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18/06/2014

WOMEN, Olivier Apert, Le Temps des Cerises, 2014

 

 

 

 

 

WOMEN

 [Anthologie de la poésie féminine américaine du XXe  siècle]

Poèmes traduits, choisis & présentés par Olivier Apert

 

Le Temps des Cerises, juin 2014

Poésie (bilingue)

Collection Vivre en poésie

 

  

| ©www.letempsdescerises.net

 

 

Bon de commande à renvoyer par courrier :

Le Temps des Cerises, 47 avenue Mathurin Moreau, 75019 Paris.

 

 

 

D'une certaine façon, cette anthologie n'est pas une anthologie : entendons par là qu'elle propose une lecture à la fois conjoignant et séparant la diversité des voix qui invente la poésie féminine américaine à travers le temps et l'espace géographique par la composition d'un livre qui voudrait faire résonner une manière de tout dire, souvent au mépris des conventions et des carrières ; une volonté d'éprouver dans et par le corps de l'écriture les réalités et les illusions du social et de l'intime sans jamais recourir à la fuite lorsque l'expérience devient par trop douloureuse ; une impitoyable nomination-dénonciation des mensonges ; un aveu transparent des désirs et des haines ; une affirmation franche des revendications.

Ainsi ces voix transgressent-elles le lieu qui leur a été et leur est encore parfois dévolu : l'image de la femme made in USA. Voici donc un panorama de trente-cinq poètes, ouvrant sur la diversité tant géographique que stylistique de l'intimisme d'Anne Sexton à l'imagisme de Marianne Moore, de l'engagement de Sonia Sanchez au sensualisme de Christy Sheffield Sanford d'après Emily Dickinson (1830-1886).

En effet, si son oeuvre demeurée longtemps secrète, peut être considérée comme l'acte initial de la poésie féminine américaine, outre qu'elle appartient, malgré son innovation formelle, au XIXe siècle, elle est aujourd'hui intégralement traduite en français. Il appartenait à cette anthologie d'amener à la découverte de voix prédominantes du XXe, ici encore peu entendues, en dépit de leur reconnaissance américaine, fut-elle parfois souterraine.

De la plus lointaine, Amy Lowell (1874-1925) à la plus proche, Elinor Nauen (née en 1952), c'est tout un puzzle qui se construit et qui voudrait présenter une façon de contre-histoire de la culture américaine.

 

 

Auteures traduites

Alta (1942)

Djuna Barnes (1892-1982)

Elizabeth Bishop (1911-1979)

Kay Boyle (1902-1992)

Gwendolin Brooks (1917-2000)

Janine Canan (1942)

Candace Chacona (1950)

Laura Chester (1949)

Jane Cooper (1924-2007)

H.D (Hilda Doolittle) (1886-1961)

Tess Gallagher (1943)

Jessica Hagedorn (1949)

Joanne Kyger (1934)

Denise Levertov (1923-1997)

Amy Lowell (1874-1925)

Mina Loy (1882-1966)

Bernadette Mayer (1945)

Josephine Miles (1911-1985)

Marianne Moore (1887-1972)

Elinor Nauen (1952)

Florence Ogawa (1947-2010)

Maureen Owen (1943)

Dorothy Parker (1893-1967)

Marge Piercy (1936)

Sylvia Plath (1932-1963)

Adrienne Rich (1929-2012)

Muriel Rukeyser (1913-1980)

Edna Saint VincentMillay (1892-1950)

Sonia Sanchez (1935)

Leslie Scalapino (1948-2010)

Anne Sexton (1928-1974)

Christy Sheffield Sanford (1950)

Gertrude Stein (1874-1946)

Jean Valentine (1934)

DianeWakoski (1937)

 

                                                          

 

Olivier Apertest né et vit à Paris. Poète, essayiste, dramaturge, librettiste et traducteur ; membre du comité de la revue Po&sie ; il a, par ailleurs, été critique littéraire, auteur de catalogues d’artistes contemporains et a travaillé avec les chorégraphes Sylvain Groud etMuriel Piqué. Parmi plus d’une vingtaine de livres publiés, les derniers parus sont : Baudelaire, être un grand homme et un saint pour soi-même, Éd. Infolio (2009), Upperground, poèmes, Éd. La Rivière échappée (2010), Gauguin, le dandy sauvage,Éd. Infolio (2012), Éloge de la provocation (avec François Boddaert), Éd. Obsidiane (2013), Mina Loy, Manifeste féministe & écrits modernistes (traduction), Éd. Nous (2014).

 

Sur le site : M e l | Paris

© Cliquer ICI

 

01/05/2014

Alda Merini - La Terra Santa

 

 

34

 

Nous avons nos nuits insomniaques…

 

Les poètes proclament le vrai,

ils pourraient être dictateurs

et sans doute aussi prophètes,

pourquoi devons-nous les écraser

contre un mur incandescent ?

Et pourtant les poètes sont inoffensifs,

L’algèbre douce de notre destin.

                      Ils ont un corps pour tous

                      et une mémoire universelle,

                      pourquoi devons-nous les arracher

                      comme on déracine l’herbe impure ?

