Rien ne serait donc possible après ? (28/05/2008)

1561629422.jpg Eloge de la pensée de midi

est un essai littéraire et politique qui porte un autre regard sur la Méditerranée et se propose de faire découvrir un nouveau « savoir… vivre méditerranéen ».

Eloge de la pensée de midi ou comment découvrir autrement la Méditerranée du XXIème siècle et résister au nihilisme qui enténèbre notre époque.

Thierry Fabre, Actes Sud, septembre 2007

 

Il n'est rien si beau et légitime que

de faire bien l'homme et dûment,

ni science si ardue que de bien

et naturellement savoir vivre cette vie.

MONTAIGNE

 

Prologue

(extrait)

Image vagabonde, née sous la plume d’Albert Camus, la pensée de midi est longtemps restée une constellation lointaine, perdue quelque part dans les nuées. Indiscernable étoile masquée par le poids de la nuit, par la masse compacte d’une histoire accumulée qui charrie dans le siècle les ténèbres d’une violence définitive. Rien ne serait donc possible après ?

Le nihilisme a fait son œuvre. Il a dévasté l’Europe, saccagé nos plus intimes convictions et il nous laisse comme égarés au milieu de tant de décombres et de ruines. Est-ce le bout du chemin ? La fin de l’Histoire ? Notre seul horizon serait dans une célébration de la mélancolie ou dans un consentement sans fin(s) à l’univers de la marchandise ? Nous en sommes là, prisonniers d’un cercle que nous avons nous-mêmes crée…

(…)

Ma Méditerranée n’est pas une réalité géographique, c’est un paysage de l’âme, un entre-deux mondes, entre la chair du sensible et les déploiements du divin.

(…)

Le sentiment de la Méditerranée s’est peu à peu transformé en un territoire de l’imaginaire qui traverse et augmente le réel, fait de Noir et de Bleu, indissociablement.  Sens du tragique et goût de la vie, en une même tension harmonique où se retrouve, comme en écho, la voix de Carmen choisie par Nietzsche contre Wagner.

Ici, pas de ressentiment, mais « le bonheur bref et périlleux de la gaîté fataliste » que Nietzsche perçoit dans la figure de Carmen.

(…)

Face aux mythologies du quotidien, dont Roland Barthes a montré il y a cinquante ans déjà combien elles nous asservissent à l’objet, j’ai recherché une « réconciliation du réel et des hommes » en suivant le chemin ascendant de l’héritage méditerranéen.

« La source est là, observait Georges Duby, la source profonde de la haute culture dont notre civilisation se réclame ». Cette  haute culture s’exprime dans les œuvres et elle prend forme chaque jour, dans notre art de vivre.

La Méditerranée n’est pas qu’un assemblage de vieilles pierres ou une forme de soumission au passé qui nous entrave. Elle n’a pas perdu sa force inaugurale…

Ni célébration du passé ni révérence à l’avenir, juste le temps de la Présence où prend forme la pensée de midi.

 

Catalogue "la pensée de midi" :

http://www.actes-sud.fr/pro/librairie/brochures/pensee_de_midi_2007.pdf

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