07.05.2008

Emmanuelle K.

Quelques brèves du côté de…  

Emmanuelle K. et l’aventure « mélusine »

 27434272.jpg
863850625.jpg
(Couverture du livre d’artiste)

C’est avec la folle complicité de http://lekrill.fr (Dominique Bernard) qu’Emmanuelle K. vient de fabriquer et publier "mélusine" : un livre d'artiste, avec le peintre Pierre Jaouen. Expérience qui se prolonge avec la mise en musique du même récit mélusine par des musiciens de jazz (Emmanuel Bex, Simon Goubert, François Verly)... Et peut-être un film réalisé par Emmanuelle K.Pour en savoir plus, laissez-vous guider...

Télécharger : Une étape dans la clairière du 6 mai(5).doc

07.04.2008

Cathy Garcia

dans Une étape dans la clairière du 8 AVRIL 2008 - NUMÉRO 2 (diffusion uniquement par email) sur simple demande à : voyelles.aeiou@free.fr

2095641656.jpg 

Au cœur de La Grande Saline

Quand les longs doigts du rêve

pénètrent le réel

le frottement crée

des étincelles

des jouissances qui flambent

comme des allumettes

(…)

profite, profite

des souffles ultimes

petite sœur

et ne joue pas avec les allumettes

 

mais il fait froid aujourd’hui

le monde est froid

 

534570869.jpg

Illustration originale de Katy Sannier

Avec Cathy Garcia la poésie se passe de fioritures, mais pas des plaies de l’animal et de l’humain dont nous sommes investis. Dans le recueil Salines, qui précède Ombromanies, pas de discours dans les poèmes, mais plutôt l’énergie féroce, le désir intense à vouloir nous écorcher vif, et nous dépouiller à la manière d’un peintre qui dépossède ses modèles, les spolie de leurs faux-semblants. Alors le poème ne nous est plus étranger, parce qu’il nous ressemble, profondément, activement, et parfois monstrueusement. En poésie, la férocité est indispensable, et chez Cathy Garcia cela semble être de première nécessité. Dans le désordonné de nos amours se mêlent les fleurs du cœur aux fortes exhalaisons. C’est le printemps et l’été des corps, l’amour acclamé dans son éclat de sel, sa portée musicale en fièvre, mais les saisons se refroidissent vite, et lorsque tout pourrait nous sembler paisible, il en est absolument rien : pour Cathy Garcia, il s’agit plutôt de « balafrer la plénitude », « laisser jaillir//la fontaine de vivre », et ne cesser d’épargner à l’amour des odeurs de parjure, ainsi que

le sinistre sérieux

de nos serments théâtraux

la camisole du manque

nos angoisses toxiques

Chez la Grande Saline, l’amour nous invite à ses danses et ses rythmes de nomades, mais tôt ou tard l’amour s’en va sans regret rejoindre les eaux profondes et  leurs « algues amnésiques » ; s’en va  naviguer l’amour comme pour retrouver son feu, l’entretenir, et nous ravir des jouissances qu’il procure, comme pour recommencer « le geste toujours neuf», la grande fraîcheur d’aimer.

 

Chez la Grande Saline, ce qui est mot, ce qui est geste, ce qui est avoir peur, ce qui est rire « sans savoir pourquoi », ce qui est sel, épice, sang, langue, sève … ne cessent de cafouiller des « je t’aime », profondément, activement, et parfois sauvagement.  Jean-Marie Magnan, au sujet de Picasso, écrivait : « C’est un lieu commun assez mesquin que d’affirmer qu’un créateur ne ressemble pas à sa création ». Dans le débordement de l’amour, Cathy Garcia nous dit le désastre qui est le sien qui est le nôtre, sa hantise qui est la sienne qui est la nôtre, sa démesure de femme « Unique Multiple », et en même temps sa grande déception à errer à la même rive maligne, où l’horrible et le minable nous serrent la gorge :

Se mettre à l’abri

en hauteur

ne pas se prendre

le plein fouet

le versant nu de nos extrêmes

fragilités

 

Chercher l’autre rive

des yeux seulement

paysages projetés

crachés au visage

Chez elle, le crépuscule n’est pas en chute libre, mais « en chute froide ».  Et que peut le poète contre ça ? à part ne pas l’ignorer, à part ne rien attendre. C’est le crépuscule qui floue la soie de l’âme, la soif des chiennes, et leur extirpe le soleil. La solitude lui est-elle « un feu//à la langue exaspérante », la solitude est action, où écrire nous enracine, nous déterre, arrache, sarcle, déporte, éloigne. Gratitude de la solitude. Ingratitude de l’aveu. Peu importe. Il n’y a pas forcément de l’altruisme dans la lumière. Seulement de la buée sur les mots. Et puis de l’écume et du sel. Et puis du venin et de la lie comme excrétions contre toutes les mascarades, les violations, les reniements.

Le futur recommence au ras du sol*

Nathalie Riera

Le 4 avril 2008

* Claude Esteban

Cathy Garcia est poète et traductrice, responsable depuis 2003 de la Revue Nouveaux Délits, revue bimestrielle de poésie vive et dérivés éditée sur papier recyclé. Elle anime sur Internet Délit de Poésie : « Une quête d’éthique plutôt qu’une étiquette ». Née dans le Var en 1970, elle vit depuis 2001 dans le Quercy.

