07.12.2009
Nathalie Riera - Page aphone où tout est voix
trèfle et résille de lumière brève sur la grève/brin de jaune/clair et net ne pas craindre le froid dans le fond mauve des hivers ni même l’imprévisible à contre-jour l’irréparable voir l’amour quand parler devient vœu de silence où tu me dégrafes se refaire un cœur avec art brut les étreintes des mots muscles/joncs/archets des éclairs brefs au bout du jour ses traits vifs vertes ses herbes et d’or les pourtours
Justement l’amour
© Nathalie Riera, Inédit
Anthologie "Couleur femme" sur le site Terres de femmes - Angèle Paoli
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Thomas Bernhard (1931-1989)

« Les Autrichiens n'ont pas le moindre goût, en tout cas ils n'en ont plus depuis longtemps, partout où l'on jette les yeux règne le pire mauvais goût. Et quel manque d'intérêt généralisé. Comme si l'unique centre était l'estomac, ai-je dit, et que la tête fût entièrement mise hors circuit. Un peuple si bête ai-je dit, et un pays si merveilleux dont, en revanche, la beauté est inégalable. Une nature à nulle autre pareille et des gens qui se désintéressent à tel point de cette nature. Une si haute culture, si ancienne, ai-je dit, et une si barbare absence de culture aujourd'hui, une inculture catastrophique. Ne parlons même pas de la situation politique déprimante. Quelles abominables créatures détiennent aujourd'hui le pouvoir en Autriche ! »
Extinction. Un effondrement (Auslöschung. Ein Zerfall, 1986) de Thomas BERNHARD, traduit de l'allemand par Gilberte Lambrichs, éd. Gallimard, 1990; rééd. coll. L'imaginaire, 2009
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06.12.2009
Paul Celan
Corona
L’automne me mange sa feuille dans la main : nous
sommes amis.
Nous délivrons le temps de l’écale des noix et lui apprenons à marcher :
le temps retourne dans l’écale.
Dans le miroir c’est dimanche,
dans le rêve on est endormi,
la bouche parle sans mentir
Mon œil descend vers le sexe de l’aimée :
nous nous regardons,
nous nous disons de l’obscur,
nous nous aimons comme pavot et mémoire,
nous dormons comme un vin dans les coquillages,
comme la mer dans le rai de sang jailli de la lune.
Nous sommes là enlacés dans la fenêtre, ils nous regardent
depuis la rue :
il est temps que l’on sache !
Il est temps que la pierre se résolve enfin à fleurir,
qu’à l’incessante absence de repos batte un cœur.
Il est temps que le temps advienne.
Il est temps.
Paul Celan, traduction Jean Pierre Lefebvre.
© Editions Gallimard, 1998, pour la traduction française
Collection « Poésie Gallimard »

Bucarest, 1947
J'ai coupé du bambou
J'AI COUPE DU BAMBOU :
pour toi, mon fils.
J’ai vécu.
Cette cabane demain
emportée, elle
tient debout.
Je n’ai pas aidé à la bâtir : tu
ne sais pas dans quelle
sorte de récipient j’ai
mis le sable autour de moi, il y a des années, sur
ordre et commandement. Le tien
vient de l’air libre – il reste
libre.
La tige qui ici prend pied, demain
elle tiendra toujours debout, où que
l’âme te lance par jeu dans l’ In-
lié.
Paul Celan, traduction Jean Pierre Lefebvre.
Traduit d’après Paul Celan, Die Gedichte, kommentierte Ausgabe éd. Barbara Wiedemann.
Suhrkamp Verlag, Francfort 2003.
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Ingeborg Bachmann
Ombres roses ombres
Sous un ciel étranger
ombres roses
ombres
sur une terre étrangère
entre roses et ombres
dans une eau étrangère
mon ombre
Ingeborg Bachmann, Schatten rosen schatten. Traduit de l’allemand par Françoise Rétif.

Dans l’orage de roses
(Aria 1)
Où nous nous dirigeons sous l’orage de roses
la nuit est éclairée d’épines, et le tonnerre
du feuillage, à peine audible dans les buissons,
est maintenant sur nos talons.
Où toujours on éteint ce qu’enflamment les roses
la pluie au fleuve nous emporte. Ô nuit plus lointaine !
Une feuille pourtant, qui nous toucha, entraînée par les ondes
nous suit jusqu’à l’embouchure
Ingeborg Bachmann. Traduit de l’allemand par Françoise Rétif.

