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16/11/2019

Pouvons-nous nous passer de pesticides ?

05/06/2019

Les Carnets d'Eucharis au Marché de la Poésie (Paris)

L’ATELIER DES

CARNETS D’EUCHARIS

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vous attend sur le stand d’Ent’Revues (700/704)

place St. Sulpice, Paris VI

(5-9 juin 2019)

pour la présentation de la dernière parution de la revue Les Carnets d’Eucharis et son cru 2019 dédié à Claude Dourguin.

 

samedi 8 & dimanche 9 juin 2019

à partir de 11h30 (toute la journée).

 

+ d'info :

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15/05/2019

Cees Nooteboom - 533. Le Livre des jours

 

 

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Cees Nooteboom 

 

Le Diario Novo de Cees Nooteboom

 

L’écrivain néerlandais Cees Nooteboom signe son dernier livre chez Actes Sud sous le titre 533. Le Livre des jours, à ne pas comparer à un journal, mais plutôt « quelque chose qui permette de fixer de temps à autre un peu du flux perpétuel de ce que vous pensez, de ce que vous lisez, de ce que vous voyez, mais en aucun cas un réceptacle à confessions ». Dans ce Diario novo, selon une expression de l’auteur, « Etats d’âme et examens de conscience n’y ont pas leur place », ce qui importe est d’avoir des choses à dire et à cela je me permets un rapprochement quand pour Max Frisch il convenait que toutes « choses à dire » soit dit « très précisément, et très simplement, c’est-à-dire sans ambition littéraire. Une bouteille à la mer ».[1] Toujours dans son Journal berlinois, vit-on pour dire quelque chose et à qui ?

Dans Le Livre des jours, ce sont pensées, voyages et souvenirs, entre le 1er août 2014 et le 15 janvier 2016, qui livrent le portrait d’un écrivain qui se demande toujours « Jusqu’à quel âge doit-on se soucier du monde ? » en même temps que le portrait d’un homme transformé « en individu de masse » : « pour personne vous n’êtes qui vous êtes », écrit-il. Cees Nooteboom vit dans ce « monde de malentendus » mais se réserve quelques échappées, sortes de temps de suspension, ce qui ne signifie pas pour autant que l’écrivain se tient loin du monde. Cees Nooteboom partage son temps entre Amsterdam et Berlin, puis, depuis plus de quarante ans, migre chaque été, pour quatre mois, jusqu’à l’île de Minorque, en Espagne. S’adapter dans une autre vie, dans un autre pays est « un exercice spirituel », mais ce qui est plein d’enseignements, ce qui requiert le plus l’attention de l’écrivain en dehors de l’île et de sa géographie maritime c’est son jardin : « Ce jardin, c’est un portrait de ton âme », mais aussi : « Il faut cultiver notre jardin, dit Voltaire (…) Je ne suis pas une plante, mais si c’était au contraire le jardin qui me cultive, moi ? ».

Le Livres des jours rapporte des moments d’observation, une attention toute particulière de l’écrivain pour les cactus, ces « habitants les plus impassibles du jardin » à la vue desquels « l’on ne peut s’empêcher de croire à la symétrie et à l’harmonie comme finalités de la création », puis également les aeoniums arboreum avec « ses feuilles vert clair disposées en cercle avec une belle régularité mathématique » ou encore les sempervivums : « Ces plantes n’ont pu être conçues que par un génie euclidien ». Ainsi, le séjour insulaire serait-il la promesse de mieux consentir au monde, lui accorder meilleure figure, c’est-à-dire s’accommoder de sa part tragique. Cees Nooteboom est « né avant une guerre » où son père trouvera la mort à la fin de l’hiver 1945 lors du bombardement de son quartier, « ensuite il y a eu des guerres pendant tout le reste de ma vie », écrit-il.

Le monde ne peut être autrement que paradoxal et la littérature n’est-elle pas pour s’en faire témoin ? Cees Nooteboom accorde à la littérature une juste place, loin du superflu ou de tout ce qui la rapprocherait d’une « perfection sculpturale ». Se rapproche-t-il de Witold Gombrowicz pour qui « le propos de la littérature n’est pas de résoudre les problèmes, mais de les poser ». À sa lecture de Cosmos, il reconnaîtra chez l’écrivain polonais son « absence totale de compromis ». En est-il ainsi du rôle de l’écrivain, de n’écrire comme personne d’autre et, pour reprendre Max Frisch, de ne surtout pas être le « pantin de l’opinion publique ».

Tout comme les arbres du jardin, les livres sont la famille de l’écrivain, mais pas n’importe quel livre. Il faut que le livre vous donne cette « impression d’avoir passé des heures à faire du trapèze (…) Travailler sans filet, sous la menace d’un saut périlleux, cela peut vous arriver aussi en lisant ». Quelques pages sont consacrées aux écrivains hongrois Miklós Bánffy, Péter Esterhazy et Miklós Szentkuthy et, plus brièvement, aux poètes Leopardi, « un haut sommet que j’ai l’intention de gravir depuis des années » et Mallarmé pour sa « poésie dépouillée de tout superflu » que Cees Nooteboom compare à un Malevitch ou un Mondrian.

 

14/05/2019

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© Nathalie Riera

 

 

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ǀ SITE : Actes Sud

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[1] Max Frisch, Journal berlinois (1973-1974), éd. Zoe, 2016.

15/03/2019

LES CARNETS D'EUCHARIS - SUR LES ROUTES DU MONDE (Vol. II, 2019)

LES CARNETS

D’EUCHARIS

[Édition 2019]

 

 

 

CLAUDE DOURGUIN

CLARICE LISPECTOR – OLIVIER ROLIN – EDUARDO ARROYO

 

 

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 [PARUTION LE 25 MARS 2019]

 

Tristan Hordé Myrto Gondicas Pierre Chappuis Bernhild Boie Jean-Baptiste Para Claude Chambard Éryck de Rubercy Marco Martella Didier Pinaud Richard Blin Michaël Bishop Nathalie Riera

 

 

 

[… l’asphalte trace ses trajectoires de tentation, montées, courbes, descente, sombres, humides ou claires elles arpentent le pays, me voici encore et toujours halée par le mirage des découvertes, dans l’air glacial et dur projetée vers là-bas – au loin que je rejoindrai, une lumière, une contrée, un rivage, des architectures différentes, une manière autre de parler…]

[Extrait]

 ……………………………………………………………………………..

