04.04.2008

Le prochain recueil à paraître de Myriam Montoya

1616237948.jpgUN RAYO DE SOL

U
n rayo de sol delata
la invisible hebra de seda
que la araña ha tendido
en el recodo obtuso de mi balcón

El talón desnudo del funámbulo
nos deja suspensos
en el mástil día.

La flor ardiente
se rinde al vacío
en la acera yace
su beso agonizante.



UN RAYON DE SOLEIL

Un rayon de soleil dénonce
l’invisible brin de soie
qu’a tendu l’araignée
dans le recoin obtus de mon balcon

Le talon nu du funambule
nous laisse en suspens
au mât du jour

La fleur brûlante
se penche dans le vide
sur le trottoir gît
son baiser agonisant.

Myriam Montoya, Flor de rechazo/Fleur de refus, à paraître aux éditions Écrits des Forges. Traduction de Stéphane Chaumet.

Tous mes remerciements à Angèle Paoli de Terres de femmes pour cette précieuse information.

30.03.2008

Ombromanie de Cathy Garcia

dans Une étape dans la clairière du 30 MARS 2008 - NUMÉRO 1 (diffusion uniquement par email) sur simple demande à : voyelles.aeiou@free.fr

« (…) Face à la haute peine tombée sur la noirceur des jours

Dans ce monde duquel le soleil s’est, à pas lents, retiré »

Salah Stétié « Brise et attestation du réel », Editions Fata Morgana, janvier 2004.

1856979753.JPGDans la très claire clairière par temps de brouillard, nous savons la saveur de vivre, mais savons aussi la fureur qui n’a pour métaphore que notre manière de faire face et de poursuivre, mais jamais démuni de nos flèches. Celles de l’amour, pas la guerre.

Cathy Garcia aspire t-elle à une voix plus ténue ? Est-elle de ceux et celles, nous, qui avons parfois le cœur vrillé de joie ou le dégoût à l’âme, la figure noire de ceux et celles, nous, qui écoutons Last call/Before K-O comme un appel de plus à la vigilance. Et l’appel est insistant.

Son tremblement repose t-il sur le désir enfoui d’un grand poème de la plénitude ? Grand vœu et amer aveu de faire aller la vie là où nous aimerions tant qu’elle nous emmène.

Vers des chemins que nous avons désertés par idéal meurtrier, par idéologie véreuse. Renouer avec les tables de jeux délaissés. Et en finir avec nos faces toujours plus obscurisées d’avoir cédé aux formalismes et aux formatages de tous genres.

Nathalie Riera


SERRE GORGE

La pluie laisse des copeaux

au creux des abreuvoirs

Les yeux des oiseaux le disent

le ciel devient trop noir

octobre enragé

déchire les arbres

cochés de rouge

les crapauds pleurent

sur la vieille margelle

tu le sais

jamais tu ne retourneras

sur tes pas

ou ceux d’un autre

et ta main lasse s’entrouvre

pour laisser couler

la miellée

les regrets se laissent compter

un par un

à ton serre-gorge

tu sais

le sang

l’aube

la fêlure du regard

où s’engouffre

la lumière

et sur le trou sur le

manque

tu poses la première syllabe

d’un nouveau cycle

de sable

tu sais

tu sais la roue qui

éparpille

dissout

tu sais l’alternance

la vanité

puis tu oublies

et courbée sur l’enclume

commences à forger

ton prochain

serre-gorge


Collection Encres Blanches N°307

ENCRES VIVES

Dirigée par Michel COSEM

Le site de l'auteur : http://delitdepoesie.hautetfort.com/

Cathy Garcia est aussi traductrice, et anime la Revue Nouveaux Délits

http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com

29.03.2008

Les 2 nouveautés de Patrick Joquel

1239012678.jpgQuant au Guépard Je T'en Parlerai Plus Tard  (Broché)
 

Patrick Joquel (texte) ; Michel Boucher (illustration)

Editeur : Jasmin - Collection : Pays D'Enfance - Date : 19/03/2008

4

Tu écris le mot

mer

 

Tu sens l’odeur des algues

tu entends le petit bruit du ressac

tu vois l’horizon bleu

avec son petit voilier là-bas

 

