15/04/2012
Action Poétique n°206 - avant dernier
Revue Action Poétique n°206
Décembre 2011
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Vélimir Khlebnikov
Poète russe
(1885-1922)
TOI ET MOI
[…]
L’air est fendu en tiges noires
comme une vieille vitre
Priez la Madone de l’automne !
Les fenêtres de la chapelle de l’automne
brisées par la course d’une balle font la grimace
L’arbre brûlait comme un lumignon dans l’air d’or
Il ploie s’incline
Le briquet de l’automne furieusement
a fait jaillir les jours d’or
Te Deum de la forêt D’un coup tous
les parfums d’or sont tombés
Les arbres sont tendus comme des rateaux
pour ramasser des brassées de foin solaire
L’arbre de l’automne ressemble sonorement
au tracé des voies des chemins de fer de Russie
Le vent de l’automne d’or
m’a dispersé à tout vent
7 novembre 1921
------------------------- (p.36)
Traduit du russe par Yvan Mignot

■ http://www.mplf.be/article.php?id=656
Hans Thill
Poète & traducteur
(né en 1954 à Baden-Baden)
LA CHAIR CHAUDE DES MOTS
[…]
La chair chaude des bords et des lichens qui coulent
devant tes yeux. Arrache les ailes de l’écriture.
Pose ton oreille de chien contre son air contre
le mal qui est dans l’air. Aide les poissons
dans le fleuve de l’écriture. Chante le pont au dessus de leur dos.
Saisis les gambettes du pont au dessus des dents
de l’écriture. Essuie les amibes de l’écriture
sur la surface blanche etc.
[…]
------------------------- (p.42)
Traduit de l’allemand par Michèle Métail

La vie de cette revue est comme celle de la poésie qui en est la matière : « A l’usage stéréotypé de la langue, à la répétition du sens préétabli, le poème propose un excédent, une multiplicité de sens et de sensations. C’est aussi le mouvement du désir, celui de la mort ou du deuil impossible à surmonter qui se reproduit dans le poème ». Ce mouvement qui anime Action poétique est ce bégaiement de la forme et du sens qui permet au symbolique d’échapper à son recouvrement par le spectaculaire du langage marchandise. LIRE LA SUITE
MICHEL ROTFUS/MEDIAPART
■ http://blogs.mediapart.fr/blog/michel-rotfus/210610/les-60-ans-de-la-revue-action-poetique
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Viviane Ciampi
VIVIANE CIAMPI
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© Les Carnets d’eucharis