Nous avons nos nuits insomniaques,

les mille calamiteuses ruines

et la pâleur des extases du soir,

nous avons des poupées de feu

comme Coppélia

et nous avons des êtres turgescents de mal

qui nous infectent le cœur et les reins

parce que nous ne nous rendons pas…

 

Laissons-les à leur langage, l’exemple

de leur vivre nu

nous soutiendra jusqu’à la fin du monde

quand ils prendront les trompettes

et joueront pour nous.

 

 

 

ALDA MERINI...........................

 

 

et ligne après ligne/and line after line

 

Du côté de chez…

Alda Merini

 

© ALDA MERINI | © Cristinapigna *

 

La terra santa

Oxybia Editions

2013

  

 

*  Frammento tratto dal film documentario di Antonietta de Lillo LA PAZZA DELLA PORTA ACCANTO conversazione con Alda Merini

 

 

 

 

 

Abbiamo le nostre notti insonni…

 

I poeti conclamano il vero,

potrebbero essere dittatori

e forse anche profeti,

perché dobbiamo schiacciarli

contro un muro arroventato ?

Eppure i poeti sono inermi,

l’algebra dolce del nostro destino.

                      Hanno un corpo per tutti

                      e una universale memoria,

                      perché dobbiamo estiparli

                      come si  sradica l’erba impura ?

Abbiamo le nostre notti insonni,

le mille malagevoli rovine

e il pallore delle estasi di sera,

abbiamo bambole di fuoco

cosi come Coppelia

e abbiamo esseri turgidi di male

che ci infettano il cuore e le reni

perché non ci arrendiamo…

Lasciamoli al loro linguaggio, l’esempio

del loro vivere nudo

ci sosterrà fino alla fine del mondo

quando prenderanno le trombe

e suoneranno per moi.

 

...............................

 

La Terra Santa - Alda Merini

 

 

 

 

_______________

 

ALDA MERINI
Poème extrait de “La Terra Santa”, préface de Flaviano Pisanelli

Traduction de Patricia Dao

(Editions Oxybia, 2013)

SITE EDITEUR : http://oxybia.free.fr/

 

 

 

 

 

À CONSULTER

 

[LES CARNETS d’eucharis] 

 une lecture de NATHALIE RIERA

Alda Merini, « de sa fièvre amoureuse »

| © CliquerICI

 

 

 

05/12/2013

Joe Wenderoth - Trois poèmes (traduits par Raymond Farina)

 

Joe Wenderoth

Trois poèmes

 Joe Wenderoth_traduit par Raymond Farina_LCE_Décembre 2013.jpg

© J. Wenderoth

 

 

 

:- :- :- :- :- :-

 

 

Poèmes publiés avec l’aimable autorisation

de Joë Wenderoth

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MA VIE

 

 

 

                          d'après Henri Michaux

 

 

 

 

 

Il entra je ne sais comment dans ma chambre.  

Je l'y découvris, et il était, naturellement, pris au piège.  

Ce n'était rien de plus qu'un animal effarouché.  

Alors je le remis debout.  

Je le gardais pour moi, le gardais dans ma chambre,  

le gardais pour son propre bien.  

Je nommais l'animal Ma Vie.  

Je lui trouvais sa nourriture et lui la mangeait dans ma main.  

Je le laissais entrer dans mon lit, respirer dans mon sommeil.  

Et l'animal, dans ma tendresse, mon soin constant,  

grandit et devint fort, et capable de maints tours habiles.  

Un jour, tout récemment,  

en passant ma main sur le flanc de l'animal,  

j'ai fini par comprendre  

qu'il pouvait me tuer sans peine.  

Et je réalisai, aussi, qu'il voulait me tuer.  

C'est pour cela qu'il existe, pour cela que je l'ai remis debout.  

Dès lors je n'ai plus su que faire.  

Je cessai de le nourrir,  

seulement pour m'apercevoir que sa croissance  

était sans rapport avec la nourriture.  

Je cessai de le nettoyer  

et je m'aperçus qu'il se nettoyait tout seul.  

Je cessai de chanter pour l'endormir  

et m'aperçus qu'il s'endormait plus vite sans ma chanson.  

Je ne sais que faire.  

Je ne fais plus faire à Ma Vie ses tours.  

Je laisse seul l'animal, et, à l'heure qu'il est,  

il me laisse seul, lui aussi.  

Je n'ai rien à dire, rien à faire.  

Entre Ma Vie et moi,  

un silence s'installe.  

Nous ne parviendrons pas à le franchir ensemble.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MY LIFE

 

 

 

                          After Henri Michaux

 

 

 

 

 

Somehow it got into my room.  

I found it, and it was, naturally, trapped.  

It was nothing more than a frightened animal.  

Since then I raised it up.  

I kept it for myself, kept it in my room,  

kept it for its own good.  

I named the animal, My Life.  

I found food for it and fed it with my bare hands.  

I let it into my bed, let it breathe in my sleep.  

And the animal, in my love, my constant care,  

grew up to be strong, and capable of many clever tricks.  

One day, quite recently,  

I was running my hand over the animal’s side  

and I came to understand  

that it could very easily kill me.  

I realized, further, that it would kill me.  

This is why it exists, why I raised it.  

Since then I have not known what to do.  

I stopped feeding it,  

only to find that its growth  

has nothing to do with food.  

I stopped cleaning it  

and found that it cleans itself.  

I stopped singing it to sleep  

and found that it falls asleep faster without my song.  

