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27/05/2016

P. P. Pasolini, La rage - éditions Nous, 2016

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LA RAGE

La « force diagonale » avec Hannah Arendt, la « Survivance des lucioles » avec Georges Didi-Huberman, « organiser le pessimisme » avec Walter Benjamin… relire ces textes en ces temps où l’on n’a toujours pas « couper la mèche – avant que l’étincelle n’atteigne la dynamite » - revisiter les « Ecrits corsaires » du scandaleux P. P. Pasolini et son célèbre article du 1er février 1975, l’article de son pessimisme définitif et radical : « La disparition des lucioles ». Puis, parmi les nouveautés, « La rage », texte du film « La rabbia », enfin traduit pour la première fois en France aux Editions Nous. Retrouver ici un Pasolini en résistance, allié des minorités, à l’époque des dernières utopies, et avant sa rupture au début des années 1970 avec un cinéma plus métaphorique.

 

LA RAGE (La Rabbia), film sous-estimé par le grand public, produit par Gastone Ferranti (Directeur de la société Opus Film), est sorti en Italie en avril 1963. Construit à partir d’archives d’actualité des années 1950 et 1960, sa réalisation en deux parties convoque P.P. Pasolini et l’écrivain, journaliste et satiriste Giovannino Guareschi. Les deux hommes, dans leurs visions diamétralement opposées, sont conviés de répondre à la question: «Pourquoi notre vie est-elle dominée par le mécontentement, l'angoisse, la peur de la guerre, la guerre?». Avant la réalisation de ce film, Guareschi n'était pas prévu au projet. Ferranti dirigeait depuis de nombreuses années des images d'actualités non-utilisées qu'il confia à Pasolini pour le montage. Mais la version proposée par le cinéaste - le choix du sujet, le montage et les commentaires - ne sera pas validée. Liés par un contrat, néanmoins les deux hommes s'accorderont à faire suivre la version de Pasolini d'un volet supplémentaire, en le confiant à un autre auteur. Pasolini pensait aux journalistes Montanelli, Barzini ou Ansaldo, mais ce sera l'humoriste réactionnaire Guareschi qui assurera la deuxième partie du film. LA RAGE est en fait deux films en un: un film de Pasolini et un film de Guareschi, aux antipodes l'un de l'autre. La Rage restera en salles à peine quatre jours.

Film italien aujourd’hui presque oublié, en France les Éditions NOUS nous offrent la lecture d’un «journal lyrique et polémique à l’époque des dernières utopies pasoliniennes» (Roberto Chiesi). Comme l’écrivait Alberto Moravia, Pasolini a toujours «fait passer le poétique avant l’intellectuel», la critique littéraire avant l'essai idéologique. Scandaliser, blasphémer, on dira de l’écrivain, du cinéaste et du critique qu’il est «l’homme qui dit tout ce qu’il pense, l’homme de la transparence, de l’athéisme politique. Grâce à quoi, il était devenu une sorte de conscience publique pour les Italiens»[1].

Nous savons que presque toutes les œuvres de Pasolini ont fait l’objet de procès, de condamnations jusqu’à souffrir de la censure. Les insurrections de Pasolini sont nombreuses: contre l’homme-masse, contre le néo-fascisme parlementaire en tant que continuum du fascisme traditionnel, contre le «développement» et la montée du matérialisme capitaliste, contre la fossilisation du langage, contre la télévision qu'il comparait à l'invention d'une nouvelle arme «pour la diffusion de l'insincérité, du mensonge, du mauvais latin»[2]. Du temps des Scritti Corsari Pasolini ne pouvait tolérer l’idéologie hédoniste, car c’était pour lui tolérer « la pire des répressions de toute l’histoire humaine ».

Chacune de ses interventions polémiques pourrait se définir ainsi que ce que lui-même en disait: «d'être personnelle, particulière, minoritaire. Et alors?»[3].

Certaines séquences de LA RAGE seront abandonnées par le producteur, mais seront reprises par Pasolini dans la rédaction définitive du texte littéraire: «Cent pages élégiaques en prose et en vers et un tissu d'images en mouvement, photographies et reproductions de tableaux: dans le laboratoire du film La rage, Pier Paolo Pasolini expérimenta pour la première fois une forme différente de la narration filmique traditionnelle et des conventions du documentaire»[4].

27/05/2016

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© Nathalie Riera

 

 

[1] Pier Paolo Pasolini, Écrits Corsaires, éd. Champs Arts, 2009 – Traduit de l’italien par Philippe Guilhon – Philippe Gavi et Robert Maggioni, p.13.

[2] Pier Paolo Pasolini, La rage, éd. Nous, 2016 – Traduit de l’italien par Patrizia Atzei et Benoît Casas – Introduction de Roberto Chiesi Nouvelle édition en format poche, p.50.

