Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20/05/2012

Isabelle Lévesque

Ossature du silence

Isabelle LEVESQUE

Isabelle Lévesque.jpg

 

Isabelle Lévesque est née en 1967, aux Andelys, lieu de vie, lieu fondateur, au pied de Château-Gaillard, formidable forteresse dont les ruines sont, dit-elle, fructueuses.

C'est de là que naît la poésie de Ossature du silence que viennent de publier les éditions des Deux-Siciles de Daniel Martinez. C'est à la fois un retour à une enfance – le recueil est dédié à ses parents – et la poursuite d'un dialogue avec ce père disparu qu'elle veut porter mais dialogue salvateur par la vertu du poétique. Un recueil où sont mises en regard des textes plusieurs encres de Claude Lévesque. LIRE LA SUITE (recension de Pierre Kobel)

 

 

Site La Pierre et le Sel

© http://pierresel.typepad.fr

 

  

COUV 1 Ossature.jpg

Editions Les Deux-Siciles

© http://http://diereseetlesdeuxsiciles.com

 

Ossature du Silence - Isabelle LEVESQUE

livre orné d'encres inédites de Claude LEVESQUE

Préface de Pierre Dhainaut

48 pages

Editions Les Deux-Siciles. 12 €.

 

 

es-tu château
ou l’ombre du silence (forme humaine)

as-tu soupirs de géant
milliers d’insectes en gorge râpeuse
respirant la terre
le géant ne sent rien respire
chaque souffle expire
une pierre

es-tu nuée sourde sur la proie (aucune chance)
tu virevoltes geste fou d’une courbe
ne s’arrête comme
encre en tache et page
loin du buvard flot noir apparu
surface couvre

es-tu quelque part en présence surprise
ou patte d’un bourdon
perdu dans la lutte

percer le corps sombre minéral
érode
la pierre grave le socle
enfonce
château dressé (faille en terre)

In Ossature du silence, © Les Deux-Siciles, 2012, p.13

 

Jean-Pascal Dubost

Tristan Hordé

Jean-Pascal Dubost

et leçons et coutures

Editions Isabelle Sauvage, 2012

136 pages, 20 €

 

Dubost.jpg

 

___________________________________________________________________________

 

Le titre est suivi, comme on le faisait par exemple au XVIe siècle, d'un long sous-titre qu'on peut lire comme un poème, avec un jeu facétieux de rimes et assonances (inachevable /improbable /gaillarde)  ; repris page 75, il convient tout à fait pour dire ce que sont les poèmes de Michel Leiris. Titre et sous-titre se prêtent à de multiples interprétations, ce qui correspond au contenu du livre ; leçons cumule ici nombre de significations, dont celle courante au Moyen Âge et toujours en usage de "lecture" : lecture des 99 auteurs convoqués ; quant à coutures, qui se rattache à "coudre", il avait en ancien français pour homonyme couture (que l'on retrouve aujourd'hui en toponymie), doublet de culture, lié à cultiver ; les deux mots du titres sont d'ailleurs réunis dans le mot valise "lec[ons/cou]tures". Les coutures, affirme d'emblée le sous-titre, sont faites de « bousigues assez visibles » ; cette indication présentée comme une explication déroute : ne peut être visible que l'observable, or "bousigues" est absent des dictionnaires que le lecteur consultera et le contexte n'est pas éclairant — son sens, "coutures grossières", n'est donné, en note, que plus tard, dans les "Notes préambulaires" (p. 7). D'autres surprises attendent le lecteur quand il entre dans la broussaille du sous-titre trompeur, qui semble ne rien dissimuler quand il définit le livre comme une "lectobiographie", mais il est précisé qu'elle est « complexe », « cryptée », « inachevable »... Les derniers mots, entre parenthèses, « (livre de dettes) », pourraient accompagner toute publication, si l'on accorde que rien ne s'écrit sans la mémoire, vive ou non, de ce qui a été lu.

