09.04.2009

Trois conférences "Identités de femmes"

 

Centre aixois des archives départementales

25 Allée de Philadelphie

Aix en Provence

 

 

 

Trois conférences autour de l'exposition de photographies "IDENTITES DE FEMMES" qui se déroule à  la Galerie d'art du Conseil Général des Bouches du Rhône, 21 bis cours Mirabeau du 17 avril au 28 juin.

 

 

 

 

Mercredi 15 avril - 18h30 - conférence de Gilles Mora : "Photographie, la disparition du subreptice".

 


Dans l'exposition de la galerie d'Art du Conseil Général des Bouches du Rhône dont il est le commissaire, Gilles Mora réunit les travaux de deux photographes, Florence Chevalier et Aurore Valade. Ces deux artistes n'ont pas pour visée de "figer subrepticement les traces du réel". Elles rompent avec la tradition documentaire autrefois dominante en France, utilisent lautofiction et la mise en scène pour éloigner les stéréotypes dune représentation « furtive » de leur environnement social et culturel.

Né en 1945, Gilles Mora sintéresse à la photographie dans les années 70, alors quil est enseignant aux Etats-Unis. De retour en France, il fonde en 1981 en compagnie de Claude Nori, Denis Roche et Jean-Claude Lemagny les Cahiers de la Photographie dont il est le rédacteur en chef jusqu'en 1991. Auteur de monographies à propos de Walker Evans (Seuil, 1992) Edward Weston (Seuil, 1995), W.E. Smith (Seuil, 1997) il publie en 2008 une Histoire de la photographie américaine (1958-1981). Responsable de collection aux Editions du Seuil depuis 1992, il est directeur artistique des Rencontres Internationales de la Photographie dArles de 1999 à 2001. Il a publié deux volumes collectifs à propos de Denis Roche (Seuil, 2000) et de Bernard Plossu (Editions des Deux Terres, 2006). Il est le commissaire de Big City, New York Street Photography, actuellement montrée au Wien Museum, Vienne (Autriche).  « La photographie est interminable » est le titre de ses entretiens avec Denis Roche.

 

 

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Photographie extraite de "Grand Miroir" (Ed. Actes Sud) - Copyright Aurore Valade.

 

 

 

Jeudi 14 mai - 18h30 - conférence d'Aurore Valade :" Rejouer le réel / La photographie mise en scène et le geste documentaire".


Les photographies d'Aurore Valade ne nous informent pas directement à propos des Intérieurs et des modes de vie d'aujourd'hui. Dans ses images, rien ne se joue : tout est re-joué, re-constitué, re-montré, re-vu et re-présenté. Entre la réalité et son image, la relation nest pas immédiate : elle implique une mise à distance ainsi qu'une reconstruction, notamment grâce aux techniques de la photographie numérique.

Née en 1981 et vivant aujourd’hui à Marseille, Aurore Valade est une jeune photographe formée à lEcole des Beaux Arts de Bordeaux et à lEcole Nationale Supérieure de la photographie dArles. Remarquée en 2008 lors de l'attribution du Prix de la Fondation HSBC pour la photographie, elle expose en France et à l’étranger : Musée dArt moderne de Collioure, Galerie Baudoin Lebon à Paris, Gas Art Gallery à Turin, Philips de Pury & Co à New York en 2008, Alternative Gallery à Miami, ICP à New York, BJCEM à Skopje en 2009. Elle a publié en 2008 « Grand Miroir » aux éditions Actes Sud et « Plein Air » aux éditions Diaphane.

 

 

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 "Encombrants", photographie d'Aurore Valade.

 

 

 

Jeudi 4 juin - 18 h 30 - conférence de Nathalie Léger "La ruine du rêve".


Dans L'exposition, récit publié en novembre 2008 chez l'éditeur Pol, Nathalie Léger évoque les tâtonnements et la perplexité d'une narratrice qui tente de saisir à partir d'un recueil de photographies le parcours d'une héroïne du Second Empire, la comtesse de Castiglione autrefois célèbre pour sa beauté, son arrogance, ses éclipses et sa triste déchéance. La comtesse multipliait les déguisements et les séances de pose, se rendit pendant plus de quarante ans et plusieurs fois par semaine chez le photographe Pierre-Louis Pierson. Les images de celle qui fut considérée comme "la plus belle femme du XIX siècle" peuvent évoquer les multiples travestissements de Cindy Sherman : pour l'essentiel, elles reflètent son insatisfaction, son exil et sa solitude.

