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04/02/2015

Anne-Marie Albiach

 

 

Du côté de chez…

 

 

ANNE-MARIE ALBIACH

 

 

 Extrait d’un entretien

 

Action Poétique N°74 – juin 1978

  

PHOTOGRAPHIE |Anne-Marie Albiach par Claude Royet-Journoud

  

 

 

 

extrait

 

HENRI DELUY : Je découvre tes textes à un moment où, au niveau des idées et du travail, je sors de ce que j’appellerai, pour aller vite, « La poésie de la tripe »… c’est-à-dire une poésie, comme tu sais, basée sur l’expression directe des sentiments, avec une conception du langage comme transparence, etc. Et je me trouve quand je te lis dans une situation ambigüe… C’est, à la fois, tout à fait différent du type de poésie que tu fais…

 

ANNE-MARIE ALBIACH : En effet, je crois que le côté physique de mes textes est extrêmement  important. En fait, je vis le texte comme un corps, comme la projection d’un corps, mais d’un corps et de son image…

Je ne pense pas qu’on puisse dire que mes textes sont « abstraits ». En fait, ils révèlent le côté physique du souffle, de la Voix (en rapport avec une musique mémorielle obsessionnelle, un Opéra permanent occulté), et de la syntaxe. Ils sont le lieu d’une réitération qui revient alternativement. Le discours n’est abstrait qu’en apparence. En réalité, il se veut concret ; avec des données, par exemple, comme celle de la chute du corps… D’autre part, dans une partie d’Etat, je fais allusion à la traduction que j’ai faite du poète américain Louis Zukofsky, dont il faut noter que la démarche dénonce l’exploitation de l’individu. Dans Etat il y a cet aspect qui n’est pas visible à première vue, mais qui fait que toute écriture porte en soi un engagement physique… Par conséquent, je ne suis pas tellement étonnée que tu puisses passer de cette poésie, dont tu parlais, à une poésie apparemment beaucoup plus conceptuelle, mais qui ne le serait pas parce que c’est avant tout, une poésie du désir, du discours dans le désir… et même sans crainte d’un certain lyrisme ou baroque qui se dénonce.

Mais ai-je répondu à ta question ?

 

H.D. : Oui… Enfin tu dis, en tous cas, ce que je voulais te faire dire…

 

A.-M.A. : J’ajouterais que, dans Etat, il y a un passage en rapport avec Francis Ponge et Ponge, à mon avis, réalise ce que j’appellerais La concrétisation de l’écriture par rapport à l’objet, l’objet que je situe comme « incernable »… Il est une de mes préoccupations : quand je dis : « toutes les évidences lui sont mystère » je dénonce cette nature incernable de l’objet par rapport à la perception qu’on en a. Dans Etat, ce passage marque le contrepoint du plaisir de la lecture de Ponge… De même qu’on revient toujours au physique, dans la lecture, j’essaie toujours de revenir au physique dans l’écriture…

 

 

............................... (p.14)

 

 

 

 

 

 

 | ©Action Poétique N°74 – juin 1978

 

 

 

 

 

20/01/2015

MEILLEURS VOEUX 2015

MEILLEURS VOEUX 2015.jpg

21/12/2014

LES CARNETS D'EUCHARIS, 2015 (n°3) - Abonnement et souscription

 

Les Carnets d’Eucharis

●●●●●●Poésie |Littérature Photographie  |Arts plastiques●●●●●●●●●  2015

 


 

 

 

(PAUL AUSTER une lecture de la poésie française]

 

Les Carnets d’Eucharis, Année 2015

(CARNET 3)

 

Format : 160 x 240 | 248 pages

+PORTFOLIO  I Cahier visuel & textuel de 16 pages

ANNE-SOPHIE MAIGNANT

 

ISSN : 2116-5548 | ISBN : 978-2-9543788-2-4

France : 22 € (frais de port compris)

 

Prix de l’abonnement annuel :

17 € (+ frais de port à ajouter :

5 € France – 7,50 € Etranger)

 


 

Publication et livraison vers le 15 mars 2015

 

●●●

 

(COMITÉ DE RÉDACTION)

Nathalie Riera, Claude Darras, Richard Skryzak, Tristan Hordé,

Angèle Paoli, Béatrice Machet, Sabine Péglion, Gérard Larnac,

Brigitte Gyr, Myrto Gondicas, Eva-Maria Berg, Martine Konorski

 

 

 

[ABONNEMENT]

L'Association L'Atelier des Carnets d'Eucharis

L'Olivier d'Argens - Chemin de l'Iscle - BP 90044

83521 ROQUEBRUNE-SUR-ARGENS CEDEX

 

 

 (CONTACT)

nathalriera@gmail.com

 

 

 

 

 

© Paul Auster – Catalogue des Editions UNES 

 (ABONNEMENT/SOUSCRIPTION]

Les Carnets d’Eucharis, Année 2015

 (CARNET 3)

 

●●●

 

(COMITÉ DE RÉDACTION)

Nathalie Riera, Claude Darras, Richard Skryzak, Tristan Hordé,

Angèle Paoli, Béatrice Machet, Sabine Péglion, Gérard Larnac,

Brigitte Gyr, Myrto Gondicas, Eva-Maria Berg, Martine Konorski

 

●●●

 

(RÉDACTION & SIÈGE SOCIAL)

 

 

L'Association L'Atelier des Carnets d'Eucharis

L'Olivier d'Argens - Chemin de l'Iscle - BP 90044

83521 ROQUEBRUNE-SUR-ARGENS CEDEX

CONTACT : nathalriera@gmail.com

 

 

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Prix de l’abonnement annuel :

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4 € France – 7,50 € Etranger)

 
 

 

□ PREMIER NUMÉRO :

Année 2013

[Susan Sontag]

21 €, frais de port compris

 

 

 

 

□ DEUXIÈME NUMÉRO :

Année 2014

[Carnet 2]

21 €, frais de port compris

 

 

Prix de l’abonnement annuel :

17 € (+ frais de port à ajouter :

5 € France – 7,50 € Etranger)

 

□ TROISIÈME NUMÉRO :

Année 2015

[Paul Auster]

22 €, frais de port compris

 

 

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par chèque à l’ordre de

L’Association L’Atelier des Carnets d’Eucharis

 

L'Association L'Atelier des Carnets d'Eucharis

L'Olivier d'Argens - Chemin de l'Iscle - BP 90044

83521 ROQUEBRUNE-SUR-ARGENS CEDEX

 

CONTACT : nathalriera@gmail.com

 

 

 

   (SOMMAIRE]

 

0 I[AVANT-PROPOS](Les débuts français de Paul Auster)

 

Nathalie Riera s’entretient avec Danièle Robert (traductrice de l’œuvre poétique de Paul Auster et Directrice de collection aux éditions chemin de ronde]

 

●●●

 

 

 

PAUL AUSTER (Une lecture de la poésie française)

 

I [Dossier coordonné par Nathalie Riera]

 

 

 

00 I Paul Auster [PAUL AUSTER : HOMMAGE À JACQUES DUPIN (à La Maison de L’Amérique Latine, Paris, 4 mars 2013)]

 

00 I Angèle Paoli [Dans l’œil de celui qui parle]

 

00 I Béatrice Machet [Paul Auster – apophatiquement]

 

00 I Brigitte Gyr [Du sort du mot – de la parole – dans les poèmes de Paul Auster]

 

00 I Gilbert Bourson [Sur la poésie de Paul Auster / Une adhésion aux mots]

 

00 I Jacques Estager [De Joë Bousquet à Paul Auster, à un cheminement dans la nuit]

 

00 I Sabine Péglion [Paul Auster et l’écriture poétique : un instantané du monde]

 

00 I Emeric de Monteynard [Paul Auster, de cet œil qui révèle et du mot qui dessaisit]

 

