE PHOTOS

Sur le site de la commune de Thun-saint-Amand visionner photos et vidéos de la Table ronde :

http://www.mairie-thunsaintamand.info/topic/index.html

27/10/2010

Workshop "Puisque Beauté il y a" à l'Ecole Régionale des Beaux-Arts de Dunkerque

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l’inauguration du réseau de lecture publique de la Communauté de Communes de la Vallée de la Scarpe

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Après-midi

Autour de la thématique « Pluri...Elles »

 

14h à 15h30 Table ronde

Auteures invitées : Marie Desplechin,

Merete Pryds Helle* et Nathalie Riera

 

15h45 à 16h30 Mini-concert de Liz Cherhal (dans le cadre de la manifestation « Bibliothèques en fête »)

 

16h30 à 17h Discussion avec la salle

 

08/10/2010

« Salah Stétié en un lieu de brûlure »

Salah Stétié

(Article de Nathalie Riera)

 

 

***

 

 

Une lampe sous l’orage

 

 

« Dans une époque où le nom même de l’Etre, celui du sens et de l’essence sont devenus objets de répulsion, de dérision et finalement d’une étrange amnésie, Salah Stétié ose dire que seule une poésie prenant appui sur les grandes interrogations fondamentales est susceptible d’éclairer la condition des hommes et de nous prémunir contre ces maladies mortelles que sont les certitudes sans horizon, les cynismes affamés, les divertissements de littérateurs enfilant des perles d’insignifiance, ou l’abandon blasé à l’esclavage de l’immédiat. » [1]

En un lieu de brûlure, (éditions Robert Laffont, oct. 2009) est l’occasion de consacrer ces quelques lignes à une personnalité intellectuelle aussi éminente et lumineuse que Salah Stétié, poète libanais de tradition culturelle sunnite, né à Beyrouth le 28 décembre 1929.

Pour celui qui avoue son arabité lui être corps et cœur, et militer activement pour une Méditerranée « frémissante de grands mythes », la langue française le fascine autant pour sa vertu de transparence, que la foi du poète est conscience en la lumière de la langue, à ses « chevaux tremblants ». Lumière de  l’affranchissement.

Si Salah Stétié n’hésite pas à se positionner comme « double exilé », « invité de la langue française », son engouement est de mettre en exergue sa grande amitié pour la poésie et ses poètes européens que sont Pierre-Jean Jouve, René Char, Henri Michaux, André Pieyre de Mandiargues, Yves Bonnefoy, Cioran… et son si cher Georges Shehadé, sans oublier sa grande affection pour Gerard de Nerval.

Deux figures majeures marqueront la vie intellectuelle du poète : Gabriel Bounoure (lors de leur rencontre à l’Ecole Supérieure des Lettres de Beyrouth, en 1947), puis Louis Massignon (au Collège de France). De l’un comme de l’autre, il recevra une véritable initiation à la littérature européenne. « L’eau froide gardée » est le premier recueil publié en 1973, que Pierre Brunel [2] considère d’aussi grande facture que le recueil d’Yves Bonnefoy « Du mouvement et de l’immobilité de Douve ». A l’occasion des 80 ans du poète, il convient de dire que Salah Stétié a construit une œuvre de poésie et de prose des plus cohérentes et des plus généreuses. Aucune place à l’enflure, à la gloriole, au lyrisme ravi, à l’intellectualisme maniéré, mais place à la finesse et la fraîcheur, à la beauté convulsive et à la tension de la célébration. Salah Stétié déplore cette guerre de l’homme contre l’Etre, c’est-à-dire contre ce qui détourne l’humain de la vérité tragique. Et face à la dévastation, qui nous fait rompre avec notre ouverture à l’Etre, il convient de demeurer dans la vigilance et la résistance contre le formalisme, l’anecdotique, la pensée en régression,  la métaphysique de pacotille, et contre tout ce qui participe insidieusement à l’extension du désastre.

 

Lampe infléchie parmi les écritures

A cause du renversement nocturne

De branche verte – et ses roses séchées.

Rocaille haute que torture une pensée

Fermée sur la poésie de mille olives

Feintes par l’arbre en attente de blessure

- Selon l’antique prophétie éblouissant

Les chèvres de subtilité du sel

 

XXXIII, L’être poupée

 

Dans Les parasites de l’improbable, qui regroupe des textes inédits, [3] Salah Stétié se demande si notre modernité est réellement excessive, et de quelle nature est son rapport au désir. À cette « modernité ravagée de tics », la réponse ne s’attarde pas : « Excessive, notre modernité ? Elle n’aurait été, aux yeux ravagés de Nietzsche, l’eût-il connue, qu’une serre à cultiver des fleurs mineures, provocatrices d’un style de scandale somme toute acceptable et intégrable. »  Et ce qu’il faut entendre par « désir », précise t-il, ce n’est certainement pas «ce désir affecté et tout compte fait limité et médiocre, épuisé, essoufflé, dont nous rabattent les oreilles tant de petits romans excités de notre modernité pauvrement désirante et souffreteusement érotique, bien éloignée, en tout état de cause, de la tentation panique et de l’intensité imaginative, seuls moteurs de la vie en sa haute projection poétique. » Lieu de l’urgence sont l’amour et le désir, nous dit le poète, et il n’est pas déplacé d’affirmer que c’est à Jouve que la poésie de Stétié doit non pas sa sensualité, mais plutôt « une légitimation advenue et une confirmation du fait que la voie du poétique devait tenir compte de tous les mouvements profonds de la chair, des pulsions les plus noires, ainsi que de la splendeur avouée du corps, du « vrai corps » adorable et périssable. » [4]

L’éminence de Salah Stétié ne tient pas seulement de ses innombrables lectures, de sa passion ou son obsession à la parole poétique, elle tient avant toute chose de son goût et son respect pour l’absolu. Ainsi cette humble résolution à dire le peu, cette offrande d’un chant sans artifice, cette connaissance par les gouffres pour s’opposer à tous les faux jardins de la consolation. Ainsi ce silence dont on ne cesse d’accueillir les mots, fruit d’or de la parole. Car en poésie, il est ni question de parler ni question de se taire, pas plus que de répondre, nous dit Stétié, mais questionner sans fin. La question n’est- elle pas déjà un savoir.  

