15/04/2010
Yannis Ritsos
LE HEURTOIR
Au sein des feuillages profonds
des fruits encore des fruits
rouges jaunes des oiseaux
endormis. Et toi
lointain à jeun
derrière tant de couleurs
tu tentes de discerner
le blanc de l’eau secrète
de la statue
de la racine.
Athènes, 16.4.76
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La lumière le serre aux tempes
il a mal à la tête
il est beau
a pour amante une statue
observe dans le fleuve son image
à travers cette image il voit tout au fond
le spectre la lyre le clairon
la boucle de sa ceinture
celle qui fut perdue jadis
le laissant nu.
Athènes, 22.4.76
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Tu ne sais plus rien
tu as oublié
c’est peut-être pourquoi
tu montes plus profondément.
La poésie elle-même
te ferme à présent les yeux –
tu les tiens obligeamment fermés.
Sa main sur ton front
sur tes paupières
descend jusqu’à tes lèvres
tu embrasses la paume
« heurtoir » dis-tu
« chaise » dis-tu –
la poésie.
Athènes, 24.4.76
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Une goutte d’eau sur la feuille de papier
un peu de couleur jaune
la goutte s’étendit sécha
un soleil
à droite en haut de la feuille
c’est très réussi.
Je ne suis nullement fâché contre toi.
Athènes, 28.4.76
22:29 Publié dans Yannis Ritsos | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Patrick Kavanagh (1904 - 1967)
Dans notre région fleurissait jadis un riche peuple de mendiants, tous plus bigarrés les uns que les autres, d'une noblesse et d'une fierté pleines d'ironie. Quand je me rappelle leurs allures fabuleuses et leurs pittoresques sobriquets, je me rends compte que sous la marche du progrès tout un monde de poésie a rendu l'âme. Il ne s'agissait pas de gueux de caniveau, mais d'un vrai peuple des chemins, à la sensibilité hautement romantique. Biddy Dundee, Barney the Bottle, Paddy the Bread, Mary Ann Plaintain, autant de noms qui ne furent pas imaginés par des esprits vulgaires. Ces vieilles existences nomades témoignaient d'une vie profondément poétique. Ils passaient tous à la maison, non pas pour mendier, mais pour vendre les pommes de terre et la farine qu'ils venaient de se procurer auprès des fermiers.
L'idiot en herbe / Patrick Kavanagh ; trad. de l'anglais (Irlande) par John Moran. - Rennes : Terre de brume, 1998. - 308 p. ; 24 cm. - (Bibliothèque irlandaise).
Pour + d’infos : Les Editions Verdier
21:40 Publié dans GRANDE-BRETAGNE/IRLANDE, Patrick Kavanagh | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Israël Eliraz

dans La grande famine, Patrick Kavanagh¹
parle au cheval comme à un frère.
Laisse-moi, Juan, te parler comme
à un cheval.
Mets le nez dans l’herbe mouillée. Le vert
jauni déjà à l’est. Les fourmis rouges,
comme à Ulysse, t’apportent
une touffe d’herbe, avec la poussière de la terre,
c’est tout ce qui compte.
A aucun moment de ta vie tu ne fus
plus proche de tes éléments
qu’ici, aujourd’hui.
Pourquoi est-il si triste le voyage
qui cherche sa matière ?
Et ce très vieux geste, se dresser
et partir. Il y a un chemin
à faire
¹ The Great Hunger
Israël Eliraz, Laisse-moi te parler comme à un cheval, Librairie José Corti, 2005
21:11 Publié dans ISRAEL, Israël Eliraz | Lien permanent | Commentaires (0) |
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