20.04.2008

Une nouvelle bonté

La force de regarder demain…

19 AVRIL

2008

 

 

nouvelle bonté

Il n’est pas question de livrer le monde aux assassins d’aube la vie-mort la mort-vie Les souffleteurs de crépuscule Les routes pendent à leur cou d’écorcheurs Comme des chaussures trop neuves Il ne peut s’agir de déroute Seuls les panneaux ont été de nuit escamotés Pour le reste Des chevaux qui n’ont laissé sur le sol Que leurs empreintes furieuses Des mufles braqués de sang lapé Le dégainement des couteaux de justice Et des cornes inspirées Des oiseaux vampires tout bec allumé Se jouant des apparences Mais aussi des seins qui allaitent des rivières Et les calebasses douces au creux des mains d’offrande

une nouvelle bonté ne cesse de croître à l’horizon

 

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Nègre au turban

Eugène Delacroix 

(1798-1863)

Pastel

 

Portrait d'un esclave rebelle

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La Revue Nègre (en 1925) 1039455180.jpg

 

 

 

 

 

 

Jean-Michel Basquiat 

(1960-1988)

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Le fils de la foudre (lithographie de Jean Pons, 1993)

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Cadastre suivi de Moi, laminaire...

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Affiche pour le Cinquantenaire du 1er Congrès international des Ecrivains et Artistes noirs (19-22 septembre 2006)

L'affiche est signée Picasso

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19.04.2008

La tragédie du Roi Christophe

Aimé Césaire

19 AVRIL

2008

 

 

 

 

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« Il est bien plus difficile d’être un homme libre que d’être un esclave »

Par Khalid Chraibi

vendredi 18 avril 2008

A l’occasion de la disparition d’Aimé Césaire, nous publions cette interview recueillie par notre ami Khalid Chraibi, en avril 1965 à Paris, à l’occasion de la création, au théâtre de l’Odéon de Paris, de la pièce d’Aimé Césaire «  La Tragédie du Roi Christophe », dans une mise en scène de Jean Marie Serreau. Cette pièce avait précédemment été présentée à Berlin, Venise, Salzburg, Vienne et Bruxelles. La pensée du grand poète et dramaturge qu’était Aimé Césaire est toujours d’actualité sur de nombreuses questions qui nous intéressent aujourd’hui.

1062296619.jpgLa Tragédie du Roi Christophe, malgré les scènes de détente qui la parsèment, est une pièce extrêmement dure. Historiquement, elle retrace un épisode authentique de l’Histoire d’Haïti, mais souvent, on a l’impression que, par-delà Haïti, c’est à l’Afrique moderne que le Roi Christophe s’adresse. Que représente pour vous cette pièce ?

Tout d’abord, je désire insister sur le fait que la tragédie du Roi Christophe représente un épisode authentique de l’Histoire d’Haïti. En France, beaucoup de gens m’interrogent sur le Roi et croient que c’est une histoire imaginaire. Il n’en est rien. Nous avons une documentation extrêmement détaillée sur le règne du Roi Christophe, les ruines de la Citadelle qu’il a construite pour commémorer à tout jamais la libération d’Haïti existent encore.

 

La pièce respecte scrupuleusement l’histoire, les événements, au point que beaucoup de mots prononcés par Christophe sont historiques, parfois rapportés tels quels. C’est donc une pièce haïtienne, Antillaise avant tout. J’ai même essayé de donner à la langue française cette couleur antillaise, à la fois dans le vocabulaire et la syntaxe. Cette atmosphère authentique, on la retrouve aussi dans une certaine emphase, très caractéristique de la vie politique haïtienne.

 

Cela, pour mettre en garde contre les analogies trop rapides. Mais, il est clair que par-delà Haïti, le Roi Christophe de ma pièce s’adresse à l’Afrique (indirectement, si vous voulez). J’ai été frappé moi-même, et si j’ai choisi ce sujet, c’est pour cela, par l’intérêt que l’épisode du Roi Christophe présente, et les analogies qui existent entre les problèmes qu’il eut à résoudre et ceux auxquels doivent faire face les pays sous-développés.

 

Aucune analogie n’est totale, mais en fait le Roi Christophe, c’est un peu l’homme d’Etat aux prises avec les problèmes de l’indépendance réalisée, quand il faut édifier l’Etat : c’est à ce moment-là que se présentent les grands problèmes : liberté, démocratie ou autocratie, les relations entre le « leader » et le « peuple », le grave problème du choix des idéologies, le problème de la différentiation en classes sociales de la population. Le Roi Christophe est aux prises avec tout cela, et dramatiquement, il échoue, car il n’est pas préparé à cela... Il est un esclave révolté, un homme de sang et d’orgueil, mais malgré ses bonnes intentions, il échoue.

