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12/06/2011

Paris Review - Les entretiens - volume 2 (éd. Christian Bourgois, 2011)

Fondée à Paris par Harold L. Humes, Peter Matthiessen et George Plimpton en 1953, la Paris Review a contribué, décennie après décennie, à faire connaître des écrivains importants en les publiant à leurs débuts. Mettant l'accent sur le processus créatif, les fondateurs de la revue ont aussi eu à cœur de laisser les auteurs parler eux-mêmes de leur travail en publiant dans chaque numéro un entretien avec un grand écrivain. Leurs réponses constituent certains des autoportraits les plus révélateurs de l'histoire littéraire. Ce volume offre pour la première fois en français une sélection de quinze entretiens, avec Martin Amis, Beryl Bainbridge, Jorge Luis Borges, Paul Bowles, Truman Capote, William Faulkner, Jack Kerouac, John Le Carré, Mary McCarthy, Ian McEwan, Iris Murdoch, Vladimir Nabokov, Isaac Bashevis Singer, Jeanette Winterson et Marguerite Yourcenar.

 

« Les interviews de la Paris Review sont des objets d'émerveillement qui ont construit ma première et plus intense perception de ce que c'est que d'être un auteur. » Jonathan Lethem

 

 

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Site Christian Bourgois éditions

11/06/2011

Jacques Garelli, Fulgurations de l'être (éd. José Corti, 2011)

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Sans courroies, ni engrenages, sans frictions, ni chaînes, c’est alors que les mots transmuent sa mémoire.

 

Il y va d’une toile, où les sons s’égrènent, d’un champ multicolore, aux réserves d’ombres, qui font surgir des sources, les scories lavées du monde, où s’abreuvent quelques gorges aux plumes d’oiseaux sans nom.

 

Echo venant de loin, qui suscite ce langage, dont nulle espèce, jamais, n’a brandi les tisons.

 

(p. 12)

 Site José Corti

 

 

Radeau sans Méduse

 

Les piliers espacés aux hémicycles du silence, leurs points de sutures et de convergences croisent, aventureux, sur les bivouacs transis de l’ombre, avant qu’ils ne se soldent en poussières et en eau. Tensions multiples, dont les galets d’une plage offrent en filigrane, pour un lecteur sans page, la tête d’un cheval, ou le buste d’un taureau.

Ainsi, les attentes s’induisent en spectacles, sur les planches vermoulues, que harcèle, sans les dédire, la houle chargée d’écume, où tangue mon radeau.

 

(p. 89)

 


Sur le site Terres de femmes (Angèle Paoli)

 

Sur le site de la Maison des Ecrivains et de la Littérature

Andrea Zanzotto

 

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© Andrea Zanzotto photographié par Giovanna Borgese

 

 

 

Ellébore: ou quoi donc ?

Sur le site une autre poésie italienne

Philippe Denis, Petits traités d'aphasie lyrique (éditions Le Bruit du temps, 2011)

Mon art – l’art de lier au fumet du mot juste

les sucs de l’inaudible.

                   Petits traités d’aphasie lyrique, p. 48

 

 

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© Philippe Denis photographié par Violaine Lison

 

 

 

 

L’arbre était là… J’avais bien quelques certitudes quant à son nom. Mais que sont les noms ? Quel savoir se dissimule derrière leur attribution ? Puis on n’en change pas comme de chemise ! Et en changerait-on que la mue ivoire n’arrêterait en rien les reptations de nos identités lacunaires.

 

Je m’égare. L’arbre était donc là…

 

Que d’aises offertes à tout vent ! Il y a quelque chose en lui du clavecin, une palpitation, un égrènement orangé. Son nom est répertorié, abîmé – une banquette élimée de l’Orient-Express. Son nom est roide, militaire, poussiéreux.
Sur d’autres continents son fruit est noir, insipide ou presque ; immergé pendant vingt ans dans un bocal, il en sort des pandémies qui, en d’autres temps, faisaient la joie des enfants.

 

Celui-ci ne portait aucun fruit.

 

Je suis certain qu’il est célébré sur les contreforts aristocratiques de l’Himalaya. Qu’il est un adjuvant universel, qu’il adoucit les thés nicotineux dans des verres tulipe et que la main d’Hermès a tremblé comme jamais devant l’occasion du forfait.

 

Son nom, chez nous, le kaki (…)

                   Petits traités d’aphasie lyrique, p. 74/75

 

 

Yves Bonnefoy écrit dans sa préface à Nugae : « Il y a chez Philippe Denis de livre en livre quelque chose comme un journal du regard errant par le monde, lui-même parlant volontiers de cahiers, de notes pour qualifier ses écrits. » Les Petits traités d’aphasie lyrique n’échappent pas à la règle. S’y mêlent notations, haï-ku, traductions, poèmes plus amples (en prose) célébrant le pays où il vit. Il s’agit toujours de rendre compte d’un enseignement : celui que prodigue chaque jour l’attention aux choses du monde ou, lorsqu’il s’agit de langage, à une langue encore perçue comme étrangère. Lire la suite

 

 

Les éditions Le Bruit du temps