Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/01/2014

Ella Maillart & Annemarie Schwarzenbach

 

 

 

Deux femmes, une Ford vers l’Afghanistan

 

 

 

ELLA MAILLART & Annemarie Schwarzenbach

Internet | © Cliquer ici

 

 

 

[Vous cherchez un nouveau monde. J’en connais un qui est toujours nouveau parce qu’il est éternel. Aventuriers, ô conquérants des Amériques, moi je tente une aventure plus difficile, plus héroïque que toutes les vôtres.  Au prix de mille souffrances pires que les vôtres, au prix d’une longue mort anticipée, je vais conquérir ce monde toujours jeune. Osez me suivre et vous verrez ! ]

 

SAINTE THERESE D’AVILA

(1515-1582)

 

 

 « (…) Ella Maillart aspire à retourner en Afghanistan comme vers un paradis perdu, un monde originel, simple et harmonieux où l’on fait place encore à ce « facteur inconnu appelé divin ». De là, peut-être, pourra-t-elle observer l’Europe sous un nouvel angle « afin de comprendre la cause profonde de notre instabilité ». Il y a chez elle une étonnante placidité. « Je suis spectatrice de moi-même », dit-elle. Et elle cite encore cette phrase d’Emerson : « Le héros est celui qui est immuablement centré. » Le voyage n’a d’autre fonction, à ses yeux, que la recherche de son moi profond, de sa paix intérieure, de son équilibre, de son centre. Elle aurait pu reprendre à son compte la belle phrase de Novalis : « Le chemin mystérieux va vers l’intérieur… »

A ses côtés, « Christina », de son vrai nom Annemarie Schwarzenbach (Ella Maillart, en écrivant son livre, avait utilisé ce pseudonyme par égard pour les proches de la jeune femme), frappe par son mystère, sa trouble fragilité. Qui est-elle ? Etonnante, fascinante, énigmatique, journaliste oubliée, romancière sans doute trop négligée, trait d’union entre les intellectuels, les cultures, les continents, silhouette au destin tragique, morphinomane, plus troublée par les femmes que par les hommes, morte en 1942, à l’âge de 34 ans, d’une hémorragie cérébrale consécutive à un accident de bicyclette, Annemarie Schwarzenbach rayonne comme une sorte de soleil noir, d’ange déchu, de tragique météore dans les Lettres suisses. On savait qu’elle avait inspiré un amour fou à Carson McCullers qui écrivit pour elle Reflets dans un œil d’or et était prête à tout pour suivre à ses côtés, qu’elle avait été aussi l’amie de Klaus et Erika Mann. Les recherches du journaliste suisse Roger Perret nous aident désormais à mieux cerner son portrait. » (Extrait de la préface – Frédéric Vitoux, 1988)

 

 

bild_lit_maillart_txt.jpg

[- Une Ford ! C’est la voiture qu’il faut pour suivre la nouvelle route de l’Hazarejat en Afghanistan. En Iran aussi il faut avoir une voiture à soi. Il y a deux ans, j’ai fait le voyage des Indes en Turquie à bord de camions et d’autobus : je n’oublierai pas de sitôt ce voyage riche en poussière et en pannes, cette ferveur des pèlerins, ces nuits sur le bord de la route ou dans des caravansérails surpeuplés, les contrôles de la police dans chaque village traversé et -ce qui n’est pas facile à prendre en plaisantant -la nécessité de rester à proximité du camion au lieu de vagabonder à sa guise !

Dans les nuages au-dessus de la Maloja, une clarté diffuse semblait indiquer la route ; après un plongeon de mille cinq cents mètres dans la chaude Lombardie, elle se faufilerait à travers les Balkans, nous menant jusqu’au Bosphore, porte ouvrant sur les immensités asiatiques. Ma pensée était déjà en Iran.