En un lieu de brûlure nous offre un poète homme de deux rivages, qui ne se révèle pas seulement lecteur attentif des plus importants poètes des temps classique ou contemporain de sa génération. Une sorte de providence lui aura surtout offert complicité et proximité avec la poésie des hommes, dont celle de Mandiargues, Jouve, Cioran, et tant d’autres alliés, aussi farouches furent-ils, quand l’art et la poésie ne sont plus affirmation et beauté de l’existence, mais ne servent qu’à de bien sombres perditions au compte de ceux qui ne savent trouver jouissance que dans les scories du scandale. Ainsi, comment ne pas approuver Cioran, cité par Stétié, dans sa manière de définir les poètes, et sans que cela ne mette en doute son profond attachement à la poésie :

«  Je viens de parcourir un livre de X, avec la plus grande répulsion. Je ne peux plus supporter l’inflation poétique. Chaque phrase se veut une quintessence de poésie. Cela fait artificiel, cela n’exprime rien. On pense tout le temps à l’inanité des mots recherchés. – Depuis longtemps déjà, j’abhorre tous les « styles » ; mais celui qui me semble de loin le pire, c’est celui des poètes qui n’oublient jamais qu’ils le sont. » [5]

Nathalie Riera, 2010


[1] « Salah Stétié » par Marc-Henri Arfeux, éditions Seghers, 2004 – (p.13)

 

[2] « Salah Stétié sur sa rive» par Pierre Brunel (en guise de préface), in « Salah Stétié en un lieu de brûlure », Editions Robert Laffont, 2009

 

[3] « Les parasites de l’improbable » par Salah Stétié, in « Salah Stétié en un lieu de brûlure », Editions Robert Laffont, 2009 – (p. 884)

 

[4] Ibid., - (p. 927)

 

[5] Ibid., - (p. 971)

 


 

En un lieu de brûlure, éditions Robert Laffont, 2009

Ce volume contient :

Salah Stétié sur sa rive, par Pierre Brunel

Vie d’un homme (avec post-scriptum), par Salah Stétié

POÉSIES : L’EAU FROIDE GARDÉE, FRAGMENTS : POÈME, INVERSION DE L’ARBRE ET DU SILENCE, L’ÊTRE POUPÉE suivi de COLOMBE AQUILINE,  L’AUTRE CÔTÉ BRÛLÉ DU TRÈS PUR

ESSAIS : LES PORTEURS DE FEU ET AUTRES ESSAIS, UR EN POÉSIE, ARTHUR RIMBAUD, MALLARMÉ SAUF AZUR, LE VIN MYSTIQUE

PASSERELLES : CARNETS DU MÉDITANT, LE VOYAGE D’ALEP, LECTURE D’UNE FEMME

LES PARASITES DE L’IMPROBABLE

Notes -  Bibliographie

 

Les derniers ouvrages publiés de Salah Stétié :

"Mystère et mélancolie de la poupée" , Fata Morgana, mai 2008

« Culture et violence en Méditerranée », Imprimerie Nationale Editions, mai 2008

« Louis Massignon Gabriel Bounoure », Fata Morgana, mars 2008

 


17/09/2010

Regards sur "Puisque Beauté il y a" de Nathalie Riera, éditions Lanskine, 2010

 

Chère Nathalie, J’ai eu le temps de le lire une première fois, suffisamment pour apprécier votre « position » dans ce grand champ poétique éclaté d’aujourd’hui dans lequel il est si difficile pour le public de se repérer. J’aime alors que le titre de votre travail annonce clairement les choses. Ce titre qui pour moi consonne avec celui d’un autre livre de J.P. Michel, qui m’a tant impressionné il y a une petite quinzaine d’années lorsque je l’ai lu pour la première fois, Le plus réel est ce hasard, et ce feu. Du feu vous n’en manquez pas qui se traduit par une perception aigüe de la présence du vif en chaque chose, couleurs, bruissements, ondulations, griffures, même dans l’apparent inanimé qui nous entoure. Que vous tentez de traduire, malgré certaines prescriptions ridicules dont on ne dira jamais assez le mal qu’elles firent à la poésie par leur caractère envahissant, en images parfois surprenantes. Vous optez pour une poésie de l’ouvert, de l’accueil et de la transfiguration. Largement fondée sur une relation intime à cette nature qui semble vous entretenir en permanence et constituer la nécessaire médiatrice de votre conscience d’être au monde.