00 I Patricia Dao [L’Art de la Faim]

 

00 I Marie-Christine Masset [Le Loup Rouge]

 

00 I Martine Konorski [Temps de terre, temps de Pierre – Paul Auster, architecte du chaos]

 

00 I Isabelle Baladine Howald [All about Paul ?]

 

00 I Anthony Dufraisse [Quelques pierres pour Paul Auster]

 

00 I Catherine Zittoun [Il sème sur les pages des pistes de mémoire]

 

00 I Tristan Hordé [« Ne rien dire. Dire » : notes sur Paul Auster, Dans la tourmente]

 

00 I Richard Skryzak […]

 

 

 

ENTRETIEN

 

0 I Tristan Hordé s’entretient avec Edith Azam

 

 

 

AU PAS DU LAVOIRI Poésie & Prose

 

00 I Gérard Larnac [WIGWAM HOTEL (avec 12 photographies de New-York)]

 

00 I Navia Magloire [LÈVRES NUES(extraits)]

 

00 I Joël-Claude Meffre [SEPT PRINTEMPS]

 

00 I Thierry Guinhut [À une jeune aphrodite de marbre (Choix de 5 sonnets)]

 

00 IGuillaume Decourt [HUIT DIZAINS HELLÉNIQUES(extraits de Les Heures grecques)]

 

00 I Myrto Gondicas [Histoires de Lucie]

 

00 I Nathalie Riera [LA BAIGNADE&BOOK STAND]

 

00 I Mario Urbanet [ETATS DU MONDE VIVANT]

 

00 I Felip Costaglioli [POÈMES CHOISIS]

 

 

 

LE CHANTIER DU PHOTOGRAPHE

 

00 IDevant le miroir (à partir des « Etudes pour Suzanne» d’Anne-Sophie Maignant) Texte : Nathalie Riera

 

 

 

 

 

PORTFOLIO  I Cahier visuel & textuel de 16 pages

 

Photographies : Anne-Sophie Maignant « Is a rose rose ? » & « Suzanne au bain»

 

I Entrevue d’Escaudain : entretien conduit parRichard Skryzak & Nathalie Riera

 

 

 

CLAIRvisionI Petite anthologie d’écrits contemporains sur les arts visuels et audiovisuels (cinéma, art vidéo…)

 

00 IPhotos-vidéos &Texte : Richard Skryzak (Le Père, le Fils et la Télévision)

 

00 I Sabine Péglion : (Sculpting Time : 3 poèmes sur la rétrospective de Bill Viola au Grand Palais)

 

00 IJacques Sicard[Notes monochromes : Alfred Hitchock, Michaël Snow, Vivian Maïer]

 

 

 

TRADUCTIONS

 

000 IVincenzo MASCOLO Traduit de l'italien par Elena Chiti (avec la participation de Nathalie Riera)

 

000 IMia LECOMTE Traduit de l'italien par Raymond Farina

 

000 IGian-Mario VILLALTA Traduit de l’italien par Sabine Péglion & Brigitte Gyr

 

000 IAmir OR Traduit de l’hébreu par Aurélia Lassaque

 

000 IRobert LOWELL Traduit de l'américain par Béatrice Machet

 

000 IVera Schindler-WunderlichTraduit de l'allemand par Dominique Destraz (avec l’auteure)

 

000 IGwendolyn BROOKSTraduit de l'américain par Amanda Edmonds & Armelle Leclercq

 

 

 

 

 

eT BANC DE FEUILLES DESCENDANT LA RIVIÈRE

 

I Notes, Portraits&Lectures critiques

 

000 I[Portrait] Vera Schindler-Wunderlich par Eva-Maria Berg (traduit de l’allemand par Brigitte Gyr)

 

000 I[Portrait biographique]Andenken pour Georg Trakl & 3 poèmes de G. Trakl  (texte et traduction d’Alain Fabre-Catalan)

 

000 I[Portrait critique] Pierre Soulages : le noir lui va si bien ! par Claude Darras

 

000 I[Lectures] Ossip Mandelstam, De la poésie (La Barque, 2013) Nathalie Riera 000 I Michel Serres, Pantopie : de Hermès à Petite Poucette – Entretien avec Martin Legros et Sven Ortoli(Le Pommier, 2014)Richard Skryzak • 000 I James Sacré, On cherche. On se demande (La Porte, 2014) Tristan Hordé 000 I Le « chantier » Cavalcanti par Claude Minière 000 I

 

 

 

 

20/12/2014

Les Carnets d'Eucharis n°2 (année 2014) par Yves Boudier (CCP N°29-2)

 

Revue des revues

par Yves Boudier

C C P n° 29-2

(décembre 2014)

 

 

Les Carnets d’Eucharis

Sous la double tutelle de Rimbaud et Fénelon, Eucharis nous offre ces Carnets 2014. Poésie, littérature, photographie, arts plastiques, un terrain de grande mixité créatrice, ouvert de plus à la traduction et au commentaire de haut niveau. Nathalie Riera préface l’ensemble avec ces mots de Saul Bellow : « essayer de vivre avec un cœur civilisé », en évitant toute naïveté ou concession à l’époque, consciente d’offrir un espace ouvert « aux formes et formulations flambant frais ». Depuis un entretien avec Étienne Faure et un portfolio visuel-textuel de seize pages avec les photographies parfaitement reproduites d’Éric Bourret et le texte de François Coadou, on rencontrera plusieurs poèmes de formes variées, de Noémie Parant, Marie de Quatrebarbes, Armelle Leclercq, Aurélie Foglia ou Marie Étienne, parmi un ensemble très tenu ; la conversation croisée de poètes et d’artistes silencieux, par exemple celle de Paul-Louis Rossi, en hommage à la peinture de Véronique Flahaut, pour questionner Kant ; la réflexion mallarméenne de Claude Minière sur la photographie… Et, un cahier de traductions où je me suis longuement arrêté sur les poèmes de Juan Gelman (« la mort ne sait rien de toi // tu as sous tes pieds de l’herbe / et une ombre qui écrit / la mer / »), ou de Mina Loy, 1882-1966, poète anglaise à l’orée du féminisme. Enfin, Claude Darras dresse un portrait généreux de l’artiste René Knapen, « zélateur autant qu’amoureux de la Renaissance italienne ».

 

CONSULTER Le Cahier Critique de Poésie  N°29-2 (décembre 2014)

| ©http://cahiercritiquedepoesie.fr/ccp-29-2/revue-des-revues

 

10/12/2014

Christian Prigent par Claude Minière

 

Christian Prigent | © Photo : Olivier Roller

 

 

Christian Prigent

 « La langue et ses monstres ».

P.O.L. 2014

 

 

      Le livre de Christian Prigent qui vient de paraître chez P.O.L. est à la fois lecture et relecture. A plusieurs titres. C’est un livre de lectures puisque l’auteur y écrit ses lectures d’écrivains et poètes, de Gertrude Stein à Christophe Tarkos (sur 300 pages). Pour cet ouvrage, Prigent a relu les textes publiés dans une première version parue en 1989 aux éditions Cadex, sous le même titre : il en donne aujourd’hui une édition corrigée et complétée, fraîche comme un gardon, gardée comme lexicon : « En quoi ce déchiffrement peut-il nous aider à mieux évaluer ce dont on parle en fait quand on parle de littérature ? » (Avertissement, p. 9).

     Quand il lit, l’écrivain fougueux qu’est Christian Prigent (romans, essais, poèmes, chroniques) étudie patiemment et précisément chacune des écritures singulières qu’il découvre mais aussi, dans le même temps, il relit à travers elles la littérature et la touche au cœur. Intelligence et sensibilité associées, il touche la littérature au cœur, en son centre, en mesurant comment des « voix excentriques traversent les représentations couramment admises pour composer de nouveaux accords ». Vous appréciez là l’exception-Prigent. Vous verrez, vous sentirez comment un engagement personnel exceptionnel (il n’y a pas d’équivalent parmi les Critiques) le porte à rendre claire l’excentricité des voix qu’il écoute.