   Comment Jean-Pascal Dubost règle-t-il ses dettes ? D'abord en donnant en exergue trois citations qui, de manière différentes, répètent que toute écriture se construit à partir de lectures : Montaigne (très présent ensuite), Valérie Rouzeau et Haroldo de Campos. Aucun hasard dans ce choix : un écrivain du XVIe siècle, qui reporte à un passé que Jean-Pascal Dubost affectionne, une écrivaine contemporaine dont on sait qu'elle intègre (comme Montaigne) dans sa poésie ce qu'elle lit et voit, un écrivain hors de nos frontières qui a su relire la tradition poétique. Une courte introduction précise en quoi le plagiat est « un des fondements de la littérature » (p. 7), donnée comme une « longue chaîne citationnelle et re-citationnelle ad infinitum, aux transformations personnalisées au gré des époques traversées » (p. 8).

   Ces transformations, Jean-Pascal Dubost les pratique « en une autre langue, assavoir dans la langue naturelle de l'auteur : hors du commun ; cryptée » (p. 9), « une langue tout à la fois populaire, vulgaire, verte, littéraire et documentée » (p. 12). Cette langue comporte de nombreux mots et tours du Moyen Âge et de la Renaissance, mais aussi des créations verbales — qui peuvent être dites telles : « le mot "babouineur" est une invention », p. 19 —, des énumérations (voir Rabelais), le goût de la fatrasie, l'emploi parodique d'allitérations : « Qui veut connaître [...] s'enfoncera dans une forêt fabuleuse fichu d'un foutu fonds de forces fidèles pour lutter [...] » (p. 93), etc. Ajoutons encore dans cette introduction le recours aux notes ; elles seront abondantes ensuite, pour préciser un point, définir un mot ou une expression, proposer au lecteur d'aller lire autre chose — ou l'égarer.

   Viennent ensuite les poèmes, puis une table des auteurs et le livre se ferme sur "Le complexe Dubost (phrases lares)", formé d'un ensemble de citations sur l'écriture et la lecture, sur la complexité, dont la dernière, isolée, avec le nom de son auteur (James Sacré) en tête, suggère que la composition du livre n'est pas aussi préparée qu'on la souhaitait : quel que soit le plan prévu, « le livre quand même / Se continue / Autrement qu'on l'avait prévu » (James Sacré, cité p. 131).

   Quels auteurs sont présents ? 99, nombre qui donne plus l'idée de l'inachevable, à mes yeux, que 100. Il s'agit pour un bon tiers d'écrivains français du XXe siècle, pas toujours "poètes" (Pierre Michon), pas toujours reconnus (Henri Simon Faure), parfois essayiste (Paul Zumthor) ; le Moyen Âge (8) et la Renaissance (10) ont une belle part ainsi que les écrivains de langue anglaise (19), plus que le XIXe siècle (9, dont un gastronome écrivain, Grimod de la Reynière) ou le XVIIe siècle (5) français. On ne peut dans un court article lire et chiffrer ce qui est écrit pour chaque écrivain retenu. Lisons la prose poème consacrée à James Sacré puisque lui sont prêtés les derniers mots du livre ; on peut y repérer quelques aspects du travail de Jean-Pascal Dubost.

  

   James Sacré Comme tout le monde se plaint

   de la cruelle envie que la nature porte aux longueurs

                   de nos jours et comme tut rien turne en declin,

   quoiqu'on vous jure sur la tête d'un God

   qu'on va moraliser les banques et les patrons

   voyous, il était acquis d'avance que ce poème

   sué, soufflé, rendu, raterait la couche du moche

   et serait raté ni d'aucune aide, et du coup, n'en

   est pas un —

 

   On sait que James Sacré progresse parfois dans un poème en s'interrogeant sur ce qu'il écrit et, ce faisant, doute de la nécessité du poème : c'est bien de cela qu'il s'agit ici. Par ailleurs, James Sacré a publié un choix de poèmes de Jean de Sponde, d'où la citation de deux vers tirés d'un sonnet. Le vers de Wace qui suit (tiré de la fin du prologue du Roman de Rou) renvoie, lui, aux textes qu'apprécie Jean-Pascal Dubost, et le contrepet ("la couche du moche") est une des manières qu'il a de bousculer les bonnes manières dans l'usage de la langue, tout comme l'inexistence d'un lien entre les deux propositions [quoiqu'on vous jure...] et [il était acquis...].

