22/11/2009
Marcelin Pleynet
Marcelin Pleynet
Poète, critique d’art
(Né en 1933)
L A P A U S E P O E S I E

Provisoires amants des nègres
Paysages en deux
Les lignes de la prose
Comme
Le Pontos
EXTRAITS
La jeune fille se retournait dans le froid de l’aube – un vent gris venu de la mer lui enseigne mille choses d’un autre temps – une impatience une détresse inconnue en elle célébrait la mémoire des morts
Frileuse auprès des torchères d’encre
L’étang glacé et qui renvoie les échos s’ouvrit alors sur la dorure d’un cri
Le feu couvre tes épaules
quand la parole mal fermée
n’échappe plus aux angles d’une chambre
appauvrie
la nuit entre chez toi
par la porte basse de l’âtre
la nuit mange la lumière
elle marche comme un feu
les cendres couvriront les nuées et la mer
(extrait Les trois livres, éd. du Seuil, 1962, 1963 et 1965 – Provisoires amants des nègres - pp.20/21)
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Paysage
Vous ne voyez pas
Comme son ombre
Et trouve dans sa baignoire le bleu
La femme sur ses bras
Où au loin la lumière
Un monde
D’un arbre à l’autre
Le couchant suspendu
Un peuple de femmes douces dans l’eau
Sur les montagnes
De plus en plus neigeuses
Dans ce regard
Dans le sol
Disant
Me voilà
Elles perdent peu à peu le sommeil
Pourtant les herbes restaient vivantes
Sur les montagnes
Brûlés
Parlant
Chaque jour dans le vent
Dans l’air de plus en plus haut
Ou retombant ici
L’ange et le livre disparaissent mais des flots d’or roulent sur leurs traces
Présence de Nicolas Flamel
(Ibid., Paysages en deux – pp. 139/141)
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Vous commencez au bord de la mer
et peut-être plus loin près de la falaise
Derrière l’accident
la transparence de l’air
la couleur
cette racine
une branche où le printemps et l’orage arrachent
le lieu dans cet état
un liseré d’ombre
l’eau fleurie
ne commençant pas !
*
Le voici votre geste arraché
Qui parle des Grecs
Au bord de la montagne peut-être
les cerisiers
dans les bois
et toute sa maison ouverte la pensée
(Ibid., Les lignes de la prose – p. 209)
…………………………………………
Où la lumière se pose et dans la chair elle avive les herbes qu’elle mord et ouverte appelle l’air humide qui la tient nue glacée peut-être sur la rive
par la trop violente lumière seule ou blessée
quand passe et s’arrache violemment
s’écrase sur l’herbe
si je la regarde ou la lumière se posent autant de tâches bleues
(Ibid., Comme – p. 274)
…………………………………………
1960/1965… les possibles et les impossibles de la poésie.
Les Trois Livres
Je n’ai jamais hésité à m’expliquer. Dans une société entièrement asservie à l’économie des techniques de communication, comment ne pas être conscient des difficultés que présente tout accès à la parole poétique ? J’entends par là l’accès à une parole qui, en vérité, assume essentiellement comme monde la création du présent surgissement de son existence.
(Le Pontos, éd. Gallimard, 2002 - Notes Sur le motif d’un parcours plus long que la voie droite – p. 103)
12:40 Publié dans Marcelin Pleynet | Lien permanent | Commentaires (1) |
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21/11/2009
Roland Barthes

« Qu’est-ce que mon corps sait de la photographie ? » …
22:04 Publié dans CLINS D'OEILS (arts plastiques) | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Jaccottet - Ungaretti Correspondance 1946-1970
Philippe Jaccottet fait la connaissance d'Ungaretti lors d'un premier voyage en Italie, en septembre 1946, juste après la guerre. Cette rencontre se révélera pour le jeune écrivain aussi décisive que celle de Francis Ponge ou de Gustave Roud. Devenu avec les années le traducteur presque attitré d'Ungaretti, qui lui confie ses textes à peine achevés, il s'implique, prend des initiatives, collabore au choix des inédits, les commente, les préface. C'est aussi à l'homme, solaire et généreux, que Jaccottet s'attache ; il lui vouera une amitié indéfectible, le retrouvant à maintes reprises à Rome, ville restée pour lui élue entre toutes. Chargé d'établir l'édition française de toute son oeuvre poétique, Jaccottet publiera Vie d'un homme. Poésie 1914-1970 (Minuit / Gallimard, 1973), un volume réunissant les principaux traducteurs d'Ungaretti. Cette publication, à la suite de nombreux textes (essais, proses de voyages, entretiens) qu'il rassemble et traduit du vivant de l'auteur, contribuera de manière décisive au rayonnement de cette oeuvre dans les pays francophones. Une semblable exigence en poésie, une expérience parallèle du métier de traducteur, une haute conscience des mots et du rythme caractérisent "sur le terrain" deux écrivains en quête de justesse, mettant leur inquiétude au service d'une oeuvre où le détail, toujours, fait sens. Souvent succinctes, voire hâtives, leurs lettres renvoient davantage à ce travail sur les textes qu'à des propos sur la littérature ou sur leurs contemporains. Elles ouvrent la porte d'un atelier où circulent, au-delà d'une attention minutieuse à la langue, l'intelligence et la passion de la poésie elle-même.
Editions Gallimard
http://www.gallimard.fr
Collection : Les Cahiers De La Nrf
Parution : 21 Novembre 2008
21:59 Publié dans Giuseppe Ungaretti, ITALIE, Philippe Jaccottet | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Isabelle Waternaux - Portraits polaroids
21:22 Publié dans CLINS D'OEILS (arts plastiques) | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Rien encore, tout déjà - Jacques Dupin

photographie de Michel Nguyen
la lumière, la perturbation des lignes
un dénouement de forces immatérielles
et le heurt de la terre filante en dessous
elle encore ni perverse ni maillée
une provocation étirant ses stances
aiguisant ses reflets pour s’anéantir
j’ai marché jusqu’au soir couleur sang
j’ai retrouvé sous le pied dans la garrigue
la terre magnifiée par le retour la terre
exiguë la terre odorante et déchirée
dont la nasse ruisselante était avide
de saisir une palpitation animale
et de précipiter ma disparition
éditions Fata Morgana, 1990
(avec deux xylographies originales signées de Jan Voss)
dans le labyrinthe enfant
le sang des pêches de vigne
poisse mes doigts campagnards
et par le marché aveugle
le nom est ouvert – le corps
agrandi, blessé
autant de boue que de glace
dans l’échancrure des yeux
au bord de nos jeux d’enfants
Photographie : Michel NGuyen - sur le site de la galerie alain paire
20:22 Publié dans Jacques Dupin | Lien permanent | Commentaires (0) |
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19/11/2009
Claude Simon photographe
Claude Simon commente son travail de photographe, ainsi que Denis Roche.
Date : 16/03/1992 - Durée : 24min29s
21:32 Publié dans Claude Simon | Lien permanent | Commentaires (0) |
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