I don’t know what to do.  

I no longer make My Life do tricks.  

I leave the animal alone and, for now,  

it leaves me alone, too.  

I have nothing to say, nothing to do.  

Between My Life and me,  

a silence is coming. Together, we will not get through this.

 

 

 

 

Traduction de Raymond Farina

 

  

 

© Joe Wenderoth

Les carnetsd'eucharis (décembre 2013)

 

 

 

 

 

  joe wenderoth.jpg

© (Photo X droits réservés)

  

 

 

NOTICE BIOBIBLIOGRAPHIQUE

 

Joë Wenderoth a grandi à Baltimore. Il enseigne à l’Université de Californie.

 

Ses poèmes ont été accueillis dans des revues comme The American Poetry Review, Granta Magazine, Triquarterly, Seneca Review et Colorado Review et dans de nombreuses anthologies – Poetry 180, The Best American Prose Poems : From Poe to Present, The New American Poets : A Bread Loaf Anthology, American Poetry : Next Generation, Best American Poetry, The Best American Essays 2008.

 

Il a publié Disfortune aux Editions Wesleyan University Press, en 1995, « It Is If I Speak » , chez le même éditeur, puis Letters to Wendy ( 2000 ), The Holy Spirit of Life : Essays Written for John Ashcroft’s Secret Self (2005), No real Light (2007), Wave Book (2007).



 


DOSSIER PDF COMPLET (à télécharger)

Joe Wenderoth_traduit par Raymond Farina_LCE_Décembre 2013.pdf 

 

 

02/02/2012

Mariella Bettarini

 

MARIELLA BETTARINI

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© Les Carnets d’eucharis

 

 

 mariella bettarini.jpg

 

 

EXTRAITS

La paix/La pace

L’amour/L’amore

 

CHOIX DE POEMES

Traduits par Raymond Farina

 

 

 

■ TELECHARGER

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MARIELLA BETTARINI_Les carnets d'eucharis.pdf

 

 


 asimmetria

 Editions Gazebo, 1994

 

 

 

 

 

blanche

                                             légère

                                                             blanche

                            o toi visiteuse lasse jamais lasse de tomber

                            légère dentelle

                                                      givre gelé sur la tête

                            o toi vieille enfant qui discours en silence

                            qui files des fables gelant

                            les pointes des géraniums

                            des fleuves mettant des glaçons

                            à la queue des bergeronnettes

                            aux pupilles des cygnes blancs

                            toi grâce à qui lève le pain

                            qui élèves tous ces petits bonshommes hérissés

                            à l'air interrogateur

                            délivres des clameurs (muette)

                            me sembles silencieuse

                            parente de la lune

                            éteignant splendide les feux

                            toi qui n'as ni pieds ( ni habits )

                            toi qui fais taire excites changes

                            resplendis effraies réjouis

                                                                         neige

                            tu t'appelles c'est bien légèreté

                            on devrait t'appeler

                            blancheur gracieuse pureté

                            grâce et douleur

                            infiniment blanche disgrâce

                            sorcière aux jambes de verre

                                                                            souveraine

                            de l'hiver et - ce matin - prodigue prodige

                            et funérailles des petits moineaux.

 

 

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Bianca

                                           leggerra

                                                           bianca

                            o tu stanca visitatrice mai stanca di cadere

                            leggera trina                      

                                                    ghiacciata brina sul capo

                            o tu vecchia bambina che discorri in silenzio

                            che fili fole che gelano

                            le punte dei gerani

                            fiumi che mettono ghiaccioli

                            alle code delle cutrettole

                            alle pupille dei bianchi cigni

                            tu che lieviti pane

                            che allevi tanti piccoli ometti irti

                            interrogativi

                            che allevii dai clamori (zitta)

                            silenziosa mia parvente

                            parente della luna

                            splendida spegnitrice di fuochi

                            tu che non hai piedi (non hai vesti)

                            tu che zittisci accendi muti

                            risplendi sbigottisci rallieti

                                                                           neve

                            tu chiami ma bene levità

                            dovrebbero chiamarti

                            candidezza nitore gratuità

                            grazia e dolore

                            bianchissima disgrazia

                            strega con le gambe di vetro

                                                                               padrona

                            dell'inverno e – stamani – pròdigo prodigio

                            e funerale di passerotti

 

 

                                        

 

la scelta/la sorte

 Editions gazebo, 2001

 

         

                                      

 

LA PAIX

 

 

 

 

**

 

si tu ne te soucies pas de l'alpha et n'aspires pas

                 à l'oméga

                                  si tu couves une anxiété mais en semblant

                 léger - rieur

                                                        si tu vis dans l'inquiétude

                 le jour et dans la quiétude la nuit

                                                                          si un conflit t'enflamme

                 (pourpre) et si un principe

                 t'éteint

                               si d'une dispute tu t'inondes

                 mais sans paraître préoccupé

                 et saisi de frayeur.

