21.11.2009
Rien encore, tout déjà - Jacques Dupin

photographie de Michel Nguyen
la lumière, la perturbation des lignes
un dénouement de forces immatérielles
et le heurt de la terre filante en dessous
elle encore ni perverse ni maillée
une provocation étirant ses stances
aiguisant ses reflets pour s’anéantir
j’ai marché jusqu’au soir couleur sang
j’ai retrouvé sous le pied dans la garrigue
la terre magnifiée par le retour la terre
exiguë la terre odorante et déchirée
dont la nasse ruisselante était avide
de saisir une palpitation animale
et de précipiter ma disparition
éditions Fata Morgana, 1990
(avec deux xylographies originales signées de Jan Voss)
dans le labyrinthe enfant
le sang des pêches de vigne
poisse mes doigts campagnards
et par le marché aveugle
le nom est ouvert – le corps
agrandi, blessé
autant de boue que de glace
dans l’échancrure des yeux
au bord de nos jeux d’enfants
Photographie : Michel NGuyen - sur le site de la galerie alain paire
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13.04.2008
Eclisse
La poésie, si elle existe, si elle a jamais existé, n'a nul besoin de sortir de son labyrinthe souterrain, ni de s'écarter de son tracé volatil. Ni de se manifester ni d'être représentée. Vous le savez, vous qui lisez,vous qui oubliez de lire, qui vous hâtez d'oublier ce que vous n'avez pas lu -- elle est ainsi faite, ainsi dérobée qu'elle échappe au panorama littéraire, au système éditorial, à l'inquisition des médias, comme à la curiosité bienveillante d'esprits fins s'inquiétant de son "absence".
Jacques Dupin - M'introduire dans ton histoire, P.O.L. Editeur, 2007 - (Extrait p.36)
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