Des beautés, on en trouve dans votre livre. Dont la moindre n’est certes pas le court poème final. Qui est une réussite. Dans son heureuse et suggestive discrétion. Plus évocatrice finalement qu’une accumulation de métaphores. Vous êtes à n’en pas douter une véritable nature de poète. Consciente aussi de cette part de langue dont tout le réel auquel nous appartenons est tissé. D’où découle chez vous cette réflexion sur la raison du poème. Qui n’est pas simplement celle du vient d’où mais du « fait quoi ?», « va où ? ». La réponse chez vous en est simple. C’est de s’opposer à tout amoindrissement d’être. Par un travail dans lequel se reconnaît cette volonté de retrouver et de renouveler la très ancienne et profonde émotion que procure le fait de voir, se voir, à travers l’épaisseur transparente à certains moments du langage. Par cette grâce que vous avez de ne pas avoir perdu l’art de faire remuer sans les salir vos lèvres. Georges Guillain

 

***

 

A première lecture, généralement la meilleure puisqu'intuitive et dépourvue de préjugés, je ne peux qu'être troublé par la subtile et sensitive "magnificence" de ta poésie par laquelle se trouve régénérée la beauté naturelle du monde, sans avoir besoin des fabrications factices dont sont coutumiers, dans leurs productions à la chaîne, les poètes qui font des mots leur profession, leur état. Tu trouves tes mots en respirant, en aimant, sans forcer la mesure, la survenue rythmique du poème. Le reste n'est qu'une question de mise en forme, de retouches, de corrections.

La voix qui est tienne s'affirme de plus en plus en se détachant des carcans et des clichés de la modernité, pour laisser place au sens à fleur de peau, aux frissonnements du temps. Il faut beaucoup de silences pour dire cette beauté profonde.

Le corps se fait creuset, l'esprit se fait souffle vivifiant le monde. Je te remercie pour ce souffle bienfaisant. André Chenet, mars 2010

 

 

Je viens juste de recevoir ton recueil "Puisque beauté il y a". Un des plus fins qu'il m'ait été donné de lire depuis bien longtemps (la poésie forcée m'ennuie). Je n'ai fait pourtant que le parcourir de long en large, au hasard d'une lecture discontinue, à grands coups de faisceaux d'yeux. Je le préfère même à ClairVision : tu as décanté, avec une très vive sensitivité, le trop plein de cérébralité inhérent à toute écriture éprise de recherche et de nouveauté. Il me semble, mais nous en reparlerons, que tu ouvres une voie d'émerveillement et de candeur (Baudelaire, quant à lui, parlait d'impeccable naïveté) susceptible d'apporter ce supplément d'âme que nous dispense la nature terrestre lorsque l'on s’abandonne à elle.  Chacun des poèmes de ton recueil indiquent ces lieux essentiels où la poésie redevient éclairante en nous délivrant des surcharges "culturelles" et "cultuelles". Pas de fioritures stylistiques, un dépouillement salutaire et parfaitement réfléchi, très loin du hachis-menu d'une soi-disant poésie d'élite desséchante. L'introduction de Pascal Boulanger est d'une justesse remarquable.

Avec toute ma reconnaissance

André Chenet, septembre 2010

http://poesiedanger.blogspot.com/

 

***

 

L'énergie de la rentrée vaut bien celle du désespoir (Deguy) : on continue la poétique par tous les moyens ! Aussi c'est avec un vibrant petit éloge de la paternité (dans tous ses états) qu'avec Bertrand Leclair on la saluera.

Le rouge Renaissance de la revue il particolare 23 & 24 portera haut sa couleur avec un nouveau dossier Prigent et 256 pages de provisions pour la route, de quoi apporter réponses à la question de la revue Littérature : Effacement de la poésie ? portée par Christian Doumet et ses amis.

Trois titres des éditions Lanskine les appuieront…

 

Les éditions Lanskine

(Nantes) m’offrent comme une manière de répons à l’antienne de Littérature avec ces trois titres assemblés : après Temps mort, Je ne suis plus l’absente, Puisque Beauté il y a.

Ces trois recueils, très élégamment présentés (on notera in fine la mention Enrichissement typographique, et c’est vrai ; on appréciera également la délicatesse du prière d’insérer) ont pour auteurs, respectivement : Paul de Brancion, Jacques Estager, et Nathalie Riera.

Dans la trépidance de la rentrée, ces recueils offrent :

des pauses de légèreté : Rouge la lumière du féminin, légèreté, fulgurance/ enfance/ terre et fougère qui raniment l’air de la chambre// à mon retour aux bruits clairs/ où mes pas sont limpides et les murs franchissables. (Nathalie Riera, p. 53),

une provision d’adjectifs, de rythmes joueurs : La grille est dorée, elle est à la place du vent, c’est/ alors, dans la cour ; c’est toujours dans un temps/ enenfantin, grisé, soiré et où le temps est fleuri, où les/ fenêtres fleuries, au haut de la ville et la ville est au / bas, le soir, sont et partout le soir puis le temps. (Jacques Estager, p. 39),

ou le rappel d’autres urgences à voir et à penser. Ainsi le poème qui clôt le recueil de Paul de Brancion, avant le plan rapproché de la photographie de Joseph Barrak, prise dans la vallée de la Bekaa, et dont un plan large ouvre le livre : Un bédouin porte le corps d’un enfant, mort dans les/ bombardements./ Neveu, fils de son frère./Sous le voile rouge, son regard trahit l’effroi retenu./ Il est accroupi dans un pantalon de costume mal coupé./ Pietà/ écart du temps mort et du temps vivant. (p. 67)

Ronald Klapka

http://www.lettre-de-la-magdelaine.net/spip.php?article196

 

 

***

Émouvant, bouleversant et surtout infiniment humain, le métalangage nathalien est en soi une conquête d'esthète, une poésie d'infinitude, un monde extatique à contre-courant du monde délabré, dénaturé où les cerbères de toutes sortes, les minotaures de la dénaturation marginalisent la beauté naturelle et font oublier la déité vocationnelle de l'Homme né de Dieu... Camille Loty Malebranche

 

***

J'ai aimé votre recueil ; en lisant ces regards, voici ce qui pour moi s'est précisé :

 

Votre parole poétique s'accomplit en donnant voix à la présence.

En vous subordonnant à son intensité, à sa beauté mais aussi à son silence, votre poème se coule dans les formes végétales et couleurs temporelles de l'espace pour affirmer l'habitation.