     Qu’il se penche « sur » Gertrude Stein, Pleynet, Jude Stéphan ou Eric Clémens, le lecteur-écrivain Prigent est , présent, personnellement, et en même temps, il laisse filer ou accompagne chacune des voix dans sa vibration propre, frottée aux « limites ». Fin connaisseur de Georges Bataille, Prigent décèle, lit et relit le drame de la chance et du frein que la littérature négocie avec l’écriture.  Et il expose, montre ces monstres de la langue comme étant d’hier, d’aujourd’hui, et de probablement demain. Il est seul ? Peut-être pas. Les lecteurs auxquels il s’adresse sont vivant d’angoisses et d’effronteries, de tendresse et de défi.

 

Claude Minière © Les Carnets d’Eucharis, 2014

 

 

 

 

CONSULTER Les Carnets d’Eucharis  N°43 (automne 2014)

| © http://lescarnetsdeucharis.hautetfort.com/archive/2014/11/16/les-carnets-d-eucharis-n-43-automne-2014.html

& P.O.L. Editeur

| © http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&ISBN=978-2-8180-2147-7

 

 

 

 

16/11/2014

Les Carnets d'Eucharis n°43 (automne 2014)

●●●●●●●●●  

Poésie | Littérature Photographie| Arts plastiques 

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en ligne

 

 

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Les carnets d’eucharis n°43

AUTOMNE 2014

 [« SOUS LA TONNELLE EN CANISSE »]

© Nathalie Riera, 2014| Photographie numérique

 

 

 

 

EXPOSITION

NIKI DE SAINT PHALLE

 

Nathalie Riera LA TETE DANS LES BAMBOUS

Joseph Cornell PHOTOMONTAGES&COLLAGES

 

 

DU CÔTÉ DE…

NATHALIE HANDAL [8 poèmes de Gaza – 2014]

NIKOS LYBERIS [Après le son – extraits]

CLAUDE BRUNET [Le goût de l’étrange – 2003]

 

 

JEROME ROTHENBERG … LORINE NIEDECKER

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MARIANNE MOORE Le poisson / The fish

 

 

AUPASDULAVOIR

MAËL GUESDON [Sorgue]

ISABELLE LÉVESQUE  [Ravin des nuits que tout bouscule]

NATHALIE RIERA [Solaria & La Baignade - texte inédit]

ERIC SARNER [Tentations et Tâches de Femmes]

 

 

DES TRADUCTIONS

FADIR DELGADO ACOSTA [QUELQUES POÈMES DE : Le dernier geste du poisson*

ALGUNOS POEMAS DE : El último gesto del pez traduit par Rémy Durand]

 

 

 [Clairvision]

----------------------------------- [Notes monochromes de Jacques Sicard]

 

 

DES LECTURES/DES PORTRAITS

 [ARTICLES]Olivier Salazar-Ferrer [Les possessions transparentes] par Nathalie Riera

Conrad Aiken [Neige silencieuse, neige secrète] par Tristan Hordé

e.e.cummings - Gregory Corso - Jacques Sicard
Philippe Jaffeux [Courants blancs] par Béatrice Machet-Franke

[LECTURE&RELECTURE][Christian Prigent « La langue et ses monstres »] par Claude Minière

 

 

[NOUVELLESPARUTIONS]

LA RIVIÈRE ÉCHAPPÉE la barque  LA NERTHE– BLACK HERALD PRESS


     

 

Au format livre numérique/CALAMEO

http://www.calameo.com/subscriptions/37620

11/11/2014

Alain Fleischer

Emmanuel Ruben - Galerie Le Réalgar

 

 

Emmanuel Ruben (© Tina Merandon)

Emmanuel Ruben (© Tina Merandon)

 

 

Emmanuel Ruben est né en 1980 à Lyon. Géographe de formation, écrivain, dessinateur, il est l’auteur de trois romans dont le dernier, La ligne des glaces, a été publié en 2014 chez Rivages.

(Sélection Prix Goncourt 2014)

 

Per Kirkeby est né en 1938 à Copenhague. Géologue de formation, il participe, de 1958 à 1965, à de nombreuses expéditions scientifiques au Groenland avant de rejoindre l’école radicale de Copenhague et le mouvement Fluxus. Peintre, essayiste, romancier, poète, architecte, sculpteur, cinéaste, il est considéré comme une figure majeure de l’art contemporain scandinave. Ses œuvres sont exposées dans le monde entier et de nombreuses rétrospectives lui ont été consacrées depuis la fin des années 70, notamment à Londres en 2009 (Tate Modern) et à Bruxelles en 2012 (Bozar).

 

 

Quatrième de couverture

 

«Cet homme est-il de la confrérie navrante des voyageurs plumitifs ? Cet homme pense-t-il qu'il suffit d'aller s'empoussiérer la semelle pour se ravauder la cervelle ? Non, la poussière est d'or qui le hante encore ; cet homme, que nous voudrions suivre ici, cet homme s'en va chaque année depuis ses vingt ans vers le Nord, carnet de croquis à la main, quêter de sa baguette divinatoire son Graal fantôme ; après quoi il rentre au pays, dessine, grave, sculpte et peint pour de bon ; sur ce, il paraphe en bas à droite PK. Per Kirkeby.»

 


| © Cliquer ICI

 


 

SITE À CONSULTER

 

LE REALGAR

23, rue Blanqui

42000 SAINT-ETIENNE

0687602234

Sur le site : Galerie Le Réalgar

 

| © www.lerealgar-editions.fr

05/11/2014

Nikos Lyberis

 

 

NIKOS LYBERIS

Après le son

La traduction de son dernier ouvrage paru en grec, en août 2014, d'où sont issus ces quelques poèmes a été faite par Brigitte Gyr en collaboration avec Nikos Lyberis, leur auteur.

 

 

 

Les Carnets d'Eucharis

 

Nikos Lyberis | © Vue sur le Canal Grande, en face du Palazzo Moncenigo (à Venise)

 

 

 

 

 

12 - Pétales de soleil

 

Valse enfantine pour piano désaccordé

et fragments de voix

             le crépuscule s'enfonce dans la pierre

Narration conique minée

pour tête sans corps

 

Face aux causalités      les anciennes et les nouvelles

à chaque instant il invente son destin

pour ouvrir des fentes dans les murs de l'horizon

                             pour purifier le sang empoisonné

 

Dans le paysage du son éclosent les fleurs

sons sans début ni fin                     comme un souvenir

clarinette timbre mat dans l'eau

             entière                   à moitié     ou juste un bout

             il a lâché les notes pour accéder à la musique

             dialogue sans paroles superbe

Sons inédits d'un corps compressé

             qui se confie au vent comme en fraude

tantôt murmurent tantôt crient en secret

             formes connues      insuffisantes

mais la géométrie mobile fonctionne

                             formes mouvantes à l'infini

l'espace résonne des jours et des jours après que se sont tus les

                                                                                                   [instruments

 

 

             et l'esprit ingénieux demeure sans voix

Innombrables les faces de l’immuable beauté

Silence empli de sons

 

Il déploie le pont sur l'abîme

pour la fille qui passe en larmes

et dont le temps s'est figé

………………………………………………………………………

 

 

13 - Eclipse

 

Nuit archaïque qui abrite la musique

le regard se faufile dans l'espace inassouvi

             aux confins usés

entre les ombres de ceux qui sont partis

Les murs se retirent d'autres murs arrivent

pour laisser passer

la Reine de Thulé

dans sa main la bible aux pages blanches

             Entre-deux saigné par des cordes hérissées de pics

             une cinquième guerre    totale

 