Nathalie Léger est directrice adjointe de l'Imec, l'Institut Mémoires de l'édition contemporaine. Commissaire d'expositions consacrées à Antoine Vitez (Festival d'Avignon,1994) ainsi qu'à L'Auteur et son éditeur (Imec, 1998), elle fut également la responsable, avec Marianne Alphant, au Centre Georges Pompidou des expositions consacrées à Roland Barthes (2002) et Samuel Beckett (2007).

Nathalie Léger a dirigé les cinq volumes des Ecrits sur le théâtre d'Antoine Vitez (Ed. Pol, 1994-1998). Elle a établi et annoté La préparation du roman, les derniers cours de Roland Barthes au Collège de France édités par le Seuil et l'Imec en 2002. Elle est l'auteur d'un essai : Les Vies silencieuses de Samuel Beckett (Ed. Allia 2008).

 

 

Information  communiquée par

Galerie Alain Paire

 

Renseignements

04.42.52.81.90

 

25.06.2008

Une légende des yeux - Renaud Ego

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Invitation de la Galeriste Michèle Cohen à la conférence de clôture du cycle VOIR OU ENTENDRE organisée en collaboration avec l'Ecole Supérieure d'Art d'Aix-en-Provence :

RENAUD EGO : Une légende des yeux

Lundi 30 juin 2008 à 19 h

Galerie LA NON-MAISON , 22, rue Pavillon - 13100 Aix-en-Provence
(réservation conseillée au 06 24 03 39 31)

"Comme quelques-uns de mes autres livres, Une Légende des yeux a débordé l'intuition initiale qui le fit naître pour bientôt s'inventer une ligne de vol que j'ai découverte à mesure qu'elle se déployait. Si tant est que je puisse aujourd'hui revenir à son impulsion première, il me semble que j'avais le désir de comprendre mieux mon propre regard. Comment est-ce que je regarde, qu'est-ce que je vois quand je regarde, qu'appelle-t-on une image ? Telles étaient les questions, simples en apparence, auxquelles je revenais, une fois encore, mais qui bientôt en appelèrent de nouvelles. Qu'est-ce que la vue, et qu'est-ce que la vision, comment les apparences du monde y ont-elles leur place et pourquoi faut-il vraiment sauver les apparences ? Par nos yeux, plus que par tout autre sens, le monde entre en nous qui sommes en lui ; nos yeux nous mettent au monde, à l'instant où ils nous emplissent de lui, et nous voilà bientôt sans plus de limite, moins enveloppés de notre peau qu'exposés à l'échange incessant que suscite notre être poreux. J'aurais pu me perdre dans ce tissu de questions, et si au-devant de laquelle, je me suis avancé avec le sentiment d'une joie intense. Au récit, ce livre emprunte la scansion propre de son écriture ; de l'essai, il possède l'ambition descriptive. Sa forme fragmentaire témoigne de la diversité des motifs qui furent son appui et qui dit tout autant les trouées qui peu à peu se sont ouvertes dans ce tissu des apparences dont nous avons tous la vue emplie. "Voyeur", "dépoli", "dénuement", "toucher", "lentilles", sont quelques unes des entrées de ce livre. Elles furent aussi pour moi autant d'occasions de m'en sortir. Entre chacune d'elles, de l'air circule, comme la présence la plus juste de l'inconnu qui me requiert et des sauts de pensée franchissant de grands laps qu'il me faudra un jour parcourir autrement. On peut donc lire Une légende des yeux d'un bout à l'autre mais aussi dans tous les sens. Ce ne fut pas pour moi une décision méditée mais une façon de jouer, de m'enjouer et m'approcher d'une liberté que dans chacun de mes livres, au fond, je souhaite expérimenter."

Renaud Ego


Biographie

Renaud Ego est écrivain, critique d'art et de littérature. Il est l'un des membres fondateurs de la revue "de littérature et de débats d'idées" La pensée de midi, publiée depuis 2000 par les éditions Actes Sud, et dont il vient de coordonner avec Michel Guérin le dernier numéro dont le thème est "Le Mépris" (www.lapenseedemidi.org)


Outre ses livres de littérature, poèmes et récit, il mène un travail de réflexion sur la peinture et la littérature, en particulier sur la question de l'image, commune à ces deux disciplines. Cela l'a conduit à voyager dans de très nombreux pays, à l'occasion de reportages culturels effectués pour des revues ou journaux français, ou à l'occasion de lectures et de conférences données dans diverses universités et institutions culturelles étrangères.


