07.12.2009

Nathalie Riera - Page aphone où tout est voix

trèfle et résille de lumière brève sur la grève/brin de jaune/clair et net ne pas craindre le froid dans le fond mauve des hivers ni même l’imprévisible à contre-jour l’irréparable voir l’amour quand parler devient vœu de silence où tu me dégrafes se refaire un cœur avec art brut les étreintes des mots muscles/joncs/archets des éclairs brefs au bout du jour ses traits vifs vertes ses herbes et d’or les pourtours

 

Justement l’amour

 

© Nathalie Riera, Inédit

 

 

Anthologie "Couleur femme" sur le site Terres de femmes - Angèle Paoli

 

Thomas Bernhard (1931-1989)

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« Les Autrichiens n'ont pas le moindre goût, en tout cas ils n'en ont plus depuis longtemps, partout où l'on jette les yeux règne le pire mauvais goût. Et quel manque d'intérêt généralisé. Comme si l'unique centre était l'estomac, ai-je dit, et que la tête fût entièrement mise hors circuit. Un peuple si bête ai-je dit, et un pays si merveilleux dont, en revanche, la beauté est inégalable. Une nature à nulle autre pareille et des gens qui se désintéressent à tel point de cette nature. Une si haute culture, si ancienne, ai-je dit, et une si barbare absence de culture aujourd'hui, une inculture catastrophique. Ne parlons même pas de la situation politique déprimante. Quelles abominables créatures détiennent aujourd'hui le pouvoir en Autriche ! »

Extinction. Un effondrement (Auslöschung. Ein Zerfall, 1986) de Thomas BERNHARD, traduit de l'allemand par Gilberte Lambrichs, éd. Gallimard, 1990; rééd. coll. L'imaginaire, 2009

 

06.12.2009

Paul Celan

Corona     

L’automne me mange sa feuille dans la main : nous

     sommes amis.

Nous délivrons le temps de l’écale des noix et lui apprenons à marcher :

le temps retourne dans l’écale.

 

Dans le miroir c’est dimanche,

dans le rêve on est endormi,

la bouche parle sans mentir

 

Mon œil descend vers le sexe de l’aimée :

nous nous regardons,

nous nous disons de l’obscur,

nous nous aimons comme pavot et mémoire,

nous dormons comme un vin dans les coquillages,

comme la mer dans le rai de sang jailli de la lune.

 

Nous sommes là enlacés dans la fenêtre, ils nous regardent

depuis la rue :

il est temps que l’on sache !

Il est temps que la pierre se résolve enfin à fleurir,

qu’à l’incessante absence de repos batte un cœur.

Il est temps que le temps advienne.

 

Il est temps.

 

 

 

Paul Celan, traduction Jean Pierre Lefebvre.

© Editions Gallimard, 1998, pour la traduction française

Collection « Poésie Gallimard »

 

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Bucarest, 1947

 

J'ai coupé du bambou     

 

J'AI COUPE DU BAMBOU :

pour toi, mon fils.

J’ai vécu.

 

Cette cabane demain

emportée, elle

tient debout.

 

Je n’ai pas aidé à la bâtir : tu

ne sais pas dans quelle

sorte de récipient j’ai

mis le sable autour de moi, il y a des années, sur

ordre et commandement. Le tien

vient de l’air libre – il reste

libre.

 

La tige qui ici prend pied, demain

elle tiendra toujours debout, où que

l’âme te lance par jeu dans l’ In-

lié.

 

Paul Celan, traduction Jean Pierre Lefebvre.

Traduit d’après Paul Celan, Die Gedichte,  kommentierte Ausgabe  éd. Barbara Wiedemann.

Suhrkamp Verlag, Francfort 2003.

 

 

 

Ingeborg Bachmann

Ombres roses ombres     

Sous un ciel étranger

ombres  roses

ombres

sur une terre étrangère

entre roses et ombres

dans une eau étrangère

mon ombre

 

 

 

Ingeborg Bachmann, Schatten rosen schatten. Traduit de l’allemand par Françoise Rétif.

 

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Dans l’orage de roses     

(Aria 1)

 

Où nous nous dirigeons sous l’orage de roses

la nuit est éclairée d’épines, et le tonnerre

du feuillage, à peine audible dans les buissons,

est maintenant sur nos talons.

 

Où toujours on éteint ce qu’enflamment les roses

la pluie au fleuve nous emporte. Ô nuit plus lointaine !

