15/12/2013
Antonio Pizzuto
ANTONIO PIZZUTO
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© Écrivain sicilien
Antonio Pizzuto / 1893-1976
EXTRAIT
LE TRIPORTEUR et autres proses / IL TRICICLO
(traduit de l’italien, présenté et annoté par Madeleine Santschi)
postface de Gianfranco Contini
L’Age d’homme, Lausanne, 1987
…
Erice, odorants la sauge ses paradis, en bas de l’escarpement la mer crêpue immobile[2], essuyées comme vaisselle les routes spirales[3], portes et impostes fermées, y dedans cours où minuscules lunes d’eau dans les très profonds puits en échos, bien rare dans la symétrique citerne[4], au milieu quelque arbre, mur sur mur les liserons, issues secondaires sur candide ruelle parmi vertes persiennes opposées aux principales[5]. Pendaient du blanchi plafond à poutres, par familles, grappes maures nil or s’empergolant, au licou les oblongs fromages, abeilles buridanes tout autour, moucherons en poussière[6]. Les coups de l’heure quarte, pas solitaires violent silence après midi plus lourd dans la générale torpeur[7], et de s’apprêter en son lieu la fanfare, ordre carré, bouches contre anches, cymbales pour entrer en collision, prête la mailloche pour frapper grosse caisse. S’étant faits furibonds les regards et universellement centripètes, levée la main s’abattant pour fendre[8], explosaient les cuivres avec grand éternuement, caverneux parcheminé grondement, d’où frémissements ventraux pour ceux dans le passage ère d’aile[9], dans chaque silence vils les nasillards clairons. Au son de l’énergique marche conventionnelle diffuse dans l’enceinte citadine, demeure par demeure surgissaient les contribuables vers ablutions a cappella[10], contrepointant d’éclaboussements les tymbales, solfiant la laborieuse brosse, il y avait balancement dans les diamantifaires lampadaires. Déposés ensuite les instruments, revenaient les musiciens artisans[11], vers enclumes établis étaux, évident le s’acheminer vers l’ensoleillé de tous ceux auparavant réveillés par le massif souffle[12].
[…]
------------------------------ (p. 35/37)
Erice, odoranti di salvia i suoi paradisi, ingiù dallo scosceso il mare cresputo immobile, terse come stoviglie le strade spirali, ingressi ed imposte chiusi, laddentro cortili dove minuscole lune l’acqua nei profondissimi pozzi in echi, ben scarsa entro cisterna simmetrica, framezzo qualche albero, mura mura convolvoli, secondari usci su candida viuzza tra verdi persiane opposti a quelli maestri. Pendevano da imbiancato soffito a travi, per famiglie, grappoli mori nilo aurei impergolando, in capestro oblunghi formaggi, api buridane intorno, moscerini pulviscolosi. I rintocchi di quarta ora, passi solitari a violar silenzio dopo mezzogiorno più greve nel generale sopore, ed apparecchiarsi in suo luogo la banda, ordine quadrilungo, bocche contro ance, piatti per collidere, pronta mazzuola da picchiare grancassa. Fattisi gli sguardi furibondi e universalmente centripeti, levata mano calando per fendente, esplodevano ottoni con gran sternuto, cavernoso pelliccio rombo, onde ventrali fremiti cui nel passaggio era d’ala, in ogni zittita alacri i clarini nasardi. All’energica Marcia convenzionale diffusa nel circuito cittadino, dimora per dimora sorgevano I contribuenti verso abluzioni accappella, contrappuntando di sbruffi le timballate, solfeggiava operosa spazzola, c’era dondolo in diamantiferi lampadari. Dismessi poi gli strumenti, tornavano I sonatori artigiani, da incudini deschetti morse ovvio l’incamminarsi all’aprico quanti dianzi desti il mazzicato soffio.
■ SITE À CONSULTER :
Madeleine Santschi
[1] Tiré de « Testamento » (Il Sagggiatore di Alberto Mondadori, Milan 1969) : d’une fin de journée à une autre, l’évocation d’une grand-mère, du lieu en Sicile où P. passait ses vacances.