On se réjouit de votre distance affichée pour la modernité. Vous témoignez pour la beauté, n'est-ce pas l'acte de sauvegarde nécessaire pour que celle-ci accepte généreusement, dans vos poèmes, de se dire ? Brigitte Donat

***

Puisque Beauté il y a. Je le lis avec grand plaisir, et y trouvant le monde non seulement saisi dans son « il y a » et sa nécessité d’écriture (« puisque ») mais encore comme production (poésie). Pascal Boulanger dit très justement « tout mérite d’être nommé ».

Le surgissement, l’étonnement, les « épiphanies », la grâce de la nomination et de l’écoute… tout cela nous allège de la morosité du « monde comme narration » qu’étale la « rentrée littéraire ». Claude Minière

 

 

 

Un extrait

sur le site Terres de femmes (Angèle Paoli)

ICI

 

 

*** 

 

Préface Pascal Boulanger 

ICI

 

 

 

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 Si vous souhaitez commander le livre

 

Par courrier postal

Editions Lanskine

Mas, 39, rue Félix Thomas

44000 NANTES

Par courriel

lanskine@club-internet.fr

  

 

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Les carnets d'eucharis

Vibrations de langue et d’encre

 


 

LECTURE

 

Nathalie Riera lira des extraits de Puisque Beauté il y a

à La Petite Librairie des champs de Boulbon

 

samedi et dimanche 25/26 septembre 2010

 le samedi de 18 heures à 19.30 aux côtés d’Angèle Paoli, Marielle Anselmo, Hélène Sanguinetti & le dimanche à 16.30 aux côtés d’Angèle Paoli

Le Moulin Brû
13150 Boulbon
France


http://lapetitelibrairiedeschamps.blogspot.com

 

Gérard Cartier

 

 

Une lecture de Nathalie Riera

                                                ©

 

 

TRISTRAN – Gérard Cartier

(Editions Obsidiane, 2010)

 

 

«… la nécessité d’une poésie (…) à savoir un état fidèle à l’impact de la réalité extérieure et sensible aux lois intérieures du poète. » 

Seamus Heaney (Discours du Nobel, éditions La Part Commune, 2003, p.53)

 

 

Après de nombreux livres de poésie, dont Le petit séminaire (Poésie/Flammarion, 2008) Gérard Cartier fait paraître Tristran, un nouveau recueil publié aux éditions Obsidiane.

Tout au long de ce récit sauvage tracé à la pointe sèche, le poète nous met en garde : On ne doit pas/des passions/faire littérature. Le projet poétique de Gérard Cartier : tenir un chemin d’écriture où, comme le « poète de l’Ulster » et ami Seamus Heaney, croire en la poésie, non pour se détourner de la violence du monde, mais parce qu’on doit croire en elle à notre époque et en toute époque, en raison de sa fidélité à la vie.

 

Retrouver dans le poème le viatique de la langue, quand la langue est substance de la pensée, la seule chose qui peut encore demeurer au cœur de l’aube ravagée et ses rhapsodes meurtris. Le livre devient alors un jardin de célébration aux vertus primitives. Le livre est voyage, quand il revient au poète de célébrer les noms sortis de la mémoire : nom puissant que celui de Tristran, et le chant léger de deux voyelles que celui d’Ysé. Reconvoquer l’origine du conte celtique, depuis un néant de tourbe et de brume. Lettres effacées, pages maculées, début arraché, le poète est habité de l’éclat et de l’écharde. Dès le commencement du récit, en l’été d’un autre siècle,  le corps du poète est le corps du livre, où il n’est pas seulement question de pages et de mots, mais d’argile et de chair tremblantes. 

 

A ma naissance/Un ange amer a présidé.

Ecrire Tristran dans la joie déchirante, sans la promesse d’un soulagement. La lumière n’a pas le pouvoir de la fulmination, sans secours dans un monde de tombeaux et de stèles. L’amour une faute et un châtiment… Mais rien ne sépare les amants, leur folle passion aux lettres immortelles … ils célèbrent/Dans l’indigence leur épiphanie. Toujours ce qu’il reste de feu contre le froid de l’épreuve, et ce que l’on peut percevoir de floraisons futures.

Embrasser la faute, la chérir. Toute la force de ce recueil : laisser/Aux amants des siècles futurs une louange sans flétrissure.

 

L’écriture est longue pérégrination. Tristran est l’hiver du poète, un  climat de lecture qui met le lecteur à l’épreuve : ce qui descend vers les tombes profondes, ce qui remonte vers les roses éclatantes. Calligraphie des métamorphoses, bibliothèque des formes et des couleurs, sous le ciel des amants périssent les palabres, les éblouissances du langage. Ne demeure que les herbes les plus pauvres.

Ils s’aiment, c’est-à-dire, rien à vaincre mais tout à surmonter.

 

Chante le monde à l’Ange écrit R.M. Rilke, et dans Le Livre d’Heures : On sent l’éclat d’une nouvelle page/où tout encore peut devenir.