La spirale du corps amollit les barreaux de la cage

             neuf métaux fondus plus une météorite

la cage         désormais voile

Elle traverse l'accord répété

les éclats de voix

pour que la mémoire s'éteigne       peu à peu

qu'elle accueille les gestes spontanés

éboulements sous-marins

                             connaissance inaccessible à la pensée

                                             négation de la négation

D'une bouche à l'autre

une même histoire se poursuit

             malgré les bavardages silence intact

parce que la vérité et son objet sont une et même chose

 

Déchiffrer l'étoile de chacun

pour échapper à la dérive   peut-être

et par un chemin sans malice remonter le courant

………………………………………………………………………

 

 

 

19 - Concert pour un corps

 

Dans le quartier sans saisons

elle tient une fenêtre ouverte dans ses mains

entre le flûtiste et l'amiral Perse

en duel avec son ombre

             Un geste       mille interrogations

 

Elle a enlevé le masque de sous son visage

la danse lovée dans le corps

remplit l'espace entre les mots

                             contrepoint multiple

 

Habillée aux couleurs de la tempête

elle prononce les mots à l'envers

             pour ne pas trahir la joie

indifférente aux prétendants

             des messieurs naufragés en haut de forme

qui revendiquent le trône d'Egypte

en dansant avec des mannequins chèrement vêtus

                             elle répond à la question qu'on lui pose

                             cinq murs plus loin

 

Elle a brodé l'habit de la nuit

                             pour que les oiseaux migrateurs s'y posent

elle enferme le temps dans une malle pour libérer de l'espace

Dans les brisures de son rire poussent des fleurs

 

                             Vague qui traverse le large

                             sans rencontrer de bateau

………………………………………………………………………

 

21 - Froissement de tilleul sauvage

 

Dans le vent de sable qui le suit partout

il coupe du bois pour sa croix

 

Le soleil dépeçait le mur

quand un coup de feu venant d'une autre histoire

dispersa les toiles d'araignée instantanément et

révéla le grand secret

                             à lui seul

 

la cloche de l'alarme devenue rituelle

adoucit les pierres dans l'air dur

             cercles concentriques à l'horizon impromptu

 

Dans la fosse défilent des images

lambeaux d'essais

débris de temps

Au sommet du jet d'eau le récitant avec

             dans ses mains une tragédie antique

murmure quelque chose sur les instants extrêmes

les circonstances qui ne connaissent pas leur force

 

Soudain la pluie et les rêves d'acier

du train s'incorporent au spectacle

             Un vieil émetteur résonne

………………………………………………………………………

 

 

22 - La lisière du feu

 

Dans les labyrinthes de l'air

des voix s'aventurent

tentent une rencontre

afin que se consument les obstacles

Enfermée en un point la force totale

rend possible l'impossible

 

Murs aux cinq bouts de l'espace

directions inversées

le sang du temps goutte dans le verre

écho d'un orage venant d'une autre planète

             des carapaces de tortue annoncent

             l'effondrement de l'empire

                             sans contraintes la terre

                             retrouvera sa face divine

 

Il froisse une page de cinq hectares

les peurs rentrées en fraude

                             à l'extrémité du silence

 

Des mots déformés      trois cinquièmes et septièmes

neuvièmes et onzièmes     assouplissent l'air

témoignage préhistorique dont le corps se souvient

             hiéroglyphes oubliés

             d'avant les mots

………………………………………………………………………

 

 

31 - Cantate pour une fleur

 

Cri qui perça le tout       de bout en bout

l'indicible douleur de la gitane

voix qui contient l'alpha et l'omega et le reste

va et vient continu depuis le grand silence du début

 

La lumière diffuse s'est figée      en goutte

                             graine d'inaudible

musiques     danses      peintures      récits

résonance condensée du premier pouls

avant de s'incarner

de se déployer dans les bras de l'immensité

                             puissance de tout ce qui a été dit et pas dit

Le pouls du monde vibration qui

             déborde de chaque point du corps

             pour que tu puisses l'entendre

                             la pensée alors n'a plus de lieu où se tenir

Frisson amoureux à la naissance du monde

phonème au diapason de l'espace

joie intense originelle qui annule les discordances

 

et les murs se retirent     loin

L’enthousiasme     du tout fait l'un

                             tourbillon qui engloutit le temps

                             laisse les scories en surface

Et les montagnes redeviennent montagnes

et les rivières redeviennent rivières

 

 

Nikos LYBERIS est né en Grèce, à Pyrgos d’Élide, en 1953. Il a publié cinq collections poétiques en grec, dans des éditions d'art (une par "Stigmi", en 2002 et quatre par "Diatton", 2002, 2006, 2012, 2014).

(Après des études de géologie à Athènes, il s’installe à Paris en 1975. Il a voyagé beaucoup en mer sous la mer et à terre surtout dans les déserts, notamment dans les régions polaires (Spitsberg et Nord Groenland), l’Égypte et l’Asie Centrale. Il pratique les arts martiaux, disciple de Maître Noro Masamichi.)

 

 

 

 

 

Olivier Salazar Ferrer - Les possessions transparentes, éd. de Corlevour, 2014

 

 

UNE NOTE DE NATHALIE RIERA

 

 

Les possessions transparentes
Olivier Salazar Ferrer

 

Corlevour, 2014

 

  

 

Olivier Salazar Ferrer | © France-Culture

 

 

 

 

 

 

en route vers une destination inconnue, sans aucune raison valable : telle semble être la volonté du professeur de philosophie dans le roman au titre énigmatique « Les possessions transparentes » d’Olivier Salazar-Ferrer. Que peut-il en être de la recherche du voyageur et de celle du poète, l’une et l’autre sont-elles de même souche, en tant que le voyageur comme le poète sont sensibles à notre diversité en réduction : combien les cultures sont fragiles face aux standardisations de la représentation de soi. (p.22) Que revient-il au voyageur, sinon dans le choix d’une ascèse d’entreprendre l’expérience de la « désappropriation » : bouleverser le régime de la propriété avec ses clôtures phénoménologiques et sociales (p.12) — d’être dans une « liberté de déliement » : Il s’agissait de délier, de rejeter les cordages sur le quai, de se départir (…) (p.13) — de se faire « Voyageur du Divers » dont l’action (en opposition à la théorie) est de « faire s’exalter sa propre existence par la différence et le divers ». Un roman de cette envergure ne peut se dérouler sans quelques évocations ou références à des écrivains, des philosophes et des poètes majeurs (David Thoreau, Victor Segalen, Bashô, Rainer-Maria Rilke, Blaise Cendrars, Gustave Roud, Léon Chestov…). Opposer le voyage à toute action d’appropriation, est-ce alors pour mieux croire « à la puissance magique de l’inaccompli » : n’avoir rien à réaliser, mettre en pratique la théorie de l’inaccompli comme réserve d’énergie, comme défaut ou appel d’être dans la substance même du monde (p.43). Pour le voyageur, réappropriation également de « l’innocence du verbe », ou encore de la jeunesse de la langue, en référence à Holderlïn.

 

Nathalie Riera, novembre 2014

© Les Carnets d’Eucharis

_________________________________________________________________________

 

 

 

       « Le voyage était devenu objet de science, dépiauté, analysé, classifié, dévoré par les vampires analytiques (…) notre siècle n’était-il pas dévoré par la passion de l’appropriation, par sa décomposition de l’objet en relations exprimables, de façon à le reproduire, quitte à briser la puissance fougueuse qui l’animait ? Je percevais parfois la culture moderne comme une immense pieuvre collée au réel, habile à se saisir de la moindre proie vivante pour en sucer la vie. Le récit de voyage, cette ombre du réel que Segalen avait voulu subvertir dans son poème Equipée, n’était plus qu’une coquille vide sur le sable de notre culture.