                                             Si une dissension - un tourment

                 agacent sans agacer - mordent sans coup férir

                 peut-être que la paix va s'installer au fond de l'oeil -

                 à l'intérieur du corps du corps - la grande paix (oui - celle-là)

                 s'est déjà installée - s'installe

 

 

-------------------------

 

             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 LA  PACE

 

               

 

 

**

 

se non curi l'alfa e non ambisci

                  all'omega     

                                 se covi ansia ma come

                  leggero – ridente

                                             se dimori in un'inquietudine

                  solare e in una quiete notturna

                                                                  se un conflitto t'accende

                  (purpureo) e un principio

                  ti spenge

                                se d'una disputa t'allaghi

                   ma non come preso

                   e in spavento

                                        se un dissidio – un tormento

                   alterano senza alterare – mordono senza colpo ferire

                   forse la pace s'installerà nell'oculo fondo -

                   entro il corpo del corpo – la grande pace (  sì – quella)

                   s'è già installata - s'installa

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'AMOUR

 

 

             

 

**

 

c'est une rose des vents: depuis un centre immobile

                  irradient toutes (et chacune) les possibles déjections

                  des bouffées de vent - de la brise - des mistrals -

                  dispersion est le long sommeil dont les amants

                  dorment éternels dans leurs bras

                  (dans les bras des vents) portant les évènements sur leurs bras

                  comme ces enfants que nous avons été

                  et que nous confions aux bras de l'amour

                  pour que ce soit lui qui les allaite - lui qui les endorme

                  (les allaite - les endorme) maintenant que les mères

                  sont de vieux oisillons - petits oiseaux ridés - effrayés

                  déchirés que nous devons bercer

 

                                                       c'est d'autre part (l'amour)

                  une large roue - une feuille ronde qui tourne comme un manège

                  où nous regardons étonnés le monde:

                  aimant est celui qui tourne dans ce joyeux panorama - qui ne change pas

                  d'aspect comme les lamelles

                  d'un kaléidoscope

 

                                                c'est (l'amour) une pie en liberté

                  un volatile estropié

                                               il a la forme d'une faux

                  (et coupe l'herbe maternelle) et la forme d'un faucon

                  auquel on donne (pour avoir la vie sauve) de petits miroirs

                  amulettes échangées

 

                                                puisque l'amour

                  est un autre ciel où personne ne boit ni mange - personne

                  ne dort - personne ne reconnaît personne - les yeux

                  sont des instruments pour marcher - les jambes regardent - les mains

                  sourient - le muscle strié pense - le cerveau est sensible

                  à certaines musiques qui le font flotter dans l'humidité des feuillages

                  pendant que le cortex lance ses éclairs - fertiles omissions

                  rendements opulents - pauses à effrayer les oiseaux

 

                                                               puisque l'amour est

                   un toucan mécanique - un pélican gras -

                   un koala laconique - une petite aigrette huppée

                                                                                   foin

                   et semailles

                                       maître farouche et affranchi solennel -

                   champs et encore champs d'herbe -

                   latence sourde et rareté aveugle - parole muette

                   et déambulation boiteuse - toujours

                   trop d'un trop - toujours "au delà"...

 

 

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                L'AMORE

 

 è una rosa dei venti : da un centro immobile

                  irradiano tutte (e ognuna) le possibili deiezioni

                  dei refoli – della brezza – dei maestrali -

                  disseminante è il lungo sonno per cui gli amanti

                  dormono perenni nelle braccia di sé

                  (in braccio ai vènti) sostenendo eventi sulle braccia

                   e che diamo in braccio all'amore

                   perché li allatti lui – perché li addorma

                   (li allati – li addorma) ora che le madri

                   sono vecchi spaventi – uccellini rugosi – dimidiati

                   nidiacei da noi cullare

 

                                                       è poi (l'amore)

                   una larga ruota – una foglia rotonda che gira come giostra

                   dove stiamo il mondo a rimimare :

                   amante è colui che gira il lieto panorama – che ne muta

                   il sembiante come vetrini

                   d'un caleidoscopio

 

                                                  è (l'amore) una gazza libera

                    un attrato volatile

                                                  ha una forma di falce

                    (e sega tutta l'erba maternale) e una forma di falco

                     cui donare (per la vita salvata) specchietti -

                     amuleti da scambio

                                                       poiché l'amore

                     è un altro cielo dove nessuno mangia e beve – nessuno

                     dorme – nessuno riconosce nessuno – gli occhi

                     sono strumenti per camminare – le gambe guardano – le mani

                     sorridono – il muscolo striato pensa – il cerebro avverte

                     certe musiche che lo fanno galleggiare nell'umido del fogliame

                     mentre la corteccia manda lampi – omissioni feraci

                     opulente rese – pause da spaventare gli uccelli

 

                                                                       poiché l'amore è

                   un tucano meccanico – un pellicano grasso -

                   un koala laconico – una garzetta col ciuffo

                                                                                      fieno

                    e seminagione

                                            bieco padrone e solenne liberto -

                    campi e poi campi d'erba -

                    latenza sorda e cieca rarità – muto loquire

                    e deambulare zoppo – sempre

                    troppo d'un troppo – sempre « in là »...

