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29/04/2009

David Lynch à la Fondation Ekaterina, Moscou

David Lynch, The Air is on Fire

 

10 avril - 12 juillet 2009

 

DAVID LYNCH.jpg

© David Lynch, Sans titre, Sans date

Black and White photograph

Exposé pour la première fois en 2007 à la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris, David Lynch, The Air is on Fire sera présenté à la Fondation Ekaterina de Moscou du 10 avril au 12 juillet 2009. Cette exposition majeure dédiée à David Lynch en tant qu’artiste plasticien, explore les multiples facettes de son œuvre, réunissant peintures, photographies, dessins, lithographies, films expérimentaux et créations sonores réalisées depuis 1960. Lire la suite

 

Michel Dieuzaide

“Quand la lumière tient la plume”

du 25 mars au 3 mai 2009

au Château d'Eau

 

 

michel_dieuzaide.jpg

 

« Le noir et blanc est le véritable jardin du photographe »

M. Dieuzaide

 

Trente ans d'images exposées

ICI

Anna Akhmatova

Le cœur perd longtemps mémoire du soleil,

Qu’est-ce qu’il y a ? Du noir ?

Peut-être ! une nuit va suffire pour que vienne

L’hiver.

(1911)

En lisant Hamlet

 

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en 1924

 

 

L'or se couvre de rouille, l'acier tombe en poussière, Et le marbre s'effrite.

Tout est prêt pour la mort. Ce qui résiste le mieux sur terre, c'est la tristesse, Et ce qui restera, c'est la Parole souveraine. Anna Akhmatova. En Russie, à la fin des années trente, parmi les millions d'innocents arrêtés qui disparaissent dans les cachots et dans les camps, il y a le fils d'Anna Akhmatova, un des grands poètes russes du siècle. Elle compose alors des poèmes qu'elle n'ose même pas confier au papier : des amis sûrs les apprennent par coeur et, pendant des années, se les récitent régulièrement pour ne pas les oublier.
En évoquant sa tragédie personnelle, Akhmatova parle au nom de toutes les victimes, et aussi de toutes les femmes qui, comme elle, ont fait la queue pendant des semaines et des mois devant les prisons. Ses vers " formés des pauvres mots recueillis sur leurs lèvres ", comptent parmi les plus poignants de la littérature russe. Les dizaines de millions de voix étouffées et brisées qui, grâce à elle, traversent l'espace et le temps pour parvenir jusqu'à nous, résonneront encore longtemps dans la mémoire de la Russie.

 

Joseph Alexandrovich BRODSKY

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en 1986

 

Nature morte

 

« Verrà la morte e avrà i tuoi occhi »

Cesare Pavese

 

 

1

 

Choses et gens nous

entourent. Et les deux

déchirent l’œil.

Mieux vaut vivre dans le noir.

 

Je suis assis sur un banc

du parc et je suis des yeux

une famille qui passe.

La lumière me répugne.

 

C’est janvier. L’hiver.

Selon le calendrier.

Quand le noir me répugnera,

alors je parlerai.

 

brodsky_1991-92_Bengt Jangfeldt.jpg

2

 

Voilà. Je suis prêt. Commencer.

Peu importe par où. Ouvrir

la bouche. Je peux me taire.

Mieux vaut que je parle.

 

De quoi ? Des jours, des nuits,

ou bien encore de rien.

Ou encore des choses.

Des choses et non des

 

gens. Ils mourront.

Tous. Je mourrai aussi.

Vaine entreprise.

Comme d’écrire au vent.

 

Extrait de Poèmes 1961-1987

Traduit par Véronique Schiltz

Monde entier/Gallimard, 1987

 

Stoïcisme, ironie, puissance, éblouissante virtuosité, double ancrage dans la culture russe et dans la culture occidentale, tels sont les traits les plus saillants de l’œuvre de Joseph Brodsky. L’ode, l’élégie, la ballade, le poème philosophique, il n’est pas de forme poétique dans laquelle il ne fasse preuve d’une aisance digne de Pouchkine.

{…}

Pour Brodsky, le poète est « la combinaison d’un instrument et d’un être humain », la première composante tendant à prendre le pas sur la seconde. Sa principale préoccupation ? Les effets du temps sur l’homme. « Les ruines sont le triomphe de l’oxygène et du temps », dit-il. Et les poèmes ? « Ce sont les seules bornes aux attentats du destin et à la vulnérabilité des corps ».

Jean-Baptiste Para, Présentation « Ligne de crête, lignes de feu », in L’HORIZON EST EN FEU Cinq poètes russes du XXème siècle, Poésie/Gallimard (p.22), 2005