Parmi ses livres, Le Désastre d'Eden (1995), Tombeau de Jimi Hendrix (1996), L'Arpent du poème dépasse l'année lumière (2002), Le Vide étant fait (2004) et l'essai consacré à l'art rupestre d'Afrique australe, San, publié aux éditions Adam Biro (2000). Son dernier livre de poèmes, La Réalité n'a rien à voir, vient de paraître aux éditions Le Castrol Astral.


Auteur de très nombreux articles, consacrés notamment à la poésie contemporaine, il a édité les oeuvres complètes de Tomas Tranströmer (Poésie/Gallimard, 2004) et récemment dirigé et préfacé, aux éditions Christian Bourgois, Géologies historique et autres poèmes de Matthieur Messagier avec qui il a écrit les poèmes de Calendrier d'avants (2003).

02.06.2008

Esprit et langage avec Wittgenstein, rosset et Bouveresse

159808695.jpgLorsque Wittgenstein aborde le mystère du langage comme étant proche du mystère du monde, de la même manière Jacques Bouveresse[1]associe « esprit et langage », car pour mieux comprendre ce qu’est l’esprit, dira t-il, il nous faut au préalable comprendre ce qu’est le langage.

(…) "Mon livre traite des problèmes philosophiques et montre, je pense, que la position de ces problèmes repose sur une méconnaissance de la logique de notre langage. On pourrait résumer tout le sens de ce livre en ces termes : ce qui peut se dire, peut se dire clairement ; et au sujet de ce dont on ne peut pas parler, on doit se taire... Je pense que la vérité des idées ici exposées est inattaquable et définitive. Je pense donc avoir, pour l'essentiel, résolu les problèmes". (L. Wittgenstein)

1063457677.jpgAu sujet de l’esprit, celui-ci est défini comme « principe de la vie psychique ». Dans « Principes de sagesse et de folie », Clément Rosset[2] parle d’un grand « dérèglement de notre esprit » pour son glissement ordinaire et quelque peu systématique dans le monde irréel, et pour sa désolidarisation avec la réalité. Rosset cite Montaigne en ce que le principe même de ce dérèglement se situe « dans le fonctionnement de l’esprit lui-même ». Ainsi, et à la différence de Platon qui accuse le corps d’égarer notre esprit, dans sa proximité avec Montaigne, Rosset épouse la thèse que l’homme « délire » en tant qu’il dispose d’un esprit, et surtout en tant qu’il se laisse abuser par lui.

" Sur l'existence (ou sur l'être, ou sur la réalité) les paroles les plus profondes et les plus définitives sont le fait d'un penseur, Parménide, qui passe paradoxalement -- et injustement peut-être, j'y reviendrai - pour avoir été le principal inspirateur de l'interminable lignée des philosophes qui, de Platon à Kant et de Kant à Heidegger, nous ont enseigné à suspecter la réalité sensible au profit d'entités plus subtiles :

Il faut dire et penser que ce qui est est, car ce qui existe existe, et ce qui n'existe pas n'existe pas : je t'invite à méditer cela.

Tu ne forceras jamais ce qui n'existe pas à exister.

Clément Rosset, Principes de sagesse et de folie, Editions de Minuit, 1991/2004

1228566570.jpgDans sa proximité à Karl Kraus, et de par son grand souci de réalisme, Jacques Bouveresse accorde une grande attention sur ce qui concerne l’individu et son rapport au réel. Il ne se montre ainsi guère favorable à la « religion de l’information », information qu’il dira « industrielle », telle celle véhiculée quotidiennement par les médias. Il remet notamment en cause cette odieuse supercherie à continuellement nous envahir d’informations inutiles et sans intérêt, car ce que les médias nous montrent et nous disent, cela ne signifie pas pour autant une connaissance de la réalité. La représentation du réel par les médias nous fait tort, et à l'esprit lui fait perdre de vue le champ de la réalité véritable, et le maintient dans ce que Bouveresse appelle en d’autres termes un « processus de déréalisation ».