Chemins et Routes, Éditions Isolato, 2010.

 

 

Nicolas Boldych Michel Gerbal Catherine Zittoun André Ughetto Rita R. Florit Christophe Lamiot Enos Jean-Paul Bota Gilles Debarle Thierry Dubois Laurent Enet Benoît Sudreau Victoria Gerontasiou Yin Ling Gianni D’Elia Sarah Kirsch…      

 

 

Format : 16 cm x 24 cm | 216 pages (dont un Cahier visuel de 8 pages)

| France : 26 € (frais de port compris)

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LIRE LES 10 PREMIERES PAGES :

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POUR VOUS ABONNER :

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CONTACT

nathalriera@gmail.com

 

 

 

L’ATELIER LES CARNETS D’EUCHARIS BP 90044 - 83521 Roquebrune-sur-Argens Cedex

 

 

© L’Atelier des Carnets d’Eucharis, 2019

 

12/12/2018

CHARLES RACINE - DANS LA NUIT DU PAPIER / Edition spéciale - Parution le 17 décembre 2018

LES CARNETS

D’EUCHARIS

[Édition spéciale 2018]

 

 

CHARLES RACINE

DANS LA NUIT DU PAPIER

 [PARUTION LE 17 DECEMBRE 2018]

 

 

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Lambert Barthélémy

Silvio R. Baviera

Alain Fabre-Catalan

Frédéric Marteau

Charles Racine

Gudrun Racine

Nathalie Riera

André Wyss

Gérard Zinsstag

 

Charles Racine : Dans la nuit du papier, numéro hors-série des Carnets d’Eucharis (2018) est une première monographie consacrée au poète suisse Charles Racine (1927-1995). Pour Nathalie Riera, Directrice de la revue, à l’initiative de cette publication, cet hommage monographique a été rendu possible grâce au concours de ceux qui ont été proches du poète, mais aussi de ceux qui ont pressenti une œuvre à venir.

 

Même si les signes de reconnaissance ont été nombreux, le nom de Charles Racine est resté dans l’ombre durant les années 1980/1990. Il faudra attendre 1998, trois ans après la disparition du poète, pour la parution de Ciel étonné (Éditions Fourbis), avec les préfaces de Jacques Dupin et de Martine Broda. Puis récemment, de 2013 à 2017, la publication des trois volumes des œuvres (presque) complètes aux éditions Grèges, avec les préfaces de Yves Peyré et de Jean Daive.

 

Toute la vie de Charles Racine sera une vie d’exil entre Zurich et Paris. Ses liens à Paris avec les poètes seront nombreux : Yves Bonnefoy et André du Bouchet le publieront dans la revue L’Éphémère (1967), André Dalmas dans Le Nouveau Commerce, Claude Esteban dans Argile et Michel Deguy dans Po&sie. Jacques Dupin l’introduira dans sa collection chez Maeght avec la publication en 1975 du recueil Le Sujet est la clairière de son corps (illustré par des gravures d’Eduardo Chillida).

 

Conçu sous forme de triptyque, Charles Racine : Dans la nuit du papier rassemble tous les textes publiés dans les numéros annuels des Carnets d’Eucharis des éditions 2016 et 2017, augmenté en 2018 de documents inédits, dont un long et passionnant entretien que Gudrun Racine (l’épouse du poète, dépositaire des Archives Charles Racine à Zurich) a bien voulu accorder à Alain Fabre-Catalan et qui, placé sous le signe de « À la rencontre de Charles Racine », est un document de toute importance, à dessein de nous éclairer autant sur la vie que sur l’œuvre de Charles Racine.

 

La coordination de cette édition spéciale assortie d’un cahier visuel en quadrichromie est assurée par le poète Alain Fabre-Catalan.

 

Des textes, des poèmes, des lettres, des notes, des manuscrits, des entretiens et des témoignages ont aidé à la réalisation de cet ouvrage exceptionnel diffusé en France et en Suisse.

 

 

 

Je m’éveillerai de la mort

c’est certain ! Je traverserai

les lignes, les courbes de ma texture

les enjambant toutes, je serai libre de tout opprobre

je serai la route et le vaisseau

je serai l’eau voyante, l’eau voyant ceux qui existent

Je n’irai pas portant mon sac vide de pain

 

1975

 

[Extrait de « Il faut avoir traversé l’écriture]

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Poésie ne peut finir, Éditions Grèges, 2017, p.177.

 

 

[VOTRE COMMANDE]

 

 

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CONTACT: Nathalie Riera nathalriera@gmail.com /

 

Format : 16 cm x 24 cm | 104 pages (dont un Cahier visuel de 8 pages)

| France : 26 € (frais de port compris)

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Ouvrage publié avec le soutien de la Fondation Jan Michalski.

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01/05/2018

W. G. Sebald

W.G. SEBALD

Les Anneaux de Saturne

 

 

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  Extrait

 pp. 223-225

 