Une feuille pourtant, qui nous toucha, entraînée par les ondes

nous suit  jusqu’à l’embouchure

 

 

 

Ingeborg Bachmann. Traduit de l’allemand par Françoise Rétif.

 

 

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Nous avons été légers comme des oiseaux, lourds comme des arbres,/hardis comme un dauphin et silencieux comme un œuf d’oiseau./Nous avons été morts, vivants, tantôt un être/et tantôt une chose. (Nous ne serons jamais libres !)

D’un pays, d’un fleuve et des mers

Ingeborg Bachmann. Extrait dans la revue Europe (août-septembre 2003), p.147.

 

 

au cristallin de l'oeil

« Nommons voyants les poètes sacrés, nommons voyance d’une espèce supérieure la création poétique : l’Histoire peut alors se comparer au cristallin de l’œil, qui ne se voit pas lui-même, mais qui est indispensable à la vision, pour concentrer la lumière ; sa nature est clarté, pureté, absence de douleur. »

NOVALIS

05.12.2009

Extrait poésie

orange trees

© Nathalie Riera

extrait orange trees.jpg

I

 

(ce corps, toi sauvagement, dans l’offrande, ce coeur)

 

 

         reviennent les choses ouvertes

         auprès de toute verdure blessée                   brisure fermée aux lèvres aux            livres qui cessent l’éloge

 

 

 

ont dessein de vivre

louer ma soif

                   orange-trees

(ces mains, appuyées accablantes assidues, la chair dans l’herbe, longuement l’embrassant la dépossédant la couvrant)

 

sur le site Bribes en ligne (Raphaël Monticelli)

28.11.2009

Bulletin n°16 du 1 décembre 2009

Carnets d'eucharis N°16.jpg

© Anna Toscano

N°16

1 décembre 2009

 

SOMMAIRE………

 

Extraits de Matière céleste de Pierre-Jean Jouve

PHOTOGRAPHIE Guidu Antonietti di Cinarca Portraits de femmes

&

Entretien PASCAL BOULANGER (deuxième volet) par Nathalie Riera

POESIE AVEC Nathalie Riera orange trees

Luc-André Rey Une paix très simple

&

DU CÔTÉ DE CHEZ… WILLIAM CARLOS WILLIAMS et Paterson

 VIENT DE PARAITRE L’échappée belle Pascal Boulanger

&

PAR AILLEURS ………………….. Photo&poesie – Mario urbanet&PATRICE LETERRIER La Douleur des Arbres Editions de l’Amandier

logoPDF.jpgTélécharger le bulletin :

 carnets d'eucharis n°16 du 1 décembre 2009.pdf

Autour du livre de Jean-Jacques Ceccarelli, Frédéric Valabrègue et André Dimanche

CECCARELLI.jpg

 

James Sacré à la Petite Librairie des Champs

P O E S I E---------------------------------

 

 

Sur Quelque chose de mal raconté de James Sacré, lu il y a 28 ans

 

JAMES SACRÉ

Bientôt à la Petite Librairie des Champs

12 & 13 décembre 2009

  

 

 

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 © Photo Durigneux

 

D’abord une citation  de B.M.

 

«  exemple de bon-mauvais français

- je ne suis pas sûr que je tais toi

 

mais la ruse vertueuse de mes dits doigts

nous souffle que je tais me »

 

Lignes écrites en 1981.

 

 

D’abord ce nom de poète qui lui-même sonne comme un assemblage impossible dont il faudrait forcer le sens. Deux mots chargés et frissonnants de significations mêlées.

Et puis la campagne américaine, immense, et la langue, française un peu à cloche-mots.

Un peu privée d’espace  aussi cette langue que le poète, à force de tremblements,  va lui redonner et faire bouger.

Carrés de verdure et bas-côtés, autoroutes en jardins secrets, vastes espaces et au milieu, la ligne.

Qui est cet étranger qui va découvrant le paysage et la langue ?

Découvrant au sens d’ôter ce qui les recouvrait. Qui faisait qu’on ne les voyait plus très bien. Comme une taie sur les yeux.

Ici une taie sur la langue ?

Se permettant de dire dans un ordre traversé d’irrégularités les paysages.