Il y avait pourtant une façon de faire vivre une œuvre, de la charger de ses possibilités de sens, de l’illuminer de l’intérieur pour la faire advenir à sa fonction authentique qui est de créer de la vie. (…) Sans aucun doute, cette vieille Europe poudrée, héritière des monarchies, empêtrée dans ses richesses et dans une histoire millénaire qui lui collait aux fesses, devait se tourner vers les cultures des autres continents…»

 

............................... (p.34/35)

 

 

       « On avait rallumé les bougies. « Aimez-vous le Stabat Mater de Pergolèse ? » avais-je demandé au sommelier, tandis que les voix s’élevaient dans leur architecture transparente. Terrifié, sans répondre, la main tremblante, il avait servi le vin, un Vosne Romanée premier cru 1985. Je l’avais fais danser entre mes doigts. Robe rubis, carminée avec l’âge, vague secrète de sous-bois nocturnes avec des parfums mouillés de mousse, O quam tristis. Reflets de fruits rouges et noirs, imprégnés de la senteur de la violette. A la seconde approche : Vidit suum dulceum natum, timidité et audace mêlées, robe de feu, presque grenat, tirant sur le pourpre sombre. Corps ardents sur la neige. Inflammatus et accensus. Fruit mûr sur fond épicé, échos de cuir et de fourrures. Envol lourd d’oiseaux sauvages qui frôlent de leurs ailes les étangs embrumés. Aubes d’automne où résonne le pas méthodique des chevaux sur les feuilles mortes. Chœurs soutenant les voix singulières. Reprise paisible puis consentement à l’extinction. »

 

............................... (p.118)

 

 

 

 

Quatrième de couverture

Le narrateur est un professeur de philosophie qui se rend à un colloque consacré aux écrivains voyageurs. Il traverse en train un paysage de montagnes enneigées. Il est mythomane et s'invente des identités lors de ses conversations avec les passagers. Tandis qu'il accumule les notes pour sa conférence, les intempéries retardent son arrivée. Bloqué dans une ville de montagne, il est confronté aux pensionnaires de l'Hôtel des Glycines : les étudiants représentés par le jeune Frédéric Berlioz et l'anglais Graham Barker, enthousiaste et fantasque, le Docteur Arenberg, philosophe juif américain, le professeur Alexander, rationaliste ironique, la japonaise Mlle Kyoubou qui se singularise par un comportement sadomasochiste, le poète violoncelliste aveugle Umberto Baldi et sa charmante fille Clara dont la présence va bouleverser la paix apparente de l'hôtel, la serveuse du Café du Théâtre, prénommée Madame de Warrens à cause de sa ressemblance avec la protectrice de Rousseau. Le narrateur prend l'habitude d'errer la nuit dans la ville, découvrant le théâtre, le domaine des Charmettes envahi par la neige,

où flotte l'ombre de Rousseau... Le lecteur découvre peu à peu que les personnages sont en lutte, à des degrés divers, pour une quête du réel. Le narrateur est déchiré par un conflit entre possessions matérielles et aspirations spirituelles qui affrontent tous les jeux de l'illusion. Seul le poète aveugle Umberto Baldi invite les autres personnages à voir ce que l'on ne voit pas, mais il sera rapidement expulsé de l'Hôtel par les autres invités. Le voyage représente donc une série de dépossessions, mais aussi une reprise de la vérité à travers une série d'expériences spirituelles. Le narrateur, tombé amoureux de Clara au cours d'une promenade avec elle et son père, prendra la fuite la veille de sa conférence, hanté par la nature indicible de ce qu'il veut dire, pour se réfugier dans un hôtel désert, dans une petite ville de montagne encore plus isolée en altitude. Est-il sur les traces du vieux poète italien et de sa fille Clara ? C'est dans cet hôtel fantôme qu'il fait l'expérience d'un repas mystique qui va clore le récit, avec la vision d'une petite fille qui joue avec l'invisible.

 

 

 

Olivier Salazar-Ferrerest maître de conférences depuis 2007 en littérature française à l’Université de Glasgow en Ecosse. De formation à la fois philosophique et littéraire, ses publications portent sur les littératures du XIXe et XXe siècle, notamment sur la littérature d’avant-garde, avec plusieurs essais sur Benjamin Fondane (Benjamin Fondane, Oxus, 2004 et Benjamin Fondane et la révolte existentielle, De Corlevour, 2007), la littérature féminine, la littérature existentielle (Bespaloff, Chestov, Grenier, Jankélévitch) la phénoménologie (Pour une phénoménologie de la vie - Entretiens avec Michel Henry, De Corlevour, 2010), la littérature de voyage (Blaise Cendrars, J.M.G. Le Clézio, Nicolas Bouvier, Jacques Lacarrière), les croisements entre arts visuels, poésie, littérature et philosophie. Il est également l’auteur de poésie (Adieu à Terre rouge, In limine, 2001 ; Poèmes du silence et de la neige, In Limine, 2003 ; La Roulotte peinte, In Limine, 2006 ; La Haute Provence de l’esprit, In Limine, 2013), de récits (Un chant dans la nuit, De Corlevour, 2007) et d’adaptations théâtrales (Benjamin Fondane, L’Exode, Festival d’Avignon, 2008). Il a été nommé ambassadeur de la culture en 2012 par le City Council de la ville de Glasgow.

 

 

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SITES À CONSULTER

 

 

LES POSSESSIONS TRANSPARENTES

Editions de CORLEVOUR

| © Cliquer ICI

 

FURET DU NORD

Entretien d’Olivier Salazar-Ferrer avec Sylvie Aragnac (extraits)

| ©  Cliquer ICI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

02/11/2014

NATHALIE HANDAL - 8 poèmes de Gaza

 

 

NATHALIE HANDAL

8 Poèmes de Gaza

Confessions at Midrange / Confessions à mi-chemin

The Voices and Faces of Palestine - Summer 2014

Voix et visages de Palestine – été 2014

 

 

 

Les Carnets d'Eucharis

 

Nathalie Handal | © INTERNET

 

 

 

 

 

 

 

Confessions at Midrange

 

My heart has telescopes

my eyes have invisible streets

my portrait is of a nation

with a hundred square feet of clouds—

maybe god is a country

my eyes can’t see.

 

 

Dans mon coeur des télescopes

dans mes yeux des rues invisibles

mon portrait est celui d’une nation

sous trente mètres carrés de nuages –

dieu est peut-être un pays

que mes yeux ne peuvent voir.

 

………………………………………………………………………

Confessions à mi-chemin

(Extrait 1)

 

 

 

 


Turka

 

They ask me who I am,

they ask me where I’m from—

how do I explain

from where Jesus is born

except I’m not allowed

to reach his church

Who am I if I can’t be

with my olive groves

who am I

if I can’t find Mohammed

in my prayers

can’t reach Jesus

I am from the Teqoa

and the Dead Sea

from Bethlehem

and Jerusalem—

Dar Handal,

we grow everywhere here,

Dar Talamas,

our ancestors were translators,

so I translate this for you—

I am who I’ve always been

and behind my prayers

are windows

with a city

of endless verbs.

 

 

Ils me demandent qui je suis

ils me demandent d’où je viens –

comment expliquer

d’où Jésus est né

sauf que je n’ai pas le droit

d’aller dans son église

Qui suis-je si je ne puis

demeurer près de mes oliviers

qui suis-je

si je ne puis retrouver Mohammed

dans mes prières

ne puis atteindre Jésus

Je viens du Teqoa

et de la Mer Morte

de Bethléem

et de Jérusalem -

Dar Handal

nous avons grandi partout ici

Dar Talamas,

nos ancêtres étaient des traducteurs

alors je vous traduis ceci -

je suis qui j’ai toujours été

et derrière mes prières

il y a des fenêtres

avec une ville

aux verbes infinis.

