01.10.2009
Olivier Bernex par Claude Darras
L’Exécution magistrale d’Olivier Bernex
Ce qui nous est donné à lire et à voir simultanément dans cet essai, « L’Exécution de la peinture », c’est la vraie vie d'Olivier Bernex, dans son déroulement et dans l’intimité de deux expressions, littéraire et picturale. Né à Colombes (Hauts-de-Seine), en 1946, le peintre a rejoint le pays de ses ascendants au cours de la décennie 1960 (Théodore Bernex, son arrière-grand-oncle, fut maire de Marseille sous Napoléon III). Cinquante ans plus tard, il troque sa palette pour le cahier du diariste. Il y a dans ces quelque deux cents pages autant de révolte que de compassion, une tendresse inquiète, une générosité débordante aussi, et une sorte d’instabilité rendue par l’urgence de tout dire, de clamer son aversion des dérives du marché de l’art et de léguer un testament esthétique : « J’ai entrepris ces "écrits sur l’art", avoue-t-il, à un moment où une forme de dépression résignée combat le sentiment de l’œuvre à accomplir : et si tout s’arrêtait aujourd’hui ? ».
Nul doute qu’il ait été confronté, face à la feuille blanche, au silence des commencements, tant les idées et les mots s’entrechoquent dans le récit comme les fûts de madère dans la coque d’une caravelle déboussolée. Pourtant, la traversée des cercles de l’enfer quotidien de l’artiste - un enfer commun à bien d’autres peintres - et l’explicitation de ses orientations esthétiques et techniques sont restituées avec une justesse de ton et une lucidité d’analyse qui passionnent le lecteur. Qui l’émeuvent aussi, tout autant que le compagnonnage des peintres Pierre Alechinsky et Édouard Pignon et du musicologue René Bresson, la découverte des peintures et gravures paléolithiques de la grotte Cosquer, la musique et l’art orientaux ou Les Fleurs du mal de Baudelaire chantées par Georges Chelon (un autre marseillais) l’ont touché à cœur, lui, le gavroche libertaire resté fidèle à ses premiers engagements, dans l’ombre portée fraternelle de Léo Ferré (dont il croqua les paroles et musiques dès 1978) et celle, souffrante, de son frère Philippe, trop tôt ravi au cénacle des poètes. Une « Exécution » magistrale.
© Claude Darras
L’Exécution de la peinture, par Olivier Bernex, le Temps de la pensée, Autres Temps éditions, 2009 (224 pages, 20 €).

Photo France Bernex
14:45 Publié dans Claude Darras | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.05.2009
Claude Darras

Critique d’art et de littérature, Claude Darras, né en 1948, a été Maître de Conférences à l’Université de la Méditerranée (Aix-Marseille II) où il a dirigé l’enseignement de la presse écrite à l’Ecole de Journalisme et de Communication de Marseille. Formateur au sein d’un programme Med-Media de la Commission Européenne, il a enseigné en Europe, dans les pays du Maghreb et au Proche-Orient. Il poursuit aujourd’hui une activité éditoriale tournée vers les arts et la littérature dans des revues d’art, de lettres et de sciences humaines liées notamment au monde universitaire et à l’école des hautes études en sciences sociales.
Ateliers du Sud - L'Esprit des lieux
Photographies de Maurice Rovellotti
Edisud, 2004
Les vingt-quatre artistes de l’ouvrage " Ateliers du Sud – L’esprit des lieux ", issus d’écoles, de courants et de styles très différents, participent d’une semblable annexion d’espaces que l’écrivain Claude Darras et le photographe Maurice Rovellotti ont cherché à mieux connaître. Maurice Rovellotti n’illustre pas Claude Darras, pas davantage que Claude Darras ne glose sur les portraits de Maurice Rovellotti. Entre la plume et l’objectif, il n’y a pas d’équivalence et de traduction. Il y a deux langues qui modulent les accents d’une émotion jumelle face aux univers singuliers d’artistes français et étrangers que relie parfois l’unique particularité d’être conçus plus ou moins complètement dans le Sud de la France. Sans prétendre résoudre les interrogations existentielles des vingt-quatre peintres et sculpteurs, le présent ouvrage a permis aux auteurs d’entrer avec eux dans un heureux commerce d’esprit et de sensibilité dont la critique et l’histoire négligent trop souvent d’admettre la fécondité. En sorte que ces belles histoires de vie et de passions se doublent de véritables monographies. Le caractère de ces " Carnets d’artistes ", qui ont nécessité vingt mois de patients travaux, est surtout universel : il délaisse la " ligne droite " de la pensée critique dans ses curiosités, campant résolument au centre d’une rose des vents qui s’ouvre sur des cultures et des modes d’expression multiples. Source
Au fil du temps, j’ai acquis la conviction que le langage esthétique impose à l’écrivant de se situer au croisement d’un réseau multidisciplinaire où dialoguent sciences humaines et philosophie de l’art. La condition de « passeur d’artistes » requiert, en effet, une palette de connaissances insoupçonnées. D’une certaine façon, elle procède d’une action militante et complexe. Car elle est à la fois attention, regard, écoute, dialectique, travail des sens et de l’intelligence ; elle voue à l’admiration éclairée et au discernement pertinent une fonction pédagogique qu’il est vital de favoriser pour rapprocher l’art contemporain de tous les publics. (Claude Darras, Avant-Propos, « Passeur d’artistes »).
Ateliers du Sud - L'aventure intérieure
Photographies de Maurice Rovellotti
Editions Gaussen, 2008
Les éditions Gaussen ont publié leur premier ouvrage en avril 2008. Le premier titre, Ateliers du Sud, L'Aventure intérieure, est un recueil de monographies d'artistes (24 artistes du Midi) réunies par Claude Darras.
Pendant deux ans, Claude Darras s'est entretenu avec vingt-quatre artistes ayant établi leur atelier dans le Sud méditerranéen pour en connaître l'individualité et son double, l'oeuvre.
Porté par un puissant désir de découverte, il a recherché les traces de l'aventure intérieure de ses interlocuteurs, créateurs français et étrangers issus d'écoles, de courants et de styles différents.
Maurice Rovellotti signe ici le second volet du portrait sensible de la création contemporaine dans le Sud de la France.
Prochainement
Joseph Alessandri ou la face cachée de l’ombre, monographie du peintre Joseph Alessandri, avec le photographe Jean-Éric Ely, éditions Autres Temps, 2009
Les Trois Fous de Saint-Rémy, avec le photographe M. Rovellotti, monographies croisées des artistes Jan van Naeltwijck, Pierre Pinoncelli et Jean Verame, 2009
22:27 Publié dans Claude Darras | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note























































