Nous avons été légers comme des oiseaux, lourds comme des arbres,/hardis comme un dauphin et silencieux comme un œuf d’oiseau./Nous avons été morts, vivants, tantôt un être/et tantôt une chose. (Nous ne serons jamais libres !)
D’un pays, d’un fleuve et des mers
Ingeborg Bachmann. Extrait dans la revue Europe (août-septembre 2003), p.147.
13:18 Publié dans Ingeborg Bachmann | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
au cristallin de l'oeil
« Nommons voyants les poètes sacrés, nommons voyance d’une espèce supérieure la création poétique : l’Histoire peut alors se comparer au cristallin de l’œil, qui ne se voit pas lui-même, mais qui est indispensable à la vision, pour concentrer la lumière ; sa nature est clarté, pureté, absence de douleur. »
NOVALIS
08:29 Publié dans CLINS D'OEILS (arts plastiques) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.12.2009
Extrait poésie
orange trees
© Nathalie Riera

I
(ce corps, toi sauvagement, dans l’offrande, ce coeur)
reviennent les choses ouvertes
auprès de toute verdure blessée brisure fermée aux lèvres aux livres qui cessent l’éloge
ont dessein de vivre
louer ma soif
orange-trees
(ces mains, appuyées accablantes assidues, la chair dans l’herbe, longuement l’embrassant la dépossédant la couvrant)
07:32 Publié dans Nathalie Riera | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.11.2009
Bulletin n°16 du 1 décembre 2009
© Anna Toscano
N°16
1 décembre 2009
SOMMAIRE………
Extraits de Matière céleste de Pierre-Jean Jouve
PHOTOGRAPHIE Guidu Antonietti di Cinarca Portraits de femmes
&
Entretien PASCAL BOULANGER (deuxième volet) par Nathalie Riera
POESIE AVEC Nathalie Riera orange trees
Luc-André Rey Une paix très simple
&
DU CÔTÉ DE CHEZ… WILLIAM CARLOS WILLIAMS et Paterson
VIENT DE PARAITRE L’échappée belle Pascal Boulanger
&
PAR AILLEURS ………………….. Photo&poesie – Mario urbanet&PATRICE LETERRIER La Douleur des Arbres Editions de l’Amandier
Télécharger le bulletin :
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Autour du livre de Jean-Jacques Ceccarelli, Frédéric Valabrègue et André Dimanche
10:40 Publié dans EXPOS EN GALERIES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
James Sacré à la Petite Librairie des Champs
P O E S I E---------------------------------
Sur Quelque chose de mal raconté de James Sacré, lu il y a 28 ans
JAMES SACRÉ
Bientôt à la Petite Librairie des Champs
12 & 13 décembre 2009