Tu entres dans l’immense

et la fraîcheur de l’eau grimpe

à l’assaut de tes jambes

jusqu’au nombril

 

Tu inspires et tu plonges

 

La saveur du sel en bouche

tu nages au soleil

comme au début du monde

 

5

Sous sa casquette urticante

une chenille élégante

rêvait de dormir

tout en rond

dans un cocon

de Samarcande

 

Elle s’en alla un soir

foulard de soie

échasse en bois

bague au doigt

petits pois

bonsoir

 

 

 

 

 

(...) regarder 

jouer marcher respirer boire

parler dormir uriner manger

regarder encore et marcher toujours

nous vivons un emploi du temps de chamois

simplement vivants

et tous nos sens affûtés (…)

 

Un emploi du temps de chamois

évoque l’expérience de la montagne par temps clément, le seul qui vaille, celui de l’homme vacant, éveillé. Les exploits ici sont des émerveillements. Patrick Joquel, randonneur émérite, poète au ton souple et musclé, développe devant nos yeux sidérés un espace que tout être humain est en devoir de conquérir, soi-même.

(Quatrième de couverture)

 

Actualités des éditions clarisse sur

www.editions-clarisse.net

editions.clarisse@wanadoo.fr

Le site de l'auteur

http://joquel.monsite.orange.fr

17.01.2008

Vient de paraître

1765946703.jpg

Nathalie Riera

La parole

derrière les verrous

12

ISBN 978-2-35516-023-3

9 782355 160233

Illustration Aurélie Dève - CL2

Éditions de l’Amandier

http://www.editionsamandier.fr/f/index.php?sp=liv&liv...

52e0e81519a236fd03c87d5b0cb60ec1.jpgNathalie Riera, des mots pour s'évader

Nathalie Riera a été, pendant des années, une observatrice privilégiée de la condition carcérale, à travers le prisme d'ateliers de théâtre, de poésie ou de parole qu'elle organisait à la prison de Draguignan ou chez les mineurs détenus à Grasse.

Dans son livre « La Parole derrière les Verrous », véritable témoignage sur la misère du système carcéral et les moyens pour les détenus de s'en évader par l'esprit, elle résume : « Si je devais m'étendre sur ce que j'ai éprouvé à l'encontre de l'espace carcéral, de ce qui le constitue et le singularise, ce sera par ces quelques termes qui suivent : paranoïa, mythomanie, régression, anesthésiant. D'où l'intérêt de multiplier des projets culturels et de favoriser des rencontres pluridisciplinaires ».

Cette désormais Roquebrunoise, qui a habité Trans-en-Provence a animé des ateliers à la prison dracénoise de 1992 à 2002, puis à Grasse jusqu'en 2005. « Je me suis lancée dans cette aventure, au culot et cela m'a apporté beaucoup », dit-elle, évoquant, dans cet univers à part « la nécessité de la parole, qui m'a ouvert les yeux sur des réalités ».

Dans la grande majorité des cas, elle a été bien accueillie par les détenus et l'administration pénitentiaire. Ses interventions avaient lieu dans le cadre d'un protocole entre les ministères de la Culture et de la Justice , aux côtés d'autres intervenants dans des domaines aussi variés que la peinture, l'informatique ou la musique, à travers l'association éducative d'aide aux détenus.

Nathalie Riera apporte avec ce précieux document une indispensable contribution à la compréhension et aux tentatives d'amélioration de la condition des détenus, dans la perspective notamment de leur réinsertion. Sa conclusion est à cet égard remarquable : « Le rêve, c'est l'unique cadeau de la liberté et dans cette dimension exceptionnelle, l'homme apparaît dans sa vraie beauté. Il existe une autre liberté, celle de ne plus avoir peur de se retrouver dans la créativité de sa solitude, pour un meilleur partage de sa richesse avec les autres. » Encore faut-il en donner les moyens à ceux que notre société préfère encore trop souvent maintenir dans le silence? derrière les verrous. Savoir +

« La Parole derrière les Verrous », aux Éditions de l'Amandier, 75 pages, 12 E, est disponible (ou à commander) à Lo Païs, Papiers Collés, Maison de la Presse , FNAC, Charlemagne. http://nathalieriera.unblog.fr/

Var Matin