29/07/2012
JOSEPH BRODSKY
JOSEPH (IOSSIP) BRODSKY
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©Sites Esprits Nomades / Poezibao / Les Carnets d'Eucharis

Joseph Brodsky with cigarette
[Martha Pearson, 1979]
Monterey, Ca
1979
b&w - 20 x 25 cm
Vertumne et autres poèmes Du Monde entier / Gallimard, 1993
■
EXTRAIT
Pour le centenaire d’Anna Akhmatova
(traduit par Hélène Henry)
…
Et la page et le feu, et la meule et le grain,
et le cheveu tranché et le fil de la hache,
Dieu conservera tout ; et plus que tout les mots
de pardon et d’amour qui sont sa voix profonde.
Le craquement des os, le pouls brisé, le choc
de la pioche : c’est là leur scansion souterraine ;
car si la vie est une, ils résonnent plus haut
aux lèvres des mortels que dans l’ouate du ciel.
Grande âme, à toi de par-delà les mers, Salut,
Toi qui trouvas les mots, toi, ta mortelle forme
dormante au sol natal, qui grâce à toi reçut
en ce monde emmuré le don de la parole.
Juillet 1989
& autre extrait
Seule la cendre sait ce que signifie brûler jusqu’au bout.
Je le dirai pourtant, après un coup d’œil myope par –devant :
tout n’est pas emporté par le vent, et le balai
qui ratisse ample dans la cour ne ramasse pas tout.
Nous resterons, mégot fripé, crachat, dans l’ombre
sous le banc, où pas un rayon ne pénètre,
et, étroitement enlacés à la fange, comptant les jours,
nous nous ferons terreau, dépôt, couche culturelle.
…
Juillet 1987
(Traduit du russe par Véronique SCHILTZ)
■ SOURCE PHOTOGRAPHIQUE :
General Collection, Beinecke Rare Book and Manuscript Library, Yale University
■ Autres sites à consulter
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27/07/2012
Nathalie Riera (Extraits de "Puisque Beauté il y a" traduit en italien par Francesco Marotta)
NATHALIE RIERA
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© Editions Lanskine Puisque Beauté il y a, 2010

Nathalie Riera à Port Lligat (Cadaquès, Espagne) en juin 2002
Extraits
Traduit en italien par Francesco Marotta
Ta voix en eau peu profonde: sa menthe des marais,
et ses graines qui germent à la lumière.
Ta voix à fleur d’eau qui m’appelle.
Me boire. Me susurrer. Me festoyer.
Mouvementée ma longue silhouette herbacée, poussée
par les vents et leurs risées amères.
Quelques égratignures à mes couleurs, et sur mes murs
de lierre et de pierre, volettent mes cursives de papillons.
A nouveau le chant de l’oiseau que les feuillages épient.
La géomancie de leur chute. L’arborescence de leurs
figures sur le sol.
Et pour toi et moi le prodige de ce que nous sommes
capables d’édifier pour nous conduire aux cimes et aux
racines de notre provenance.
Décrypter les initiales de notre amour.
Décrypter les ombres des sommets et des fossés, et le
grésillement du soleil dans les arbres.
Si nos rêves et nos pensées ne penchent plus du côté
du soleil, s’il n’y a plus rien à espérer de soi et de l’autre
que nos assortiments de plantes invasives.
--------------------------------------- (p.28)
La tua voce in acqua poco profonda: la sua menta di palude,
i suoi semi che germogliano alla luce.
La tua voce a fior d’acqua che mi chiama.
Bevimi. Sussurrami. Festeggiami.
Si agita la mia lunga figura erbacea, mossa
dai venti e dalle loro risate amare.
Qualche graffio ai miei colori, e sui miei muri
d’edera e di pietra, i miei svolazzanti corsivi di farfalle.
Di nuovo il canto dell’uccello che le foglie spiano.
La geomanzia della loro caduta. L’arborescenza delle loro
figurazioni sul terreno.
E per te e me il prodigio di ciò che siamo
capaci di costruire per portarci verso le cime e alle
radici della nostra provenienza.
Decifrare le iniziali del nostro amore.
Decifrare le ombre delle alture e dei fossati, e il
frusciare del sole tra gli alberi.
Se i nostri sogni e i nostri pensieri non si tendono più verso
il sole, se non vi è più niente da sperare di sé e dell’altro
se non le nostre combinazioni di piante invasive.
Des chuchotis d’insectes le papier que tu froisses,
le craquèlement de tes lèvres: ce que tu cherches
à écrire, alors que tu ne sais encore rien du froid,
et de ses crimes.
Un bruit d’abeille la mer et l’aube, écrire
Pour tout ce qui est terre, et fragile. Ainsi nos
feuilles rugissantes dans les poussières sonores des
cités, ou dans les arbres qui nous enseignent les
branches et leurs coups d’archets.
Et mes souvenirs blancs comme du jasmin.
--------------------------------------- (p.46)
Bisbigli di insetti il foglio che accartocci,
la screpolatura delle tue labbra: ciò che cerchi
di scrivere, quando non sai ancora nulla del freddo,
e dei suoi crimini.
Un ronzio d’ape il mare e l’alba, scrivere
per tutto ciò che è terra, e fragile. Così le nostre
foglie che urlano nella polvere sonora delle
città, o negli alberi che ci insegnano
i rami e i loro colpi d’archetto.
E i miei ricordi bianchi come il gelsomino.
Parfois massif est le bleu de la mer.
J’écris avec l’encre de la lisière, avec le réel ancré
dans la pierre, avec l’immédiateté de l’air, l’imminence
de l’instant, la contiguïté du noir et du blanc.
J’écris à l’orée de ce qui ne me tient plus en lisière,
et de ce que je maintiens dans la plus étroite servitude.
Le bleu massif de l’enfance dans la lumière de la
colline.
Ma verte contemplation.
--------------------------------------- (p.50)
A volte compatto è l’azzurro del mare
Scrivo con l’inchiostro del margine, con il reale ancorato
nella pietra, con l’immediatezza dell’aria, l’imminenza
dell’istante, la contiguità del nero e del bianco.
Scrivo sul limitare di ciò che non mi trattiene più nella morsa,
e di ciò che tengo nella più ferrea schiavitù.
L’azzurro compatto dell’infanzia alla luce della
collina.
La mia contemplazione verde.
■ La dimora del tempo sospeso (Francesco Marotta)
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Nota biobibliografica
Nata nell’aprile del 1966 (originaria di Lille), Nathalie Riera vive in Provenza, autrice di un saggio, La parole derrière les verrous (Ed. de l’amandier, 2007), e di raccolte di poesia: ClairVision (Ed. Publie.net, 2009), Puisque Beauté il y a (Ed. Lanskine, 2010), Variations d’herbes e Paysages d’été (in via di pubblicazione entro il 2012).
Pubblicata in riviste cartacee e siti telematici dedicati alla poesia e alle arti figurative, ha tenuto seminari di scrittura e partecipato a letture pubbliche nelle mediateche, le prigioni, le scuole.
Ha creato la rivista telematica Les Carnets d’eucharis, che gestisce dal marzo 2008 (34 numeri editi fino ad oggi).
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09:58 Publié dans Francesco Marotta, Nathalie Riera | Lien permanent | Commentaires (0) |
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26/07/2012
George Oppen
GEORGE OPPEN
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© Editions José Corti Poésie complète, 2011
Série américaine