 

© Nathalie Riera, avril 2010

 

EXTRAIT

 

Ils se sont tus dans un hoquet                      et le chagrin nous saisit                     à

genoux dans un marais acide           qui dissout les passions              et conserve

les corps         pour l’édification               des générations à venir                  tourbe

épaisse où tout revient                             et le poison qui coulait dans leurs veines

            passe aux fleurs éclatantes              aux épines                     aspiré par les

racines noires                        colorant les baies des fossés                            les mousses

            et les pierres…

 

(Extrait de la séquence 5 – La mort - .VII. p.113)

Gérard Cartier, Tristran, éd. Obsidiane, 1er trimestre 2010

 

Sur le site Terres de femmes Angèle Paoli

Un récit sauvage tracé à la pointe sèche

Lien : http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2010/06/g%C3%A9rard-cartiertristran.html

 

 

 

GCARTIER.jpgGérard Cartier est ingénieur (le tunnel sous la Manche, le Lyon - Turin) et poète. Ses premiers livres tirent leur motif de l’Histoire : la déportation de Robert Desnos (Alecto !, Obsidiane, 1994) et la résistance en Vercors (Introduction au désert, Obsidiane, 1996; Le désert et le monde, Flammarion, 1997 - Prix Tristan Tzara). Ses recueils récents composent une autobiographie fantasque (Méridien de Greenwich, Obsidiane, 2000 - Prix Max Jacob), imaginaire (Le hasard, Obsidiane, 2004) ou peut-être véritable (Le petit séminaire, Flammarion, 2008).

Gérard Cartier a traduit le poète irlandais Seamus Heaney (La lanterne de l’aubépine, Le Temps des Cerises). Il est par ailleurs, avec Francis Combes, l’initiateur de l’affichage de poèmes dans le métro parisien qui se poursuit depuis 1993.

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Gérrd Cartier_Une lecture de Nathalie Riera.pdf

 

11/08/2010

Chantal Dupuy-Dunier............ Ca, écrire......... lu par Nathalie Riera

Ce texte de Chantal Dupuy-Dunier, « Ca, écrire » (publié dans la revue Diérèse N° 48-49 – Printemps/Eté 2010) a été enregistré à la Maison d’arrêt de Luynes en juillet 2010.

 

Chantal Dupuy-Dunier.jpg

 

Voix : Nathalie Riera

Accompagnement sonore : Alain Vazart

Cliquer ci-dessous :

01 Texte de Chantal Dupuy Dunier par Nathalie Riera.wma

Cristina Castello, « Vent/Viento », extrait du recueil Tempestad/Orage, ed. Bod, 2009

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Photo : Cristina Castello

Voix : Nathalie Riera&Giuseppe M.

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James Noël, extrait du recueil Le sang visible du vitrier, ed. Presses Universitaires d’Haïti, 2009

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James Noel © Guillaume Coadou
Paris, 2005

Voix : Nathalie Riera

Trio Violon-Guitare-Accordéon

Cliquer ici : 08 Piste 8.wma

07/08/2010

Nathalie Riera - Je n'ai toujours rien dit au jardin

 

JE N’AI TOUJOURS RIEN DIT AU JARDIN

© Nathalie Riera (Inédit, été 2010)

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 Photo : domaine privé © Nathalie Riera

 

 

 

(à Axel)

 

 

De paix les traits du visage

et rires de ruisseau tressés de brindilles

j’oublie robes et chaussures

le crayon de l’été me dessine mes obscures allégories

 

Reliures du Temps (des rayures sur les rêveries, des ellipses de ma bouche)

Chevaux des roseaux

 

Nous aimerions sans phrase l’orgueil

comme ça sans phrase ce qui s’écrit

 

Dans le livre du jardin une page toujours perdue

remonter le temps je me dessine

jamais prière jamais poussière

quelque chose comme ça sur ce qui est en mouvement

chassé

hors de vue

 

lors que le jardin ne réplique rien

 

plus haut !

 

lors que descendre redonne le feu de ne pas renoncer

 

L’eau ne ment pas au jardin

Plus haut la voix !

Une crue a capella

 

 

(En souvenir de la nuit du 15 juin 2010)

 

http://www.bribes-en-ligne.fr/JE-N-AI-TOUJOURS-RIEN-DIT-AU

et autres textes http://www.bribes-en-ligne.fr/+-Riera-+

13/06/2010

28ème Marché de la Poésie (Invitation Editions Lanskine)

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07/06/2010

"Avec Nathalie Riera" (Préface de Pascal Boulanger "Puisque Beauté il y a", éditions Lanskine, 2010)

 

PREFACE

Pascal Boulanger

 

Nathalie Riera

Puisque Beauté il y a

 

 

Des chuchotis d’insectes le papier que tu froisses, le craquèlement de tes lèvres : ce que tu cherches à écrire, alors que tu ne sais encore rien du froid, et de ses crimes.

Un bruit d’abeille la mer et l’aube, écrire pour tout ce qui est terre, et fragile.

Ainsi nos feuilles rugissantes dans les poussières sonores des cités, ou dans les arbres qui nous enseignent les branches et leurs coups d’archets.

Et mes souvenirs blancs comme du jasmin.

 

Une page blanche comme un parterre de neige écrit aussi Nathalie Riera. C’est parce que tout mérite d’être nommé que nous parlons. Un poète ne doit-il pas passer, sans trop frémir, au-dessus du néant et de la page blanche ?

Le vrai courage n’est sans doute pas celui de tout jeter, de tout déconstruire, mais à l’inverse, celui qui consiste à remonter jusqu’à la source des choses qui nous entourent.

Certains préfèrent le solipsisme au chant, l’obscur à l’intelligible, la négation aux volutes éphémères de la beauté… Mais le poème de Nathalie Riera est le couronnement du jour qui passe. Elle sait jouer tout cela ensemble : saisons, sol et ciel, joie et accablement, défaites et espoirs. Toute une habitation se tisse dans ses poèmes, à travers les fils invisibles qui relient chaque chose vivante sous un ciel de contrastes.

Faut-il resacraliser, sans emphase, l’espace où nous sommes ou anéantir nos dernières illusions ? On peut habiter l’errance tout en prêtant attention à ce qui surgit et se déploie, car le poète en subissant, comme le commun des mortels, la Chute en inverse aussi le signe.