   Il est, évidemment, exclu de découvrir la source de toutes les citations, et je soupçonne quelques inventions dans ce domaine. Pour les textes, on se réjouit par exemple de lire un pastiche de Pascal Quignard (un autre amateur du passé) dans les premières lignes qui lui sont consacrées, et l'on ne peut qu'approuver un passage de la longue note accompagnant le poème "Jehan de Bretteville" — dont le nom est absent du catalogue de la Bibliothèque nationale...—, à propos de la « déambulation hasardeuse et meneuse de trouvailles inattendues », que l'on applique sans peine à ce livre qu'il faut lire et relire.

 

   On peut s'attarder aux proses-poèmes d'ouverture et de fermeture : la première, pour William Carlos Williams, affirme une absence, « Aucune idée pour ce poème — », et la dernière, en image inversée, l'infinité des lectures avec Pierre Michon, « J'écris sous la tutelle d'un vieux Pan de bibliothèque ». On peut lire aussi une manière d'art poétique dans le second poème consacré à un écrivain imaginé, Tortore1 ; est répété à deux endroits, huit fois de suite, « travailler la langue » et sont énumérés des substituts à "poésie" et "poème" (comme on pourrait les lire, par exemple, chez Ponge ou Stéfan) : pohésie, pouème, pohérésie, proème. S'ajoute l'emploi d'un mot dialectal et d'un mot de l'époque médiévale (avec note explicative pour chacun), une construction syntaxique pour le moins inhabituelle (« or qu'ici non donc, ») et un renvoi, avec « en façon bien estrange », à la naissance de Gargantua (chapitre 6). Un programme loin de tout lyrisme : on comprend qu'Alphonse de Lamartine soit rejeté :

   Voici par ailleurs une fondamentale détestation

   qui ne peut se taire ores car, j'ai tué le temps

   longtemps souvent, j'ai tué Dieu dans l'œuf et

   Pieu le der, j'ai tué les muses au berceau, j'ai

   tué le génie dla langue, j'ai tué mon père, ma mère,

   mes frères et mes sœurs, et c'était le bonheur,

   j'ai tué le bonheur, j'ai tué ma langue de bœuf rude,

   j'ai tué la beauté, trop assise, j'ai tué l'âme en faisant

   l'âne, du moins je crois, [...] j'ai tué Alphonse

   et Lamartine et tant bien d'autres encore jusques

   y compris des toujours vivants, mais récatonpilu2, ne

   me pardonnez pas, car je savais ce que je faisais,

   j'ai tant et tellement tué, que je suis bien vivant —

   (p. 107)

 

Jean-Pascal Dubost est bien vivant, en effet, et ses leçons et coutures (pas si visibles que ça) sont une lecture des plus revigorantes.

 

 

Tristan Hordé

Les carnetsd'eucharis (mai 2012)

 

 



1 "Tortore" est absent des catalogues de la Bibliothèque nationale et inconnu de la Toile — on pense à tortorer, "manger" et donc tortore, "nourriture".

2 On reconnaît ici Jean Tardieu ; aux noms d'écrivains en entrée, il serait bon d'ajouter les dizaines d'autres présents par le biais des citations.

19/05/2012

Anise Koltz

Je renaîtrai

Anise KOLTZ

 anise koltz.jpg

Lecture Georges Guillain

 

___________________________________________________________________________

 

Anise Koltz est née au Luxembourg, le 12 juin 1928. Poète, elle est l’auteur d’une œuvre importante écrite en allemand, en français et en luxembourgeois.