 

Paysages à la mesure d’une poésie qui se veut incertaine, hésitante et en même temps  tracée fermement sur la buée. Comme les pieds, ces maladroits, butent sur les mottes de terre mais poursuivent l’ascension.

 

Assis au bord des routes, tous les deux vaincus par la chaleur et la marche dans notre pays-langue, assis pensifs comme enfants perdus à mi-pente, nous attendons.

Le passage d’un texte rapide, d’un paysage entrevu comme vus d’un train à grande vitesse alors que nous sommes arrêtés, l’un et l’autre, assis sur le talus, dans la fatigue du jour, sa chaleur.

 

L’étranger, ce poète au nom nouveau pour nous, passe lui aussi et ses mots « à souffler des airs de romance dans son cornet à piston », nous raniment, nous remettent en ordre  de marche dans le mal-raconté du titre, nous redonnant la bonne chanson, le goût du voyage dans la divagation entre les actes, entre les herbes du chemin, quelques mots : bonheur, jardin, rouge, dans un usage de la langue qui fait sourire un peu, se lever du sol, aller vers là « où c’était que des fermes que des gens ».

 

Et puis toujours, à nouveau solitaires sur des terres suspendues loin des hommes et de leur langue bien parlée, nous assis à écouter quelque chose de mal raconté.

 

 

 

 

●●●

 

 

"Parfois comme un ennui tout comme si plus rien

à dire à propos d'un poème ou d'un jardin

même chose en somme ou presque on comprend pas bien.

 

Peu à peu la mauvaise herbe le temps

qui vient ça a fleuri quand même avec un deux rouges

mal rouillés sourire un travail lenteur dedans

 

comme un ennui bardane et puis les orties tiens

ça continue pourtant sans qu'à peine rien bouge

 

avec ces noms d'herbes mal aimées un machin

qui rime quand même sans pourtant rien dedans.

 

Quelque chose de mal raconté, André Dimanche éditeur, 1981

 

 

 

 

la petite librairie des champs--------------------

 

 

 

James Sacré: une vie en poésie

 

James Sacré est né en 1939. Il passe son enfance et son adolescence à la ferme des parents en Vendée. D’abord instituteur puis instituteur itinérant agricole, il part, en 1965, vivre aux Etats-Unis où il poursuit des études de lettres (thèse sur la poésie de la fin du XVIè siècle français). Il y enseigne dans une université du Massachusetts (Smith College) tout en faisant de nombreux séjours en France et des voyages en d’autres pays (l'Italie et le Maroc, souvent). Il a publié des livres de poèmes au  Seuil (Coeur élégie rouge, 1972), chez Gallimard (Figures qui bougent un peu, 1978) et aux éditions André dimanche, ainsi que chez de nombreux “petits éditeurs”. Il vit de nouveau en France, à Montpellier, depuis 2001.

Livres récents: Le poème n’y a vu que des mots, L’idée bleue, 2007. Khalil El Ghrib, Editions Virgile, 2007. Un paradis de poussières, André Dimanche, 2007 . Se os felos atravesan polos nosos poemas, Amastra-N-Gallar (dans une traduction en galicien de Emilio Araúxo ), 2008 (Emilio Araúxo, Apdo. Correos 97, 36500 Lalin (Pontevedra) Espagne). Comme pour être un jardin, Tunis, Tawbad, 2008 (bilingue, texte traduit  en arabe par Saleh Diab). Une idée de jardin à Beyrouth, Soligny-la-Trappe : Ficelle n° 84, Rougier. V éditions, 2008.  Coudre ton enfance à demain, Contre-allées, « Poètes au potager », Montluçon, 2008. D’autres vanités d’écriture, Tarabuste éditeur, Saint-Benoît-du-Sault, 2008. 31 poèmes de l’Amérique un peu, Contre-Pied, Martigues, 2008.