Extraits
Traduit par Yves di Manno
Même si dans une sorte d’été les durs bourgeons fleurissent
Avec une profusion féminine
Le « cœur de la
Taille d’un pouce », le petit noyau de l’être,
Si peu artistique,
Le cœur sans élégance
Incapable de saisir
Le monde
Et qui produit l’art
Ne s’avère pas plus gros
Qu’un petit faucon
Se posant échevelé sur le rebord d’une fenêtre.
Tels des faucons du moins ne sommes-nous pas
Nulle part, et je dirai
Où nous sommes
Même si cela perturbe
Les fenêtres qui surveillent
L’activité
Des jours
Dans les rues
Sans horizon, rues
Et jardins
Des technologies féminines
Du désir
Et de la compassion qui vêtiront
Tout un chacun, émergeant
De l’air
Incivil
Malfaisant
Comme un faucon
Du nid d’un
Faucon comme doit être
Dit-on le nid
D’un tel oiseau, et continuant
Donc à parler de la
Technologie des brindilles
--------------------------------------- (DANS CE QUI (1965), p.111)
[…]
32
Que simplement cela soit beau
Que simplement cela soit beau
Ô, beau
Rouge bleu vert – les lèvres humides
En riant
Ou la spirale de la coquille blanche
Et la beauté des femmes, la perfection des tendons
Sous la peau, la perfection de la vie
Qui peut tanguer dans le flux
Du désir
Non de la vérité mais de l’autre
La peau lumineuse, lumineuse, ses mains qui s’agitent
A l’aune de son incroyable besoin
--------------------------------------- (D’ETRE EN MULTITUDE (1968), p.208)
23:42 Publié dans George Oppen, José Corti | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Salvatore Quasimodo
SALVATORE QUASIMODO
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© Editions Unes Poèmes, 2000

Peut-être le coeur
Traduit de l'italien par Michel Costagutto
S’engloutira l’odeur âcre des tilleuls
dans la nuit de pluie. Sera vain
le temps de joie, sa furia,
sa terrassante morsure de foudre.
Il reste un peu d’indolence,
un geste, une syllabe,
comme un lent vol d’oiseaux entrevu
à travers la brume. Et tu attends encore,
quoi, mon égarée : un moment
qui décide, qui rappelle l’origine ou la fin :
c’est égal, désormais. Ici la fumée noire des incendies
dessèche la gorge. Si tu peux,
oublie ce goût de soufre,
et la peur. Les paroles nous fatiguent,
ressurgies d’une eau lapidée ;
peut-être nous reste-t-il le cœur, peut-être le cœur…
--------------------------------------- (p.36)
23:04 Publié dans Salvatore Quasimodo | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Steve Reich - Music for 18 musicians
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Steve Reich - electric counterpoint
14:24 Publié dans VIDEOS, ANIMATIONS, DOCUMENTAIRES | Lien permanent | Commentaires (0) |
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25/07/2012
ARTHUR CRAVAN
ARTHUR CRAVAN "POÈTE ET BOXEUR" par MELMOTH
ARTHUR CRAVAN
Poète et Boxeur
(1887-1918)

JE SUIS TOUTES LES CHOSES, TOUS LES HOMMES, ET TOUS LES ANIMAUX !
21:20 Publié dans Arthur Cravan | Lien permanent | Commentaires (0) |
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