L’écriture de Nathalie Riera retient les sensations traversées afin qu’elles ne basculent pas dans l’indifférencié. Cette écriture, à travers proses ou vers amples, est simple et transparente.

L’ordre et la simplicité ont toujours ouvert les routes du rêve (Ungaretti cité par Nathalie Riera). On sent qu’elle a besoin de l’écriture pour ne pas brûler dans la proximité des choses.

Il se peut d’ailleurs qu’elle n’écrive pas mais dessine. Tant ses textes semblent suinter sur la page, dans cette eau fleurie des sentes.

Tout se dérobe t’il, désormais, à notre approche ? Mais les robes de l’enfance, à chaque fois retrouvées, sont toujours présentes. Ceux qui écrivent et tentent d’habiter poétiquement le monde le savent. Ne font-ils pas le don d’eux-mêmes qui fait écho au don de l’existence ?

Nathalie Riera est dans la joie à être – tout simplement – seule ou avec l’aimé, avec une manière, une habilité, une fantaisie, une invention de vivre.

Il n’est pas de poésie sans hauteur écrit-elle. Autrement dit, pas de poésie et de demeure sans ciel.

Dans ces suites, l’énergie, l’abondance s’inscrivent dans le sommeil de la terre qui reçoit du ciel et de l’amour, toutes les pluies et tous les soleils.

Jours et nuits forment un tableau de grande beauté.

 

© Pascal Boulanger

 

 

Editions Lanskine, 2010

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Pour commander le livre :

lanskine@club-internet.fr

 

  

Nathalie Riera

serait ravie de vous rencontrer au

28ème Marché de la Poésie

(Saint-Sulpice, Paris 6ème)

Samedi 19 juin 2010 à 16 h

Librairie La Gradiva/Editions Lanskine

N° de stand : F13 F14

21/04/2010

LA VIDEO TROUVE LA PEINTURE - Entretien Nathalie Riera avec le vidéaste Richard Skryzak

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ART VISUEL

Entretien

La video trouve la peinture - Nathalie Riera

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 http://www.performarts.net 

Trimestriel - N°8

 printemps 2010

 

 

 

Extrait

« La vidéo-graphie est à la lettre une inscription, une trace, une écriture très particulière. L’écriture de la vision. Ecrire ce que l’on voit avec ce que l’on voit ».

Richard Skryzak, extrait d’un entretien avec Emmanuelle Delapierre, Conservatrice du Musée des Beaux-Arts de Valenciennes, in Catalogue de l’exposition La peau est ce qu’il y a de plus profond, 25 novembre 2005-13 mars 2006

 

 

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1. Ecran

                                                                                                                                            

 

NATHALIE RIERA - Dans Le moment vidéographique, texte que vous avez écrit en 1999, à l’occasion de l’exposition « Les attributs du vidéaste », on peut lire :

« De points de vue en connexions, la vidéo trouve la peinture.

Pour rejoindre en elle la primauté du Regard.

Pour nouer avec elle l’alchimie d’un Visible. D’une sensation qui hante le Voir.

Non pas vouloir ce Voir à travers ce qu’on en sait, mais bien penser le Savoir par ce qu’il donne à voir.

En délestant l’image – sans que s’échappe le sens.

En offrant une vision à ce qui ne voit pas…

Puis, à propos de votre œuvre L’arc-en-ciel que vous présentez depuis octobre 2009, au Musée de l’Orangerie (Jardin des Tuileries), dans le cadre d’un cycle d’art vidéo intitulé « Eaux dormantes ? » en hommage aux Nymphéas de Claude Monet, vous écrivez : « En laissant venir les vibrations lumineuses et colorées, les sensations optiques et sonores, j’ai posé mon camescope devant le paysage comme Monet y aurait planté son chevalet. Pour moi, il s’agit du même geste.  En quelque sorte, faire de la peinture avec de la vidéo. »

 

RICHARD SKRYZAK - Je suis entré aux beaux-arts de Valenciennes (en parallèle de l’université) en pratiquant la peinture, et j’en suis sorti en 1981 en faisant de la vidéo. Je l’ai vécu comme une vraie révolution esthétique. Je peignais à l’époque de façon hyperréaliste, mais j’avais le sentiment d’être bloqué dans cette voie. Je me sentais plus proche, dans l’esprit, de l’art conceptuel. J’ai alors découvert le cinéma expérimental et ensuite l’art vidéo, à travers les œuvres de Paik, Jaffrenou, Viola, Dibbets. Ce fut le déclic. J’ai tout de suite voulu approfondir mes recherches artistiques en ce sens. Cela m’a permis, entre autre, de sortir de l’impasse où ma peinture se trouvait. « Ecran », réalisé en 1988, est un manifeste en acte de ce passage de la peinture à la vidéo. On m’y voit en train de peindre une mire de barres colorées, qui remplit à la fin tout l’écran. C’est un autoportrait en creux, à l’envers. Plus je peins, et plus je m’efface derrière ce que je peins. Derrière un écran d’un type spécial, une mire de barres, proche de la peinture par ses formes et ses couleurs, mais aussi « degré un » de l’image vidéographique. Celle-ci, en tant qu’ « écran-tableau », apparaît donc comme un prolongement, une finalité et une issue possible au geste pictural. Une chose m’intéresse également. Quel statut donner à une image qui relève à la fois de la peinture et de la vidéo ? Un medium en cache souvent un autre. C’est cette forte présence de l’univers pictural à travers le medium vidéographique que l’on va retrouver dans ma création en général. L’un se situe dans la continuité de l’autre. Les préoccupations, l’esprit, le regard sont les mêmes, sauf que j’ai changé de support et de moyen d’expression. Et cette mutation a ouvert de nouveaux enjeux esthétiques. C’est ce que je veux signifier quand je dis que je fais de la peinture avec de la vidéo.