« A l’est de la Caspienne, nous visiterons l’inoubliable tour du Gumbad-i-Kabus et nous camperons parmi les Turkmènes d’Iran : peut-être vivent-ils encore selon des coutumes que je n’ai pu observer chez leurs cousins transformés par les Soviets. Nous verrons le dôme en or de la mosquée de l’imam Reza, précieuse bombe lisse et compacte pointant vers le ciel. Puis nous atteindrons les deux gigantesques bouddhas sculptés dans la pure vallée de Bamiyan et, dans la même région, les lacs incroyablement bleus du Band-i-Amir. Plus loin encore, au pied du versant nord de l’Hindou Kouch, remontant la vallée de l’Amou-Daria (anciennement appelée Oxus), nous disparaîtrons dans les montagnes avant qu’une interdiction venue de Kaboul puisse nous arrêter. C’est là que vivent les hommes que je compte étudier, dans une contrée où je me sens à l’aise. Ce sont des montagnards que l’esclavage des besoins artificiels n’a pas encore atteints, des hommes libres que nul ne force à « augmenter leur production journalière ». Si le Kafiristan nous est interdit, nous pourrons traverser les Indes, joindre la nouvelle route de Birmanie et vivre là-bas avec les Lolos du Tibet Oriental. Lorsque j’aurai collectionné des faits nouveaux concernant ces tribus, je serai enfin admise dans la confrérie des ethnographes. Alors tout sera parfait : j’appartiendrai à une organisation, ce sera mon métier de vagabonder, et je n’aurai plus la tentation d’écrire des livres pour vivre. » ]

……………………………………………………….. (p.22/23)

 

ELLA MAILLART

(1903-1997)

 

 

 

 

 

Petite Bibliothèque Payot/Voyageurs, 1989

Préface de Frédéric Vitoux

 

Petite Bibliothèque Payot/Voyageurs

| © Cliquer ICI

 

____________________________________________________________________________

 

AUTRE SITE À CONSULTER

 

Sur le site :Bibliothèque National Suisse

 [Annemarie Schwarzenbach:

Voyage en Afghanistan juillet 1939 - janvier 1940]

| © Cliquer ICI

The Silence - Mohsen Makhmalbaf (1998)

Gertrud Kolmar

 

 

À PARAÎTRE

Avril 2014

Editions Circé

 

Gertrud Kolmar

 

©INTERNET | Gertrud Kolmar

                                                                 

« Quand je l'aurai tout bu »

(poésie 1927-1932)

Edition bilingue
Préface d'Alain Lercher & Note sur Fernand Cambon

par Nathalie Georges Lambrichs
Traduction de l'allemand par Fernand Cambon
978-2-84242-356-5
360 pages

 

 

 

Gertrud (Chodziesner) Kolmar est née à Berlin le 10 décembre 1894. Sa vie, dans son éloignement des grands événements mondains et des cercles littéraires, est restée pratiquement inconnue jusqu'après sa mort. Elle a écrit la partie de son œuvre poétique la plus forte dans les années 1920-1930, une période malheureuse pour un poète allemand et désespérément tragique pour une juive allemande. Incapable d'échapper au Troisième Reich, elle a été d'abord condamnée au travail forcé dans les usines de munitions et déportée ensuite à Auschwitz en 1943 pour y être assassinée.

Gertrud Kolmar a cherché le refuge dans le monde physique, autour de quelques thèmes centraux : la nature de la femme et de ses passions, les miracles de la terre et de la mer et de leurs habitants, les créatures animales.

Ce volume comprend deux recueils : « Portraits de femmes » et  « Rêves de bêtes ». Nous publierons un second volume au printemps 2015. Seuls, comme œuvre poétique, « Mondes » a été traduit et publié par Seghers. Ses proses et sa correspondance ont été publiés par Christian Bourgois.

La présente traduction par Fernand Cambon, traducteur reconnu de Freud d’abord, puis de plusieurs poètes allemands du XXe siècle, des plus importants recueils de Gertrud Kolmar, vient combler ce manque magnifiquement. Il est malheureusement mort à la fin de ce travail et n’a pas pu en voir la réalisation finale.

 

 

CONTACT

contact@editions-circe.com

 

 

●●●.......................................