1049892578.JPGhttp://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com

http://delitdepoesie.hautetfort.com

Brigitte Broc

559284294.JPG

dans Une étape dans la clairière du 8 AVRIL 2008 - NUMÉRO 2 (diffusion uniquement par email) sur simple demande à : voyelles.aeiou@free.fr

 

De mes lèvres mouillées de ciel

 

Nu

Elle sortira de la mer

Très nue.

 

Les dormeurs auront glissé

Le néant

Sous leurs têtes.

 

La fraîcheur de la gamme

Eclaboussera le banc de sable,

Deux ou trois hémisphères.

Elle jouera à saute-violons,

Eduquera le flux.

 

Entre sang et peau

Elle invitera l'angélus,

Relèvera les nasses.

 

Sur le point de se rompre,

Elle en appellera

Au vrai visage,

A ses forces de femme,

Plus tendres que jamais.

 

Ombre puis lumière

Silhouette puis chair habitée

Elle investira le blanc du sonnet,

Le bleu de l'adagio,

Puis débordera d'enfants.

 

Elle ira à la ligne

A chaque solstice,

Sucera les noyaux,

Plantera les pépins.

 

Loin de s'éteindre,

Les notes et les mots

Feront des claquettes.

 

Sous prétexte d'été,

Elle hébergera les voix apatrides,

Greffera le chêne au roseau.

 

Auréolée de ruches,

Portant sous le bras

Tout un essaim de fleurs,

Elle déferlera.

 

Enfant, nous l’étions avant et nous le sommes après, mais c’est seulement plus tard que nous le savons.

La vie est de vert et de sang, ses grands arbres en palpitation, en débarcadères de l’imaginaire, avec ses trottoirs de feuilles, ses terrasses où résonnent des bruits de désespoir, de verres brisés, des paroles de poussière. Paroles d’hiver aux odeurs de mimosa.

La vie est de vert et de sang, et nous sommes parfois d’obscurs passants.

La poésie de Brigitte Broc a « la modestie de l’arbre » qui bruit de tout son feuillage profond, et nous attire sans peine, vers le « seuil du pays clair » et les grands larges.

Marina Tsvétaïéva écrivait : « Pour le bonheur – je suis vieille ! // Le vent a chassé les couleurs ! ». Brigitte Broc a non plus besoin de s’illusionner (le bonheur est ligature), mais seulement besoin « d’une grande fenêtre, de mots évasés, de gestes scintillants ». Sans débordement de pacotille. Car ce sont les chimères, le trop de brillance, le pas assez de discrétion qui chassent les couleurs, c’est le refus du réel qui nous prive de continuer à jouer et à perdre.

Le bonheur c’est le fruit rouge et non le ruban, et la générosité de l’arbre que de nous avoir appris à cueillir les fruits.

L’écriture peut être aléa et air, cercle et cri : écrire pour faire s’entrouvrir le silence des pierres, aérer les longs couloirs encombrés, faire détaler nos pas d’enfants jusqu’au ciel des rivières, l’azur des prés, et faire s’animer les nœuds les plus lointains et tout aussi présents, ou encore les nœuds de l’instant, avant que la main du poète ne soit en sécheresse.

Donner à la parole poétique la souveraineté de la terre et des êtres.

Au commencement et à la fin l’enfance.

Ondulations de vivre.

Nathalie Riera

Le 6 avril 2008

Et les reins de la femme,

Soudés aux reins de l'animal,

Rutilent et s'embrasent,

Ouvrant sur leur passage

L'horizon ébloui.  

594554143.jpgAuteur de textes poétiques pour enfants et adultes, Brigitte Broc est née entre océan et forêts, et vit aujourd’hui dans l’arrière-pays Grassois. Elle parcourt les hauts plateaux du rêve, affûte ses mots à la lumière drue. Et sa musique naît, au plus secret, là où vibrent des phrases de cœur et d’étoiles, des phrases en attente d’aube. Après avoir travaillé dans l’enseignement, la communication, la traduction et l’audiovisuel, elle se consacre désormais à l’écriture. Participe régulièrement à des salons, des lectures et des animations. Est aussi publiée en revue et a remporté plusieurs prix de poésie. Afin de montrer que la poésie, si souvent décriée, peut être vivante, accessible et rassembler les Hommes autour de l’émotion, elle a créé, avec une amie poète, un spectacle qui est un véritable voyage d’âme et de mots où chacun se reconnaît.                

 

Bibliographie

Les Blancs Gilets – Poésie

Il y a toujours un nuage à prendre par la main

Vers Toi

Chemins d’Eau

Saisons de Femme

Entre Ecorce et Ciel

Je sème des forêts dans le creux de tes reins

Voix d’Ecume

Editions Les Presses du Midi

Vers de Mirliton, tontaine, tonton

 

Editions  Encres Vives – Poésie

Le Jardin Andalou

 

Présence Minérale- Poésie avec eaux fortes de Guy Pontier

Editions Associatives Clapas –Poésie

L’Enfant des Marées 

Collectif Poésie

Les Cahiers du Sens, Flammes Vives, Les Citadelles, Menu Fretin, La Voix des Autres, L’Année Poétique 2007 ( Anthologie Seghers ) 

04.93.36.86.21 06.62.38.19.26

Courriel : brigitte.broc536@orange.fr

http://fileusedelune.over-blog.com