 

 

 

Traduit de l’italien par Raymond Farina

 

 

 

■ ■ ■

Mariella Bettarini est née en 1942 à Florence, où elle vit et travaille. Collaborant à des revues et des journaux, elle participe au débat culturel sur le rapport de la culture à la société. Elle est l’auteur de nombreux recueils publiés et traduits dans plusieurs langues, ainsi que d’ouvrages en prose :

"Storie d'Ortensia" (Ed.delle Donne,Rome,1978), "Psycographia" ( Gammalibri, Milan, 1982 ),  "Amorosa persona"  ( Gazebo, Florence,1989, Lettera agli alberi. (Lietocolle,Faloppio,1997), "L'albero che faceva l'uva" ( Gazebo, Florence, 2000) et de plusieurs essais parmi lesquels figurent "Pasolini tra la cultura e le culture"(Gammalibri,Milan,1976),"Donne e poesia" in "Poesia femminista italiana"(Savelli, Roma,1978),"Felice di essere"(Gammalibri,Milan,1978) et "Chi è il poeta?" (en collaboration avec Silvia Batisti,Gammalibri, Milan 1980).

Elle est rédactrice en chef de la revue florentine L'area di broca.

 

  

■ Site officiel de Mariella Bettarini

http://www.mariellabettarini.it/ 

31/07/2011

Les carnets d'eucharis n°29 - juillet&août 2011

Les carnets d’eucharis n°29

Juillet/Août 2011

 

[SOMMAIRE………]

Les carnets d'eucharis n°29_juillet&aout 2011.jpg

Lilya Corneli

Photographe contemporaine

 

Thierry Michau - Eric Perrot

« Mon journal de ton voyage » LA GALERIE LE REALGAR

 

DU CÔTÉ DE…

Jacques EstagerLa nuit, Pierrot et Pierrot

Boris PasternakMa sœur la vie & autres poèmes

 

EDITIONS CHAMP VALLON ETIENNE FAURE Horizon du sol

EDITIONS TARABUSTE CLAUDE MINIERE JE HIEROGLYPHE

 

 

AUPASDULAVOIR

JOS ROY Ilbide

 

■■■Nadja Einzmann

Traduction inédite de Chantal Tanet■■■

 

George Oppen … Henri Cole

 

DES LECTURES

Sylvie Durbec La huppe de Virginia  Une lecture de Nathalie Riera

 

REVUE

DIPTYQUE N°2

 


Au format livre numérique/CALAMEO

13/06/2011

Nadja Einzmann (traduction inédite de Chantal Tanet)

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© photo sur le site d'ÉCLA-Aquitaine

 

 

Alors non je ne peux pas dire non

 

Mon bien-aimé est de ceux qui méritent qu’on les attende. Il m’aime, et ça me suffit. Alors je me plais à être sa maison et son foyer et j’en vérifie le toit et huile la porte, jour après jour, et j’attends. Une nuit, mon bien-aimé viendra ainsi vers moi, à travers la campagne, et les étoiles se feront carillon et la lune tam-tam et pulsation pour lui souhaiter la bienvenue. Il vit encore sous d’autres cieux et fouille et cherche ardemment et feuillette des livres à s’en écorcher le bout de la langue. Il me l’a souvent écrit. Alors non je ne peux pas dire non ni prendre mes distances ni le laisser passer : dans une autre ville une autre femme. Alors non je ne peux pas dire non. Et puis tout le monde voudrait un pareil bien-aimé et ne l’ayant pas, le rêve. Je regarde par la fenêtre et le vois venir, une ombre sur le chemin. Et le gravier crissera sous ses pas, et ma main, appuyée sur le rebord de la fenêtre, se fera lourde, ma main en attente.

 

 

Certains jours

 

Certains jours, j’attends que quelque chose se passe. Un appel ; que la maison s’écroule ; ou que le médecin me dise que je n’ai plus que quelques semaines à vivre. Je suis assise dans mon lit et j’attends, et ma mère frappe à la porte. Elle n’a rien à raconter. Sois gentille, dit-elle, descends la poubelle, ou bien : que dirais-tu d’une promenade, c’est une journée magnifique, ensoleillée, et les moineaux le sifflent sur tous les toits. Non, lui crié-je à travers la porte fermée, je n’en ai pas envie, je n’ai pas envie du monde.  Et je suis assise dans mon lit, le ciel bleu perce à travers ma fenêtre ou s’assombrit, ou un orage approche. Mon lit est mon navire, mon lit est mon radeau, je flotte là, des requins et autres animaux marins au-dessous de moi et les étoiles et le ciel au-dessus.

Que dois-je faire de toi, dit ma mère en mettant le dîner devant ma porte. Aucun de mes enfants, aucun de mes enfants, tous sont normaux et vont travailler, ils sortent le matin de la maison et reviennent le soir, sauf toi. Que vas-tu devenir ?

 

Il fut un temps où j’étais différente. Il y a eu un temps. J’étais vraiment pleine de vie. Aucune tâche ne me résistait, et en plus je dessinais simplement pour passer le temps et je faisais de la voltige et de l’escrime et dansais toute la nuit. Mes frères et sœurs avaient l’air fatigués quand ils revenaient du travail. Ils avaient tâché de sang le blanc de leurs yeux au fil de la journée et leurs mains, elles aussi, étaient écorchées et douloureuses. Chez moi on ne voyait aucune peine. Jamais. Je planais sur le sol où les autres marchaient, et il est très rarement arrivé que je me penche. Oui, il y a eu un temps où j’étais différente, et je ne le regrette pas. Mettez vos cœurs dans du papier d’aluminium pour qu’ils soient protégés quand vous sortez de la maison et ne les faites pas passer librement !