 

Je ne cache pas, dans ma pièce, ses faiblesses ni ses ridicules, mais ne le condamne pas, car par-delà son ridicule, il y a l’amour qu’il porte à son « peuple » (je n’aime pas ce terme, mais il n’y en a pas d’autre !), et l’orgueil collectif qu’il veut rendre à ses concitoyens humiliés par la colonisation. Son aventure est tragique : il s’isole, un fossé se creuse entre lui et la population, et il se retrouve seul. Or, c’est là le problème de la condition de l’homme politique dans les pays sous-développés, et en Afrique particulièrement. Je n’ai pas voulu faire une pièce didactique, dont l’objet essentiel serait « d’enseigner », ... ce qui ne signifie pas non plus qu’on ne puisse pas en tirer la leçon.

 

On me demande souvent : « Etes-vous Christophien ou non ? ». La réponse n’est pas simple. Je suis choqué par toute une série d’attitudes du Roi Christophe, qui a un côté « nouveau riche », un côté « Monsieur Jourdain ». Et puis, par les moyens extrêmement brutaux, le côté « despote » du personnage qui ne peut avoir mon approbation. Mais le Roi Christophe n’est pas un héros, c’est un homme, dans toute sa complexité, et c’est cela qui est dramatique, pathétique. L’originalité de ma pièce, c’est de montrer l’aspect multiple des gens. On peut ne vouloir voir dans le Roi Christophe que son ridicule, ces ducs de la Marmelade qu’il nomme à sa « Cour », et dire : « Eh bien, voyez les nègres ! ». Ce que j’ai voulu faire, c’est expliquer ces singeries humainement, et on s’aperçoit alors qu’il y a une démarche qui ne manque pas de pathétique ni de grandeur. En fin de compte, c’est ce côté pathétique, « grand », qui émerge le plus.

 

Le Roi Christophe est un esclave, et ses démarches sont maladroites, ridicules parfois, mais attendrissantes. Ces démarches, je les comprends. Et il y a surtout la tragédie de l’homme qui dit : « On nous vola nos noms ». Car, moi-même, mon nom, qu’a-t-il d’authentique par rapport à moi ?

 

Ce que j’ai voulu, c’est, par-delà le ridicule, retrouver et expliquer la démarche humaine. Car, il est très facile de se moquer des Haïtiens qui ont de « drôles de noms », tous ces Toussaint, etc., mais il ne faut pas oublier que ces noms, ces sobriquets (Trou Bonbon, Tape-à-l’œil...) ce sont les Français qui les ont donnés aux Antillais.

 

Lire la suite des Propos recueillis par Khalid

http://oumma.com/Aime-Cesaire-Il-est-bien-plus

 


17.04.2008

Un poète, un dramaturge, et homme politique

Aimé Césaire

17 AVRIL

2008

... le quatrième jour la végétation se fana

et tout tourna à l'aigre de l'agave à l'acacia

en aigrettes en orgues végétales

où le vent épineux jouait des flûtes et des odeurs tranchantes

Frappe paysan frappe

il naît au ciel des fenêtres qui sont mes yeux giclés

et dont la herse dans ma poitrine fait le rempart d'une ville qui refuse de donner la passe aux muletiers de la désespérance

Famine et de toi-même houle

ramas où se risque d'un salut la colère du futur

frappe Colère

...

EXTRAIT A l'Afrique (à Wilfredo Lam) - p.39

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Fils de la foudre

Et sans qu’elle ait daigné séduire les géôliers à son corsage s’est délité un bouquet d’oiseaux-mouches à ses oreilles ont germé des bourgeons d’atolls elle me parle une langue si douce que tout d’abord je ne comprends pas mais à la longue je devine qu’elle m’affirme que le printemps est arrivé à contre-courant que toute soif est étanchée que l’automne nous est concilié que les étoiles dans la rue ont fleuri en plein midi et très bas suspendent leurs fruits

Né le 25 juin 1913 à Basse Pointe, en Martinique, Aimé Césaire a fait ses études en France et collaboré à la revue Légitime Défense créée en 1932 par des étudiants antillais, communistes et surréalistes. Poète, dramaturge et homme politique, il a joué un rôle considérable dans la prise de conscience des intellectuels noirs d'Afrique et des Caraïbes. Fondateur en 1939 de la revue Tropisme, il élabore et définit, avec Léopold Sédar Senghor, le concept de "négritude". En 1958, après avoir rompu avec le PC Français, il crée le Parti progressiste martiniquais.

Député de la Martinique jusqu'en 1993, Aimé Césaire fut député-maire honoraire de Fort-de-France.

Sa poésie, saluée notamment par J.P. Sartre et A. Breton (un "grand moment lyrique de ce temps...") est aujourd'hui mondialement reconnue.

Quatrième de couverture, Ed. du Seuil - CADASTRE, suivi de MOI, LAMINAIRE, 1961 et 2006 pour la présente édition.

