26/10/2011
Gunther Anders

ed. fario — 2011
L'obsolescence de l'homme - Tome 2
Sur la destruction de la vie à l'époque de la troisième révolution industrielle
Par Günther Anders
cHRISTOPHE dAVID (traducteur)

"Il ne suffit pas de changer le monde. Nous le changeons de toute façon. Il change même considérablement sans notre intervention. Nous devons aussi interpréter ce changement pour pouvoir le changer à son tour. Afin que le monde ne continue pas ainsi à changer sans nous. Et que nous ne nous retrouvions pas à la fin dans un monde sans hommes."
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24/10/2011
Edith Magnan, Galerie du Tableau
Exposition du 17 au 29 octobre 2011
Vernissage le lundi 17 à partir de 18h 30
Du lundi au vendredi de 10h à 12h et de 15h à 19h.
Le samedi de 10h à 12h et de 15h à 18h
Galerie Du Tableau, 37, rue Sylvabelle
13006 MARSEILLE
http://galeriedutableau.free.fr/

EDITH MAGNAN
Attention Espace
« Attention Espace » vous présente une partie des derniers travaux d'Édith Magnan. Fascinée par le rapport de l’homme avec l’espace, l’artiste nous propose d’en expérimenter différentes catégories.
Ses travaux tentent de rendre compte d’un état de fait invisible, non quantifiable mais cependant omniprésent : l’espace et sa volumétrie toute particulière. Les éléments tels que : la pierre, le rocher, le bois, la terre font partie de cette singulière composition organique. Ils agissent ici comme des extractions, des échantillons, des prélèvements ; ils font un état des lieux.
Plusieurs collages et installations occupent l’espace de la galerie, que le spectateur est invité à activer en découvrant et en touchant les objets.
Image : Pierres - paire trois, 2011.
Plastique, encre, gouache, pastels, 14.7x19.7cm
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Gertrude Stein, Lectures en Amérique
Gertrude Stein Lectures en Amérique
Éditions Christian Bourgois, 2011
Extraits :
G. Stein avait une grande sensibilité aux problèmes de la perception et au rôle rénovateur de l’art. Elle savait bien que l’habitude de voir et de sentir les objets empêche de les voir et de les sentir autrement et qu’il faut les déformer pour que le regard s’y arrête et y fasse apparaître d’autres possibles. C’est une leçon qu’elle avait surtout apprise de la peinture et sa compréhension de la littérature s’est faite au contact des tableaux des jeunes peintres du début du siècle. Chaque génération – selon sa propre terminologie – lève l’automatisme crée par les conventions artistiques de la génération précédente (…) Elle voit l’art comme procédé, ces procédés elle nous en parle ici et décide des siens, de ceux qui lui semblent convenir au XXe siècle, elle les utilise pour en parler parce qu’on ne comprend bien les choses qu’en les faisant et en étant fait par elles.
« Introduction » par Claude Grimal
(p. 16)

Comme je l’ai dit, m’étant de plus en plus familiarisée avec toute peinture à l’huile, je me suis, bien sûr, familiarisée de plus en plus avec nombre de tableaux précis, avec beaucoup de tableaux. Et, comme je le dis, quand on a regardé nombre de visages et qu’on s’est familiarisé avec eux, on peut trouver quelque chose de nouveau dans un nouveau visage, on peut être étonné d’un nouveau type de visage, on peut être choqué d’un nouveau type de visage, on peut l’aimer ou non ce nouveau type de visage, mais on ne peut pas refuser ce nouveau visage. On doit accepter ce visage pour ce qu’il est en tant que visage. C’est la même chose pour un tableau. Vous pouvez maintenant concevoir que, quand Matisse est survenu et puis le cubisme de Picasso, rien ne pouvait me déranger. Et pourtant bien sûr en un certain sens cela me dérangeait ; mais cela me dérangeait parce que je refusais.
Cela n’aurait pas été possible puisque j’étais familiarisée avec la peinture à l’huile, et que l’essence même de la familiarité consiste en la possibilité de tout regarder.
Gertrude Stein
(p. 81/82)
www.christianbourgois-editeur.com
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Jean-Christophe Bailly, La véridiction...
Jean-Christophe Bailly La véridiction - sur Philippe Lacoue-Labarthe
Éditions Christian Bourgois, coll. "Détroits", 2011
Extrait :
S’il y a une joie, et une joie de l’œuvre, c’est-à-dire une réponse de l’œuvre à la fidélité (à la vie, à la possibilité d’existence), elle est du côté de la musique. Il me semble que pour Lacoue, et on peut justement le penser à partir de l’excès de réalité qui tombe sur Lenz, la musique est seule à pouvoir donner, non la diction (même dans le pur chant, elle n’est pas proprement diction) mais la dictée elle-même : sous la forme d’un ruissellement se donnant dans l’évidence d’une forme qui sans fin se défait, la musique, alors même qu’elle est beaucoup plus technique encore que le langage, donne à qui l’écoute l’impression de s’être débarrassée de ce bagage et c’est comme si, et non pas brusquement, mais selon cette progressivité qui appartient en propre au nouement temporel du musical, un accès à l’immédiateté (cet accès même que Hölderlin jugeait impossible) était ménagé. A l’immédiateté, c’est-à-dire au temps, à l’expérience dénouée du temps, au pur passage. Ce qui veut dire que la musique accorderait (rarement peut-être, rarement sans doute, mais peu importe) ce qui normalement n’est pas accordé à l’homme, c’est-à-dire, selon une expression que Lacoue affectionnait, qu’elle passerait l’homme, et qu’elle le ferait et ne pourrait le faire, étant aussi strictement humaine, qu’en passant par lui.
(p. 47/48)
Collection « Détroits » fondée par Jean-Christophe Bailly, Michel Deutsch et Philippe Lacoue-Labarthe
Illustration de couverture : Tournage de Andenken, Bordeaux, la Garonne, 2000 (détail)

14:58 Publié dans Jean-Christophe Bailly | Lien permanent | Commentaires (0) |
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