…………………………………………………………………………. Turka

(Extrait 2)

 

 

 

COUNTRY

 

The radio was stuck

between two stations

when you told me

you sold

the only thing that

mattered to you.

I said nothing.

We’d been together for years

and I had no idea what you sold

nor what was playing

along the long blue sky

we both insisted was ours.

 

 

La radio était bloquée

entre deux stations

quand tu m’as dit

que tu avais vendu

la seule chose qui

t’était chère.

Je n’ai rien dit.

Nous avons vécu des années ensemble

et je n’avais aucune idée de ce que tu avais vendu

ni de ce qui se jouait

au long du long ciel bleu

que nous persistions tous deux à dire nôtre.

 

…………………………………………………………………………. PAYS

(Extrait 3)

 

 

 

 

 

GAZA

 

Once in a tiny strip

dark holes swallowed hearts

and one child told another

withdraw your breath

whenever the night wind

is no longer a land of dreams

 

 

C’était dans une étroite bande

où des trous noirs engloutissaient les cœurs  

un enfant dit à un autre enfant

retiens ton souffle

lorsque le vent nocturne

n’est plus dès lors une terre de rêves

 

…………………………………………………………………………. GAZA

(Extrait 4)

 

 

 

 

The Gazans

 

I died before I lived

I lived once in a grave

now I’m told it’s not big enough

to hold all of my deaths

 

 

Je suis mort avant de vivre

J’ai vécu une fois dans une tombe

maintenant on me dit qu’elle n’est pas

assez grande

pour contenir toutes mes morts

 

…………………………………………………………………………. LES GAZAOUIS

(Extrait 5)

 

 

 

 

 

 

Tiny Feet

 

A mother looks at another—

a sea of small bodies

burnt or decapitate

around them—

and asks,

How do we mourn this?

 

 

Une mère regarde une autre mère -

un océan de petits corps

brûlés ou décapités

tout autour d’elles –

et interroge,

Comment pleurer cela ?

 

…………………………………………………………………………Tout petits pieds

(Extrait 6)

 

 

 

 

Night Sky Orange

from The Gaza Box

 

I read your book of myths—

did you?

I checked the mirror for your face—

did you?

I checked the ruins and the even larger

ruins in your heart—

did you?

I memorized the shape of black smoke

and the orange sky in every tiny corpse—

did you?

I checked if loneliness was what the body

turns to when death is all it has—

did you?

Did you think of your wife the evening

you killed mine?

And unexpectedly,

an image of your son will cross

your mind,

you will question why

you’ve come after all,

you will breathe differently,

words will no longer be able

to map your crimes.

I checked for the damage in my flesh

—did you?

I found my way back to the scene

in the book

where you erase my name

as it keeps reappearing,

don’t you know,

such letters always revert back

to its original form

so look at me in the eyes

before we both perish.

 

 

 

Ciel Nocturne Orangé

extrait de The Gaza Box

 

J’ai lu ton livre sur les mythes -

et toi ?

J’ai testé le miroir pour ton visage -

et toi ?

J’ai passé les ruines en revue et celles, plus vastes, dans ton coeur -

et toi ?

j’ai gardé en mémoire la forme des fumées noires et le ciel orange dans les plus infimes cadavres –

et toi ?

j’ai vérifié si la solitude était ce que devient le corps quand la mort est son seul bien –

et toi ?

As-tu songé à ta femme le soir où tu tuas la mienne ?

Et de manière inopinée,

l’image de ton fils traversera

ton esprit,

tu te demanderas pourquoi

tu es venu en fin de compte,

tu respireras autrement,

les mots ne seront plus capables

de dresser la carte de tes crimes.

J’ai fait le compte des dégâts dans ma chair

- et toi ?

J’ai retrouvé la scène où

dans le livre

tu effaces mon nom

qui s’obstine à réapparaître,

sais-tu que ces lettres sont de celles qui retrouvent toujours leur forme originelle

alors regarde-moi dans les yeux

avant de périr l’un et l’autre.

 

…………………………………………………………………………

(Extrait 7)

 


Imaginary World with Twelve Birds

from The Gaza Box

 

There is moonlit

in my box

can you give it to me

There are hours

in my box

can you give them to me

There is a world

in my box

there are twelve birds

in my box

can I fly with them ummi

…………………

There is a picture

of my son

in his box

can I see it

before the men arrive

before the floor shakes

before they take my heart

tell them

our souls will leave our torn bodies

but we will never leave

we will multiple in their souls

 

 

Monde Imaginaire avec Douze Oiseaux

extrait de The Gaza Box

 

Il y a du clair de lune

dans ma boîte

peux-tu me le donner

Il y a des heures

dans ma boîte

peux-tu me les donner

Il y a un monde

dans ma boîte

il y a douze oiseaux

dans ma boîte

puis-je voler avec eux ummi

…………………

Il y a une photo

de mon fils

dans sa boîte

puis-je la voir

avant que les hommes n’arrivent

avant que le sol ne tremble

avant qu’ils ne prennent mon coeur

dis-leur

que nos âmes quitteront nos corps déchiquetés

mais que nous ne partirons jamais

nous nous multiplierons dans leurs âmes

 

…………………………………………………………………………

(Extrait 8)

 

 

 

 

 

            All photos by Nathaie Handal

            Taken throughout Palestine

            Permission granted to reprint

            ▪▪▪

            Toutes les photos par Nathaie Handal

            Prises en Palestine

            Permission accordée pour réimprimer


 

Nathalie HANDAL Poète et dramaturge d’origine palestinienne, née à Bethléem. A grandi en France et en Amérique latine. Etudes aux États-Unis, en Grande-Bretagne et dans le monde arabe. Parmi ses livres les plus récents, Poète en Andalousie, Language for a New Century : Contemporary Poetry from the Middle-East, Asia & Beyond et Love and Strange Horses, (Médaille d’or Independent Publisher Book en 2011). Ses pièces les plus récentes ont été mises en scène à la John F. Kennedy Center for the Performing Arts, le Bush Theatre et Westminster Abbey, à Londres. Elle signe la chronique La ville et l’écrivain du magazine World without borders.

 

 

 

24/10/2014

Nathalie Riera et Richard Skryzak présentent LES CARNETS D'EUCHARIS sur RADIO CAMPUS

 

TRANSMISSION_23_OCTOBRE_2014 by Chrisy Burton on Mixcloud

 

23/10/2014

Nathalie Riera & Les Carnets d'Eucharis sur Radio Campus

 

 

 

 

Emission radiophonique enregistrée le 26 septembre 2014

 

AVEC RICHARD SKRYZAK & NATHALIE RIERA

CE JEUDI 23 OCTOBRE 2014

EMISSION ENTRECOUPEE DE POEMES LUS PAR NATHALIE RIERA

Richard et Nathalie nous offriront EGALEMENT une sélection musicale.