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12/12/2013
Claude Minière - Barnett Newman - Le Théâtre de verdure

Barnett Newman | MUSEE DES BEAUX-ARTS DU CANADA | (1905-1970)
BARNETT NEWMAN
Retour vers l’Eden
(Tarabuste, 2012)
TARABUSTE EDITEUR
Collection Brèves Rencontres
BARNETT NEWMAN
Retour vers l’Eden
p. 16.
Il est le peintre de ONEMENT, de l’ « expiation » et de la réconciliation, mais bien plus encore celui qui a lutté contre l’idée de Chute, contre la pensée d’une déchéance de l’homme. Il y a vu l’acte d’un dieu jaloux. Le premier homme était un créateur, un artiste. Il cherche ce qui est premier. Il est l’artiste de DAY BEFORE ONE, un « peintre du samedi », du sabbat luxueux. Il s’est posé des questions sur la terreur et la tragédie. La terreur est-elle maintenant derrière nous ? Devant ? En face de nous ? Quand il peint il accomplit un acte de connaissance. Celui qui est connaissant ne se sent-il pas divin ?.. Il se tient dans l’atelier, son œuvre l’accompagne sur son chemin et elle est son chemin. La peinture et lui ça fait deux et ils ne font qu’un. Il se tient dedans et à côté.
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Claude Minière | Le théâtre de verdure | 2013
MARIE DELARBRE EDITIONS
Les Carnets du Noctambule
LE THEATRE DE VERDURE
p. 12/13.
(…) Quand j’écris, pour franchir les limites de la chambre je cherche le climat et le cadre du Théâtre de verdure, sa fraîcheur, l’ordre et le soleil, le déroulement, les apparitions et disparitions, le bruissement des feuilles, la vue accrue, les voix, le petit orchestre, l’angoisse, les heurts, les résolutions, les lois et la dramaturgie. Et si je pense, imperceptiblement ma pensée s’engage dans ce jeu de ruptures, de répétitions, de progression, d’éclaircies et obscurcissements… C’est dans ce « cadre » (immatériel) que m’apparaissent le fond et la surface des évènements, les paroxysmes et le retour au calme ambigu, incomplet. Si je ferme et ouvre les yeux, si je « ferme les yeux » sur l’actualité, si j’ouvre les yeux sur le réel, je vois, j’entends en arrière-fond, vide, en attente de surprises, de chances et de démons, le « théâtre de verdure ». C’est le lieu rêvé, la place exacte de génération de la pensée et de saisie des sensations.
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NOTICE BIO&BIBLIOGRAPHIQUE
Claude Minière est né à Paris le 25 octobre 1938, dans le 18ème arrondissement. Il est marié à Margaret Tunstill. D’un premier mariage il a trois enfants. Durant la guerre, il a passé son enfance auprès d’une tante de sa mère, native de Dordogne. En 1955 il a été admis (pensionnat) à l’Ecole normale d’instituteurs de Chartres. Il est encore en poste dans la campagne beauceronne quand paraît son premier livre aux Editions du Seuil en 1968, L’APPLICATION DES LECTRICES AUX CHAMPS. Il entame des études d’histoire de l’art puis de sciences politiques, à Paris, où il fréquente artistes et écrivains. Il collabore aux revues Tel Quel, Critique, Art press, Po&sie,… Aujourd’hui, L’Infini (Sollers, Pleynet) et Les Carnets d’eucharis (N. Riera) sont désormais les deux seules revues avec lesquelles il entretient des relations suivies. Après des hébergements éphémères chez différents éditeurs (Christian Bourgois, Flammarion,…) il a trouvé un « refuge » solide chez Tarabuste, et attentif chez Marie-Delarbre. Il est l’auteur (à succès) d’un PANORAMA DE L’ART EN FRANCE, paru en 1995, et de traductions d’EZRA POUND, en collaboration avec Margaret Tunstill, pour les éditions Tristram. Il a par ailleurs consacré un essai au poète américain (POUND CARACTERE CHINOIS, Gallimard, 2006). Il est actuellement domicilié à Lille, tout proche de la station des « Eurostar » vers l’Angleterre. Derniers ouvrages publiés : BARNETT NEWMAN (Tarabuste) ; LE THEATRE DE VERDURE (Marie-Delarbre). A paraître en 2014 : LE GRAND POEME EN PROSE (Tarabuste).
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Anne Teresa De Keersmaeker
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