[…] Quand le taxi, une grande limousine scintillante, était arrivé, j’avais tenu ouverte la porte arrière pendant qu’elle s’installait au fond. Sans un bruit, la limousine s’était mise en mouvement, et Anna n’avait pas eu le temps de s’adosser que l’on était déjà loin de la ville, plongé dans une forêt, incroyablement profonde et traversée de rais de lumière étincelante, qui s’étendait jusque devant la maison de Middleton. On avançait à une allure dont on ne pouvait pas dire si elle était rapide ou lente, non point sur une route mais plutôt sur une voie merveilleusement moëlleuse, de loin en loin légèrement incurvée. L’atmosphère à travers laquelle la voiture se déplaçait était plus dense que l’air et avait quelque chose d’un lent court d’eau. J’ai vu la forêt défiler dehors, dit-elle, des détails infimes, impossibles à rendre, me sont apparus en pleine clarté, les fleurs minuscules sur les coussins de mousse, les brins d’herbe les plus fins, les fougères tremblantes et les troncs gris ou bruns, lisses ou rugueux se dressant à la verticale, disparaissant à quelques mètres de hauteur dans le feuillage impénétrable des buissons poussant entre les arbres. Par-dessus s’étendait une mer de mimosas et de malvacées d’où dégringolaient, venant d’un étage encore plus élevé de ce monde forestier foisonnant, des centaines de sortes de plantes grimpantes qui flottaient tels des nuages blancs ou roses dans les branches des arbres surchargées d’orchidées et de bromélias et semblables aux vergues de grands voiliers. Et couronnant le tout, à une hauteur que l’œil avait peine à atteindre, oscillaient des cimes de palmiers dont les fins plumets en éventail étaient de ce vert noir insondable, apparemment soutenu d’or ou de cuivre, que Léonard applique aux faîtes de ses arbres, ainsi qu’en témoigne, par exemple, La Tentation de Marie ou le Portrait de Ginevra de’ Benci. Mais l’incroyable beauté de tout cela, dit Anna, je n’en ai plus maintenant qu’une idée vague, et de même, je ne pourrais plus décrire précisément la sensation que me procurait le fait de rouler à bord de la limousine sans chauffeur à ce qu’il semblait. En fait, je n’avais pas l’impression de rouler mais plutôt de planer comme cela ne m’était plus arrivé depuis l’enfance, lorsque je pouvais effectivement me mouvoir à quelques pouces au-dessus du sol. Durant le récit d’Anna, nous étions sortis ensemble dans le jardin déjà gagné par la nuit. En attendant le taxi, nous nous tenions près de la pompe hölderlinienne, et dans le faible reflet projeté depuis l’une des fenêtres du salon sur le trou du puits ceint d’un muret, je vis, avec un frisson qui me pénétra jusque dans la racine des cheveux, un scarabée pagayer d’un bord sombre à l’autre, sur le miroir de l’eau.

 

 

 

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© Actes Sud, Babel, 2017

 

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Anne-Marie Albiach

ANNE-MARIE ALBIACH

Cinq le Chœur

1966-2012

 

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FIGURE VOCATIVE

« Réminiscence »

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  Extrait

 pp. 363-364

 

La nuit « dans ses lambeaux révolus » renouvelle leur trace de dénuements.

Une date préfigure les limites de la faim rendue sauvage et rituelle ; leur rythme de conjugaison en répondait.

Tel se présentait-il et leur regard se libérait des perspectives de force. Il fallait évoluer dans un lieu qui les unissait par-delà l’expression.

 

Je l’appellerai ainsi, je le nommerai,

son nom se réfléchissait dans la ligne droite des épaules ; dans la ligne des paupières ; la mémoire attirait, sur une eau d’étang, des personnages divers, le souffle, et cet extrême imprécis, nouveau à l’excès.

Posaient-ils leur main ouverte sur le point douloureux, et une ardeur tendant vers sa maturité alternait son discours de violences souterraines, de retraits et d’approches.

« Tu as retrouvé des traces de cette jeunesse » – et je me remémore des objets savants pour toi devenus familiers dans leur reddition.

Il a déplacé le vouloir des éléments, la tête baissée pour pressentir l’eau sépia de l’envol. Elle aurait pu croire dans cette immanence ; des rires de gazelles enténébrées dans l’allée. Le sommeil hante la nuque tel une déperdition de soi rompue par la Perte. Un cercle dans nos respirations noires.

 

***

 

 

« Le chemin de l’ermitage »

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  Extrait

 p. 398

 

Face à eux, complices dans le lieu privilégié de blanc et de ceinture précise dans le flou de la jupe, elle vérifie de deux mains le point exact du masque, où le féminin et le masculin s’exaspèrent ; dans la pénombre du double, ils regardent avec apaisement, une fragilité dans leurs jabots d’un bleu évanescent : un songe indécis s’empreint d’elle à eux ; dans l’attente, une blancheur irradie nos pulsions.

Comment pénétrer dans cette luminosité qui annule le spectateur le plus ardent. Deux ardeurs, l’une blanche, l’autre écarlate, séparées par le rideau d’une distance que les occlusions temporelles auraient travaillée.

Cela se situe dans une mémoire immédiate.

Un enjeu traverse les positions, de part et d’autre d’un reflet, alors qu’elle s’astreint à des mouvements altérant cette immobilité.

 

 

 

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© Flammarion, 2014


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Claude Dourguin

 CLAUDE DOURGUIN

POINTS DE FEU

 

© éditions Corti, 2016


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COLLECTION en lisant en écrivant

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  Extraits

 p. 47

 

Le souhait de Debussy de « décongestionner » la musique par le plein air, un siècle après on peut le faire aussi bien pour la littérature (la peinture également, à condition de ne pas l’entendre comme un retour à des formes vides – mais Tal Coat, Soulages ou Szafran témoignent avec bonheur).

 

***

 p. 56

 

Moments heureux à la vigne, dans les dernières lumières du jour tant la chaleur est forte. Sur la pente très raide de l’escarpement rocheux il y avait à effeuiller, à couper les entrejets. Avec ceux des ruches, de la lavande, des oliviers, voici bien l’un des plus riches travaux qui soient, à la faveur duquel s’éprouve la satisfaction d’accomplir une donnée naturelle, de l’accroître, de favoriser et orienter son développement vers une qualité sinon une quintessence. L’humanité en nous aussi se réalise – savoirs, pratiques, sensations –, en cet accord parfait avec notre lieu – la poésie ici, vécue, en quelque sorte, quelque dure soit la tâche.

 

***

 

 p. 69

 

Chance des peintres, ils peuvent inventer leurs techniques. La création de son propre langage pour l’écrivain existe, certes, elle le définit également, mais sa part de liberté, d’invention est bien moindre parce que la littérature exige tout de même une part de compréhension (l’échec du lettrisme, par exemple, trouve là sa source).

 

*

 

Soulages fait référence, pour expliquer l’une de ses démarches, à une phrase de Saint Jean de la Croix : « Pour toute la beauté, jamais je ne me perdrai. Sauf pour un je-ne-sais-quoi qui s’atteint d’aventure. » Cette nécessité – comme en mer de savoir saisir le vent qui survient –, ce don, on ne s’attendait peut-être pas à sa revendication – en termes semblables, qui plus est – par le peintre des noirs trop souvent crédité de la mise en œuvre systématique d’un projet intellectuel.