Le non-temps impose au temps la tyrannie de sa spatialité : dans toute vie il y a un nord et un sud, et l'orient et l'occident. Au plus extrême, ou, pour le moins, au carrefour, c'est au fil des saisons survolées, l'inégale lutte de la vie et de la mort, de la ferveur et de la lucidité, fût-ce celle du désespoir et de la retombée, la force aussi toujours de regarder demain. Ainsi va toute vie. Ainsi va ce livre, entre soleil et ombre, entre montagne et mangrove, entre chien et loup, claudicant et binaire.

Le temps aussi de régler leur compte à quelques fantasmes et à quelques fantômes.

Introduction de Moi, Laminaire... (P.96)

Comme me l’informe ce matin mon cher ami Christian : Jacques Nichet, qui a mis en scène La Tragédie du roi Christophe d’Aimé Césaire au Festival d’Avignon, en 1996, ce fut la première fois qu’un noir entra en cours d’honneur, précise t-il.

A méditer ! Absolument.

***

*

19 avril : reçu ce matin un Hommage au poète par Eric Virgal. Cliquer ci-dessous :

http://studio16fm.hautetfort.com:80/archive/2008/04/19/ho... 

(Aimé Césaire en image et en musique sur Dailymotion)

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18 avril : reçu ce matin du Président de l'ADCAP (Association pour le Développement de la Culture Antillaise en Provence) et du Comité Mam' EGA :

 Communiqué de presse

Suite au décès de notre illustre poète et homme politique Aimé CESAIRE, l'ADCAP  (Association pour le Développement de la Culture  Antillaise en Provence) et le Comité Mam' EGA vous informent qu'ils organisent un rassemblement solennel, pour permettre à la communauté Antillo-Guyanaise-ainsi qu'à l'ensemble de la population Marseillaise de lui rendre un vibrant hommage.

Ce samedi 19 avril 2008 à 15 heures :

Grand rassemblement à Aimé CESAIRE

Quai d'Honneur à la Mairie centrale de Marseille

Suivi d'une Messe à 18 heures à l'Eglise de Château-Gombert

L'oeuvre incommensurable de Monsieur CESAIRE a permis aux héritiers d'une histoire tragique et douloureuse que furent la traite négrière et l'esclavage de pouvoir enfin relever la tête.

«  Un jour prochain je poserai à terre le lourd fardeau qui pèse à mes épaules Ah! un de ces matins en pleine lumière J'ouvrirai mes ailes et je fendrai les airs Un jour prochain Un jour prochain Je poserai à terre Le lourd fardeau qui pèse à mes épaules La Vieille négritude progressivement se cadavérise. »

N'oublions pas que notre Nègre fondamental disparu ce jour, dans le « Cahier d'un retour au pays Natal » prônait non point un repli sur soi, un repli sur sa négritude, mais une fraternité universelle.

Dans une allocution prononcée à Genève le 2 juin 1978 Aimé CESAIRE s'exprimait ainsi : 

 

« Vous avez bien entendu : c'est le voyage jusqu'au bout de soi qui nous fait découvrir l'ailleurs et le tout. En tout cas, c'est ce qui m'enhardit à penser que ce qu'à vous dire un poème nègre mérite peut-être de retenir ce soir votre attention, surtout quand son contenu est repris et magnifié par la musique, le langage le plus universel qui soit. »

 

Notre communauté est en deuil et triste, notre Nègre fondamental n'est plus. Il est allé écrire une autre page de son « Cahier d'un retour au pays.Natal » car comme l'exprimait un autre poète Birago DIOP « les morts ne sont pas morts. »

 

François NILOR&Jean-Marc EGA

(A toutes fins utiles vous pouvez contacter M. NILOR président de l'ADCAP au 06 63 46 34 52)

Document à télécharger :

Décès Aimé CESAIRE 17 avril 2008.pdf

De même ne manquez pas le vibrant hommage à Aimé césaire :

ce soir vendredi 18 avril à 20h , sur 88.4 FM 

Emission :  2 mo 4 paoles

  sur les ondes de radio galère 88.4 FM

http://radio.galere.free.fr/emissions/emission.php?nom_em...

 

 

 

 

   Bona Mangangu  

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"Floraisons Blanches"

(jeux d'encre sur papier, Villa Antomine 06)

  

 

Découvrez Bona Mangangu, peintre et écrivain voyageur né à Kinshasa le 16 février 1961.

Biblio

Ce que disent mes mains sur la toile, Paris, 2002, l'Harmattan.

Et si la beauté de ce festin..., Paris, 2004, l'Harmattan.

Kinshasa, carnets nomades, Paris, 2006, l'Harmattan, Paris.

Carnets d'Ailleurs, Paris 2008, l'Harmattan, Paris.

Son blog "Et si la beauté" http://etlabeaute.hautetfort.com/

 

 

   Les Carnets d'Eucharis  

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Renseignements pour parution dans la revue

voyelles.aeiou@free.fr