EXTRAITS
Inciampi
…
CHOIX DE POEMES
Traduits de l’italien par Raymond Farina
Editions Fonopoli, 2008
(p.19,22,24,25,27,60)
6 POEMES
*
Les prés. La surprise de les voir fleuris
et l’herbe si belle
et si astucieux le désir.
Dans une rapide séquence
passe le monde entre nos doigts.
-------------------------
I prati. La sorpresa di vederli fioriti
e l’erba così bella
e così astuto il desiderio.
In rapida sequenza
Passa il mondo tra le dita.
*
Nous portons en nous l’éphémère
Le trait imprécis
les humeurs
l’amour
le choix lexical
l’implication cérébrale.
La question serait
où allons-nous maintenant, où
avec nos yeux privés des couleurs ?
Mais nous voici déjà pensant au lendemain
d’un temps post-humain
à la formule secrète
pour y entrer.
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Portiamo in noi l’effimero
il tratto impreciso
gli umori
l’amore
la scelta lessicale
l’implicazione cerebrale.
la domanda sarebbe
dove andiamo ora, dove
tolti gli occhi dal colore ?
Ma ecco che già pensiamo al domani
del tempo post-umano
alla formula segreta
per entrarvi.
*
Dans la musique des répétitions
chaque action nourrit
l’action qui la suit.
Le monde paraît bon.
Le monde paraît chargé de sens.
On met la main sur le feu
pour éteindre la violence.
L’espérance s’allume
prend racine comme une plante
peu importe si c’est maintenant
demain ou dans une autre ère.
-------------------------
Nella musica delle repetizioni
Ogni azione nutre
l’azione seguente.
Il mondo appare buonpo.
Il mondo appare carico di senso.
Si mette la mano sul fuoco
per spegnere la prepotenza.
La speranza s’accende
mette radici come una pianta
non importa se ora
domani o in altra era.
*
Dans le silence
une main se pose sur notre épaule
à moins qu’il ne s’agisse
d’une erreur de perception.
Inutile de se tourner pour voir
le soleil nous aveugle.
La blancheur des marbres nous étourdit.
-------------------------
Nel silenzio
Una mano si posa sulla spalla
o forse trattasi
d’un errore di percezione.
Inutile voltarsi a guardare
Il sole acceca.
Il biancore dei marmi stordisce.
*
Comment se soustraire aux évènements
au gris qui transparaît
dans le temps de l’histoire ?
Lui ne craint rien
il sait bien
que nous arrivons.
Un pas. Un autre.
S’inclinent les peupliers
dans le jeu de les compter.
L’ongle
des jours
se décompose
à une telle vitesse.
-------------------------
Come sottrarsi agli eventi
al grigio che traspare
nei tempi della storia ?
Lui non teme niente
lo sa
che arriviamo.
Un passo. Un altro.
Si flettono i pioppi
nel giocco di contarli.
L’unghia
dei giorni
si decompone
a una tale velocità.
*
Dans les pensées abyssales
dans le ciel intérieur
on joue aux dés
avec l’ange de l’ironie
puisque la grâce
se met à vivre chaque jour
au-dedans au dehors du murmure.
La grâce chaque jour
par principe
d’une montagne tombe
et puis renaît.
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Nei pensieri abissali
nel cielo interno
si gioca a dadi
con l’angelo dell’ironia
poiché la grazia ogni giorno
si fa viva
dentro fuori il mormorio.
La grazia ogni giorno
per principio
da una montagna cade
e poi rinasce.
■ ■ ■ Née à Lyon, en 1946, Viviane Ciampi vit et travaille à Gênes. Auteur de plusieurs recueils :
Domande Minime Riposte (Ed. Le Mani-Microart’s, 2001), La Quercia e la Memoria (Ed. Il Ponte vecchio- Faenza, 2004), Pareti e famiglie (Ed. liberodiscrivere, 2006), Inciampi (Ed.Fonopoli, 2008), Le ombre di Manosque (Ed. Internos, 2011)
Elle a également traduit des essais de Bernard Noël et prochainement un article critique sur l'œuvre de la grande poète ligurienne Elena Bono dans Poesia e Spritualità, la revue internationale de Donatella Bisutti ; une anthologie des poèmes d’Alda Merini dans la revue annuelle Inuits dans la Jungle (Ed. Le Castor Astral) ; et, plus récemment, l’anthologie Poeti del Québec (Edizioni Fili d’aquilone, 2011).
Anterem, Vernice, Poesia e natura, Marea, Issimo, Nuovo Contrappunto, L’Agave, Il Grande Vetro, Aprile, Corrente Alternata, Almanacco del ramo d’oro, Poeti e Poesia -, ils ont été traduits en français et accueillis dans des revues françaises et canadiennes telles que Poésie première, Rehauts, Recueils, Aujourd’hui Poème, Autre Sud, Estuaire, Arcade.
Rédactrice des revues Icare et Fili d’aquilone et co-fondatrice de la revue d’art et de culture en ligne Progetto Geum, elle collabore depuis 1998, comme traductrice, interprète et lectrice au Festival International de Poésie de Gênes.
■ Sites
■
■ AUTRES SITES A CONSULTER
MOUVANCES (Revue Art&Littérature de Claudine Bertand)
Extraits de :
&
VDBD – Viadellebelledonne
http://viadellebelledonne.wordpress.com
17:16 Publié dans Raymond Farina, Viviane Ciampi | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Jean-Marc Planchon - Exposition
17:13 Publié dans CLINS D'OEILS (arts plastiques) | Lien permanent | Commentaires (0) |
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13/04/2012
Revue Place de la Sorbonne, par Tristan Hordé
REVUE PLACE DE LA SORBONNE
revue annuelle, éditions du Relief, 15 €
Annuel n°2 – Mars 2012
On ne dit rien de remarquable quand on insiste sur le rôle essentiel des revues, quel que soit leur tirage (souvent modeste) et leur fréquence, pour la diffusion de la poésie : à côté d'auteurs bien connus, qui attirent l'acheteur, bien des auteurs nouveaux trouvent là un support indispensable. Leur diversité reflète la variété du paysage poétique en France, qu'elles soient pour l'essentiel consacrées à la poésie — Action poétique, Dans la lune, N4728, Nu(e), Rehauts, Triages, etc. — ou accordent une part plus ou moins importantes à d'autres formes de littérature, aux arts et à la lecture des œuvres — Conférence, L'Étrangère, Europe, Friches, Fusées, Il Particolare, Thauma, etc.1 Il faudrait ajouter la riche floraison de sites et blogs qui, sans les remplacer, complètent le rôle des revues papier.
En tout cas, l'arrivée d'une nouvelle revue ne peut que réjouir. Le second numéro de Place de la Sorbone, qui a pour sous-titre "Revue internationale de poésie de Paris Sorbonne", a vu le jour en mars. Son rédacteur en chef, Laurent Fourcaut, poète, est aussi un universitaire fin connaisseur de la poésie contemporaine, à laquelle une large pace est donnée (le 1/3 de la livraison), avec des poètes reconnus — de Marie-Claire Bancquart, Charles Dobzynsky à Jean-Pierre Verheggen —, d'autres beaucoup moins. Une large place est réservée à la poésie d'autres langues : Erich Fried pour l'allemand, Diane Glacy pour l'anglais des États-Unis, Rachel pour l'hébreu, David Rosenman-Taub pour l'espagnol du Chili ; les traductions, de qualité, sont toujours précédées du texte original, ce que ne font guère la plupart des revues.
Plusieurs rubriques prolongent ces deux ensembles. Dans cette livraison, Michel Collot, dont on connaît les travaux sur la poésie, donne des pistes pour s'y retrouver dans "le paysage brouillé de la poésie française contemporaine" ; d'une manière fort différente, Lionel Ray éclaire lui aussi dans un entretien la situation de la poésie vivante, tout comme le font les réflexions sur la question du sens de Jean-Claude Pinson.
Il faut ajouter "Contrepoins" avec les picto-clichés de Roxane Maurer et leur lecture, "Vis-à-vis" où un poème (de Claude Ber) est commenté, et des notes de lecture qui ne privilégient pas des ouvrages récents mais s'apparentent, un peu trop, plus à de mini monographies qu'à des notes. La revue (372 pages) est éditée sur un beau papier, avec une mise en pages aérée, une typographie bien lisible, et son prix (15 €) est modique. Longue vie à cette Place de la Sorbonne !
© Tristan Hordé
© Nathalie Riera, avril 2012
21:48 Publié dans Tristan Hordé | Lien permanent | Commentaires (0) |
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10/04/2012
Danièle Robert/Guido Cavalcanti (une lecture de Claude Minière)
Une lecture de
Claude Minière
Guido Cavalcanti / Danièle Robert