 

jeudi 23 octobre / 18H / 106.6FM

Site de Radio Campus | © ICI

 

 

 

 

 

 

 

10/10/2014

Nathalie Riera & Brigitte Broc en lecture à la Librairie Le Carré des Mots (Toulon)

 

Rencontre-Lectures

Autour de la poésie

Avec Brigitte Broc & Nathalie Riera

invitées par Rémy Durand & L’Association Gangotena (Toulon)

à la Librairie LE CARRÉ DES MOTS

 

**  

 

 

Poésie
avec Nathalie Riera et Brigitte Broc

 

8 octobre 2014

 

Librairie Le Carré des Mots

4, place à l'huile
83000 TOULON


 

Devant la Librairie toulonnaise LE CARRE DES MOTS

Nathalie Riera (de dos, à gauche) Gilbert Renouf  et Rémy Durand

Photographie © Claude Brunet

 

 

Photographie © Claude Brunet

 

Sur le seuil de la Librairie LE CARRE DES MOTS

Brigitte Broc

Photographie © Nathalie Riera

 

 

Rémy Durand (à gauche) & Gilbert Renouf

 Photographie © Nathalie Riera

 

 

PHOTOGRAPHIES NUMERIQUES | © Claude Brunet & Nathalie Riera

 

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Nathalie Riera en lecture

Paysages d’été, éd. Lanskine, 2013

Variations d’herbes, éd. du Petut Pois, 2012

Feeling is first, Galerie Le Réalgar, 2011

et des extraits de Solaria & Sealandsky

                                                      (à paraître aux éd. du Petit Pois)

 

 

 

 

 

 

CLIQUER ICI

Nathalie Riera | © Les Carnets d’Eucharis

 

 

 

 

 

  

 

05/10/2014

Inger Christensen - alphabet

 

 

Du côté de chez…

 

 

Inger Christensen

 

 

 Alphabet

 

Ypsilon, 2014

 

 

 

édition bilingue danois-français
traduction de Janine & Karl Poulsen

 

 

 

YPSILON | © http://ypsilonediteur.com/fiche.php?id=122

 

 

 

 

 

11

 

l’amour existe, l’amour existe

ta main qui, blottie dans la mienne, s’oublie telle

un petit et la mort impossible à se souvenir

impossible à se souvenir comme une vie

inamissible, aussi légèrement comme par mouvement chimique

par-dessus crételles et bisets, tout,

se perd, disparaît, impossible à se souvenir que

des troupeaux d’hommes déracinés, de bêtes et de chiens

 

qui existent ça et là, disparaissent ;

les tomates, les olives, les femmes

brunes qui les récoltent, se flétrissent, disparaissent,

tandis que le sol poudroie de nausée, une poudre

de feuilles et de baies, et que les boutons du câprier

ne seront jamais récoltés, confits au sel

et mangés ; mais avant qu’ils ne disparaissent, avant que nous

ne disparaissions, un soir, attablés avec

un peu de pain, quelques poissons sans abcès et de l’eau

qui sagacement a été changée en eau, l’un des

mille sentiers de guerre historiques traverse tout

à coup la pièce, tu te lèves, les frontières,

les frontières existent, les rues, l’oubli

partout, mais ta cachette ne s’approche pas,

regarde, la lune est par trop éclairée et le Chariot de David

retourne aussi vide qu’il est venu ; les morts veulent

qu’on les porte, les malades veulent qu’on les porte, les pâles

soldats usés ressemblant à Narcisse veulent qu’on

les porte, tu te promènes si bizarrement éternel,

et seulement quand ils meurent tu t’arrêtes

dans un jardin de choux dont personne ne s’est occupé

depuis plusieurs siècles, trouves en écoutant une source

tarie quelque part en Carélie peut-être, et pendant

que tu songes à des mots comme chromosomes, chimères,

et à la croissance frustrée des fruits de la passion

tu enlèves d’un arbre un peu d’écorce et la manges.

 

............................... (p.38/39)

 

 

 

les défoliants existent

par exemple la dioxine

qui défeuille arbres et

buissons et détruit

hommes et animaux

 

en arrosant

récoltes, forêts

on obtient défeuillaison

et mort au milieu

de l’été le plus fructueux ;

 

ce changement du chagrin

ce lumineux matin

autrement merveilleusement heureux

l’herbe a disparu

et l’air a filé

son dais venimeux sans fils

par-dessus plages par-dessus forêts

par-dessus corps par-dessus biens

 

............................... (p.91)

 

 

le ciel est un antre

où les oiseaux fanés

pourrissent comme des fruits déchus

où les nuages étales

pulvérisent des cités

et les chassent, tourbillons gracieux,

comme sable à travers sable

comme eau à travers eau

 

même les visqueuses limaces

sont poreuses comme ces glaces

dont le reflet de l’homme s’est perdu

seule une tige d’ortie

contera défeuillée

comment en désespoir nous nous sommes crées

une terre sans fleurs

asexuée comme le chlore

 

regarde une pâle étoile matinale

étincelle comme un encéphale

qui est presque éteint et usé

trop diffus pour se rappeler

l’étreinte des êtres

dans un vol sans ailes

dans un pré parfumé

dans un chaud lit d’été

 

regarde la source claire

est tarie et petite

et remonte le rocher,

et les roses sans fond

se cachent dans des marais

du pollen inamissible mis de côté

dans l’éternité

la même écriture les y met au net

celle qui décrit la course des nuages

celle qu’Archéoptérix a gravée dans des pierres

en travers d’une pure et vertigineusement bleue

l’éternité

l’éternité

 

............................... (p.93)

 

 

 

Inger Christensen Alphabet

Note de l’éditeur

Inger Christensen (1935-2009) publie Alfabet en 1981. Ce livre peut être considéré comme le centre et la clé de son œuvre, d’où (re)commencer à découvrir cette écriture d’une complexe simplicité. Par sa construction basée à la fois sur une structure mathématique, la suite de Fibonacci, et la structure la plus connue de la langue, l’alphabet, Inger Christensen définit son lieu d’invention et de représentation, inséparables, de la vie: le poème. Dans Alphabet, sa vision du monde et du langage prend corps dans le vortex qui entraîne irrésistiblement la formation des poèmes. L’existence de toute chose est une apparition à chaque fois qu’un dire singulier en saisit l’universalité.

 

Autres informations sur un site danois

The almost magically singing poem about fear and love, power and powerlessness had been in preparation since Lys (1962, Light) and Græs (1963, Grass) and was continued in prose novels (including Det malede værelse - 1976, The Painted Room - with a subject from Renaissance Mantua), essay writing and particularly the series of poems Alfabet (1981, Alphabet), which in accordance with the title combines the letter system with a mathematical sequence of numbers to form a development idea, likewise unfolded in a rich range of subjects.

In Sommerfugledalen (1991, The Butterfly Valley) she explored the sonnet cycle and created glowingly beautiful poems about death and hope under the title symbol of the book, which suggests a transformation idea.

With her prominent position, Inger Christensen has managed the traditions of modernism in moving poetry which has been translated into the principal languages. | © Cliquer ICI

 

 

 

 

SITE À CONSULTER

 

INGER CHRISTENSEN

Sur le site : POETRY FOUNDATION

| ©Cliquer ICI

 

 

 

 

 

 

 

04/10/2014

Helga M. Novak - Chaque pierre orpheline (Ed. Hochroth, Paris)

 

 

Du côté de chez…

 

HELGA M. NOVAK

 

 

 

 Chaque pierre orpheline

 

Hochroth, Paris

 

 

 

anthologie bilingue

Traduction de l’allemand par Élisabeth Willenz
avec une illustration par Ladislaja de Layre

 

 

 

HOCHROTH | © http://www.paris.hochroth.eu/fr/3154/chaque-pierre-orpheline/

 

 

 

 

 

               me dérober voilà tout ce que je veux

 

me dérober voilà tout ce que je veux

loin de l’armoise et de l’élyme

loin des pierres que jamais

personne ne changera en pain

loin des algues qui ne seront

plus mêlées à la farine du pain

loin des noeuds de marin des filets

me dérober aux mouettes

et à leurs yeux injectés de sang

crier je peux le faire toute seule

et hurler contre l’océan

le miroir de la mer je le recouvrirai

et les miroirs de la maison

ici des frégates tombent du mur

le souffle se glace par 30 degrés

ici les voiles se flétrissent dans les lits

et les coquillages pâlissent dans les chevelures

ici les pendules sonnent mais aucune ne marche

personne n’arrache plus de feuille au calendrier

me dérober voilà ce que je veux

telle une reine incendiaire

loin de son trône enflammé

 

...............................