 

 

 

 

 

11/03/2018

Les Carnets d'Eucharis - Portraits de Poètes, Vol. II - 2018

Avec plaisir de vous annoncer la publication du dernier opus 2018 de la revue Les Carnets d’Eucharis (version papier). En cliquant sur les liens ci-dessous, vous pourrez lire les premières pages, ainsi que télécharger le bulletin d’abonnement pour vos commandes. En vous en remerciant d'avance. 

 

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LES CARNETS D’EUCHARIS 2018

gustave roud    nancy cunard   charlotte salomon

 

Pierre Bast Julien Burri Alain Fabre-Catalan Alessio Christen Julie Delaloye Claire Genoux Geneviève Liautard Daniel Maggetti Joël-Claude Meffre Sabine Péglion Bruno Pellegrino Stéphane Pétermann & Émilien Sermier Nathalie Riera James Sacré Laurence Verrey Gustave Roud

Marina Tsvetaïeva Jane Hirshfield Brina Svit Jean-Marc Lovay Armel Guerne Esther Tellermann Julien Bosc Rodolphe Houllé Jean-Paul Lerouge Isabelle Lévesque Hélène Sanguinetti Muriel Stuckel Amelia Rosselli Luigia Sorrentino Claudia Azzola…

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ABONNEMENT : 

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© L’Atelier des Carnets d’Eucharis, 2018 



 

11/02/2018

Les Carnets d'Eucharis (2017) par Mazrim Ohrti (pour Poezibao)

 

 

LES CARNETS D’EUCHARIS

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Sur les routes du monde (vol.1)

 

 

          [Revue "Les Carnets d'Eucharis", par Mazrim Ohrti]

 

Pour celles et ceux qui ne la connaîtraient pas, la revue Les Carnets d’Eucharis rassemble poésie, littérature, photographie, arts visuels ; elle est visible également sur le site de Nathalie Riera, chapeautrice en chef donc, qui se révèle très impliquée.

Revue qui naquit en numérique en 2008 pour s’enrichir d’une version papier annuelle dès 2013. A son comité de rédaction figurent quelques noms du moment concernant cette parole créatrice de bien des nourritures terrestres, les uns poètes s’accommodant des autres plutôt critiques, et réciproquement. Inutile de les nommer (au risque de vouloir faire caution), ils se reconnaîtront. Toute de noir toute de blanc (à quelques reproductions près, photos et peintures), toute de noir et blanc, et le rouge parfois aidant, la revue laisse voir dossiers, études, entretiens, traductions, portraits, critiques et poèmes. 


Ce numéro confirme les autres par sa densité, sa luxuriance lumineuse au regard des disciplines qui s’interpénètrent et ainsi se supportent mutuellement. Ce qui lui donne un air de permaculture, soit une alternative à ce que l’industrie du prêt-à-penser impose par ses ornières… dans le secteur culturel aussi. Et il y a là de quoi nourrir toute la planète. Même cinéma, vidéos, photo et peinture en sont le sujet dans une large mesure ; notamment sous l’œil de Richard Skryzak, vidéaste et écrivain dont le travail fut visible dans l’émission « Die Nacht/La Nuit » sur Arte. Ainsi Sharunas Bartas est à l’honneur dans ce numéro, mais pas que. C’est ce poète méconnu, Charles Racine, qui ouvre la voie par un dossier où « hommage » lui est rendu ; par un témoignage, des extraits de poèmes et des propos exégétiques à son endroit. La thématique mentionnée « sur les routes du monde » s’illustre par Bruce Chatwin, Annemarie Schwarzenbach et Bartas, écrivains ou cinéaste, et voyageurs, cherchant ce qu’il y derrière la notion de nomadisme. Si dans un premier temps il s’agit d’accéder à un ailleurs possible, un « otherground » (illustré par Sylvie Ballester) dans le but très clair d’expérimenter la verdeur de l’herbe, dans un second temps, c’est davantage pour se repaître d’une certaine aridité au contraire, où pousse malgré tout une humanité profonde et spontanée, élémentaire et inconditionnelle, rendue à sa quintessence car dénuée, car libre au-delà de tout idéal préfabriqué et de modèle théorique, en des paysages, des lieux où la beauté réside avant tout dans leur vérité. Autant sur les vestiges de peuplades disparues depuis longtemps que chez des groupes minoritaires actuels mais marginalisés, tout autant oubliés. C’est pour chacun de ces auteurs en rupture avec leur temps, par sa critique devant l’Histoire en sa fabrique, sous couvert d’études sociologiques et d’actions anthropologiques lointaines, le moyen de se nourrir de ces cultures qui fait office de lieu commun. Au regard de quoi on peut se demander s’il n’y a jamais eu des lieux où vie et poésie se confondent, où la vérité de l’individu transparaît un tant soit peu dans son expression ? Ces trois auteurs issus de trois générations différentes (se suivant comme en filiation), ont su organiser leur fuite pour des motifs différents. Mais dans tous les cas, afin de surmonter leur quête de soi impossible dans les lieux qui les ont vus naître et grandir en se confrontant à eux-mêmes par le voyage. S’il y a une seule route à suivre, c’est ce « chemin excentrique » selon Hölderlin, quitte à s’y brûler. 


Concernant les arts visuels, il faut lire les propos d’Alain Bourges sur la télévision, sujet de son livre très circonstancié écrit en 2008, au titre ambivalent : « Contre la télévision, tout contre ». Débat inépuisable à propos de ce « monde devenu visible à lui-même », machine dont l’homme n’a jamais été aussi dépendant et ne cesse d’explorer de nouveaux champs d’action. L’omniprésence de l’image, dont l’enjeu s’étend désormais à l’exploration de ses avatars technologiques, cette image à tous les étages de notre vie, laborieuse et pratique, comblant également notre espace culturel (au sens large), a-t-elle de quoi se justifier en tant que nouveau langage ? Et entretiens encore, et entretiens toujours, beaucoup, dans la revue qui traque les conditions de l’expérience de l’écriture soumise à celle de la vie, illisible et insaisissable ; chez des personnalités telles que Marie Cosnay ou Erri De Luca (« citoyen de (s)a langue »), dans l’intimité de leur voix portée, le cas échéant, vers la traduction puisqu’il y est aussi beaucoup question ici. Ainsi, on trouvera de la poésie italienne (à partir de poètes à qui rendre justice ou hommage selon leur notoriété), britannique également, et même de la poésie française traduite en anglais (why not !). Et bien sûr, de la poésie française circonscrite à la langue de Molière ; représentée, entre autres, par Philippe Jaffeux, Noémie Parant, Ariel Spiegler ou Isabelle Pinçon. « Et banc de feuilles descendant la rivière » (jamais la même donc), rubrique introduisant notes, portraits et lectures critiques, de Corso à Martine Konorski, où le bateau s’arrête enfin. Les Carnets d’Eucharis vivent avec leur temps-suspendant-la-matière sous un regard mouvant. Cette matière qui, si elle échappe à certains, à chaque fois s’invite en viatique au pérégrin.