© Photo Durigneux
D’abord une citation de B.M.
« exemple de bon-mauvais français
- je ne suis pas sûr que je tais toi
mais la ruse vertueuse de mes dits doigts
nous souffle que je tais me »
Lignes écrites en 1981.
D’abord ce nom de poète qui lui-même sonne comme un assemblage impossible dont il faudrait forcer le sens. Deux mots chargés et frissonnants de significations mêlées.
Et puis la campagne américaine, immense, et la langue, française un peu à cloche-mots.
Un peu privée d’espace aussi cette langue que le poète, à force de tremblements, va lui redonner et faire bouger.
Carrés de verdure et bas-côtés, autoroutes en jardins secrets, vastes espaces et au milieu, la ligne.
Qui est cet étranger qui va découvrant le paysage et la langue ?
Découvrant au sens d’ôter ce qui les recouvrait. Qui faisait qu’on ne les voyait plus très bien. Comme une taie sur les yeux.
Ici une taie sur la langue ?
Se permettant de dire dans un ordre traversé d’irrégularités les paysages.
Paysages à la mesure d’une poésie qui se veut incertaine, hésitante et en même temps tracée fermement sur la buée. Comme les pieds, ces maladroits, butent sur les mottes de terre mais poursuivent l’ascension.
Assis au bord des routes, tous les deux vaincus par la chaleur et la marche dans notre pays-langue, assis pensifs comme enfants perdus à mi-pente, nous attendons.
Le passage d’un texte rapide, d’un paysage entrevu comme vus d’un train à grande vitesse alors que nous sommes arrêtés, l’un et l’autre, assis sur le talus, dans la fatigue du jour, sa chaleur.
L’étranger, ce poète au nom nouveau pour nous, passe lui aussi et ses mots « à souffler des airs de romance dans son cornet à piston », nous raniment, nous remettent en ordre de marche dans le mal-raconté du titre, nous redonnant la bonne chanson, le goût du voyage dans la divagation entre les actes, entre les herbes du chemin, quelques mots : bonheur, jardin, rouge, dans un usage de la langue qui fait sourire un peu, se lever du sol, aller vers là « où c’était que des fermes que des gens ».
Et puis toujours, à nouveau solitaires sur des terres suspendues loin des hommes et de leur langue bien parlée, nous assis à écouter quelque chose de mal raconté.
●●●
"Parfois comme un ennui tout comme si plus rien
à dire à propos d'un poème ou d'un jardin
même chose en somme ou presque on comprend pas bien.
Peu à peu la mauvaise herbe le temps
qui vient ça a fleuri quand même avec un deux rouges
mal rouillés sourire un travail lenteur dedans
comme un ennui bardane et puis les orties tiens
ça continue pourtant sans qu'à peine rien bouge
avec ces noms d'herbes mal aimées un machin
qui rime quand même sans pourtant rien dedans.
Quelque chose de mal raconté, André Dimanche éditeur, 1981
la petite librairie des champs--------------------
James Sacré: une vie en poésie
James Sacré est né en 1939. Il passe son enfance et son adolescence à la ferme des parents en Vendée. D’abord instituteur puis instituteur itinérant agricole, il part, en 1965, vivre aux Etats-Unis où il poursuit des études de lettres (thèse sur la poésie de la fin du XVIè siècle français). Il y enseigne dans une université du Massachusetts (Smith College) tout en faisant de nombreux séjours en France et des voyages en d’autres pays (l'Italie et le Maroc, souvent). Il a publié des livres de poèmes au Seuil (Coeur élégie rouge, 1972), chez Gallimard (Figures qui bougent un peu, 1978) et aux éditions André dimanche, ainsi que chez de nombreux “petits éditeurs”. Il vit de nouveau en France, à Montpellier, depuis 2001.
Livres récents: Le poème n’y a vu que des mots, L’idée bleue, 2007. Khalil El Ghrib, Editions Virgile, 2007. Un paradis de poussières, André Dimanche, 2007 . Se os felos atravesan polos nosos poemas, Amastra-N-Gallar (dans une traduction en galicien de Emilio Araúxo ), 2008 (Emilio Araúxo, Apdo. Correos 97, 36500 Lalin (Pontevedra) Espagne). Comme pour être un jardin, Tunis, Tawbad, 2008 (bilingue, texte traduit en arabe par Saleh Diab). Une idée de jardin à Beyrouth, Soligny-la-Trappe : Ficelle n° 84, Rougier. V éditions, 2008. Coudre ton enfance à demain, Contre-allées, « Poètes au potager », Montluçon, 2008. D’autres vanités d’écriture, Tarabuste éditeur, Saint-Benoît-du-Sault, 2008. 31 poèmes de l’Amérique un peu, Contre-Pied, Martigues, 2008.
10:08 Publié dans James Sacré | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.11.2009
La Douleur des Arbres

Patrice Leterrier, Forêt de Rambouillet 2000/2001, photographie 003
PHOTO&POESIE
Mario Urbanet&Patrice Leterrier
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22.11.2009
Marcelin Pleynet
Marcelin Pleynet
Poète, critique d’art
(Né en 1933)
L A P A U S E P O E S I E