 

 

               tout s’est envolé

 

espérant te faire plaisir

je t’ai cueilli au bord de la Méditerranée

une fleur de pissenlit

grande comme une méduse

espérant te faire plaisir

je t’ai coupé en Asie

une églantine

rouge comme une langue de dragon

espérant te faire plaisir

je t’ai acheté en Amérique

un cœur-saignant de nylon

plus gracieux qu’un cœur tendre

ah tableaux décrochés métaphores

ce que j’ai à t’offrir

est un fagot de phrases de mots

de terminaisons fléchies et de syllabes

sur d’informes racines sans âge

l’as-tu compris est-ce pour cela

que tu as décampé déguerpi

fleur de pissenlit Méditerranée

Asie églantine mais rouge

le cœur tendre Amérique point là de quoi

rester à m’attendre

je fus par un bouquet de séneçon accueillie

 

...............................

 

 

 

 

Note de l’éditeur

Helga M. Novak, poétesse islandaise d’expression allemande, est née en 1935 à Berlin. Enfant abandonnée, adoptée et élevée en R.D.A., elle connaît une vie de ruptures et d’exils (en Islande, en R.F.A.), avant l’isolement dans la forêt de Legbąd, en Pologne, où elle vivait depuis 1987. La dimension politique de ses premiers recueils lui vaut d’être déchue de sa nationalité est-allemande en 1966. Marquée par de multiples traumatismes, sa poésie puise aussi dans le spectacle d’une nature désolée, sombre scène d’une indomptable amertume.

Helga M. Novak nous a quittés le 24 décembre 2013.

 

 

 

SITES À CONSULTER

 

HELGA M. NOVAK

Sur le site : HOCHROTH (Paris)

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01/10/2014

Christophe Grossi - Ricordi - L'Atelier Contemporain, 2014

 

 

Christophe Grossi

Ricordi

Dessins de Daniel Schlier

Prière dinsérer dArno Bertina

 (L’ATELIER CONTEMPORAIN,2014)

 

 

L’ATELIER CONTEMPORAIN

François-Marie Deyrolle

SITE - http://www.r-diffusion.org/index.php?ouvrage=LAC-14

 

 

 

Auteur

 

© Christophe Grossi

 

 

Une note  de Nathalie Riera

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 Recueil de 480 « Mi ricordo », et cette question qui traverse ou sous-tend tout le livre : à qui appartient la mémoire ? Il n'est alors pas plus belle tentative que cette réponse sans prétention aucune : « je me demande si l’essentiel ne se passe pas plutôt dans notre corderie, là où nous tirons, tendons, nouons, relions fils et ficelles, où l’intime embrasse l’espace et le temps, où se mélangent héritage, filiation et transmission ; dans ce lieu du vertige qui a sa langue, son tracé et sa construction propres, où nous luttons contre la fascination et la peur du vide et où nous laissons derrière nous des pointillés de vie. » Il n’y a pas que ce que nous avons vécu qui peut faire œuvre de souvenir, ce qui peut devenir notre souvenir est aussi ce qui appartient à quelqu’un d’autre que soi, sans appartenance à notre part biographique ou à notre part d’expérience. Se souvenir, c’est-à-dire « Je se souvient », implique que nous devons toujours nous méfier des témoignages : « Nous nous souvenons, nous croyons nous souvenir, nous embellissons ou grisons la réalité, nous l’arrangeons sciemment ou non, en fonction de l’interlocuteur. » Ainsi que des jaillissements, il convient d’entendre « Mi ricordi » comme « Je se souvient d’autres histoires que la nôtre et de vies arrachées au vide. » Dans la genèse de ces « Ricordi » l’auteur raconte : « N’ayant pas vécu les années quarante, cinquante et soixante en Italie, n’ayant pas fait le chemin de mes aïeux, je ne me souviens pas de cette époque et ne peux prétendre me souvenir de ce que je n’ai pas vécu bien que je me souvienne de ce que j’ai lu, entendu, vu, écrit, retenu, de toutes ces années ».

 

Nathalie Riera, octobre 2014

© Les Carnets d’Eucharis

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215. Mi ricordo

 

              qu’aujourd’hui, parce que j’étais absent, il ne me reste plus que cette pratique de faussaire : l’écriture.

 

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322. Mi ricordo

 

              que le narrateur de sa propre histoire est souvent un faussaire qui s’ignore.

 

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375. Mi ricordo

 

              ne veut pas dire « Je me souviens » mais « je suis un corps projeté dans une histoire de langue perdue » ou « éteins la lumière et raconte ».

 

:- :- :- :- :

 

469. Mi ricordo

 

              que j’ai commencé à écrire « Mi ricordo » non pas pour me souvenir mais parce que j’ai déjà tout oublié.

 

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480. Mi ricordo

 

              que ces « ricordi » étaient dispersés, flous, retenus, perdus, avant de s’imposer en héritage.

 

 

 

 

SITES À CONSULTER

 

PUBLIE NET

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cHRISTOPHE GROSSI

Sur le site : DÉBOÎTEMENTS

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21/09/2014

Nathalie Riera et Les Carnets d'Eucharis au Chant de la Terre

 

  

Rencontre-Lectures

Autour de la poésie et de la revue LES CARNETS D’EUCHARIS

 

Nathalie Riera est invitée par André Zaradzki & l’Association Les Amis du Chant de la Terre

 

***

 

 

Le Chant de la Terre
avec Nathalie Riera

 

19 septembre 2014

 

Librairie Le Chant de la Terre

Pont Saint-esprit (LE GARD)


 

André Zaradzki (de dos, à gauche) Nathalie Riera (de dos, à droite)

Photographie © Claude Brunet

 

 

Photographie © Claude Brunet

 

 

Lecture de textes inédits, du recueil « Sol              aria & Sealandsky » (à paraître aux éditions du Petit Pois)

 

 

PHOTOGRAPHIES NUMERIQUES | © Claude Brunet

 

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Présentation du projet des Carnets d’Eucharis, 2015

(Paul Auster et la poésie)

 

 

 

 

 

Les Carnets d’Eucharis (dans leur version numérique)

 

 

 

CLIQUER ICI

Nathalie Riera | © Les Carnets d’Eucharis

 

 

 

 

 

15/09/2014

RENCONTRE-LECTURE avec Nathalie Riera (vendredi 19 septembre 2014)

 

 

Rencontre-Lecture

La Librairie Le Chant de la Terre

Avec Nathalie Riera

 

VENDREDI 19 SEPTEMBRE 2014 à 20h30

 

 

 

La Librairie Le Chant de la terre

André Zaradzki
16 rue Joliot Curie
30130 Pont-Saint-Esprit
tél. 04 66 50 27 44

Association les amis du Chant de la terre
Centre Pépin
70 avenue Gaston Doumergue
30130 Pont-Saint-Esprit
courriel :
amisduchantdelaterre@free.fr

 

 


Nathalie Riera nous proposera quelques lectures de "Paysages d'été" (paru en 2013 chez Lanskine) ainsi que des textes inédits du prochain recueil prévu pour cet automne, aux éditions du Petit Pois : "SOLARIA & SEALANDSKY". Elle présentera également la très belle revue Les Carnets d'Eucharis qu'elle dirige, au cours d'un échange avec le public.

C'est un deuxième passage à la librairie puisqu'elle avait accompagné les éditions du Petit Pois qui étaient nos invités au dernier Printemps des Poètes.

Nous démarrons avec Nathalie Riera une nouvelle saison au Chant de la terre par un beau rendez-vous à ne pas manquer !

Libre participation au chapeau.

 

    eucharis2013_couv.jpg 

 

Nathalie Riera et Les Carnets d’Eucharis

 

 

Sur le site : Librairie Le Chant de la Terre

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Sur le site : Les Amis du Chant de la Terre

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Page Facebook : facebook.com/lesamisduchantdelaterre

 

 


 │© Les Carnets d’Eucharis

 

 

04/09/2014

Vivian Maier