Il y a eu un temps où j’étais différente, et ma mère le regrette. Ma fille, dit-elle, ne veux-tu pas te lever pour que ton père puisse aller à la pêche avec toi et que tes frères et sœurs te racontent leur journée ? Non, dis-je, je n’ai pas envie du monde. Je suis assise dans mon lit, qui est mon navire, et la houle est forte. Le vent salé traverse ma chevelure et les vagues se déchaînent.

 

 

Jeux

 

Je porte mon cœur sur le bout de la langue : là, venez et attrapez-le ! dis-je en le tenant haut dans l’air en équilibre. Il brille et suinte dans la lumière crue du soleil. Un jeu amusant qui réjouit autant les femmes que les hommes. Ils inclinent la tête en arrière et affûtent les lèvres, lissent leur jupe ou les pinces de leurs pantalons. Et ensuite on joue à la balle avec mon cœur qui fait la galipette dans l’air.

 

 

Ce qu’il voit

 

Je change, c’est ça ce qu’il voit. Mes articulations craquent et claquent comme au printemps et mes cheveux luisent. C’est comme ça qu’il me voit et me réclame comme un événement imprévu. Et comme si je n’avais pas eu à ses côtés toute l’année la main sur son genou et le regard sur ses lèvres, suivant avec gravité la naissance de chaque mot, comme si je n’avais jamais été assise à ses côtés toute l’année.

         J’ai provoqué un incendie en lui, me dit-il. Un incendie, et je le vois écumer dans ses yeux et s’embraser. Pas assez pour qu’il me fasse des demandes en mariage, il s’accroche à moi. Je suis devenue forte, et sur son front les veines saillent.

         Soleil, je peux te voir à travers lui, de légers nuages bordent le ciel, et son souffle ne met plus mes cheveux en désordre. Ma mâchoire s’avancecomme chez tous les animaux en bonne santé, les dents blanches comme de la neige fraîchement tombée. Et mon cœur palpite et palpite et respire le sang frais.

 

Nadja Einzmann, Da kann ich nicht nein sagen, Geschichten von der Liebe, S. Fischer Verlag, 2001, p. 18, 41, 60, 99. Traduction inédite de Chantal Tanet.

 


Da kann ich nicht nein sagen

Mein Liebster ist einer, auf den zu warten sich lohnt. Er mag mich, und das genügt mir. Da bin ich gerne sein Haus und sein Hof und prüfe das Dach und öle die Tür, tagein, tagaus, und warte. Es ist eine Nacht, in der er so zu mir kommen wird, übers Feld, und die Sterne werden dröhnen und der Mond pubbern und pulsen, meinem Liebsten zur Begrüßung. Noch lebt er unter anderem Himmel und forscht und strebt und leckt sich die Zungenspitze wund zwischen den Büchern, er hat es mir oft geschrieben. Da kann ich nicht nein sagen und beiseite treten und lasse ihn nicht vorbei: in einer anderen Stadt einer anderen Frau. Da kann ich nicht nein sagen. Und so einen Liebsten hätte ein jeder gern und hat er ihn nicht, erträumt er ihn. Ich sehe zum Fenster hinaus und sehe ihn kommen, ein Schatten auf dem Weg. Und der Kies wird knirschen unter seinen Füßen, und meine Hand, gestützt auf die Fensterbank, wird schwer werden, meine wartende Hand.

 

 

An manchen Tagen

         An manchen Tagen warte ich, daß etwas passiert. Auf einen Anruf ; daß das Haus einstürzt ; oder der Arzt mir sagt, daß ich nur noch wenige Wochen zu leben habe. Ich sitze im Bett und warte, und meine Mutter klopft an die Türe. Zu berichten hat sie nichts. Sei so gut, sagt sie, bring den Müll hinunter, oder : Wie wäre es mit einem Spaziergang, es ist ein wunderbarer Tag, sonnig, und die Spatzen pfeifen es von allen Dächern. Nein, rufe ich ihr zu, durch die geschlossene Tür, mir ist nicht danach, mir ist nicht nach Welt. Und ich sitze im Bett, der Himmel schaut blau durch mein Fenster oder umwölkt sich, oder ein Gewitter zieht auf. Mein Bett ist mein Schiff, mein Bett ist mein Floß, ich treibe dahin, Haie und andere Meerestiere unter mir und Sterne und Himmel über mir.

         Was soll ich unternehmen mit dir, sagt meine Mutter, und stellt mir das Abendessen vor die Tür. Keines meiner Kinder, keines meiner Kinder, alle sind sie normal und gehen zur Arbeit, gehen morgens aus dem Haus und kehren abends zurück, nur du nicht. Was soll nur werden mit dir ?

 

         Es gab Zeiten, da ich anders war, solche Zeiten hat es gegeben. Ausgesprochen lebhaft war ich. Keine Aufgabe war sicher vor mir, und dann noch zum bloßen Zeitvertreib zeichnete ich und voltigierte und focht und tanzte die Nächte durch. Meine Geschwister sahen müde aus, wenn sie von der Arbeit kamen. Sie hatten sich das Weiß in ihren Augen blutig gesehen über den Tag, und auch ihre Hände waren wund und schmerzten. Mir sah man keine Mühen an. Nie. Ich schwebte über den Boden, wo andere gingen, und daß ich mich bückte, kam nur sehr selten vor. Ja, es hat Zeiten gegeben, da ich anders war, und ich trauere ihnen nicht nach. Packt eure Herzen in Alufolie, daß sie geschützt sind, wenn ihr aus dem Haus geht, und reicht sie nicht frei herum!