"Lorsque j'étais enfant, j'étais terriblement idéaliste, beaucoup plus que vous ne pouvez l'imaginer : je trouvais la réalité ordinaire sans intérêt, vulgaire et plutôt méprisable. J'ai véritablement eu à me réconcilier plus tard avec la réalité, en partie, mais sûrement pas uniquement, par la philosophie (cela ne passe jamais de cette façon). Cela m'a pris beaucoup de temps, mais je me suis remis, de plus en plus, à valoriser d'abord la réalité, la réalité concrète et à me méfier systématiquement de l'idéalisme. Je serais même tenté de dire que l'essentiel du combat que j'essaie de mener aujourd'hui est un combat contre l'idéalisme".

Jacques Bouveresse, Le philosophe et le réel, Ed. Hachette, 1998

Comment ne pas succomber au piège de la falsification du réel, si ce n’est enfin de se rendre compte que ce n’est pas le monde en tant que tel qui nous trompe ou nous leurre, mais que c’est la propagande et la propagation du mensonge qui nous trouble. Marc Aurèle écrivait : « (…) reviens à toi et, une fois sorti de ton sommeil, rends-toi compte que c’étaient des songes qui te troublaient ; une fois réveillé, regarde les choses comme auparavant tu les regardais ».

Nathalie Riera, 2007



[1] J. Bouveresse, « La philosophie et le réel », Hachette Littératures, 1998.
[2] C. Rosset, « Principes de sagesse et de folie », Ed. de Minuit, 1991/94, op. cit., p.71.
[3] Ibid., op. cit., p.73.
[4] In « Ch.I : ironie et satire », op. cit., p.28.
[5] M. Aurèle, Ibid., « Livre IV-XXXI ».

30.05.2008

Reçu Newsletter spéciale de L'ARL

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Dans le cadre de la Loi sur la modernisation de l'économie (LME), actuellement débattue devant l'Assemblée nationale, un amendement visant à attaquer la Loi Lang en autorisant les rabais supérieurs à 5% sur les livres édités depuis plus de un an a été déposé (actuellement, seuls les ouvrages édités depuis plus de deux ans et présents dans les stocks depuis plus de six mois peuvent être soldés).
Voir cet amendement :

http://www.assemblee-nationale.fr/13/amendements/0842/084...

Aucun débat préalable avec les professionnels n'a eu lieu. L'ensemble de la chaîne du livre, ainsi que le Ministère de la Culture , se mobilise contre cette proposition (communiqués ci-joints). Un autre amendement, qui proposait de réduire ce délai à six mois, a ainsi pu être retiré.

Vous aussi, vous pouvez faire pression : le plus efficace est d'adresser un mél à votre parlementaire.
Pour ce faire, rendez vous à l'adresse suivante :

http://www.assemblee-nationale.fr/13/qui/circonscriptions...

et laissez vous guider : en trois clics, vous tomberez sur la page présentant le député de votre circonscription, avec un lien direct sur son adresse mél.

Quelques mots suffisent : il faut agir très rapidement, car l'amendement sera débattu vraisemblablement dès lundi, la LME ayant fait l'objet d'une déclaration d'urgence.


spéciale
Téléchargez :

communiqué du Ministère de la culture

communiqué interprofessionnel

07.03.2008

"Qui oserait prétendre le contraire ?"

 Une approche concernant l'intérieur du système éducatif selon Raphaël Monticelli

(Extrait) Enseigner, inventer ... p.17 

(...) Ma première conviction est simple et massive: si l'objectif est de faire en sorte que nos élèves deviennent des lecteurs éclairés et attentifs de la littérature, celle de leur temps, comme la littérature "universelle", reprise, relue et vivifiée en fonction des problématiques de leur temps, si l'objectif est de leur faire construire leur savoir et leur délectation, leur espace d'intimité et d'altérité, cette zone d'humanité sensible faite de toutes ces voix toujours chairs tant qu'une conscience les fera lever des feuilles ou surgir des écrans, si l'objectif est qu'ils apprennent à goûter, vivre, aimer et haïr la littérature, alors on peut dire que notre façon habituelle d'enseigner est d'abord un échec.

Qui oserait prétendre le contraire?