En 2008, le Prix de Littérature francophone, Jean Arp[1], lui a été remis. Elle préside aujourd’hui l’Académie européenne de Poésie.

Ouvrage d’une grande dame de plus de quatre-vingts ans, Je renaîtrai – un titre significatif bien entendu - frappera d’abord par le caractère énergique d’une poésie n’accordant rien à la nostalgie, toujours résolument tournée qu’elle se veut, vers le présent et l’avenir. Cette disposition s’accompagne d’une ouverture au monde, inquiète et large, couvrant aussi bien les territoires secrets de l’intimité que la réflexion avivée sur la langue, pour ne rien dire de notre précaire et violente condition.

Les textes de ce recueil sont en général brefs, composés de strophes et de vers courts. Cela confère à chacune de ces pages, pouvant être prise isolément, une netteté, une efficacité, auxquelles la force particulière de l’expression, le plus souvent ancrée à la première personne, communique une sorte d’évidence mystérieuse, de clarté pénétrante qui pousse à la réflexion.

Allant systématiquement à l’essentiel, le poème d’Anise Koltz s’attaque en effet aux plus hautes questions qu’elles soient, par exemple, celles de l’être confronté à ses profondeurs adverses comme dans ce texte intitulé En moi : Des loups vivent en moi/ hurlant dans mes plaines enneigées// Crèveront-ils/ ou les égorgerai-je ?

celles de l’individu réagissant à certaines formes de barbarie sociale: Les disciples de Dieu/ marchent au pas de guerre// Leurs souliers/ font éclater les pavés// Je n’ajoute pas mon pas/ au leur// Berger de mes péchés/ je pars en transhumance

ou celle encore des oppressantes relations familiales: Mon père est mort// Mais son couteau de sacrifice/ reste brandi au-dessus de ma tête/ il me menace/ dans la lune croissante et décroissante// Tandis que le jour tombe/ au bord du chemin.

La relation d’Anise Koltz avec le monde est à l’image de ce qu’elle nous dit, à la page 108, de son rapport particulier avec Dieu, fait tout entier d’audace, de volonté de savoir, de comprendre, jamais de soumission,  : Dieu/ quand je t’exhorte à me montrer/ ton royaume/ tes murailles/ le torrent du bien et du mal -/ tu me jettes l’enfer à la figure// Moi je t’affronte avec mon sang vivant/ je ne crains ni ton fouet/ ni tes crocs.

On le voit, le livre d’Anise Koltz n’est pas un livre apaisé, apaisant. Pas le livre d’une nonagénaire dont le temps aurait amorti la révolte, l’exigence sinon la sensibilité. Pas le livre non plus d’une aïeule s’essayant enfin à nous communiquer une sagesse plus ou moins lentement ou difficilement conquise. Non qu’on n’y trouve pas le fruit d’une expérience. Bien au contraire. Mais cette expérience qui s’affirme à travers un certain nombre de vers à valeur d’aphorismes ne vient pas tarir l’interrogation ouverte sur la vie, le nécessaire tâtonnement existentiel et le désir profond d’expression, conçu non comme un moyen rassurant de se définir mais comme perpétuelle et anxieuse réinvention de soi : D’inquiétude en inquiétude/ mon angoisse s’accroît// Je ne transforme pas les mots/ ils me transforment/ ils me hantent/ ils m’observent/ d’un mauvais œil/ Prise de folie/ je me précipite dans le langage/ le maltraitant/ afin qu’il me réponde.

A travers le livre de cet important poète de nationalité luxembourgeoise qui a choisi de s’exprimer à travers notre langue, ce qui finalement s’affirme, c’est le tête à tête irréductible avec la vie d’une personnalité forte, certes, parvenue au soir extrême de son existence mais qui ne renonce toujours à rien de son énergie créatrice et de sa volonté d’être.