         Er hat Zeiten gegeben, da ich anders war, und meine Mutter trauert ihnen nach. Kind, sagt sie, willst du nicht aufstehen, daß dein Vater mit dir fischen gehen kann und deine Geschwister dir berichten von ihrem Tag? Nein, sage ich, mir ist nicht nach Welt. In meinem Bett sitze ich, das mein Floß ist, und der Seegang ist hoch. Salziger Wind fährt mir durchs Haar und die Wellen überschlagen sich.

 

Spiele

Ich trage mein Herz auf der Zungenspitze: Da, kommt und fangt es! sage ich und balanciere es hoch in der Luft. Es glänzt und schwitzt im grellen Sonnenlicht. Ein lustiges Spiel und erfreut Frauen und Männer gleichermaßen. Sie legen die Köpfe in den Nacken und wetzen die Lippen, sie streichen die Röcke glatt und die Bundfalten ihrer Hosen. Und dann spielen wir Ball mit meinem Herzen, daß es Purzelbäume schlägt in der Luft.

 

 

Was er sieht

         Ich verändere mich, das ist es, was er sieht. Meine Gelenke krachen und knacken wie im Frühling und mein Haar schimmert. So sieht er mich und verlangt nach mir, als sei ich ein unvorhergesehenes Ereignis. Und als hätte ich nicht neben ihm all die Jahre, die Hand auf seinem Knie und den Blick auf seinen Lippen, die Geburt jedes Wortes mit Ernst verfolgend, als hätte ich nicht neben ihm gesessen all die Jahre.

         Ein Feuer habe ich in ihm angerichtet, sagt er mir. Ein Feuer, und ich sehe es schäumen in seinen Augen und bluten. Nicht genug, daß er mir Anträge macht, er hält sich fest an mir. Stark bin ich geworden, und auf seiner Stirn schwellen die Adern.

         Sonne, ich kann über ihn hinwegsehen, leichte Wölkchen säumen den Himmel, und sein Atem bringt mein Haar nicht mehr durcheinander. Mein Kiefer schiebt sich vor, wie bei allen gesunden Tieren, Zähne weiß wie frischgefallener Schnee. Und mein Herz pocht und pocht und atmet frisches Blut.

 

Nadja Einzmann, Da kann ich nicht nein sagen, Geschichten von der Liebe, S. Fischer Verlag, 2001, p. 18, 41, 60, 99.

 

 

 

Nadja Einzmann, écrivaine allemande née en 1974, vit à Francfort où elle a fait des études d’allemand et d’histoire de l’art. Elle a publié des récits et des poèmes dans des revues et anthologies, ainsi que deux livres chez S. Fisher-Verlag : Da kann ich nicht nein sagen. Geschichten von der Liebe (2001) et Dies und das und das. Porträts (2006). Elle a obtenu plusieurs prix littéraires, notamment pour Da kann ich nicht nein sagen en 2002 et le prix d’encouragement Hölderlin de la ville de Bad Homburg en 2007.

14/02/2011

Erich Fried

 

 

Erich FRIED

Ecrivain et poète de langue allemande

(1921 - 1988)

 

L A   P A U S E   P O E S I E


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© Photo : internet

  

 

Biographie

Né à Vienne en 1921 de parents juifs, Erich Fried quitte l’Autriche après l’Anschluss en 1938 et s’exile à Londres, collaborant notamment au service allemand de la BBC. Profondément marqué par le spectre du nazisme et la condition juive – son père est mort lors d’un interrogatoire par la Gestapo –  Fried incarne en Allemagne, à partir des années 1950, la figure de l’écrivain engagé, au service d’une conscience politique toujours tenue en éveil (guerre du Vietmam, Israël).

Aux côtés d’écrivains comme Ingeborg Bachmann, Heinrich Böll, Peter Weiss, Martin Walser ou Paul Celan, il a fait partie du Groupe 47, initié par Hans Werner Richter en 1947 dans le but de nettoyer la langue allemande des séquelles du nazisme, en prônant une écriture dépouillée.

L’oeuvre d’Erich Fried porte la marque claire de cette démarche et se caractérise par la dimension ludique du travail d’écriture. Il est l’auteur de quelques romans (Les Enfants et les Fous, Le Soldat et la Fille) mais surtout d’un nombre considérable de recueils de poèmes. Ce sont eux qui lui ont assuré une grande popularité en Allemagne, notamment Cent poèmes sans frontière, lauréat du Prix International des Éditeurs en 1977, et plus encore ses Liebesgedichte (Poèmes d’amour) en 1979. Certains poèmes comme Was es ist (Ce que c’est) sont devenus des "classiques" de la littérature allemande des années 1980. Erich Fried est aussi un grand traducteur de l’anglais, en particulier de Shakespeare, Dylan Thomas, T.S Eliot, Sylvia Plath.

Le prix Georg Büchner lui a été décerné pour l’ensemble de son oeuvre en 1987, un an avant sa mort à Baden-Baden.