Provisoires amants des nègres
Paysages en deux
Les lignes de la prose
Comme
Le Pontos
EXTRAITS
La jeune fille se retournait dans le froid de l’aube – un vent gris venu de la mer lui enseigne mille choses d’un autre temps – une impatience une détresse inconnue en elle célébrait la mémoire des morts
Frileuse auprès des torchères d’encre
L’étang glacé et qui renvoie les échos s’ouvrit alors sur la dorure d’un cri
Le feu couvre tes épaules
quand la parole mal fermée
n’échappe plus aux angles d’une chambre
appauvrie
la nuit entre chez toi
par la porte basse de l’âtre
la nuit mange la lumière
elle marche comme un feu
les cendres couvriront les nuées et la mer
(extrait Les trois livres, éd. du Seuil, 1962, 1963 et 1965 – Provisoires amants des nègres - pp.20/21)
…………………………………………
Paysage
Vous ne voyez pas
Comme son ombre
Et trouve dans sa baignoire le bleu
La femme sur ses bras
Où au loin la lumière
Un monde
D’un arbre à l’autre
Le couchant suspendu
Un peuple de femmes douces dans l’eau
Sur les montagnes
De plus en plus neigeuses
Dans ce regard
Dans le sol
Disant
Me voilà
Elles perdent peu à peu le sommeil
Pourtant les herbes restaient vivantes
Sur les montagnes
Brûlés
Parlant
Chaque jour dans le vent
Dans l’air de plus en plus haut
Ou retombant ici
L’ange et le livre disparaissent mais des flots d’or roulent sur leurs traces
Présence de Nicolas Flamel
(Ibid., Paysages en deux – pp. 139/141)
…………………………………………
Vous commencez au bord de la mer
et peut-être plus loin près de la falaise
Derrière l’accident
la transparence de l’air
la couleur
cette racine
une branche où le printemps et l’orage arrachent
le lieu dans cet état
un liseré d’ombre
l’eau fleurie
ne commençant pas !
*
Le voici votre geste arraché
Qui parle des Grecs
Au bord de la montagne peut-être
les cerisiers
dans les bois
et toute sa maison ouverte la pensée
(Ibid., Les lignes de la prose – p. 209)
…………………………………………
Où la lumière se pose et dans la chair elle avive les herbes qu’elle mord et ouverte appelle l’air humide qui la tient nue glacée peut-être sur la rive
par la trop violente lumière seule ou blessée
quand passe et s’arrache violemment
s’écrase sur l’herbe
si je la regarde ou la lumière se posent autant de tâches bleues
(Ibid., Comme – p. 274)
…………………………………………
1960/1965… les possibles et les impossibles de la poésie.
Les Trois Livres
Je n’ai jamais hésité à m’expliquer. Dans une société entièrement asservie à l’économie des techniques de communication, comment ne pas être conscient des difficultés que présente tout accès à la parole poétique ? J’entends par là l’accès à une parole qui, en vérité, assume essentiellement comme monde la création du présent surgissement de son existence.
(Le Pontos, éd. Gallimard, 2002 - Notes Sur le motif d’un parcours plus long que la voie droite – p. 103)
12:40 Publié dans Marcelin Pleynet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.11.2009
Roland Barthes

« Qu’est-ce que mon corps sait de la photographie ? » …
22:04 Publié dans CLINS D'OEILS (arts plastiques) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Jaccottet - Ungaretti Correspondance 1946-1970
Philippe Jaccottet fait la connaissance d'Ungaretti lors d'un premier voyage en Italie, en septembre 1946, juste après la guerre. Cette rencontre se révélera pour le jeune écrivain aussi décisive que celle de Francis Ponge ou de Gustave Roud. Devenu avec les années le traducteur presque attitré d'Ungaretti, qui lui confie ses textes à peine achevés, il s'implique, prend des initiatives, collabore au choix des inédits, les commente, les préface. C'est aussi à l'homme, solaire et généreux, que Jaccottet s'attache ; il lui vouera une amitié indéfectible, le retrouvant à maintes reprises à Rome, ville restée pour lui élue entre toutes. Chargé d'établir l'édition française de toute son oeuvre poétique, Jaccottet publiera Vie d'un homme. Poésie 1914-1970 (Minuit / Gallimard, 1973), un volume réunissant les principaux traducteurs d'Ungaretti. Cette publication, à la suite de nombreux textes (essais, proses de voyages, entretiens) qu'il rassemble et traduit du vivant de l'auteur, contribuera de manière décisive au rayonnement de cette oeuvre dans les pays francophones. Une semblable exigence en poésie, une expérience parallèle du métier de traducteur, une haute conscience des mots et du rythme caractérisent "sur le terrain" deux écrivains en quête de justesse, mettant leur inquiétude au service d'une oeuvre où le détail, toujours, fait sens. Souvent succinctes, voire hâtives, leurs lettres renvoient davantage à ce travail sur les textes qu'à des propos sur la littérature ou sur leurs contemporains. Elles ouvrent la porte d'un atelier où circulent, au-delà d'une attention minutieuse à la langue, l'intelligence et la passion de la poésie elle-même.
Editions Gallimard
http://www.gallimard.fr
Collection : Les Cahiers De La Nrf
Parution : 21 Novembre 2008
21:59 Publié dans 4EMES DE COUVERTURE, Giuseppe Ungaretti, Philippe Jaccottet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Isabelle Waternaux - Portraits polaroids
21:22 Publié dans CLINS D'OEILS (arts plastiques) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Rien encore, tout déjà - Jacques Dupin

