Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26/08/2009

Claude Minière

 

 

Claude MINIERE

Poésie

(1997)

 E X T R A I T S

L u c r è c e


 

Photo Internet

 

 Les Carnets d’eucharis N°12 - septembre 2009

 

 

comme une robe qui s’ouvre

sur le corps blanc

sur le corps noir

 

le corps rond

odorant

incomparable

et qui passe rivière sans segments

à l’infini dans son dénattement

 

petit poisson

            nénuphars

nés d’un regard

            et d’un nom

tout contre le malheur

 

II, ce qui est  (p.13)

 


 

volume et profondeur de la peinture

cette invention

            architecture de vent

                                   invocation

 

immobile comme le rêve

            où nous entrons sans mal

passant les plans de lumière, légers

            que nous portons sur le dos

                                   (itinéraire)

qui nous portent

            comme l’air

avançant vers le rêve d’une cité heureuse

couleurs dans la douceur

            violence qui brûle en pigments

comme une douleur assouplie

            plis déployés allégés des figures et des corps

ne seraient plus déments

            (les gens ne seraient plus démentis)

 

XI, comment être heureux (p.91)

 


 

                        c’est ce que j’ai sous les yeux

c’est ce que j’ai derrière et devant les yeux :

cheveux d’un noir de geai tressés au rose des collines

                        si je distingue encore les choses

dans leurs rayures et dans leur prose

dans leur pose

            parallèlement

                        une cuisse sur l’autre

entre les lignes

 

elles se croisent et se chevauchent plus bas

                        plus bas dans la voix

paroles qui fuient

                        dans la rivière

                                   et perlent

                                               (en marge :

barrages construits par des enfants, moulins)

comme divertissements

                        danse de papillons

                                   clignements d’histoire

 

XVI, recoupements (p.128)

 

 

 

Extraits issus de Lucrèce, éditions Flammarion, 1997

 

 

À PARAÎTRE

JE HIÉROGLYPHE (automne 2010)

 

...………..je reprends la main

à la bonne vitesse

dans la courbe penché

sur la ligne du cercle

blanc sur noir

l'inconnu comme conscience

                      comme rail matériel et abstrait

 

comme écoutant le sol trembler

                       je reprends la main

 

à la limite de l'adhérence

                        le pneu soudain quittant la chair du bitume

                                                           perdant le contact, le fil

 

Je reprends la main

      je me reprends par la main sur le tapis vert

                                                            de la vérité chorale des pâquerettes

                                                                    du sang des coquelicots

 

© Claude Minière

Les commentaires sont fermés.