 

27.11.2009

La Douleur des Arbres

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Patrice Leterrier, Forêt de Rambouillet 2000/2001, photographie 003

 

 

 PHOTO&POESIE

Mario Urbanet&Patrice Leterrier

 Télécharger ci-dessous :

 

logo pdf.jpg Patrice Leterrier & Mario Urbanet_carnets d'eucharis.pdf

22.11.2009

Marcelin Pleynet

 

 

Marcelin Pleynet

Poète, critique d’art

(Né en 1933)

 

L A   P A U S E   P O E S I E


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Provisoires amants des nègres

Paysages en deux

Les lignes de la prose

Comme

Le Pontos

 

EXTRAITS

 

La jeune fille se retournait dans le froid de l’aube – un vent gris venu de la mer lui enseigne mille choses d’un autre temps – une impatience une détresse inconnue en elle célébrait la mémoire des morts

 

Frileuse auprès des torchères d’encre

 

L’étang glacé et qui renvoie les échos s’ouvrit alors sur la dorure d’un cri

 

 

Le feu couvre tes épaules

quand la parole mal fermée

n’échappe plus aux angles d’une chambre

appauvrie

 

la nuit entre chez toi

par la porte basse de l’âtre

la nuit mange la lumière

elle marche comme un feu

 

les cendres couvriront les nuées et la mer

 

(extrait Les trois livres, éd. du Seuil, 1962, 1963 et 1965 – Provisoires amants des nègres - pp.20/21)

 

…………………………………………

 

Paysage

 

Vous ne voyez pas

Comme son ombre

Et trouve dans sa baignoire le bleu

La femme sur ses bras

Où au loin la lumière

Un monde

 

D’un arbre à l’autre

Le couchant suspendu

Un peuple de femmes douces dans l’eau

 

 

Sur les montagnes

De plus en plus neigeuses

Dans ce regard

Dans le sol

Disant

             Me voilà

Elles perdent peu à peu le sommeil

Pourtant les herbes restaient vivantes

Sur les montagnes

 

Brûlés

             Parlant

Chaque jour dans le vent

Dans l’air de plus en plus haut

 

Ou retombant ici

 

 

L’ange et le livre disparaissent mais des flots d’or roulent sur leurs traces

 

Présence de Nicolas Flamel

 

(Ibid.,  Paysages en deux – pp. 139/141)

 

…………………………………………

 

Vous commencez au bord de la mer

et peut-être plus loin près de la falaise

 

Derrière l’accident

                           la transparence de l’air

                           la couleur

 

                                                            cette racine

une branche où le printemps et l’orage arrachent

le lieu dans cet état

                                                      un liseré  d’ombre

 

l’eau fleurie

                           ne commençant pas !

 

*

 

Le voici votre geste arraché

                                                      Qui parle des Grecs

Au bord de la montagne peut-être

                                                            les cerisiers

dans les bois

 

                           et toute sa maison ouverte la pensée

 

(Ibid.,  Les lignes de la prose – p. 209)

 

…………………………………………

 

Où la lumière se pose et dans la chair elle avive les herbes qu’elle mord et ouverte appelle l’air humide qui la tient nue glacée peut-être sur la rive

par la trop violente lumière seule ou blessée

quand passe et s’arrache violemment

s’écrase sur l’herbe

 

si je la regarde ou la lumière se posent autant de tâches bleues

 

(Ibid.,  Comme – p. 274)

 

…………………………………………

 

1960/1965… les possibles et les impossibles de la poésie.

 

Les Trois Livres

Je n’ai jamais hésité à m’expliquer. Dans une société entièrement asservie à l’économie des techniques de communication, comment ne pas être conscient des difficultés que présente tout accès  à la parole poétique ? J’entends par là l’accès à une parole qui, en vérité, assume essentiellement comme monde la création du présent surgissement de son existence.

 

(Le Pontos, éd. Gallimard, 2002 -  Notes Sur le motif d’un parcours plus long que la voie droite – p. 103)

 

21.11.2009

Roland Barthes

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« Qu’est-ce que mon corps sait de la photographie ? » …

Jaccottet - Ungaretti Correspondance 1946-1970

  