Mazrim Ohrti, vendredi 15 décembre 2017 ………………………………………


Les Carnets d’Eucharis, « Sur les routes du monde », 2017, 192 p. 19€.

 

 

| Site : POEZIBAO

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09/09/2017

To Each Unfolding Leaf

 

 

 

 

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Pierre Voélin

 

To Each Unfolding Leaf

 

To Each Unfolding Leaf est une anthologie américaine proposée et dirigée par John Taylor. Son choix est porté sur une partie de l’œuvre poétique de Pierre Voélin, depuis ses premiers recueils – Sur la mort brève (1984) et Les Bois calmés (1987) – jusqu’aux plus récents – Y (2015) et Des voix dans l’autre langue (2015). Les poèmes sélectionnés s’étendent sur quatre décennies, de 1976 à 2015.

Ainsi que le souligne John Taylor, si Pierre Voélin est sans conteste l’une des figures les plus importantes de la poésie contemporaine suisse francophone, il reste toujours très peu connu des pays anglophones. J. Taylor assure une longue introduction en même temps que la traduction (du français à l’anglais) de l’ensemble paru récemment à New York chez l’éditeur Paul Roth de Bitter Oleander Press.

Né en 1949, à Courgenay, dans le Jura, Pierre Voélin dira être « Suisse par inadvertance ». À ce propos, J. Taylor nous met en garde, ce serait une grave erreur de lire la poésie de P. Voélin dans un contexte littéraire exclusivement suisse. Parmi les influences poétiques de sa jeunesse, on peut allégrement citer, au premier chef René Char, puis Henri Michaux et Francis Ponge, sans omettre son admiration pour Jacques Dupin et Jean Grosjean.

Sur cette étendue de 40 années de poésie, les paysages évoluent dans leurs particularités, nous assurant que le pouvoir de la poésie est d’être toujours « ce mince filet d’eau que l’on continue d’entendre au cœur de la nuit ». P. Voélin est particulièrement sensible aux tragédies de l’Histoire (les génocides de la Shoah, du Rwanda, la guerre en ex-Yougoslavie) et à la nuit des poètes qui ont souffert de l’enfer de leur temps (Akhmatova, Mandelstam, Celan…). Marion Graf précise que « La diction de Voélin, brisée, étincelante, elliptique, reste marquée par la fréquentation décisive de ces poètes ». Pour René Char, nous rappelle P. Voélin, le poète est le « conservateur des infinis visages du vivant ».

Les poèmes choisis révèlent des thèmes récurrents, comme l’exaltation de l’amour (et la perte), le rapport de l’individu à la nature (et particulièrement à l’environnement rural), les possibilités d’une quête spirituelle au cœur du monde contemporain… Dans son rapport au monde, le poète reconnait entretenir « un rapport panique… Il y a une intensité, une urgence ». De fait, ce rapport donne à sa poésie d’être ancrée dans le réel « où il n’y a pas de gras, mais de l’os, de la structure », dit-il.

Les 8 sections de l’anthologie nous font entendre une poésie que le seul mot de « lyrique » ne suffirait pas à définir, les poèmes étant conduits par une profonde empathie pour le monde du vivant, et envers quoi le poète veut tenir parole, faire tenir la parole debout, l’écriture en recours, à ne cesser de louer (pour ne pas oublier) les victimes et les opprimés de l’Histoire. « Écriture (…) établissant, / rétablissant partout sur les vieilles terres d’Europe le cadastre du feu ». Mais plus encore : « Écriture comme on partage le pain et le sel. » Le texte « Des cris et du silence », écrit en 1994, porte une épigraphe en hommage aux habitants de Sarajevo, du temps de la Bosnie assiégée par l’armée serbe.

Le poème « Nuit du premier Novembre » est dédié à Paul Celan, le poète est ici célébré au cœur d’une écriture amie : « Il rouvre encore les pages noires de l’ortie / avant que d’un coup ne l’embarque un fleuve ». Le poème « Les Bois Calmés » s’adresse à Pierre Chappuis, l’ami proche : « Douleur est l’autre voix qui nous rassemble ». Si la toponymie est la poésie des géographes, elle est aussi celle des poètes. Une note de Pierre Voélin nous apprend que Les Bois Calmés est une localité que l’on peut trouver sur la carte de France, quelque part en Franche-Comté. Il précise : « c’est un lieu-dit repéré sur la carte au 25/000 millième lors de mes nombreuses promenades de l’adolescence dans ce coin de pays – ce doit être un angle de forêt, et un bout de pré où paissent des vaches de la race montbéliarde, à grandes taches rouges sur le ventre, le dos, le haut des pattes ». Pierre Voélin se définit « comme un poète frontalier, un poète français de la façade est de l’Hexagone ».

L’Arménie comptera parmi ses pays d’élection. Il dit avoir rêvé d’un voyage en Arménie en découvrant le texte éponyme d’Ossip Mandelstam, dans la traduction d’André du Bouchet. C’est en 2009 qu’il y met les pieds, en compagnie de quelques amis. Et c’est à cette occasion qu’il écrit « Le poème en Arménie : notes ».

Avec To Each Unfolding Leaf, nous entrons dans les sous-bois et les hauts-plateaux de la langue. Poésie qu’on peut dire vallonnée, en rien étale, d’où la langue est « langue contournée / debout dans le chêne / … et si longtemps perdue ». Paysages accidentés d’où écouter dans leur étrange consonance « le myosotis poudreux de la douleur ». Le froid accompagne toute parole, écrit Pierre Voélin, « Je chante avec les pousses du froid / et les ramures et le noir d’écorce ». Puis, « l’esprit s’ouvre à des puis de neige (…) / Février jette sur la neige une poignée d’abeilles ». Et enfin, « Vivre de ce peu – de cette lumière de neige / de ce rien qu’offre la neige ».