 

 

LES SITES A CONSULTER

LES OUVRAGES DE GERTRUD KOLMAR

 Site : CHRISTIAN BOURGOIS EDITEUR

| © CLIQUER ICI

 

LA TRAVERSÉE DU MAL

 Site : ESPRITS NOMADES (Gil Pressnitzer)

| ©CLIQUER ICI

 

 

24/01/2014

Arno Schmidt, Scènes de la vie d'un faune

 

 

[Ceux qui commandent c’est toujours les pires, c’est-à-dire : les supérieurs, les chefs, les directeurs, les présidents, les généraux, les ministres, les chanceliers. Un type bien aurait honte d’être un supérieur !]

 

●●●

 

 

et ligne après ligne/and line after line

 

Du côté de chez…

Arno Schmidt

 

 

 

Arno-Schmidt_1962_Von Rolf Becks.jpg

 

©INTERNET | Arno Schmidt, 1962 – Von Rolf Becks

                                                                 

 

« Scènes de la vie d’un faune »

Editions Tristram, 2011 – pour la traduction française

Traduction de l’allemand et notes par Nicole Taubes

Postface par Stéphane Zékian

 

  Extraits

 

 

 

 

 

Tout écrivain devrait saisir d’une main ferme l’ortie de la réalité ; et tout nous montrer : la racine noire et visqueuse ; la tige de serpent d’un vert vénéneux et la vaniteuse fleur (fendue). Et ces pompiers, ces inutiles mentaux, les critiques, seraient bien inspirés de cesser leurs incantations imprécatoires contre les poètes, et de nous produire un jour quelque chose de « profond » : alors là, le monde entier leur crierait bravo de grand cœur ! La poésie est pareille à toutes ces belles créatures qu’entoure un nombre d’eunuques proportionnel à leur beauté ; les vrais idiots sont ceux qui se réjouissent des taches noires du soleil ! (Critiques, à bon entendeur, salut.)

(p.36)

 

Des vautours de béton aux serres d’acier rougies au feu passaient avec  des cris malsonnants au-dessus de nous, par grandes bandes (jusqu’à ce qu’ayant trouvé leur proie en face, dans le lotissement, ils eussent fondu sur elle). Une cathédrale aux dentelures jaunes s’éleva poussant des hurlements dans la nuit aux franges violettes : c’est ainsi que l’énorme clocher sauta dans les airs ! Des gerbes de balles traçantes rouges comme l’amour se déployaient au-dessus de Bommelsen et nos visages étaient de deux couleurs : la moitié droite était verte, la gauche d’un brun ennuagé ; le sol, en dansant, se dérobait sous nous ; nous levions nos longues jambes en cadence ; un cordon lumineux traçait des loopings déments dans le ciel : à droite, bonbon vitreux, à gauche, le violet profond du vertige.

(p.148)

 

Les lambeaux noir soufré de la nuit volaient au vent ! (une arlequine passa vêtue seulement de cravates rouges !) : quatre hommes essayèrent de rattraper un serpent géant qui sauta sur le ballast de la voie ferrée en sifflant et écumant de l’avant ; ils se calèrent sur leurs talons et semblaient émettre des cris (les bouches seules juste distendues ; et les casques ridicules des courageux idiots). Des placards lumineux apparurent de toutes parts à grand bruit, passant si vite qu’on ne pouvait pas tous les lire (seul résultat, les couleurs vénéneuses nous collèrent les yeux qui n’arrivaient qu’à s’entrouvrir en fentes spasmodiques : « Viens donc ! Käthe ! » Des flammes putassières, lubriques, tout en rouge, visages pointus, maquillage de travers, s’aventuraient dangereusement jusqu’à nous, gonflaient vers nous leur ventre lisse, leur rire crépitait, elles se rapprochèrent encore dans une lumière scabreuse de bordel : « Viens donc ! Käthe ! »).