jaccottet ungaretti.jpgPhilippe Jaccottet fait la connaissance d'Ungaretti lors d'un premier voyage en Italie, en septembre 1946, juste après la guerre. Cette rencontre se révélera pour le jeune écrivain aussi décisive que celle de Francis Ponge ou de Gustave Roud. Devenu avec les années le traducteur presque attitré d'Ungaretti, qui lui confie ses textes à peine achevés, il s'implique, prend des initiatives, collabore au choix des inédits, les commente, les préface. C'est aussi à l'homme, solaire et généreux, que Jaccottet s'attache ; il lui vouera une amitié indéfectible, le retrouvant à maintes reprises à Rome, ville restée pour lui élue entre toutes. Chargé d'établir l'édition française de toute son oeuvre poétique, Jaccottet publiera Vie d'un homme. Poésie 1914-1970 (Minuit / Gallimard, 1973), un volume réunissant les principaux traducteurs d'Ungaretti. Cette publication, à la suite de nombreux textes (essais, proses de voyages, entretiens) qu'il rassemble et traduit du vivant de l'auteur, contribuera de manière décisive au rayonnement de cette oeuvre dans les pays francophones. Une semblable exigence en poésie, une expérience parallèle du métier de traducteur, une haute conscience des mots et du rythme caractérisent "sur le terrain" deux écrivains en quête de justesse, mettant leur inquiétude au service d'une oeuvre où le détail, toujours, fait sens. Souvent succinctes, voire hâtives, leurs lettres renvoient davantage à ce travail sur les textes qu'à des propos sur la littérature ou sur leurs contemporains. Elles ouvrent la porte d'un atelier où circulent, au-delà d'une attention minutieuse à la langue, l'intelligence et la passion de la poésie elle-même.

Editions Gallimard
http://www.gallimard.fr
Collection : Les Cahiers De La Nrf
Parution : 21 Novembre 2008

Isabelle Waternaux - Portraits polaroids

ISABELLE WATERNAUX.jpg

Rien encore, tout déjà - Jacques Dupin

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Alain Paire avec Jacques Dupin, octobre 2007, à la galerie 30 rue du Puits Neuf,
photographie de Michel Nguyen

la lumière, la perturbation des lignes

un dénouement de forces immatérielles

et le heurt de la terre filante en dessous

elle encore ni perverse ni maillée

une provocation étirant ses stances

aiguisant ses reflets pour s’anéantir

j’ai marché jusqu’au soir couleur sang

j’ai retrouvé sous le pied dans la garrigue

la terre magnifiée par le retour la terre

exiguë la terre odorante et déchirée

dont la nasse ruisselante était avide

de saisir une palpitation animale

et de précipiter ma disparition

 

éditions Fata Morgana, 1990

(avec deux xylographies originales signées de Jan Voss)

 

dans le labyrinthe enfant

le sang des pêches de vigne

poisse mes doigts campagnards

et par le marché aveugle

le nom est ouvert – le corps

agrandi, blessé

autant de boue que de glace

dans l’échancrure des yeux

au bord de nos jeux d’enfants

 

Photographie : Michel NGuyen - sur le site de la galerie alain paire 

19.11.2009

Claude Simon photographe

Claude Simon Claude Simon commente son travail de photographe, ainsi que Denis Roche.

Date : 16/03/1992 - Durée : 24min29s

 Source : ina.fr
http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/I00013424/claude-simon-photographe.fr.html

12.11.2009

Vient de paraître

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extrait La belle échappée.jpg

 

 L'Echappée belle

Pascal Boulanger

editions Wigwam, 2009

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Le site de l'éditeur

11.11.2009

Nathalie Riera

 

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© Photo : domaine privé, été 2009

 

Nathalie Riera est née en avril 1966, vit en Provence, auteur d’un essai La parole derrière les verrous aux éditions de l'amandier (2007), et d’un recueil de poésie ClairVision aux Editions Publie.net créées par François Bon, dans la collection « L’inadvertance » dirigée par François Rannou et Mathieu Brosseau (2009).

Publie un ensemble de textes (poèmes et notes de lecture) dans les revues sur papier Imp’Act, La Pensée de Midi/Actes Sud… et sur les sites consacrés à la poésie contemporaine et les arts plastiques Bribes en ligne (Raphaël Monticelli), Evazine (Jean-Louis Millet)  Plusieurs autres sites accueillent ses textes comme Encyclopédie sur la mort (Eric Volant, Anthologie textes littéraires).

Anime des Ateliers d’écriture : Interventions dans les médiathèques, les prisons, les établissements scolaires…

A crée la revue numérique Les Carnets d’eucharis qu’elle anime depuis mars 2008, puis leurs bulletins Une étape dans la clairière (31 numéros).