Tu es le continent/ que je découvre// Je débarque en toi/ avec ma caravelle// La croix du sud/ oscille dans le ciel/ annonçant d’heureux présages// J’enterre ma montre/ dans le sable.

 

© Georges Guillain

 

 

Anise Koltz est née le 12 juin 1928 à Luxembourg. Je renaîtrai vient d’être publié aux éditions Arfuyen. Le livre est dédié à la mémoire de sa grand- mère.

 

 

Extraits

 

 

J’ai escorté mon nom

jusqu’à l’oubli

 

Demain je renaîtrai

surgissant de l’argile

 

Mon ombre gravite déjà

autour d’une nouvelle effigie

 

 

 

De génération en génération

 

Ma mère m’a passé sa peau

transmise

de génération en génération

comme un uniforme troué

d’une guerre

longtemps révolue

 

 

Nos corps

 

Nos corps

sont soudés l’un à l’autre

 

La même formule d’algèbre

dans le sang

nous nous multiplions

 

Sous notre peau commune

l’univers s’étire et se dilate

Une apparence

 

Je ne suis pas moi

je ne suis qu’une apparence

 

Mon image me couvre

telle une vieille couverture

 

J’erre comme un point d’interrogation

un verbe sans sujet

 

 

A la fenêtre

 

La lune pleine

recouvre les mendiants

de sa lumière empruntée

 

Tandis que l’odeur du sang

court les rues

une femme suspend

son hymen à la fenêtre

pour le faire sécher

 

 

Vous êtes des morts-vivants

 

Votre soleil est sans feu

vos dieux s’écroulent

dans les temples

 

Prenez-moi en otage

si vous existez

 

Montrez-moi vos tombes

je sauterai sur les dalles

qui recouvrent vos yeux

 

Au-delà de ma mort

je vivrai

je vous combattrai

sous terre

 

 

La même langue

 

Pouvons-nous continuer

à parler la même langue

celle qui a servi toutes les horreurs de la guerre

le mercantilisme

la dévastation

 

Ne faudrait-il pas la renouveler

comme nous filtrons

une eau polluée

pour faire revivre

plantes et poissons

 

 

Refus

 

Je refuse de renaître

ma route devient trop étroite

 

Sans repères

je marche avec une boussole

à l’intérieur de mon corps

 

Suspendue seulement au monde

par une épingle de sûreté

 

 

Je me transforme

 

Mon poème est une cabine

dans laquelle je me déshabille

un rideau épais me séparant du monde extérieur

 

Confrontée à mon corps flétri

j’envisage d’autres possibilités de vie

je trace des cercles dans le ciel

avec les éperviers

je vois le monde d’en haut

 

Puis je me transforme en désert

là où vie et mort se mélangent

et où un sable charitable

finira par me recouvrir

 

 

Ma tombe

 

Ma tombe ne sera pas assez grande

j’ai la tête trop pleine

de ceux que j’aime

 

Il me faudra de l’espace

pour que tous

puissent se mettre debout

dans chacune de mes pensées

 

 

 

Editions Arfuyen

© www.arfuyen.fr

 

 

 



[1] Le Prix de Littérature Francophone Jean Arp se donne pour vocation d’appeler l’attention sur l’œuvre d’écrivains qui ont fait le choix de mener leur travail à l’écart de la pression commerciale et médiatique et privilégient l’intégrité de leur travail sur tout souci de reconnaissance immédiate. Il distingue, pour l’ensemble de son œuvre, un écrivain francophone de premier plan, dont le travail est particulièrement remarquable par l’originalité et la qualité de son écriture, quel qu’en soit le genre, comme par la vigueur et l’amplitude de sa vision.