(p.152/153)

 

 

Les hêtres : nos porte-enseigne, les chênes : nos athlètes, les sapins : nos arbalétriers : telle est notre garde du corps, comme jadis dans la Sherwood Forest : « Such outlaws as he and his Kate » ; et de la sorte nous pénétrâmes plus avant dans la forêt : je connaissais l’habitus de chaque brin d’herbe ; tel bout d’écorce était-il toujours à la même place ? : ici un renard avait imprimé sa griffe dans le sol pour grimper, là-bas un être humain, à présent, deux êtres humains. Les genévriers agrippaient, la mousse sur la pointe des pieds et hachis de chapeaux de charnus champignons, la fourmi furieuse à l’attaque des talons Conti : sous la jambe du pantalon la piqûre des lancéoles d’éteules.

Légers, en maraude, on marchait en suivant ses membres, sur des petits disques de prairie sans un vent jusqu’au moment où je me retrouvai dans les bras souples et épineux d’un jeune pin aux larges hanches (les branches, jambes écartées, un bassin accueillant, ma main surprit des replis muqueux moussus ; et la poitrine cuirassées rebondie haletante : « Käthe – ? – » « Présente » (tout près, à ma manche).

(p.156)

 

Les cavatines du vent.

Je me trouvais partout dans la cage des ses grands doigts, sous le joug de ses longs bras, de la large écharpe de ses jambes. Lourd. (Elle pourrait dire quelque chose comme : je le portais comme une moitié d’armure ; son corps me cueillait partout du bec ; il trouvait partout des seins à picorer.)

(p.158)

 

 

Arno Schmidt  ..................................

 

●●●

 

Scènes de la vie d'un Faune--Arno Schmidt

 

Arno Schmidt

Né en 1914 à Hambourg, mort en 1979 à Bargfeld dans la lande de Lunebourg, Arno Schmidt est l’auteur d’une œuvre dont l’originalité transcende les catégories habituelles.

Homme aux passions multiples — de l’arpentage à l’astronomie en passant par la traduction d’Edgar Poe —, il puise aussi dans la culture la plus populaire et sa propre expérience pour construire des récits débordant d’humour burlesque et d’audaces techniques, dont Jean-Patrick Manchette louait « passées les quatre ou cinq premières minutes de surprise, la formidable limpidité ».

Par la précision de sa riposte à l’obscurantisme nazi, par l’impact poétique de la langue qu’il s’est forgée, par ses jeux de pensées incessants et inépuisables, Arno Schmidt a révolutionné la littérature allemande de la seconde moitié du XXe siècle. Il est aujourd’hui traduit dans une dizaine de pays. CLIQUER ICI

Mina Loy - Manifeste féministe & écrits modernistes" - Editions Nous, 2014

 

 

MinaLoy-Portrait.jpg

 

MINA LOY

:- :- :- :- :- :- :

 

 

●●●

 

 FEMMES si vous souhaitez vous accomplir — vous êtes à la veille d’un soulèvement psychologique dévastateur — toutes vos illusions domestiques doivent être démasquées — les mensonges des siècles sont à congédier — Êtes-vous préparées à cet ARRACHEMENT — ?

 

Cessez de placer votre confiance dans la législation économique, les croisades contre le vice & l’éducation égalitaire — vous glosez à côté de la REALITE. Des carrières libérales et commerciales s’ouvrent à vous — EST-CE LA TOUT CE QUE VOUS VOULEZ ?

 

Mina Loy  ...........................

 

(Manifeste féministe & écrits modernistes)

 

 

 

…

Manifeste féministe &

écrits modernistes
MINA LOY

 

Editions NOUS, 2014

hors collection

 

 

loy_manifestefeministe_b.jpg

 

 

 TRADUCTION DE L’ANGLAIS ET PRÉFACE  |Olivier APERT

Site officiel | © http://www.editions-nous.com/main.html

 

 

 

 

 

 

 

 

FOR EVER AND NEVER

MINA LOY (1882-1966)

 

       Le 17 février 1917, le New York Evening Sun mène l’enquête : « Qui est-elle — cette femme moderne dont tout le monde parle ? Une telle créature existe-t-elle ? Où la trouver ? » : la réponse suit : « mina loy, peintre,  poète,  auteur dramatique », accompagnée de ce commentaire sans appel : « Mina Loy, si elle n’est pas la Femme Moderne, qui le serait ? »