Y, séquence écrite entre 2011 et 2013, a pour légende un extrait de la Vita Nuova de Dante. Y voir peut-être comme une espérance toujours possible, entre les nœuds et les décousus de la nuit, qui donne aux fleurs les plus « accourcies » d’encore pouvoir fleurir et au cœur de pareillement battre « en son jardin de graines ». Dans l’épissure du monde, « l’exil infini de l’amour ».

« Amour que j’appelle … / Que les pluies viennent te prendre par la taille / qu’elles célèbrent ton pas d’amoureuse / la menuiserie de ta gorge ».

08/09/2017

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© Nathalie Riera

 

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02/09/2017

Olivier Rolin

 

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Olivier Rolin

 

Olivier Rolin, un écrivain de l’investigation

 

Appréhender l’œuvre d’Olivier Rolin, en fournissant quelques clefs de lecture, tel est le défi et le vœu exaucé de Gérard Cartier en réunissant 16 contributeurs dans le dernier numéro de la revue Europe (juin-juillet-août 2017). En tant que proches ou amis, C. Garcin, M. Enard, J. C. Bailly, P. Michon, J.C. Milner… tous auscultent une œuvre essentiellement composée de romans et de récits géographiques, une production intellectuelle où Littérature, Histoire et Géographie se définissent pour G. Cartier comme les trois pôles « du triangle magique qui structure l’imaginaire d’Olivier Rolin »

Cartier interroge l’écrivain, notamment sur sa période de militantisme politique, une expérience que Rolin ne manque pas de juger comme initiatrice à son activité de romancier. Son engagement au sein de la Gauche Prolétarienne (1967-1974) puis, par la suite, son investissement en qualité de reporter-journaliste, auront été sûrement déterminants dans sa nécessité de s’inscrire dans le « réel » – comme Rolin le précise, entendre par « réel » la géographie, la topographie –. Son regard sur le roman en tant que forme littéraire s’appuie chez lui sur deux figures illustres, Barthes et Kundera. Dans les Propos recueillis par G. Cartier, à la question de savoir à partir de quoi écrivons-nous, la réponse de Rolin est claire et sans emphase : « C’est à partir d’une débâcle que j’ai commencé à écrire ». Il affirme que la littérature a été sa « sortie d’Egypte ».

Parler d’écriture chez Rolin relève d’une certaine modestie, celle de tenter des hypothèses et de ne pas être toujours dans des affirmations radicales : « (…) écrire répond au début à un désir de sortir du carcan des certitudes politiques, et aussi de ‘m’en sortir’, tout simplement. C’est une démarche d’éloignement, un mouvement centrifuge (…) C’est Barthes encore qui le dit : écrire, c’est faire sécession ».

Poètes, écrivains, artistes ne sont pas toujours en accord avec leur société. Parmi les désaccords ou les colères de Rolin, on retiendra son refus à « cette détestation actuelle de la nostalgie », puis à cette « étrange maladie » que peut être la haine du passé. Parce qu’il est aussi poète, Gérard Cartier sera particulièrement sensible à l’usage de la langue d’Olivier Rolin, à son « extrême diversité » qui est de recourir « à tous les niveaux de vocabulaire, du plus savant (le latin et le grec) au plus familier et même, à l’occasion, au trivial ». L’écriture chez lui n’est pas une écriture qui se répète, souligne G. Cartier, elle « se réinvente de livre en livre ».

Pour Christian Garcin, « O. Rolin est un écrivain qui a du souffle » ; pour Pierre Michon, il « est l’exemple de celui qui à grands pas (…) m’aide à sortir de la terreur » ; pour Jean-Claude Milner il « est habité par une passion. Elle a un objet qui se nomme monde ». Norbert Czarny retient de la littérature telle que lue et pratiquée par Rolin qu’elle « n’est pas un jeu mondain. Elle à avoir avec la mort, elle est un risque, pour qui écrit et pour qui lit ». Agnès Castiglione interroge le lien de la Littérature et de l’Histoire. Chez Rolin la Littérature ne peut pas être conçue sans un écho du passé, avec lui le roman se fait plutôt    « art de la mémoire », « c’est cette aptitude de la littérature à faire dialoguer entre elles, à travers tous les siècles, les grandes voix de l’humanité, à mettre en communication le passé et l’avenir, comme dans la transmission d’un héritage »

Jean-Claude Pinson a connu « fugitivement » Rolin à une époque lointaine, du temps où tous deux fréquentaient le même lycée. Pinson analyse les raisons qui ont conduit Rolin à recourir à la littérature, et notamment à l’écriture romanesque, choix déterminé, selon lui, par le fait que le recours au roman « est justifié par des valeurs d’ordre philosophique (éthique) autant qu’esthétique. C’est qu’il s’agit d’abord d’en finir avec le mensonge entretenu par les illusions et les simplifications de la pensée militante. Prenant acte de ce que fut le XXe siècle, ‘celui de grands mensonges sanglants’, O. R. choisit, en lieu et place de l’idéologie politique, de ses certitudes et de ses ‘mots d’ordre’, le roman, son scepticisme, son sens de la complexité… ». Si le roman est bien trop souvent l’ennemi du poète – jugement partagé et admis par Olivier Rolin – , le choix de la prose chez lui est justement de ne pas mettre de côté la poésie. Pinson souligne qu’ « il n’y a pour lui qu’une nature de la littérature ».

Pour Jean-Pierre Martin, la littérature comme régénérescence, comme possesseuse d’une « vertu », comme réparatrice du passé, « appelle à une refondation ». Martin ajoute : « Ce qui réunit Ponge et Michaux, Nabokov et Orwell, Borges et Cendrars, d’autres encore – tous plus ou moins passeurs de Rolin –, c’est l’exploration et la réinvention du dictionnaire. Le langage comme investigation ».

Investigation, un mot qui sied bien à cet écrivain de notre temps, lequel ne manquera pas – après son aventure subversive au sein de la Nouvelle Résistance Populaire – de pratiquer l’humour et l’auto-dérision, probablement comme un recours à plus de justesse.