 

Bibliographie en français

Le Soldat et la fille, traduit par Robert Rovoni, Gallimard, 1962 (réédition, 1992).

Les Enfants et les fous, traduit par Jean-Claude Schneider, Gallimard, 1968.

Cent poèmes sans frontière, traduit par Dagmar et Georges Daillant, Christian Bourgois, 1978.

La Démesure de toutes choses, traduit par Pierre Furlan, Actes Sud, 1984.

 

 

Bibliographie sélective en allemand

1944, Deutschland.

1945, Österreich

1960, Ein Soldat und ein Mädchen

1965, Kinder und Narren

1966, und Vietnam und

1967, Anfechtungen

1968, Zeitfragen

1972, Die Freiheit den Mund aufzumachen

1974, Höre, Israel !

1978, 100 Gedichte ohne Vaterland

1979, Liebesgedichte

1981, Zur Zeit und zur Unzeit

1982, Das Unmaß aller Dinge

1983, Es ist was es ist

1985, Von Bis nach Seit

1987, Gegen das Vergessen

1988, Unverwundenes

 

 

 

D’autres sites :

 

Terres de femmes

 

Droit de cités

 

Sur le site officiel

 

 

 

Erich Fried -I- (traduction Chantal Tanet & Michael Hohmann)

Liebe ?

 

 

            in memoriam Hans Arp

 

Sackhüpfen

im verschlagenen Wind

ohne Segel

Strohsack- und Plumpsackvögel

im eigenen Hosensack

 

Hodensackhüpfen

Schwalbenhodensackhüpfen

Schwalbenhodensarglüpfen

Schwalbenhodenhosensargnestelknüpfen

 

Schwalbennestelknüpfen

Aus dem Nest fallen:

Lustrestlinge

Hineinschlüpfen

Wo hinein?

 

Sich festkrallen

Gefallene Nestlinge

zu klein

 

Vögel sein wollen

noch ein zweimal flattern

sterben

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Amour ?

 

in memoriam Hans Arp

 

Sautiller en sac     

dans le vent malin

sans voile

Oiseaux sacs de paille et sacs grossiers 

en poche-sac de pantalon

 

Sautiller en sacs à testicules

Sautiller en sacs à testicules d’hirondelles

Soulever tombeau de testicules d’hirondelles

Nouer rubans de tombeau de pantalon de testicules d’hirondelles

 

Nouer rubans d’hirondelles

Tomber du nid :

Rescapés du plaisir

Glisser

Où donc ?

 

Se cramponner

Occupants du nid tombés

trop petits

 

Vouloir être oiseaux

encore une deux fois battre des ailes

mourir

 

 

Erich Fried -II- (traduction Chantal Tanet & Michael Hohmann)

 

 

Par la pensée

 

 

Te penser

et penser à toi

et penser à toi toute entière et

penser au te-boire

et penser au t’aimer

et penser à l’espérer

et espérer et encore

et toujours plus espérer

le te-revoir-toujours

 

Ne pas te voir

et par la pensée

non seulement te penser

mais aussi déjà te boire

et déjà t’aimer

 

 

Et alors seulement ouvrir les yeux

et par la pensée

d’abord te voir

et puis te penser

et puis de nouveau t’aimer

et de nouveau te boire

et puis

te voir de plus en plus belle

et puis te voir penser

et penser

que je te vois

 

Et voir que je peux te penser

et sentir ta présence

quand bien même

je ne peux te voir avant longtemps

 

 

 

 

 

 

Mais alors   

 

La vie

serait

peut-être plus simple

si je ne t’avais

pas du tout rencontrée

 

Moins de tristesse

chaque fois

que nous devons nous séparer

moins d’appréhension

de la prochaine séparation

et de la suivante

 

Et pas non plus

quand tu n’es pas là       

tant de ce vain désir

qui ne réclame que l’impossible

et l’immédiat

dans l’instant même

et qui ensuite

parce qu’il ne peut s’accomplir

en est troublé       

et respire avec peine

 

La vie         

serait peut-être

plus simple

si je ne t’avais

pas rencontrée

Mais alors

elle ne serait pas ma vie  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quoi ?                                   

 

 

Qu’es-tu pour moi ?

Que sont pour moi tes doigts

et tes lèvres ?

Qu’est pour moi le son de ta voix ?

Qu’est pour moi ton odeur

avant l’étreinte

et ton parfum

pendant l’étreinte

et après ?

 

Qu’es-tu pour moi ?

Que suis-je pour toi ?

Que suis-je ?

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

Nuit à Londres

 

 

Garder les mains

devant le visage

et laisser clos

les yeux                       

 ne voir qu’un paysage

montagnes et torrent

et dans la prairie deux animaux

bruns sur le versant vert clair 

qui monte jusqu’à la forêt plus sombre

 

Et commencer à sentir

l’herbe fauchée

et tout en haut au-dessus des pins

en cercles lents un oiseau

petit et noir

sur le bleu du ciel

 

Et tout

absolument paisible

et si beau

que l’on sait

que cette vie vaut la peine

parce que l’on peut croire

que tout ça existe

 

 

 

Poèmes extraits du recueil Es ist was es ist (1983)

Traduits de l’allemand par Chantal Tanet et Michael Hohmann

  


 

 Télécharger version allemande  entrer des mots clefs E. Fried, version allemande.pdf