       Voilà pour la surface publicitaire des choses — à New York, en 1917, c’est-à-dire au cœur de l’avant-garde qu’elle fréquente et fascine, ironiquement déjà ; de même qu’à Florence, quelques années plus tôt, elle frayait avec les Futuristes (Marinetti et Papini) sur un mode similaire ; de même qu’elle connaîtra le Tout-Paris artistique de 1923 à 1936 tout en éprouvant un certain sentiment de solitude, voire d’érémitisme : certes Arthur Cravan — l’amour improbable, impossible et sublime de sa vie — a disparu aux larges des côtes du Mexique — amour qu’elle ne renoncera jamais à rechercher (au questionnaire de Little Review, en 1929, lui demandant : « Quel a été le moment le plus heureux de votre vie ? Le plus malheureux ? » Lapidaire, elle n’hésita pas : « Chaque instant passé avec Arthur Cravan. Le reste du temps »). Mais peut-être davantage encore, la qualité implexe de son intelligence, la complexité de sa sensibilité — écartelée entre compassion profonde et lucidité satirique — concourent-elles à créer cette imperceptible paroi de cristal qui, d’une certaine façon, la rendait inabordable à nombre de ses contemporains. Et l’œuvre par-dessus tout : cérébrale-sensitive : le pressentiment et la pensée ; l’émotion et l’analyse ; la communion et le retrait ; la douleur et le sarcasme coexistent simultanément dans la traversée des multiples strates nous composant et que Mina Loy met à jour, comme l’exécuterait une dissection impitoyable, laquelle, épinglant la peau de nos attitudes, observerait les flux sanguin et nerveux nous émouvant, sans oublier de circonscrire la capacité de sublime du cerveau et du cœur métaphoriques. Il demeure assez incompréhensible, voire inadmissible, que cette œuvre persiste à être tant méconnue aujourd’hui — elle qui pourtant s’empare des mouvements avant-gardistes pour mieux les survoler et nous restituer une expérience d’être-au monde parfaitement neuve et originale. Sans doute Mina Loy elle-même contribua à ce silence en s’effaçant peu à peu de la vie publique à partir de 1936 (à New York) puis en s’installant à Aspen, Colorado, en 1953 — doutant toujours de la portée supérieure de son œuvre.

(Extrait PRÉFACE)

 

 

 

■■■MINA LOY (1882-1966)

Poète, romancière, peintre, figure emblématique des avant-gardes littéraires et artistiques de son temps. Sa poésie, admirée par T.S. Eliot et Ezra Pound, a été traduite en français par Olivier Apert.

 

23/01/2014

Revue IntranQu’îllités, n° 2, mai 2013

 

intranquc3aellitc3a9s-2-brique.jpg

 

 

Revue IntranQu’îllités, n° 2, mai 2013

240 p. / 25 euros

 

La revue IntranQu’îllités vient d’une Haïti qui toutes voiles dehors s’échappe vers des rives inédites. Elle se veut d’abord une poétique et un art de vivre par temps de catastrophe. Ses initiateurs proposent régulièrement, là où le vent les amènent, des soirées intranQu’illes, où le slam, la musique, la poésie, la fiction affichent une union libre en toute décontraction. Découvrez ci-dessous les escales de la revue en 2013.
Peuplée de 150 contributions et répartie en 9 rubriques diversement synchronisées,  la revue IntranQu’îllités a placé la barre encore plus haut avec le 2ème numéro. “Nous avons pris”, écrit James Noël, “le contrôle de tous nos moulins à vent”. La figure de Borges et celle du Che hantent ce labyrinthe traversé par tous les vents du monde.  Les thèmes sont abordés prioritairement par le prisme d’une sensibilité frémissante, avec des créateurs d’horizons divers et d’expressions artistiques différentes. Cette union libre et multiple a accouché d’incroyables pépites. 