 

© Nathalie Riera

Les Carnets d’Eucharis

01/09/2017

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ǀ La Revue EUROPE

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© Vignette : Axel Boyer 

ǀ Les Carnets d’Eucharis

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Autre site à consulter : ǀ remue.net

 

 

15/06/2017

Rencontre-Lectures à Montévidéo (Marseille) - Les Etats généraux de la poésie

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Nathalie Riera – © Photo : Claude Brunet

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Lundi 26/06/2017

Rencontre-lectures

MONTÉVIDÉO (Marseille)

(Créations contemporaines, théâtre, musique, écriture)

Dans le cadre des États généraux de la poésie, en périphérie du 35e Marché de la Poésie (mai-juin 2017 – Paris & Régions), avec les poètes éditeurs Henri Deluy, Julien Blaine, Frédérique Guétat-Liviani, François Heusbourg et Nathalie Riera.

 

 

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MONTÉVIDÉO

3, impasse montévidéo

13006 Marseille

+33 (0)4 91 37 97 35

www.montevideo-marseille.com

 

14/06/2017

La poésie romande vue de France & De la confusion du monde (par Jean-Paul Gavard-Perret)

 LA TRAVERSE DU TIGRE

LA POESIE ROMANDE VUE DE FRANCE

Par Jean-Paul Gavard-Perret

 

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© La Traverse du Tigre, mars 2017
112 pages - 12 €
ISBN  978-2-9543788-5-5
 

 

 

 

Que cette déambulation – plus qu’anthologie – commence par un texte d’Olivier Beetschen est significatif. Comment en effet situer au plus haut niveau un florilège sinon par un poème qui ouvre le lyrisme à un autre poumon que celui des grandes orgues ? Le lecteur – à partir de cette évocation d’une légende enfantine – est convié et transporté vers des points d’horizon que la France a toujours du mal à situer comme si elle était victime, hors Paris, d’une agoraphobie. Pierre Voëlin, Marie-Laure Zoss, Claire Genoux (entre autres) montrent comment le poème devient chemin en un panorama singulier. Certaines écritures sont plus fractales que d’autres mais tout « sent » l’ouverture. Il convient donc de cesser de voir la Suisse comme un écrin : les poètes sortent du bord du Léman, dévalent des bras d’obscurité des grands sapins sous la lune.

Dans sa postface Angèle Paoli rappelle la nécessité du poème afin de retrouver au moins un « semblant d’équilibre » dans un monde qui en manque de plus en plus. Laurence Verrey déplace les paysages admis et porte sur ses lèvres un chant fragile. Ici et comme l’écrit Pierre-Alain Tâche, « le poète a repris le don », celui qui « répond au don d’autrui » sans pour autant que cette reprise soit un banal merci. Antonio Rodriguez ouvre encore plus profondément cette offrande : le corps y a sa place. Et Pierrine Poget le fait murmurer en « reculant sa caméra » afin que l’autre ait toute sa place. 

 

SITE À CONSULTER :
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 LES CARNETS D’EUCHARIS

Sur les routes du monde (Vol.I)

& La Traverse du Tigre

 

 

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© Les Carnets d’Eucharis, mars 2017
192 pages - 19 €
ISBN  978-2-9543788-3-1

 

 

 

De la confusion du monde

Par Jean-Paul Gavard-Perret

 

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Nathalie Riera publie cette année deux carnets. L’un répond à l’économie classique de la revue, l’autre présente une déambulation des plus remarquables dans la poésie romande d’aujourd’hui (d’Olivier Beetschen à Pierre-Alain Tache et Claire Genoux, de Marie-Laure Zoss et Pierrine Poget à Antonio Rodriguez et Laurence Verrey). Ce numéro spécial est une parfaite réussite autant par son contenant que son contenu et dans les multiples éclats des fragments proposés.

Le numéro « Sur les routes du monde » est apparemment plus prolixe. Sans doute parce que le monde l’est. Mais Nathalie Riera a — entre autres — le mérite de faire de sa revue un des rares lieux où est rendu hommage à Charles Racine dont la mort est passée inaperçue. Lambert Barthélemy nous apprend néanmoins qu’une prochaine publication pourrait remobiliser l’attention du lecteur.

Le titre du numéro est justifié par un ensemble de textes qui mettent en relief Bruce Chatwin, Annemarie Schwarzenbach et Sharunas Bartas. Là encore l’esprit des revuistes est — surtout dans les cas des deux derniers cités — de mettre en exergue des œuvres méconnues. Enfin et au-delà d’un portfolio impeccable du vidéaste Alain Bourges, la revue donne ou redonne la voix à des auteurs tels que Philippe Jaffeux et Jacques Estager dont les œuvres sont majeures mais encore confidentielles.

Ces deux ensembles font honneur à l’Atelier — éditeur de la revue. Un tel lieu prouve la vitalité du Sud dans la défense et l’illustration des arts et lettres. Epaulée par Tristan Hordé, Eve-Marie Berg, Claude Darras et quelques autres, Nathalie Riera s’engage dans le corps amoureux de la langue, un corps multiple qui convoque autant l’engagement que l’esthétique. Preuve que la poésie au sens large n’est pas en voie d’extinction.

 

 

SITE À CONSULTER :

Lelittéraire.com
Cliquer ICI

 

 

 

05/06/2017

Les Carnets d'Eucharis, N°51 (Printemps-été 2017)

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Poésie | Littérature Photographie | Arts visuels 

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                 en ligne

 
 
 

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Les carnets d’eucharis 51

PRINTEMPS-ÉTÉ 2017

 

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 [télécharger] 

Format revue numérique  ICI

 

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22/04/2017

Présentation de la revue "Les Carnets d'Eucharis" avec Nathalie Riera, Richard Skryzak & Alain Bourges (CipM, 31 mars 2017)

21/04/2017

Jean Azarel, Le ciel du dessous

 JEAN AZAREL

LE CIEL DU DESSOUS

Extraits

 

 

Collection |Ssur le billot 

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ICI

 

 

Un arroi de lacs

abreuve tes paupières.

Monde réel ou fantôme.

Après l’inouï,

avant la fuite,

résurgence intime

des obsessions volées.

 

 

 

 

 

 

Béance foraine,

si ta robe se dérobe,

un essaim bohémien

enlève mon pardessus.