photographie de Michel Nguyen
la lumière, la perturbation des lignes
un dénouement de forces immatérielles
et le heurt de la terre filante en dessous
elle encore ni perverse ni maillée
une provocation étirant ses stances
aiguisant ses reflets pour s’anéantir
j’ai marché jusqu’au soir couleur sang
j’ai retrouvé sous le pied dans la garrigue
la terre magnifiée par le retour la terre
exiguë la terre odorante et déchirée
dont la nasse ruisselante était avide
de saisir une palpitation animale
et de précipiter ma disparition
éditions Fata Morgana, 1990
(avec deux xylographies originales signées de Jan Voss)
dans le labyrinthe enfant
le sang des pêches de vigne
poisse mes doigts campagnards
et par le marché aveugle
le nom est ouvert – le corps
agrandi, blessé
autant de boue que de glace
dans l’échancrure des yeux
au bord de nos jeux d’enfants
Photographie : Michel NGuyen - sur le site de la galerie alain paire
20:22 Publié dans Jacques Dupin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.11.2009
Claude Simon photographe
Claude Simon commente son travail de photographe, ainsi que Denis Roche.
Date : 16/03/1992 - Durée : 24min29s
21:32 Publié dans Claude Simon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.11.2009
Vient de paraître

12:49 Publié dans Pascal Boulanger | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.11.2009
Nathalie Riera
■■■
© Photo : domaine privé, été 2009
Nathalie Riera est née en avril 1966, vit en Provence, auteur d’un essai La parole derrière les verrous aux éditions de l'amandier (2007), et d’un recueil de poésie ClairVision aux Editions Publie.net créées par François Bon, dans la collection « L’inadvertance » dirigée par François Rannou et Mathieu Brosseau (2009).
Publie un ensemble de textes (poèmes et notes de lecture) dans les revues sur papier Imp’Act, La Pensée de Midi/Actes Sud… et sur les sites consacrés à la poésie contemporaine et les arts plastiques Bribes en ligne (Raphaël Monticelli), Evazine (Jean-Louis Millet)… Plusieurs autres sites accueillent ses textes comme Encyclopédie sur la mort (Eric Volant, Anthologie textes littéraires).
Anime des Ateliers d’écriture : Interventions dans les médiathèques, les prisons, les établissements scolaires…
A crée la revue numérique Les Carnets d’eucharis qu’elle anime depuis mars 2008, puis leurs bulletins Une étape dans la clairière (31 numéros).
10:45 Publié dans AU SUJET DES CARNETS, Nathalie Riera | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07.11.2009
Salah Stétié - En un lieu de brûlure

