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31/07/2011

Les carnets d'eucharis n°29 - juillet&août 2011

Les carnets d’eucharis n°29

Juillet/Août 2011

 

[SOMMAIRE………]

Les carnets d'eucharis n°29_juillet&aout 2011.jpg

Lilya Corneli

Photographe contemporaine

 

Thierry Michau - Eric Perrot

« Mon journal de ton voyage » LA GALERIE LE REALGAR

 

DU CÔTÉ DE…

Jacques EstagerLa nuit, Pierrot et Pierrot

Boris PasternakMa sœur la vie & autres poèmes

 

EDITIONS CHAMP VALLON ETIENNE FAURE Horizon du sol

EDITIONS TARABUSTE CLAUDE MINIERE JE HIEROGLYPHE

 

 

AUPASDULAVOIR

JOS ROY Ilbide

 

■■■Nadja Einzmann

Traduction inédite de Chantal Tanet■■■

 

George Oppen … Henri Cole

 

DES LECTURES

Sylvie Durbec La huppe de Virginia  Une lecture de Nathalie Riera

 

REVUE

DIPTYQUE N°2

 


Au format livre numérique/CALAMEO

Les nouvelles servitudes volontaires


LES NOUVELLES SERVITUDES VOLONTAIRES. Annie Lebrun par Poldoran

28/07/2011

Etienne Faure, Horizon du sol

HORIZON DU SOL

Etienne Faure

 etienne faure.jpg

(EDITIONS CHAMP VALLON, 2011)

UN ARTICLE DE JACQUES JOSSE : remue.net

UN ENTRETIEN AVEC TRISTAN HORDé : Littérature de partout

 

 

 

EXTRAITS

 

 

 

Et le peintre extasié par les labours mauves,

les ocres verts, sur le papier cherchait

le point de fuite, que la vue portât loin,

y marquait d’un mot la couleur projetée

pour le prompt tableau vespéral

ébauché vite entre chien et loup

sur un motif bientôt éteint, presque noir,

qu’il achèverait au clair-obscur enfumé

d’une flamme,

le tableau au grand jour révélant plus tard

une manière ou vision un peu sombre,

et l’éclaircie qui fit sortir le peintre

un beau soir d’amour jaune soufre

- tant il est vrai, dixit le poète, que le crépuscule

excite les fous –

dans l’herbe azurite.

 

soirs de soufre

 

(p. 43)

 

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DANS LE MOTIF

 

Le bruit de l’eau féru en souvenirs

par jour de pluie, temps ligneux,

tisse le paysage égoutté des toits,

de chanvre ou lin, autre plante textile,

en un tableau humide où le veaux

rabougris dans les nues broutent

les prés luisants.

Derrière la vitre où l’eau ruisselle,

les cheminées, trois mâts d’usines

et la voile enfumée d’un navire

rentrent de mémoire à hauteur des pommiers

de la terre neuve au loin représentée

un jour de mer mauvaise à la peinture

quand de plus près à scruter l’horizon

pourtant ne rentre aucun point qui grossisse

en forme de bateau, sauf à midi,

d’abord hésitant, minuscule, puis chalutier entier

surgi du fond de la toile – non

ce n’est pas lui.

 

où l’horizon hésite

                                                                                                                                             (p. 78)

 

 

 

---------------------------

 

Parmi les potirons, citrouilles, autres courges,

les coloquintes avec les fleurs

font en commun l’énigme du jardin,

assujetties à ce même régime

ou privilège

de n’être pas mangeables

- hors l’exception amère du chicotin –

et tirant d’un statut voisin du décor

l’unique raison d’être en ce jardin

où tout est inutile, qui demeure en dehors

du champ d’application de la loi potagère.

 

mœurs potagères

 

(p. 97)

 

 

 

AUTRES SITES A CONSULTER

 

Vive Les Couleurs (Le blog des Ateliers Dominique Hordé)

Terres de femmes (Angèle Paoli)

La Maison des Ecrivains et de la Littérature m-e-l

 

 

 

img022.jpg

 

Editions Champ Vallon 

 

 

27/07/2011

George Oppen

George OPPEN,Poésie complète
éditions Corti, (à paraître le 3 novembre 2011)
Traduit de l'anglais par Yves di Manno 

oppen.jpg

 

Site de l'éditeur

 

 

 

 

SURVIE : INFANTERIE

Et le monde changea.

Il y avait des arbres et des gens,

Des trottoirs et des routes

Il y avait des poissons dans la mer.

D’où venaient tous ces rochers ?

Et l’odeur des explosifs

Le fer planté dans la boue

Nous rampions en tous sens sur le sol sans apercevoir la terre

Nous avions honte de notre vie amputée et de notre misère :

nous voyions bien que tout était mort.

Et les lettres arrivaient. Les gens qui s’adressaient à nous, à travers            

            nos vies

Nous laissaient pantelants. Et en larmes

Dans la boue immuable de ce terrible sol

 

 

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& AUTRE (extrait de NOTES ON PROSODY)

In L’art de la faim, Paul Auster, « Le multiple et le singulier », éd. Actes Sud, « Babel », 1992 (p.207)

 

 


Il est impossible de se tromper sans le savoir, impossible d’ignorer qu’on vient de gâcher quelque chose. Les mots non mérités sont, dans un tel contexte, tout bonnement ridicules…

Telle conscience que l’on peut avoir de l’univers, telle préoccupation de l’existence – nul mot ne les exprimait encore. Et le poème n’est PAS fait de mots, on ne peut pas fabriquer un poème en y accumulant des mots, c’est le poème qui fabrique les mots et contient leur sens… Quand un homme a peur d’un mot, il peut avoir commencé…