Faux rythmes,

mécanique des piques,

la terre boit ta pluie,

notre temps s’écoule.

 

 

(p.33)

 

 

 

 

Sous le plancher

errent les âmes molles.

La terre épie le ciel,

malaxe les entrailles,

la thérapie essentielle

des bottes et des gerbes

nouées au plus bas.

 

 

 

 

 

 

Le miaulement d’un rêve,

un don animal

à la porte des abysses.

Tu croises l’onde

qui éteint la flamme,

le corridor mue

en ornière profonde.

 

(p.45)

 

***

 

 

 

 

09/04/2017

Erwann Rougé, L'enclos du vent (éd. Isabelle Sauvage, 2017)

 ERWANN ROUGÉ

L’ENCLOS DU VENT

Extraits

 

 

Photographies | Magali Ballet 

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© Éditions Isabelle Sauvage, Février 2017
Collection « ligatures »

Poésie

60 pages, 15 x 25 cm / 30 photographies, quadrichromie

Parution : février 2017

ISBN : 978-2-917751-77-0 / 18 euros

Publié avec le soutien du Centre national du livre et de la région Bretagne

 

 

 

 

parfois une douceur arrête

l’éraflure d’une âme

 

 

que le vif aiguise à l’intérieur

 

 

touche léger

le battement d’une sève aigüe

 

 

les étincelles d’eau

tassées dans les yeux

 

 

la joie               c’est après

 

(p.16)

 

***

 

 

 

à ce moment-là

peut-être – ne faut-il que marcher

 

 

passer le rien flottant

le lavis d’aube

 

 

ne faut-il que l’absence

 

 

la lecture des vanneaux

pour dissiper le doute

 

 

le vent se coude

à la pesanteur d’une ombre

 

 

et l’excès de ciel

dans la gorge est toujours là

 

(p.40) 

 

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  Erwann Rougé né en 1954, a, entre autres, animé les éditions Dana/Approches (livres d’artistes essentiellement) dont il a cessé les activités début 2015. Il est l’auteur, depuis Amour neige d’oubli (Calligrammes, 1983), de nombreux livres de poésie : Les Forêts, Douve ou Haut Fail (Unes, 1992, 2000, 2014), Bruissement d’oubli ou Le Pli de l’air (Apogée, 2002, 2009) ou encore Paul les oiseaux (Le Dé bleu, 2005), Passerelle, carnet de mer et Qui sous le blanc se tait (L’Amourier et Potentille, 2013) et, dernier en date, Breuil (Le phare du Cousseix, 2016). Il a également participé à de nombreux livres d’artistes.

 

  Éditions Isabelle Sauvage

ICI

 

05/04/2017

RADIO ZIBELINE - Entretien avec Nathalie Riera, poète et fondatrice de la revue "Les Carnets d'Eucharis"

                                 

 

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À propos des Carnets D’Eucharis – Nathalie Riera

Nathalie Riera est poète, elle dirige la revue « Les Carnets d’Eucharis » qu’elle a fondée sous forme électronique en 2008 sur internet, et qui s’est enrichi d’un volume annuel, décliné sous forme papier depuis 2013. Une revue qui a fait l’objet d’une présentation le 31 mars dernier au cipM, à la Vieille Charité, par Nathalie Riera, Richard Skryzak et Alain Bourges.

L’occasion d’un entretien à propos de cette revue, en compagnie de Nathalie Riera.

Par Alain Paire

Une émission imaginée et réalisée par WRZ en partenariat avec le cipM.

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Photo : Alain Paire, Nathalie Riera & C. M. Voiry © Claude Brunet

 

 

 

30/03/2017

Les Carnets d'Eucharis - Présentation au cipM - Nathalie Riera, Richard Skryzak & Alain Bourges

 

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Présentation :

Nathalie Riera 

Avec :

Richard Skryzak & Alain Bourges

 

 

Centre de la Vieille Charité

2, rue de la Charité

13236 MARSEILLE Cédex 02

 

 

 L’info sur le site

Cliquer ici

 

 

Plusieurs rubriques scandent la revue : le cahier de poésie, Au Pas du Lavoir, où se croisent prose et poésie ; le cahier des arts visuels, ClairVision ; le cahier Et banc de feuilles descendant la rivière (titre en clin d’œil à Lorine Niedecker) où se concentrent notes, portraits biographiques et lectures critiques. Également la séquence Traductions qui occupe une large place. Marie-Christine Masset dira de ces cahiers multilingues qu’ils sont comme des graines de grenade ou des ouvertures sur le monde. Le dernier numéro (2017) inaugure deux nouvelles séquences, À Claire-Voix – un enchaînement d’entretiens avec des auteur(e)s, des traducteur(trice)s, des éditeur(trice)s –, puis Otherground qui fait écho à ma conviction qu’il n’y a aucune antinomie à faire prévaloir, entre le domaine du livre et le domaine de la route. Je retiens cela de Sylviane Dupuis quand elle écrit au sujet de Nicolas Bouvier, qu’il « ne s’est pas d’abord formé sur les routes, mais, dès l’enfance […] dans les livres ». La route et le livre, c’est ce qui me fait aller en ce monde. J’ai mis un peu de temps à le saisir, c’est au fur et à mesure des créations de la revue que ça s’est éclairci, et de ce fait m’a conduit à proposer cette nouvelle rubrique, Otherground, pour laquelle je n’ai pas hésité à convoquer les écrivains Annemarie Schwarzenbach et Bruce Chatwin, ainsi que le cinéaste lituanien Sharunas Bartas, tous les trois réunis dans la dernière livraison – avec sa thématique de circonstance, « Sur les routes du monde » – pour leur manière unique à chacun d’arpenter le monde, de s’en nourrir, de consentir à sa parfois éprouvante réalité. Avec eux, écrire ou faire des films est un moyen de s’opposer à la pensée de système ou d’être en dehors des systèmes, des idéologies, parce qu’ont-ils sûrement compris que la réalité est bien plus grande et pas réduite à seulement des règles, des conventions. "Éterniser un monde", c’est là, je le crois, le propre de ceux et celles qui expérimentent les routes intranquilles de l’art.

Extrait de Une histoire de revue, Nathalie Riera in Le Cahier du Refuge, N°259, cipM, mars 2017.

 

 

 

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Le Cahier du Refuge, 259

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