Je n'ai jamais fait le compte de tous ces élèves, quel que soit leur âge, dont le premier souci était d'éviter de lire, de tirer à la ligne pour un devoir sans motif et sans enjeu, praticiens de la pompe de la formule toute faite, de l'ennui... Qui peut dire l'inverse? Qui peut prétendre que la façon actuelle d'enseigner la littérature conduit, grâce à l'école, les jeunes gens à se saisir de Racine ou d'Apollinaire, de Proust ou Zola ou Rimbaud, ou Dante, ou Homère, a fortiori (?) Simon, Bon, Novarina, Bergounioux? Qui peut laisser croire un instant, qu'avec nos façons habituelles de faire, les gamins -classez les dans les favorisés ou les défavorisés, ça ne changera massivement rien- iront au texte, auront la curiosité d'ouvrir les livres, auront l'audace de construire une critique de leur approche des livres, auront le plaisir de s'entourer de livres, de vivre dans la familiarité des voix les plus profondes de notre humanité?

Qui peut oser dire que les lycéens de nos lycées professionnels sont normalement initiés à la littérature?

Qui pourrait avoir ce front là? Quel autre constat que celui de l'échec -relatif échec, explicable, humainement traitable- quel autre constat faire, massivement? Franchement?

Et face à cet échec de notre système éducatif, au moins en matière de littérature et d'arts, comment ne pas voir les techniques de survie imaginées par les élèves?

Je suis persuadé qu'il faut d'abord partir de là. De l'ennui que le système éducatif a l'habitude de produire avec la littérature et l'art.

Dossier (au format RTF) à télécharger

depuis le site remue.net

http://remue.net/atel/INV01global.DOC

 

Raphaël Monticelli est chargé de l'action culturelle au rectorat de Nice.

 

Voir le site des Editions de l'Amourier :

Basilic la gazette de l'association des amis de l'Amourier

http://www.amourier.com/cgi-bin/pg-shoppro.cgi?ORD=viewpr...

02.03.2008

"L'homme unidimensionnel"

Au sujet de L'homme unidimensionnel de Herbert Marcuse, Paris - Editions de Minuit, 1968 

"Critique radicale de la société industrielle avancée, L'homme unidimensionnel se propose de démontrer que des mécanismes de contrôle social, de plus en plus puissants, agissent sur la volonté même des individus. Ces nouvelles formes de contrôle social seraient si fortes qu'elles auraient engendré chez eux une "fausse conscience" qui leur cacherait le sens réel des choses. Pour Marcuse, nous vivons dans une société "irrationnelle" entretenue par "un appareil répressif" d'une efficacité inégalée. Cette répression s'infiltrerait jusque dans notre mode de pensée en le réduisant à un schème "opérationnel", qui servirait d'instrument de domination au service d'intérêts particuliers...".

Lire le document numérique "Marcuse et la nouvelle pensée positive" de Martin Geoffroy - 2000 - Sociologue et professeur-adjoint de sociologie à l'Université de Moncton :

http://classiques.uqac.ca/contemporains/geoffroy_martin/m...

29.02.2008

L'expérience de la lecture

Propositions pour un débat

« Le poète n’est pas un homme moins minuscule, moins indigent et moins absurde que les autres hommes. Mais sa violence, sa faiblesse et son incohérence ont pouvoir de s’inverser dans l’opération poétique et, par un retournement fondamental, qui le consume sans le grandir, de renouveler le pacte fragile qui maintient l’homme ouvert dans sa division, et lui rend le monde habitable »

Jacques Dupin

I. L’expérience de la lecture chez le poète

v     Au-delà des pratiques d’écriture : que permet la lecture du poème, autant chez l’auteur qui lit un poème que chez l’auditeur qui le reçoit ?

Proposer quelques lectures en public. Ces expériences de lectures sont-elles fondatrices ?

Du côté de l’auditeur

De quelle manière la lecture d’un texte peut-elle nous bouleverser, la lecture comme « expérience du fraternel », lorsque l’on est moins seul et que les mots deviennent vos amis.

v     La poésie en tant qu’elle est non pas une « substance » (selon Philippe Beck), mais un « acte » qui agit sur l’oreille.

« Entre la langue arrêtée du livre et celle vive du lecteur » (Antoine Emaz dans « Le Nouveau Recueil « )

C’est notre façon de lire ou d’entendre le poème qui fait le poème.

v     La poésie en tant qu’elle nous permet de « mieux vivre », d’habiter le monde en poète : nos raisons à fréquenter la poésie ? Ou, la poésie est-elle fréquentable ?

II. Rapports Poésie/Public

Au milieu d’une culture mercantile, évènementielle et/ou spectaculaire : quelle est la visibilité de la poésie contemporaine dans l’espace culturel public ?