    

Galerie 22

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Kehinde ADEWUYI, Isabelle DURAND,

Christiane FILLIATREAU, Florian ROSIER, Akiko TORIUMI

du 3 août au 2 septembre 2012

Vernissage vendredi 3 août à partir de 18h30

 

 

Isabelle Durant011.jpg

Isabelle DURAND

 

 

 

INFO PRESSE et demande d’images en haute définition :

Tél. 04 90 71 85 06 / 06 07 66 93 41

Galerie 22 contact@galerie22contemporain.com

267 route de Gordes Coustellet 84220 Cabrières d’Avignon

www.galerie22contemporain.com

 

 

 

logo pdf.jpg

Télécharger Dossier de Presse ICI

© Galerie 22 -2012

Revue Nunc n°25

REVUE NUNC

revue anthropologique, éditions de Corlevour 20 €


 

NUNC 25.jpg

n°25 – Octobre 2011

Dossier Marcel Jousse

 

Une introduction signé Franck Damour, des poèmes de Claude Tuduri et de Matthieu Baumier, un cahier critique conséquent (signalons notamment une chronique de Serge Rivron consacrée à Pasolini et une d’Antoine de Meaux sur Cioran), puis sous la rubrique Axis Mundi, Marcel Jousse fait l’objet d’un dossier substantiel (avec des contributions, parmi d’autres, de Michel de Certeau, Joseph Morlaas et Bernard Vergely). Penseur majeur qui a défriché les voies d’une anthropologie dynamique, Jousse fédère des domaines multiples : théologie, science du langage, poésie… à l’image de la revue NUNC que dirige Réginald Gaillard et qui propose des numéros toujours inclassables et riches d’enjeux.

Rappelons que NUNC fête ses dix ans d’existence.

 

© Pascal Boulanger

 

Les carnetsd'eucharis

© Nathalie Riera, mai 2012

Charles Reznikoff, Témoignage (P.O.L., 2012)

charles-reznikoff.jpg

www.poetryfoundation.org

Charles Reznikoff

Poète américain

(1894–1976)

 

 

Que toute amertume, et courroux, et colère,

et vociférations, et invectives, soient extirpés de vous,

avec toute malice.

Éphésiens IV, 31

 

 

LE SUD

 

I

Jim entra dans sa maison

et prit une paire de guides

et ensuite dans l’écurie

et en passa une à l’âne

et sortit l’âne

et l’attacha à une clôture ;

et passa le nœud coulant de l’autre guide autour de la tête de

l’âne

et commença à tirer.

L’âne commença à faire un sacré bruit.

On trouva son corps le lendemain matin,

à quatre ou six mètres de la porte de l’écurie ;

le cou, juste derrière la tête,

affreusement meurtri.

 

------------------------- 

Traduit de l’anglais par Marc Cholodenko

 

 

 

Charles Reznikoff

Témoignage

Les États-Unis (1885-1915)

Récitatif

Traduit de l’anglais

par Marc Cholodenko

 

mai 2012
576 pages, 19 €
ISBN :
978-2-84682-096-7

 

ICI

 

P.O.L

33, rue Saint-André-des-Arts, Paris 6e

 

Louis Pons

Galerie du Tableau

37, rue Sylvabelle

13006 MARSEILLE

Tél. : 04 91 57 05 34    

galeriedutableau@galeriedutableau.org

http://www.galeriedutableau.org

 

 

Louis Pons est certainement le plus grand dessinateur actuel. J'ai plaisir à présenter dans ce lieu, où tant de jeunes artistes ont fait leur première exposition, des travaux exécutés pour la plupart dans la jeunesse du dessinateur. C'est donc, en ce printemps, une manifestation d'un jeune artiste qui est déjà un grand artiste. Il y a une raison à présenter à Marseille, où l'on attend une immense rétrospective Louis Pons depuis 20 ans, un artiste au passé prestigieux dans la plus petite galerie où il sera toujours considéré comme le plus grand.

 

Bernard Plasse

 

Louis Pons

LOUIS PONS.jpg

exposition du 21 mai au 09 juin 2012

www.galeriedutableau.org