Poète et essayiste libanais de langue française, longtemps ambassadeur, Salah Stétié est l'homme de deux rivages. Ses écrits regardent vers l'Occident, sans jamais cesser d'être illuminés par l'Orient, qui les guide. Œuvre solaire, située au point du jour, à égale distance de la modernité qu'elle assume et de la tradition qu'elle réinvente, elle est habitée par les voix de la grande littérature française - de Baudelaire aux surréalistes - et par celle de l'Islam, de ses poètes et de ses mystiques, comme Ibn Arabî ou Rûmî... Le présent ouvrage est constitué d'oeuvres devenues rares, de textes désormais classiques, mais aussi de plusieurs inédits importants. On retrouve les poésies, les proses et les essais critiques d'un homme qui a su unir sous le même regard une volonté d'élucidation du monde et de ses phénomènes, ainsi qu'une pratique du français qui fait de Salah Stétié - comme Beckett, Ionesco, Jabès ou Cioran - un des maîtres de notre langue, qu'il a su revivifier avec amour.
- Editions Robert Laffont (15 octobre 2009)
Le texte est de croissant sur des brisures
De cicatrices sur ces cristaux aigus
Qu’un ciel couvre de ciels arrachés ou figures
Jusqu’à l’obscur œillet qui respire
Paysage à la destruction de l’épaule
A ce bois contenu par la lune
Quand cela bat dans l’arbre et s’embrouille avec colère
Et d’aile, d’un éclat, fait la mer trop grande
- où allons-nous, doux époux ?
Alors vient la femme avec étoiles ici et jambes
et vraie menthe
Et lignes pour le vent l’assouplir avec plis
dans ses beaux linges
Allume un ongle de miroir à la nuit où ses doigts
s’éteignent
Afin que l’oiseau casse et tombe dans les chambres
du monde
(Extrait L’eau froide gardée)
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Or l’arbre et l’écriture
Eglise désirante
Et le voyage nuageux la dispersion
Si ton visage d’arbre
Sauvé du sang sévère dans le vide
Accueille un bruit de cheval dans la matière
L’arbre en sa grâce pure
Le voici double à vouloir nous retenir
Dans le silence où nous allons tomber
(Extrait XL, Fragments : Poème)
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… L’herbe mourir !
…………………………………
Substance est de beau sein.
Retiré dans sa guerre
Illuminant le genre des fourmis
- Du feu faisant substance
Retiré dans sa guerre est beau sein
Cornu, ayant blessé
L’esprit, sollicitant l’arbre du sein
( Extrait XXI, Inversion de l’arbre et du silence)
------------------------------------------------
Ma lumineuse ma liée mon adorante
Dans tes rectangles nuageux une bougie
Par forme et par façon de nuit tremblante
Voilant ton nom d’embrasement nocturne
Et tout le sang qui fait briller ton corps en blé
Comme une neige endormie dans la neige
Au carrefour de toute lampe divisée
Non frontalière de l’esprit ni des fragments
(Extrait LXXV, L’être poupée)
08:29 Publié dans 4EMES DE COUVERTURE, Salah Stétié | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.11.2009
Bulletin des carnets d'eucharis n°15 du 2 novembre 2009
© Gladys – TĒTE - Archéologie du présent
■ Lien : http://www.gladys.fr/
Cette fuite hors de nous pour se réfugier dans le châle,/et autour du silencieux centre, le désir/que revienne encore une fois et encore/une fois la fleur inouïe/qui s’accomplit dans le vibrant tissu
Châle – Poèmes épars (1907-1926), Rainer Maria Rilke (traduit par Philippe Jaccottet)
2
Avec

Gladys
Série TETE – Archéologie du présent
N°15
2 novembre 2009
SOMMAIRE………
Extraits de Poèmes épars et de Nouveaux poèmes de Rainer Maria Rilke
&
Extrait d’une lettre de Claude Simon à Jean Dubuffet
Exposition LABORATORIO Galerie du Tableau/Diem Perdidi
POESIE AVEC Luc-André Rey la rue la vérité le vent
SCULPTURE avec Patricyan Le corps mou…
&
DU CÔTÉ DE CHEZ… WALACE STEVENS et A l’instant de quitter la pièce
LECTURE DE PASCAL BOULANGER Les âmes aux pieds nus Maram al-Masri
VIENT DE PARAITRE Vol stationnaire du dragon Didier Bourda
&
PAR AILLEURS ………………….. N°32 – Art Absolument L’art d’hier et d’aujourd’hui
Carnets d'eucharis n°15 du 2 novembre 2009.pdf
14:20 Publié dans AU SUJET DES CARNETS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



























































































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