[3] Écrits Corsaires, p.151.

[4] La rage (Roberto Chiesi), p. 7.

 

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ǀ LA RABBIA : Le film sur youtube

 

 

19/02/2014

Jonathan Williams, Portraits d'Amérique (éd. Nous, 2014)

 

Portraits d’Amérique
JONATHAN WILLIAMS

 

Editions NOUS, 2014

NOW

 

 

 

 TRADUCTION  & EDITION |Jacques DEMARCQ

Introduction de Rachel Stella

Site officiel | © http://www.editions-nous.com/main.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

William Carlos Williams (1883-1963) dans son jardin, 9 Ridge Road, à Rutherford, New Jersey. Ce devait être vers la fin de l’automne 1961, quelque seize mois avant sa mort. À la fin de sa vie, le docteur avait perdu la rudesse qu’on lui attribuait, même si j’imagine qu’il a toujours été généreux, simplement exaspéré par la fréquentation d’un monde insensible. Il tenait sa force de sa vulnérabilité, de sa « féminité » dans un univers de mots et de fleurs. C’est un de ses attraits pour les nouvelles générations d’écrivains américains, hommes ou femmes. Je n’oublierai jamais la gentillesse qu’il a montré envers mes efforts de poète et d’éditeur débutants : « C’est une chose étrange, m’écrivait-il, que le “nouveau”, catégorie où je range ce que vous faites. D’abord ça choque, voire dégoûte un homme comme moi, puis au bout de quelques jours, ou d’un mois, d’un an, on se précipite l’eau à la bouche, comme devant un fruit, une pomme en hiver… »

(p.15)

 

Mina Loy (1883-1966) à Aspen, Colorado, en 1957. En 1921, Ezra Pound écrivait à Marianne Moore : « Et puis, entre nous, y a-t-il quelqu’un aux États-Unis à part vous, Bill [W. C. Williams] et Mina Loy, qui puisse écrire en vers un truc intéressant ?» Que s’est-il passé ? Les malheurs de sa vie privée ont fait disparaître Mina Loy. Jargon Press a publié son Lunar Baedeker & Time- Tables en 1958, sans grand écho ; puis en 1979, tout ce qui a pu être retrouvé de son meilleur livre, The Last Lunar Baedeker. Le problème, comme l’a écrit Rexroth, c’est qu’« elle a sans doute été ignorée du fait de l’exception absolue que constitue son œuvre. D’ordinaire, la poésie érotique est lyrique. La sienne est élégiaque et satirique. Elle est aussi drôle que Volpone ou le dénouement du Jin Ping Mei. Les gens n’aiment pas ce genre de poésie. » C’était une très belle femme d’une extrême intelligence. Sa tombe, dans un bosquet des Rocheuses, est peu visitée.

(p.16)

 

 

 

 

27/03/2011

E. E. Cummings - Font 5 - Editions NOUS

Traduction et postface de Jacques Demarcq

Collection Now

 

e e cummings,éditions nous,littérature de partout,les carnets d'eucharis

 

puisque sentir est premier

qui prête la moindre attention

à la syntaxe des choses

ne t’embrassera jamais entière;

 

tout entier être un idiot

quand le printemps est de ce monde

 

mon sang approuve,

et les baisers sont un meilleur sort

que la sagesse

ma dame je le jure sur toutes les fleurs.   Ne pleure pas

—le plus beau geste de mon cerveau ne vaut

ce battement de tes paupières qui dit

 

nous sommes l’un à l’autre:alors

ris donc,à la renverse dans mes bras

car la vie n’est pas un paragraphe

 

Et la mort je pense n’est pas une parenthèse

 

E. E. Cummings 

(1894-1962), son cinquième livre, 

le plus parisien, d’une vitalité infatigable, 

toutes griffes et caresses dehors.

 

 

 

Autre extrait sur le site

Littérature de partout (Tristan Hordé)

 

 

XXVII – MEMORABILIA sur le site Terres de femmes

 

 

e e cummings,éditions nous,littérature de partout,les carnets d'eucharis

Source photo : http://www.gvsu.edu/english/cummings/Index.htm

 

E. E. Cummings (1894-1962) :

Poète, écrivain et peintre américain. Son œuvre est composée de plus de neuf cents poèmes, quelques pièces, des essais. Il fut l'un des grands novateurs de la poésie XXe siècle, notamment par son usage de la typographie et de la syntaxe.

 

Ont été traduits en français, par Jacques Demarcq : je:six inconférences, Contes de fées, 16 Poèmes enfantins (Clémence Hiver), 95 Poèmes (Points/Seuil) ainsi que No thanks à paraître prochainement aux éditions Nous.

 

 

éditions NOUS

4 chemin de Fleury
14000 Caen

Site : www.editions-nous.com

Blog : http://editions-nous.tumblr.com/