10/02/2010
Ingeborg Bachmann

Oeuvres
Actes Sud
Le Thesaurus
Traduit de l'allemand par Claude Couffon octobre 2009 / 14.0 x 20.4 / 752 pages
Ingeborg Bachmann est née en 1926 à Klagenfurt en Carinthie (Autriche), une région sur la frontière entre le monde germanique et le monde slave, région avec laquelle elle entretient une relation amour/haine. Survivre au traumatisme de la Seconde Guerre Mondiale exigeait, pour elle comme pour de nombreux Allemands, de faire retour sur ses origines et d’en surmonter le poids. La Carinthie, ses tensions ethniques et ses contradictions incarnent cette douleur, et l’Anschluss en 1938, alors qu’elle était âgée de douze ans, imprègne à jamais sa perception du monde et son œuvre, jusqu’à devenir parfois la métaphore de la relation d’un homme avec une femme. Lire la suite
Dans ce Thesaurus sont réunis des textes importants en prose et toutes les nouvelles d’Ingeborg Bachmann, une des grandes figures de la littérature allemande d’après-guerre. A sa mort tragique en 1973 lors de l’incendie de son appartement à Rome, Thomas Bernhard dira : « Elle est la poétesse la plus intelligente et la plus importante que l’Autriche ait produite au cours de ce siècle. »
• Lettres à Felician
• Le Passeur
• La Trentième Année
• Trois sentiers vers le lac
• Franza
• Requiem pour Fanny Goldmann
• Berlin. Un lieu de hasards
• Ce que j’ai vu et entendu à Rome
• Le Bon Dieu de Manhattan
• Leçons de Francfort. Problèmes de poésie contemporaine
POSTFACE
UNE LECTURE DE CÉCILE LADJALI
(cliquer ici) Extrait

Ma frontière touche encore aux confins d’un mot et d’un autre pays,
ma frontière touche, fût-ce si peu, toujours plus aux autres confins,
Bohémien, vagabond, qui n’a rien, que rien ne retient,
n’ayant pour seul don, depuis la mer, la mer contestée,
que de voir,
le pays de mon choix.
“La Bohême est au bord de la mer”
07:35 Publié dans Ingeborg Bachmann | Lien permanent | Commentaires (0) |
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La collection Anne et Henri Sotta

ANNE ET HENRI SOTTA
chercheurs d’art
par Claude Darras, critique d’art et de littérature
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08/02/2010
Dominique Grandmont (lecture de Brigitte Donat)
NOTE DE LECTURE
(Brigitte Donat)
Dominique Grandmont
Mots comme la route
Mots comme la route, dernier recueil poétique de Dominique Grandmont constitue une avancée d’autant plus forte qu’elle s’est formée sur beaucoup de silence.
Composée d’une alternance de bloc-textes et de courts vers syncopés, l’œuvre laisse une parole s’accroître librement jusqu’à brûler l’espace qu’elle franchit.
Ainsi la vitesse que procure l’enchaînement d’axiomes, dans le premier texte, balaient nos points d’ancrage et les mots, lie noire sur papier, forment l’asphalte d’une route lisse que nul horizon ne vient entraver. Un champ d’immanence se déploie et nous rend à notre liberté première. Détachée de toute pesanteur subjective, la langue sait alors prendre son élan, se délier, parler d’elle-même et constituer son propre dépassement.
Ces mots n’appartiennent à personne. Ce sont eux qui ont pris ma place, pour que le rien soit quelque chose.
A l’autonomie de la langue répond une charge de témoin : le poète en retrait capte les confins d’une parole qui se multiplie, ses capacités à faire de la réalité autre chose que ce qu’elle est. Il nous invite à sortir de tous les miroirs afin que l’univers puisse redevenir lui-même, infini. Si les pistes se brouillent, c’est pour mieux affronter la perte. Les mots ne comptent pas, constate Grandmont, j’ai beau écrire, je ne vois pas ce qu’ils voient dans le désert des livres, ni quelle liberté.
Puisque la signification échoue à enclore le monde dans un dire, (ne la contredit-il pas sans cesse, la débordant infiniment ?), l’écriture s’affranchit de son impuissance.
Ce que je lui fais dire n’a pas de sens, mais ce que je lui retire la grandit.
De cette béance, à notre grand étonnement, surgit la vraie vie.
Elle est cette parole qui n’a pas commencé, cette insensée qui veut tout dire mais qui n’oubliera pas un visage.
© Brigitte Donat, février 2010
Editions Tarabuste, 2009
06:58 Publié dans NOTES DE LECTURES/RECENSIONS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dominique grandmont, mots comme la route |
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