Rime
Editions vagabonde, 2012
Que se passe-t-il à Florence dans la fin du 13ème siècle ? « A temps nouveau, nouveau chant » avait déclaré le troubadour Guillaume IX d’Aquitaine. Mais il y a aussi, dans la profusion des langues, un immense héritage ; dans la philosophie, un retour et une inquiétude. Guido Cavalcanti (1250-1300), avec d’autres poètes au premier rang desquels Dante (1265-1321), participe à une refondation. Leur « volonté commune est de donner un sens nouveau à la poésie amoureuse traditionnelle » (D. Robert, préface). Guido a son chemin personnel, une pratique complexe de l’expérience lyrique : « Ce que Cavalcanti met surtout en lumière avec une exceptionnelle acuité…c’est le drame de la connaissance » (idem).
Les saisons consécutives à ce printemps florentin seront étendues. William Shakespeare dans ses Sonnets posera « Will I am » (« Virilité je suis »), ce qui est, il faut en convenir, d’une autre impétuosité que « Je pense donc je suis » mais n’en manifeste pas moins une volonté de fondement et une décision en raison. Plus tard, dans le péril, Hölderlin en quelque sorte « ramassera » les options diffuses et tranchera : « Ce qui demeure, ce sont les poètes qui le fondent ». Ezra Pound, au début du 20ème siècle, traduira Cavalcanti et souvent se remémorera, comme en jouant, « Donna me prega ».
Donna me prega (« Dame me prie… ») est l’incipit de la canzone XXVII de Guido Cavalcanti. C’est dans cette « pièce » que l’on peut relever ces notes aiguës et graves :
vers 5 : « Or à présent je recherche un savant »
vers 53 : « (ne peut l’imaginer qui ne l’éprouve) »
et enfin cet envoi :
« Tu peux partir, chanson, tout à fait sûre,
là où tu veux : car je t’ai si ornée
que ta raison va être fort louée
par toutes gens qui ont l’entendement ;
et quant aux autres tu n’en as vraiment cure »
Danièle Robert a fait le choix d’entrer dans un système métrique et elle s’en explique dans sa préface (pp. 9-35) du volume. Elle a également fait le choix de conserver ou « retrouver » une certaine tonalité de vocabulaire. Alors attardons-nous un instant sur ta raison (« tua ragione »). Quelle raison ? Une raison ornée. Cavalcanti est virtuose dans la tournure d’une « canzone », dans l’usage et la subversion des codes poétiques--- mais pas seulement. Il avance une raison qui sera fort louée, mais de ceux, seuls, qui ont « l’entendement ». Dans une note au premier poème des Rime, une « ballata », Danièle Robert explique que « le caractère ineffable de la beauté de l’aimée » porte l’interrogation sur « sa véritable nature : humaine ou divine ? »
On pourrait renverser les termes : ne serait-ce pas l’interrogation (humaine ou divine ?) qui installerait le thème de la beauté de l’aimée, beauté dès lors logiquement « ineffable » --- ou inépuisable ? Danièle Robert parle bien de « l’expression lyrique d’un drame » (je souligne). Dans le drame, Cavalcanti et Dante prendront des chemins différents, l’un et l’autre répondront différemment à la question de savoir jusqu’où peut-on aller, jusqu’où peut on aller avant de buter sur l’indicible. Dante repense la doctrine de la fin’amor en fonction de la théologie et de la Grâce ; Cavalcanti vivra l’expérience « comme ne permettant d’atteindre ni vertu ni rédemption ».
Comme toujours (elle a pour Actes Sud traduit Ovide et Catulle, pour vagabonde Michele Tortorici) Danièle Robert écrit ici de manière sensible et documentée. Sa lecture des Rime nous engage à voir comment se renouvelle la figure de la « Donna », et ce qu’elle demande.
…Pensée de l’Amour, amour de la pensée.
© Claude Minière
Les Carnets d’Eucharis N°33 (printemps 2012)
13:44 Publié dans Claude Minière, NOTES DE LECTURES/RECENSIONS | Lien permanent | Commentaires (0) |
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09/04/2012
Les carnets d'eucharis n°33 - Printemps 2012
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Les carnets d’eucharis n°33
PRINTEMPS 2012

