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17.04.2008
Un poète, un dramaturge, et homme politique
Aimé Césaire | ||
| 17 AVRIL | 2008 | |
... le quatrième jour la végétation se fana et tout tourna à l'aigre de l'agave à l'acacia en aigrettes en orgues végétales où le vent épineux jouait des flûtes et des odeurs tranchantes Frappe paysan frappe il naît au ciel des fenêtres qui sont mes yeux giclés et dont la herse dans ma poitrine fait le rempart d'une ville qui refuse de donner la passe aux muletiers de la désespérance Famine et de toi-même houle ramas où se risque d'un salut la colère du futur frappe Colère ... EXTRAIT A l'Afrique (à Wilfredo Lam) - p.39 | Fils de la foudre Et sans qu’elle ait daigné séduire les géôliers à son corsage s’est délité un bouquet d’oiseaux-mouches à ses oreilles ont germé des bourgeons d’atolls elle me parle une langue si douce que tout d’abord je ne comprends pas mais à la longue je devine qu’elle m’affirme que le printemps est arrivé à contre-courant que toute soif est étanchée que l’automne nous est concilié que les étoiles dans la rue ont fleuri en plein midi et très bas suspendent leurs fruits Né le 25 juin 1913 à Basse Pointe, en Martinique, Aimé Césaire a fait ses études en France et collaboré à la revue Légitime Défense créée en 1932 par des étudiants antillais, communistes et surréalistes. Poète, dramaturge et homme politique, il a joué un rôle considérable dans la prise de conscience des intellectuels noirs d'Afrique et des Caraïbes. Fondateur en 1939 de la revue Tropisme, il élabore et définit, avec Léopold Sédar Senghor, le concept de "négritude". En 1958, après avoir rompu avec le PC Français, il crée le Parti progressiste martiniquais. Député de la Martinique jusqu'en 1993, Aimé Césaire fut député-maire honoraire de Fort-de-France. Sa poésie, saluée notamment par J.P. Sartre et A. Breton (un "grand moment lyrique de ce temps...") est aujourd'hui mondialement reconnue. Quatrième de couverture, Ed. du Seuil - CADASTRE, suivi de MOI, LAMINAIRE, 1961 et 2006 pour la présente édition. Le non-temps impose au temps la tyrannie de sa spatialité : dans toute vie il y a un nord et un sud, et l'orient et l'occident. Au plus extrême, ou, pour le moins, au carrefour, c'est au fil des saisons survolées, l'inégale lutte de la vie et de la mort, de la ferveur et de la lucidité, fût-ce celle du désespoir et de la retombée, la force aussi toujours de regarder demain. Ainsi va toute vie. Ainsi va ce livre, entre soleil et ombre, entre montagne et mangrove, entre chien et loup, claudicant et binaire. Le temps aussi de régler leur compte à quelques fantasmes et à quelques fantômes. Introduction de Moi, Laminaire... (P.96) Comme me l’informe ce matin mon cher ami Christian : Jacques Nichet, qui a mis en scène La Tragédie du roi Christophe d’Aimé Césaire au Festival d’Avignon, en 1996, ce fut la première fois qu’un noir entra en cours d’honneur, précise t-il. A méditer ! Absolument. *** * 19 avril : reçu ce matin un Hommage au poète par Eric Virgal. Cliquer ci-dessous : http://studio16fm.hautetfort.com:80/archive/2008/04/19/ho... (Aimé Césaire en image et en musique sur Dailymotion) ![]() 18 avril : reçu ce matin du Président de l'ADCAP (Association pour le Développement de la Culture Antillaise en Provence) et du Comité Mam' EGA : Communiqué de presse Suite au décès de notre illustre poète et homme politique Aimé CESAIRE, l'ADCAP (Association pour le Développement de la Culture Antillaise en Provence) et le Comité Mam' EGA vous informent qu'ils organisent un rassemblement solennel, pour permettre à la communauté Antillo-Guyanaise-ainsi qu'à l'ensemble de la population Marseillaise de lui rendre un vibrant hommage. Ce samedi 19 avril 2008 à 15 heures : Grand rassemblement à Aimé CESAIRE Quai d'Honneur à la Mairie centrale de Marseille Suivi d'une Messe à 18 heures à l'Eglise de Château-Gombert L'oeuvre incommensurable de Monsieur CESAIRE a permis aux héritiers d'une histoire tragique et douloureuse que furent la traite négrière et l'esclavage de pouvoir enfin relever la tête. « Un jour prochain je poserai à terre le lourd fardeau qui pèse à mes épaules Ah! un de ces matins en pleine lumière J'ouvrirai mes ailes et je fendrai les airs Un jour prochain Un jour prochain Je poserai à terre Le lourd fardeau qui pèse à mes épaules La Vieille négritude progressivement se cadavérise. » N'oublions pas que notre Nègre fondamental disparu ce jour, dans le « Cahier d'un retour au pays Natal » prônait non point un repli sur soi, un repli sur sa négritude, mais une fraternité universelle. Dans une allocution prononcée à Genève le 2 juin 1978 Aimé CESAIRE s'exprimait ainsi :
« Vous avez bien entendu : c'est le voyage jusqu'au bout de soi qui nous fait découvrir l'ailleurs et le tout. En tout cas, c'est ce qui m'enhardit à penser que ce qu'à vous dire un poème nègre mérite peut-être de retenir ce soir votre attention, surtout quand son contenu est repris et magnifié par la musique, le langage le plus universel qui soit. »
Notre communauté est en deuil et triste, notre Nègre fondamental n'est plus. Il est allé écrire une autre page de son « Cahier d'un retour au pays.Natal » car comme l'exprimait un autre poète Birago DIOP « les morts ne sont pas morts. »
François NILOR&Jean-Marc EGA (A toutes fins utiles vous pouvez contacter M. NILOR président de l'ADCAP au 06 63 46 34 52) Document à télécharger : Décès Aimé CESAIRE 17 avril 2008.pdf De même ne manquez pas le vibrant hommage à Aimé césaire : ce soir vendredi 18 avril à 20h , sur 88.4 FM Emission : 2 mo 4 paoles sur les ondes de radio galère 88.4 FM http://radio.galere.free.fr/emissions/emission.php?nom_em...
Bona Mangangu
"Floraisons Blanches" (jeux d'encre sur papier, Villa Antomine 06)
Découvrez Bona Mangangu, peintre et écrivain voyageur né à Kinshasa le 16 février 1961. Biblio Ce que disent mes mains sur la toile, Paris, 2002, l'Harmattan. Et si la beauté de ce festin..., Paris, 2004, l'Harmattan. Kinshasa, carnets nomades, Paris, 2006, l'Harmattan, Paris. Carnets d'Ailleurs, Paris 2008, l'Harmattan, Paris. Son blog "Et si la beauté" http://etlabeaute.hautetfort.com/
Les Carnets d'Eucharis
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22:20 Publié dans Poètes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note





















Commentaires
Bel extrait Nathalie !
Comme j'aime proposer des rebonds inattendus entre les poèmes je transcris ici celui d'un autre facilitateur , Claude ESTEBAN disparu lui aussi.
Tout sera fini,nous regarderons
un petit arbre rose
et les pétales tomberont sur nous
doucement, il y aura
du soleil et sans doute au loin la forme
vague d'un nuage
comme pour dire que les choses
ne pèsent plus et ce sera
comme si le malheur était une histoire
vieille,
si vieille que personne ne se souvient.
_______________
Claude Esteban, Morceaux de ciel,presque rien,
Gallimard, p.60
Ecrit par : Mth P | 17.04.2008
....................... minute de silence comme je le disais à Bona ....
le grand pâtre retourne les vents qui lui font remonter la grande eau ancestrale,
je le vois dansant au gué des tambours royaux du retour, riant de se voir enfin réuni, et nous, libéré des entraves, de notre grotte, les mots ont fini par Aimé,
là souffle le vent ....
Ecrit par : lam | 18.04.2008
Merci Nathalie...belle plume!
Ecrit par : Bona | 18.04.2008
on n'arrive pas à tout lire cependant , c'est dommage ...
Ecrit par : lam | 18.04.2008
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