D’autre part, la mire de barres est un arc-en-ciel artificiel, comme l’arc-en-ciel est une mire de barres naturelle. Une idée que j’ai reprise plus tard.

Dans le cas précis des « Attributs du vidéaste », je me suis demandé dans quelle mesure la vidéo pouvait reprendre les choses là où la peinture les avait laissées. Dans les zones d’ombre de la Nature morte. Dans les silences de la Vanité. « Les attributs du peintre »,  une toile de Cornelis Gysbrechts de 1665 (énigmatique peintre anversois, une fusée au cœur du 17ème siècle, sur lequel je reviendrai lors de ma prochaine conférence au musée de l’Orangerie), qui se trouve au musée des beaux-arts de Valenciennes, m’a servi de paradigme. Il s’agissait d’investir les parenthèses du tableau, d’en actionner les pauses. De dérouler et poursuivre, dans un dialogue historique et esthétique avec le Visible, le cours des données sensibles que le moment pictural avait, en son temps, suspendu. En réanimant bougie, sablier, livre, partition, violon, bulle, par le jeu des lumières, mouvements et sons, selon un principe plastique de traductions et de correspondances.    

L’invitation du musée de l’Orangerie à présenter actuellement « L’arc-en-ciel » en relation avec « les Nymphéas » de Monet, c’est l’occasion de mettre en évidence les filiations, les continuités, l’héritage esthétique entre les deux œuvres.

« L’arc-en-ciel » s’est construit sans idée préconçue, sans scénario préétabli, en accumulant simplement les plans comme des touches, des traces, des empreintes, au rythme des impressions et des perceptions. La multiplication des cadrages, des distances, des prises de vues au tournage, puis leur assemblage au montage, sont l’équivalent de la juxtaposition des couleurs sur la toile. Si l’on ajoute la question du motif, du paysage, de l’eau ; l’idée de capter les éléments dans leur « instantanéité » pour reprendre le mot de Monet ; et celle de décomposer la lumière en son spectre coloré, on perçoit bien la mosaïque d’affinités qui fait de cette vidéo une œuvre impressionniste.

Mais « L’arc-en-ciel », c’est aussi autre chose. C’est une arme. Une arme redoutable aux flèches électroniques. Un « bouclier poétique » pour se protéger de l’inconsistance généralisée qui gagne dangereusement et chaque jour du terrain. Un pont de couleur virtuel qui se dresse, pour endiguer la « menace »,  fluide et immatériel, au cœur même du réel.

Mes créations s’orientent de plus en plus vers le concept de « tableau-vidéo », présent chez moi depuis le début, mais qui aujourd’hui prend une dimension nouvelle avec l’apparition des écrans plats. Ces derniers sont à l’image de la majorité des programmes qui les animent : désespérément plats. Bien que je crois qu’une vraie télévision inventive reste possible, notamment via internet. En revanche cette morphologie se prête très bien à cette idée du « tableau-vidéo », au mur, dans l’espace privé, à coté de la photo et de la peinture, avec une fonction « décorative » qui me plait beaucoup et que j’assume complètement. Façon de court-circuiter les réseaux classiques des institutions et des lieux d’expositions. On devrait pouvoir regarder de l’art vidéo chez soi comme on écoute du Bach. 

 

 (Extrait de l'entretien paru dans la revue PerformArts n°8, Printemps 2010)

11/04/2010

Nathalie Riera

 

 

NATHALIE RIERA

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Bio/bibliographie 

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08/03/2010

Nathalie Riera et la parole emprisonnée

 

Nathalie RIERA

Ecrivain Poète Revuiste

(Née en 1966)

 

L A   P A U S E   P O E S I E


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 © Nathalie Riera (Florence, Firenze, Italia, 2008)

 

Nathalie Riera et la parole emprisonnée

par Jean-Luc Pouliquen

 

Dans un texte paru précédemment Michèle Serre avait posé la question de la place accordée à la poésie dans la société d'aujourd'hui. Avec cet essai intitulé La parole derrière les verrous, Nathalie Riera nous permet de reprendre ce sujet d'une manière singulière. En effet, l'auteure fait le point sur son activité d'animatrice culturelle en milieu carcéral et montre, en même temps que le théâtre, quel rôle peut y jouer la poésie. Une attention particulière à la souffrance et au désespoir de l'autre l'a conduit vers cette population de détenus qu'elle a voulu aider à continuer à tisser des liens avec le monde extérieur. Pour elle, mettre les délinquants au ban de la société, les réduire à l'isolement strict en les coupant radicalement de ce qui fut leur environnement quotidien, n'est pas préparer leur réinsertion mais au contraire favoriser des lendemains de violence. Ce lien avec l'extérieur c'est par la parole, le théâtre et la poésie qu'elle a travaillé à le maintenir. Quelques témoignages nous sont proposés qui nous permettent de mesurer l'impact des actions de Nathalie Riera sur son public. Celui-ci par exemple : "C'est bien ce que tu fais avec eux. C'est trop rare ces choses-là. On ne peut pas imaginer ce que le théâtre peut apporter. Je partage la cellule avec l'un des acteurs de la pièce. C'est moi qui lui donne la réplique. Et je peux te dire que ça bosse. Il est vraiment investi, et c'est pour ça qu'il s'accroche. Tu n'as pas choisi le texte le plus simple. Même moi, je ne savais pas qu'on pouvait écrire des histoires pareilles." N'allons pas idéaliser cependant, il y a aussi des rejets, des blocages mais toujours quelque chose s'est passé qui a fait bouger les esprits : "La seule chose qui me reste, ce sont mes rêves. Ils peuvent tout me prendre, mais ce qu'il y a là, dans ma tête et dans mon coeur, ils n'y parviendront pas".