2012 © Photo : Nathalie Riera - Série « Photobiographique/Autoportrait en herbe »
Photobiographique
NATHALIE RIERA
Gertrude Käsebier
PHOTOGRAPHE
■■■Thomas Brummett
DU CÔTÉ DE…
Jos Roy (choix de poèmes)
Roberto BolañoTrois/Les chiens romantiques
Cathy Garcia (Délit de photos)
CHRISTIAN BOURGOIS EDITIONS ADOLFO BIOY CASARES quelques jours au Brésil
EDITIONS ISOLATO CLAUDE DOURGUIN La peinture et le lieu
EDITIONS NOUS JEAN DAIVE L’énonciateur des extrêmes
CARDERE EDITIONS CATHY GARCIA Les mots allumettes
AUPASDULAVOIR
PIERRE AGNELGustave Roud, Le temps de l’Adieu n’est plus. Le temps de la Salutation commence
NATHALIE RIERAGustave Roud, attaché à la même seule échappée …
■■■ AMELIA ROSSELLI[Hommage]
Patti Smith … Walter Benjamin
DES LECTURES/DES PORTRAITS
Susan Sontag Le prurit de l’interprétationpar Nathalie Riera
Roberto Bolaño lâche ses chiens romantiques par Patrice Beray
Guido Cavalcanti / Danièle Robert Rimes & raison par Claude Minière
Paul Louis Rossi La porteuse d’eau de Laguna & Les Chemins de Radegonde par Tristan Hordé
[Disparition]Antoni Tàpies, métaphysicien de la matière par Claude Darras
REVUE(S)
Diérèse – # 56 (Thierry Metz)
La Voix des Autres – # 5 (Cahier central Angye Gaona)
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Au format PDF

Les carnets d'eucharis n°33_PRINTEMPS 2012.pdf
&
Au format CALAMEO
http://www.calameo.com/read/0000370711dc220cf86b3

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Les carnets d’eucharis n°34
ÉTÉ 2012
(mise en ligne vers la mi-juillet 2012)
14:58 Publié dans LES CARNETS D'EUCHARIS (pdf & calaméo), Nathalie Riera | Lien permanent | Commentaires (2) |
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