19.11.2008
Catherine Plassart
LA FEUILLEE
du 13 novembre 2008
La roue tourne.
La presse "papier" se consume. Les journalistes soigneusement formés n'ont plus d'emploi. Haro sur le nouveau média : l'Internet "gratuit" qui fonctionne avec des bouts de ficelles et qui trouve le moyen de fournir des contenus informatifs et d'opinion qui rassasient le lecteur ...
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01.03.2008
Livres en résistance/en distance
Dans la préface du livre "L'eau des fleurs" (1) de Jean-Michel Reynard (1950-2003), Jacques Dupin écrit :
"J'attends demain les lecteurs clairvoyants dont les incursions jetteront à la corbeille, à l'illusion, mon approche caduque et fanée, à peine écrite. Ce livre va s'ouvrir, se laisser étreindre au fil des saisons. Il résiste encore, il se tient à distance, nous ne sommes pas préparés à l'accueillir. Il s'en faut d'une douleur, d'un éclat de sang sur la feuille".
Et à Ronald Klapka, dans son article du 11 janvier 2006 (2), de préciser : "Reynard volatilise les majuscules, élude élisions (...), néologise volontiers et sème ce qu'il faut de trouble dans le vocabulaire, ne donne à reconnaître les auteurs cités que par leur initiale (...) dévaste les protocoles de lectures habituels, pour donner à celle-ci un régime nouveau, ralenti, réflexif, à l'occasion rêveur...".
(1) www.editions-lignes.com/public/livre.php?motsClefs=0009
(2) http://remue.net/article.php?id_article=1233
Pour ma part, j'aimerai dire méconfort, ou les méfaits du confort.
Et j'ajouterai, en référence à la pensée du poète argentin Roberto Juarroz, le lecteur n'est pas tout seul à lire; lui-même est lu par le livre.
***
Emmanuel Laugier
Un extrait de Et je suis dehors déjà je suis dans l'air, Ed. Unes 2000
(dessin de l’auteur)
devant
ni
mais entre les pieds sur mes mains
brille comme le
croc-en-jambe
comme le corps que nous traversons
23:13 Publié dans ILS ONT ECRIT | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
28.02.2008
Ils ont écrit
Antoine Emaz
(...) dans le mouvement d'écrire, il y a bien une double force : élan et frein, lâcher et serrer, risquer et crisper, libérer et contraindre... un poème s'écrit à travers ces oppositions
(...) celui qui écrit sait et ne sait pas écrire, à la fois. Sinon, il vaut mieux ne pas parler d'un poème mais d'un exercice amusant ou précieux, voire d'une simple fuite de mots.
Extrait texte paru dans Le Nouveau Recueil
Philippe Beck
(...) les mots ont tendance à effacer les mots. En réalité, les mots appellent les mots, de long en large et de bas en haut
(...) La poésie n'invente pas "une autre langue", bien qu'en apparence elle "expérimente", hybride, plus que "la langue de tous les jours" (...) Les poèmes sont des phrases, des phrases plus ou moins simples ou accessibles. Comme dans la vie.
Extrait Philippe Beck/Du risque étendu
http://remue.net/cont/beck02.html
Dominique Fourcade
"Cette voix ne chante pas. Elle dit le texte. Elle est le texte. Elle ne produit que le texte, où tout a été au préalable écrit : écrivant un poème, j'écris des sons, un rythme, une mélodie, un espace -de l'air en somme. La voix n'ajoute pas à cela plus de son, plus de rythme, plus de mélodie, plus d'espace. Simplement elle ôte au poème de son retranchement, en le produisant. Et le produit de la voix est une énormité".
Outrance Utterance et autres élégies - P.O.L. 1990, p.10
http://www.pol-editeur.fr/catalogue/fichelivre.asp?Clef=349
Maurice Chappaz
"Qu’est-ce qu’il y a d’impérissable en Valais ? Eh bien ! la lumière : celle si belle en février sur tous les coteaux, cette rose ardente vers le soir ou cette blancheur entre soie et flamme qui court sur les taches de neige dans le matin. Et puis elle est aussi dans les hommes, c’est le seul avenir auquel je crois, elle est la beauté même du présent (...)." (La haine du passé)
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