Ananda Devi, René Depestre, Adonis, Ramón Chao, Dany Laferrière, Mathieu Belezi, Ben Foutain, Vénus Khouri-Ghata, Gabriele Di Matteo, Hubert Haddad, Bernard Noël, Coskun, Fabian Charles, Souleymane Diamaka, Préfète Duffaut, Fanette Mellier, Rodney Saint-Eloi, Barbara Cardone, Pierre Soulages, Julien Delmaire, Mathieu Bourgois, Marvin Victor, Pascale Monnin, Michel Vezina, Arthur H, Thélyson Orélien et cent autres voleurs de feu, ont réussi le pari d’une grande fête des imaginaires.
 

 

 


Contact
passagersdesvents@gmail.com
Site
passagersdesvents.wordpress.com

20/01/2014

The Black Herald N°4

 

REVUE

 

 

 

 

 

 The Black Herald

Issue #4 - 2013

Literary magazine – Revue de littérature

Poetry, short fiction, prose, essays, translations.

Poésie, fiction courte, prose, essais, traductions.

 

 

The Black Herald

is edited by Paul Stubbs and Blandine Longre

Comité de rédaction : Paul Stubbs et Blandine Longre

 

 

■ Black Herald Press

http://blackheraldpress.wordpress.com/

Blog

http://blackheraldpress.tumblr.com

To follow us on Facebook / nous suivre sur Facebook

http://www.facebook.com/BlackHeraldPress

& Twitter

http://twitter.com/Blackheraldpres

 

 

 

 Anthony Seidman

■ Source photo : http://bagatelapress.com/anthony-seidman

 

 

Extrait

NOISE | BRUIT

 

                        C’est

 

le muezzine entonne, la trompette

commence sa fanfare, le West-End Blues d’Armstrong,

à présent la hanche de Coltrane vibre du lait de l’induction, les os font frémir

les particules isolées d’hélium et de poussière dans l’immensité des espaces interstellaires ;

jappement du coyote, buisson de sauge bruissant dans le vent, miaulements de chats en chaleur comme des belles dans d’étouffantes cabanes marinant dans l’urine et l’huile de moteur ; puis vient la liturgie de la brebis égorgée, le

frémissement du crotale enroulé, langue bifide humant la fournaise, les aboiements nocturnes du chien enchaîné tandis que le froid fait miroiter l’air, & les galaxies

explosent en lacis d’hydrogène                     -                      se répandent

            des nuages cosmiques qui ont la forme de crème versée dans l’eau

une météore tombe en pluie avec un            plic      plic      plic      plic

 

                                   dans l’atmosphère…

et un criquet se frotte les ailes,

            nimbé  de sa singulière musique

 

-------------------------    (p.125)

 

 

 

 

 Georgina Tacou

 

 

Extrait

LADY COLOR

 

 Je te vois, ma bête. Phacochère, satan de perle, faïence rouillée, boréal charbon. Je te vois, sale chien de mon âme. Regarde au-dehors, une forêt d’arbustes mièvres, de la même prétentieuse espèce, se prenant pour des séquoias. N’est pas sempervirens qui veut. Nul besoin de hache, ils n’ont pas de racines, vois comme ils ploient. Ici, dans ma pépinière, nous planterons des tubercules, grenades bondées de couleurs qui nous sauteront au visage. Mais retire ta chemise, je veux laper la vodka au creux de ta clavicule.

 

 

I can see you, my beast. Wart hog, pearly satan, rusty china, coaly boreal. I can see you, filthy dog of my soul. Look outside, a forest of vapid shrubs, of the same pretentious species, taking themselves for sequoias. Not everyone has got what it takes to be a sempervirens. No need for an axe, they have no roots, look at the way they bend. Here in my nursery, we will plant tubers, grenades chockfull of colors that will explode in our faces. But do take your shirt off, I want to lap up some vodka from the hollow of your shoulder blade.

 

-------------------------    (p.62/63)

 

 

 

 

 

■ Revue The Black Herald, n°4, 2013

 

-------------------------