De nombreuses citations accompagnent ce livre. Nathalie Riera a interrogé les oeuvres de nombreux poètes pour savoir ce qu'ils pouvaient nous dire lorsqu'une situation extrême nous confronte au sens même de l'existence. Elle retiendra par exemple ces mots de Pierre Reverdy : " Non, la poésie n'est pas cette chose inutile et gratuite dont on pourrait si facilement se passer - elle est au commencement de l'homme, elle a ses racines dans son destin". Dès lors le livre prend une autre dimension. Il n'est pas seulement réflexion sur une pratique culturelle à vocation sociale, il est plongée au coeur même de nos vies et de l'usage que nous pouvons y faire de la parole. "La parole emprisonnée" écrit-elle "c'est l'impossible dialogue entre les hommes et le cruel monologue de l'homme face au monde. Harcelés par les mensonges, nous astreignons notre vie à attendre du monde des réponses à nos malaises et à nos tragédies intimes. Mais ce qui définit le monde, c'est son refus de répondre." Le constat est amer. Sans doute a-t-il été favorisé par le contexte. Pourtant, grâce à la poésie, Nathalie Riera entrevoit un dépassement possible sinon elle n'aurait pas choisi de terminer son essai par ce vers de Goethe : "C'est pour l'étonnement que j'existe."

 

Jean-Luc Pouliquen

  

 

Sur le site :

 

L'oiseau de feu du garlaban

 

 

D’autres sites :

 

Revue Nouveaux Délits N°32 (Cathy Garcia)

Poétaille (Gérard Larnac)

Pascal Boulanger (revue Europe n°954, octobre 2008)

 

Compléments :

 

- L'auteure et son livre sur le site de l'éditeur : Les Editions de l'Amandier

 

- le site des Carnets d'eucharis

 la revue en ligne Poésie&Arts plastiques animée par Nathalie Riera

 

 

 

12/01/2010

staccato morendo, Nathalie Riera (texte sonore)

Projet oeuvres vives ESCALE AJACCIO nathalie riera.jpg

CLIQUER ICI

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(Texte & Voix : Nathalie Riera)

14/12/2009

Nathalie Riera - Page aphone où tout est voix - (Printemps des poètes 2010)

 

 Qui écrit ne voit plus et qui voit n’écrit plus

Jean-Claude Renard, Sous de grands vents obscurs

 

 

 

 

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Page aphone où tout est voix qui ne peut s’élever ni sombrer mais ouïr le sable s’écouler entre les syllabes sur la table où tu me dégrafes me tournes vers l’horizon où touffus les soupirs en sont comme grisant A des carrefours du poème écrire la route qui mène vers plus ou moins de rond-point/nœuds/bretelles/déserts Suivre le poème écrire à fond de train sur le sol sans pierres   

 

poivre et terre pêle-mêle bouches et cuisses le tout en haut le tout proche veulent frémir au secret du mot qui est ne jamais vieillir aux lèvres qui ruminent mais surgir sur la page où simplement ne rien dévoiler de plus que l’horizon de l’instant sur la table où tu raffoles de formes et de couleurs sel et sucre ronds et triangles des passions         

 

trèfle et résille de lumière brève sur la grève/brin de jaune/clair et net ne pas craindre le froid dans le fond mauve des hivers ni même l’imprévisible à contre-jour l’irréparable voir l’amour quand parler devient vœu de silence où tu me dégrafes se refaire un cœur avec art brut les étreintes des mots muscles/joncs/archets des éclairs brefs au bout du jour ses traits vifs vertes ses herbes et d’or les pourtours

 

Justement l’amour

 

© Nathalie Riera, Inédit

  

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05/12/2009

Extrait poésie

orange trees

© Nathalie Riera

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I

 

(ce corps, toi sauvagement, dans l’offrande, ce coeur)

 

 

         reviennent les choses ouvertes

         auprès de toute verdure blessée                   brisure fermée aux lèvres aux            livres qui cessent l’éloge

 

 

 

ont dessein de vivre

louer ma soif

                   orange-trees

(ces mains, appuyées accablantes assidues, la chair dans l’herbe, longuement l’embrassant la dépossédant la couvrant)

 

sur le site Bribes en ligne (Raphaël Monticelli)

11/11/2009

Nathalie Riera

 

 

 

NATHALIE RIERA

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Bio/bibliographie

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13/10/2009

ClairVision de Nathalie Riera sur publie.net

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Présente

ClairVision

Nathalie Riera

Illustrations par Lambert Savigneux

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"L’érotisme, si rare aujourd’hui qu’on le croirait indésirable dans le poème, devient exploration et connaissance".

 

Nathalie Riera, Clairvision, par François Rannou

Nathalie Riera fait ici une entrée remarquée. C’est un livre qui ose la sensualité du langage. La recherche de la beauté est ici avouée, mise en jeu mais il ne faut pas s’y tromper : pour que la parole ne soit pas vaine, en toute lucidité, il s’agirait de construire un lieu où la jouissance définirait le rapport entre les mots et les choses...précaire, certes, mais vivant ! L’érotisme, si rare aujourd’hui qu’on le croirait indésirable dans le poème, devient exploration et connaissance ! L’intérieur des mots rejoint la chair du monde dans un vacillement perpétuel, celui de la lumière aiguë sur l’eau d’une fontaine... 

 

 Si vous souhaitez lire les 14 premières pages de ClairVision, via le site Publie.net (François Bon)Téléchargement texte intégral 5,50 euros.

Le recueil est présenté par François Rannou et Mathieu Brosseau

Cliquer ici : http://www.publie.net/tnc/spip.php?article274 

  Clairvision, de Nathalie Riera

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