III. La poésie et ses alliances ou ses ouvertures du côté de la philosophie, de la peinture, des arts plastiques, de la musique…

Serge Meitinger

Pour une poétique de l'entier

Extrait

(…) il nous apparaît que, de nos jours, se développe, en rapport avec le maniement des médias les plus perfectionnés, permettant des trucages visuels et sonores inouïs, une poétique délibérée de l’objet partiel qui s’interdit et interdit l’horizon. Elle est le fait de la plupart des clips vidéos destinés à illustrer les chansons, mais elle régit aussi une part importante de la production cinématographique et de sa littérature connexe. Elle va de pair avec un extrême souci d’esthétique ou plutôt d’esthétisme : les objets, les lieux, les humains et leurs images sont choisis un à un avec un sens aigu de l’intéressant et du surprenant, un penchant évident pour l’originalité sophistiquée. Il s’y ajoute souvent un aspect insolite produit par l’angle de vue ou l’éclairage ou la coloration ou un extraordinaire montage mécanique, semblable à celui d’une machine ou d’un gadget. Mais chacune de ces images (…)se donne pour pleine et entière : sans manque ni défaut, elle est censée combler l’attente du spectateur.

(…)

C’est là un maniérisme actuel, voisin de la futilité et incapable de sauver les apparences en magnifiant vraiment l’apparaître. Nous sommes aux antipodes de toute vérité esthétique puisqu’en ces pratiques, très strictement artificielles voire artificieuses, la question même de la vérité et du mensonge ne se pose pas.

Pour lire l’article dans son intégralité :

http://www.larevuedesressources.org/article.php3?id_artic...

28.02.2008

Ce qu'ils pensent

Questions de Lionel Destremau

de la revue Prétexte Editeur

 La responsabilité des artistes 

Pour Jean-Marie Gleize :

"tel qui a "appris" à l'école à "lire" Hugo, n'a pas "appris" à lire Breton, mais tel qui a "appris" à lire Breton n'a pas "appris" à lire du Bouchet, etc.

(...)

L'effort critique et autocritique et théorique et métatechnique n'a pas seulement pour fonction d'approfondir et d'intensifier les questions, et d'alimenter le dialogue (ce que nous appelions le "débat"), mais aussi, me semble t-il, (...) d'apprendre à lire, d'apporter une contribution pédagogique. L'institution scolaire et universitaire n'est pas très en phase avec le développement contemporain de la littérature, (de la musique, des arts plastiques...) Les artistes ont à cet égard une responsabilité. Ceux qui peuvent l'assumer doivent le faire. Sans concession, ni démagogie, bien sûr. En ne cédant sur rien".

 Pour lire l'intégralité de l'article :

http://pretexte.club.fr/revue/entretiens/discussions-them...

Les écritures de la "génération" poétique actuelle

Pour Jean-Claude Pinson :

"Et le lecteur qui veut bien prendre la peine aujourd'hui de se pencher ? (...) prendra alors conscience de la réelle fécondité de la poésie la plus contemporaine. Mieux : il verra sans doute que le meilleur de la poésie d'aujourd'hui est en mesure, non seulement de lui donner à penser, mais encore de l'aider à se tenir en éveil dans l'existence, à "mieux" habiter (jusque dans le désaccord d'un séjour), à graver plus profondément le sillon de sa vie, à en rendre plus sensibles et sensées les arêtes.

(...)

"Un des traits les plus saillants de l'évolution la plus récente de la poésie est probablement l'émergence, dans les pratiques d'écriture, d'un modèle emprunté aux arts plastiques".

Pour lire l'intégralité de l'article :

http://pretexte.club.fr/revue/entretiens/discussions-them...

Point de vue

 "Il est évident que plus l'oppression sociale est grande, plus les difficultés quotidiennes auxquelles se confrontent les familles limitent l'horizon de vie, plus la possibilité de s'intéresser à l'art, aux oeuvres, est improbable. L'exclusion et les discriminations s'en trouvent ainsi renforcées. D'autant plus que certains considèrent que la culture n'est de toute façon pas une priorité, face aux problèmes de logement, de survie économique.

Plutôt que parler d'art, on prône alors une culture au rabais, instrumentalisée dans le meilleur des cas pour la paix sociale, l'occupationnel...

 Extrait du Le Forum (saison 2007-2008)

http://www.forumculturel.asso.fr/0708/home.php