07.11.2009

Salah Stétié - En un lieu de brûlure

 

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Poète et essayiste libanais de langue française, longtemps ambassadeur, Salah Stétié est l'homme de deux rivages. Ses écrits regardent vers l'Occident, sans jamais cesser d'être illuminés par l'Orient, qui les guide. Œuvre solaire, située au point du jour, à égale distance de la modernité qu'elle assume et de la tradition qu'elle réinvente, elle est habitée par les voix de la grande littérature française - de Baudelaire aux surréalistes - et par celle de l'Islam, de ses poètes et de ses mystiques, comme Ibn Arabî ou Rûmî... Le présent ouvrage est constitué d'oeuvres devenues rares, de textes désormais classiques, mais aussi de plusieurs inédits importants. On retrouve les poésies, les proses et les essais critiques d'un homme qui a su unir sous le même regard une volonté d'élucidation du monde et de ses phénomènes, ainsi qu'une pratique du français qui fait de Salah Stétié - comme Beckett, Ionesco, Jabès ou Cioran - un des maîtres de notre langue, qu'il a su revivifier avec amour.

 

  • Editions Robert Laffont (15 octobre 2009)

 

Le texte est de croissant sur des brisures

De cicatrices sur ces cristaux aigus

Qu’un ciel couvre de ciels arrachés ou figures

Jusqu’à l’obscur œillet qui respire

 

Paysage à la destruction de l’épaule

A ce bois contenu par la lune

Quand cela bat dans l’arbre et s’embrouille avec colère

Et d’aile, d’un éclat, fait la mer trop grande

 

- où allons-nous, doux époux ?

 

Alors vient la femme avec étoiles ici et jambes

      et vraie menthe

Et lignes pour le vent l’assouplir avec plis

      dans ses beaux linges

Allume un ongle de miroir à la nuit où ses doigts

      s’éteignent

Afin que l’oiseau casse et tombe dans les chambres

      du monde

 

(Extrait L’eau froide gardée)

 

------------------------------------------------

 

Or l’arbre et l’écriture

Eglise désirante

Et le voyage nuageux la dispersion

 

Si ton visage d’arbre

Sauvé du sang sévère dans le vide

Accueille un bruit de cheval dans la matière

 

L’arbre en sa grâce pure

Le voici double à vouloir nous retenir

Dans le silence où nous allons tomber

 

(Extrait XL, Fragments : Poème)

 

 

------------------------------------------------

 … L’herbe mourir !

…………………………………

Substance est de beau sein.

 

Retiré dans sa guerre

Illuminant le genre des fourmis

- Du feu faisant substance

 

Retiré dans sa guerre est beau sein

Cornu, ayant blessé

L’esprit, sollicitant l’arbre du sein

 

( Extrait XXI, Inversion de l’arbre et du silence)

 

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Ma lumineuse ma liée mon adorante

Dans tes rectangles nuageux une bougie

Par forme et par façon de nuit tremblante

Voilant ton nom d’embrasement nocturne

Et tout le sang qui fait briller ton corps en blé

Comme une neige endormie dans la neige

Au carrefour de toute lampe divisée

Non frontalière de l’esprit ni des fragments

 

(Extrait LXXV, L’être poupée)

05.11.2009

Bulletin des carnets d'eucharis n°15 du 2 novembre 2009

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© Gladys – TĒTE -  Archéologie du présent

■ Lien : http://www.gladys.fr/

 

 

Cette fuite hors de nous pour se réfugier dans le châle,/et autour du silencieux centre, le désir/que revienne encore une fois et encore/une fois la fleur inouïe/qui s’accomplit dans le vibrant tissu

 

Châle – Poèmes épars (1907-1926), Rainer Maria Rilke (traduit par Philippe Jaccottet) 

 2

Avec

TETE6.jpg TETE3.jpg TETE.jpg

Gladys

Série TETE – Archéologie du présent 

 

N°15

2 novembre 2009

 

SOMMAIRE………

 

Extraits de Poèmes épars et de Nouveaux poèmes de Rainer Maria Rilke

&

Extrait d’une lettre de Claude Simon à Jean Dubuffet

Exposition LABORATORIO Galerie du Tableau/Diem Perdidi

POESIE AVEC Luc-André Rey la rue la vérité le vent

SCULPTURE avec Patricyan Le corps mou…

&

DU CÔTÉ DE CHEZ… WALACE STEVENS et A l’instant de quitter la pièce

LECTURE DE PASCAL BOULANGER Les âmes aux pieds nus  Maram al-Masri

 VIENT DE PARAITRE Vol stationnaire du dragon Didier Bourda

&

PAR AILLEURS ………………….. N°32 – Art Absolument L’art d’hier et d’aujourd’hui

  

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 Carnets d'eucharis n°15 du 2 novembre 2009.pdf